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28 avril 2008

La réponse à la lumière

 

 

Bailly, surgissement
d’une écoute, en voiture, d’une récente émission de Du jour au lendemain, avec JC Bailly. Il parle de mécanismes de surgissement.
→ sans doute une des choses qui me requiert le plus. Le surgissement. Comment tel souvenir, telle idée, telle pensée surgissent. Là, maintenant. Sur quel lit d’associations (je pense à cette phrase terrible de Sanguineti/Gombrowicz lue ce matin « c’est que nous sommes étendus "sur une gigantesque montagne de cadavres" » (Action poétique, n° 191/192).
Tout ce monde enfoui, passé historique, passé personnel, ce gigantesque lit de cadavres, de peaux mortes sur lequel nous tentons de tenir debout....
Je pense aussi à cet « effet palimpseste » dont parle Siegfried Plümper-Hüttenbrink dans les premières pages de son De la lecture.
Oui sans doute une des choses qui me requiert le plus

 

La carte postale
Pour Bailly, elle est un copeau, il souligne son autonomie, son caractère manipulable. Il montre comment tout un livre, L’instant et son ombre, est né d’une image sur une carte postale, une image vue déjà dans des livres mais pas "prélevée" alors par sa conscience et qui soudain s’impose, sous sa forme carte postale, la fameuse Meule de foin de Talbot qui elle-même va susciter – effet de surgissement – la réminiscence des  « photos » d’Hiroshima....
D’une image, il dit qu’elle est toujours en connexion avec une multitude d’autres, qu’elle est d’autant plus forte qu’elle est connectée et connectable, même si ces connections sont différentes d’une personne à une autre. Selon lui, la connectabilité est l’essence même de l’image.
J’ai rapporté quelques cartes copeaux d’Allemagne, dont une très énigmatique. Est-ce une photo cette vue cadrée dans un ovale de l’église du cloître de Alpirsbach dont la légende précise Albuminabzug. Auteur, Paul Sinner, 1881 (après recherches : il s’agit sûrement d’un tirage photo à l’albumine).
Question subsidiaire : aurais-je été sensible à cette image avant d’avoir lu Jean-Christophe Bailly et Denis Roche ? (à verser au dossier sur la lecture comme moyen d’agrandir ses perceptions, donc de lutter contre l’étroitesse du monde intérieur d’origine).

 

La réponse à la lumière
Superbe formulation (de JC Bailly). A avoir en tête quand on prend n’importe quelle photo, quand on analyse n’importe quelle photo, anonyme, célèbre, faite par soi-même. Comment ce qui est là, dans cette image, répond-il à la lumière ?

 

Ombre et empreinte
La différence entre empreinte (la matière est marquée, touchée, gravée....) et l’ombre....
→ frontière abolie de façon exceptionnelle dans les photos d’Hiroshima, l’ombre de ce qui a été soufflé par l’exposition (étrange lapsus que cet exposition pour explosion !) s’étant imprimée dans le mur, cet antérieur aboli devenu ombre et empreinte à la fois. Ce que Bailly appelle le caractère spectral de la photo.

 

Tu fus colonne
Tu fus colonne, tendue, âpre
droite au vertige d’en-bas
tirée par tête et pieds axe noir
nuit entrant en nuits
ligne de fuite têtue obstinée
tige d’arc-
butant hors mort et suppôts

 

Le paradigme Blow-up
Le Boîtier de mélancolie de Denis Roche est d’autant plus fort qu’il ne joue pas sur cette idée de mélancolie, ni sur celle de nostalgie, si facile. Il est fort parce que trouble et troublant. Il va explorer les zones obscures de la photo mais de l’âme aussi et ce que la photo en révèle (ce serait le paradigme blow-up)

 

Lange logique
pas de lange logique
pour ce qui naît
glaireux, sanglant.

Bribes
Attention à porter à bribes de langage ; elles flottent, étranges, sur un flux conditionné par canaux et passes à poisson à s’ordonner dès son émission hors la source. Ne pas les transformer en radeaux de raison. Accueillir la méduse.