Douleur, immensité sans fond – accumulats exponentiels, montant de tous les horizons, ce sont arrois de chevaux affolés, hennissements muets, visages écorchés, bouches ouvertes en cris éteints – immensité désertique de la douleur, paysage d’assèchement et de solitude infinis : passent les corneilles, hurlent les mouettes et les corbeaux, affamés d’une main tendue, d’autre impossible – chenille processionnelle des solitaires, des abandonnés, des perdus, des en-pleurs – ils parlent sans voix, lèvres mobiles, dialogues mimés, mains vides à creuser la terre pour ensevelir leur espoir.