inentamé,
inentamable (Lire)
La capacité de
travail repose beaucoup sur l’obsession et l’angoisse, deux moteurs très dynamiques
! Avec cette conscience que la masse de ce qu’il y aurait à faire, à lire, à
écouter, à découvrir est inentamée et inentamable… d’autant qu’elle s’accroît au
fur et à mesure que l’on avance, découvrant toujours plus l’immensité des
lacunes et tout ce qu’il faudrait, a minima, avoir lu et qu’on n’a pas lu. Que
faire d’autre alors que, précisément, travailler, noter, essayer de comprendre,
retenir (ce sont à peu près les mots, de Valéry, placés en exergue du flotoir, il y a maintenant plus de huit
ans !) ?
L’important, c’est de ne pas lâcher ; c’est cela sans doute aussi qui
signe, signerait, signera le vieillissement : lâcher, relâcher l’effort,
la tension. Là sont les voies pour le cheval de Troie du vieillir, aussi bien
cérébralement que psychologiquement. Penser à la verdeur, dans le grand âge, de
certains musiciens comme Rubinstein, Richter, Rostropovitch…. ceux là ont
continué à mobiliser de très nombreuses aires de leur cerveau (c’est un des
immenses bénéfices de la pratique musicale) ce qui les a préservés du
ramollissement.
Citation exacte de Valéry
: « Retenir, noter, comprendre, combiner, prolonger, préciser. Nettoyer la
place — Rompre. Revenir à ses références absolues — se rassembler. ». Les Cahiers, 1922, U, IX, 47 et dans le tome 1 des Cahiers dans La Pléiade, p.344.