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07 juillet 2005

Adieux au roman, adieux au poème

Montage de citations et de quelques réflexions personnelles à partir d’un dialogue entre François Bon et Jean-Michel Maulpoix dans le dernier numéro de Le Nouveau Recueil. L’article s’intitule Adieux au roman en contrepoint du titre du dernier livre de Jean Michel Maulpoix, Adieux au poème

        « il faut ce déplacement de soi-même là où le réel n’est pas encore advenu tel, opaque, énigme. Il n’y aura pas les mots si on se tient à distance, si on ne met pas les mains. Et que ce soit pourtant sans garantie, sans promesse »
        « La langue comme lieu principal d’appel »
        « Peut-être que le mot principal, et pour tous en partage, est celui de présence »
(François. Bon in Le nouveau recueil, n° 75, p. 83)

 

        Et si précisément ECRIRE n’était pas toujours partir en quête de la présence, la présence indéfiniment manquante, le corps d’autrui (et le sien propre souvent) ontologiquement manquant, absent, un trou dans l’air ambiant, comme un silhouette découpée dans un papier, comme les maquillages de photos des régimes autoritaires, et que seul un corps de mots peut – momentanément fragilement, fugitivement, instablement - mettre au jour



   
         « en mobilisant toutes les ressources de la langue, le poète donne de la présence à ce qui s’absente inexorablement : ce qui n’existe pas, ou que le temps emporte, ce qui n’est déjà plus ou ne sera jamais »
(Jean-Michel Maulpoix in Le nouveau recueil, n° 75 p. 85)

        « Quel est en vérité cet insu, si ce n’est le sens de notre condition, cette finitude, la nôtre, dont l’appréhension nous demeure à tout jamais dérobée. Cela à quoi, jadis, mythes et religions se chargeaient d’apporter leurs lots d’images et de réponses, il importe plus que jamais au poète d’en poser vivement la question. Non pas rationnellement comme le philosophe, mais sur le mode d’une expérience commune et singulière, celle de quiconque et de chacun. Articuler le quotidien à la question, tel est le devoir du poète
(Jean-Michel Maulpoix, Le nouveau recueil, n° 75 p. 86/87)


        « [cette frontière] dont chacun déplace le curseur dans l’intérieur même de son propre travail, comme si lorsqu'on trouvait cet endroit précis, il y avait une mise en tremble, une amplification, où l’interrogation cesse parce qu’on obéit »
(François Bon in Le nouveau recueil, n° 75, p. 87)
FT

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