briare in voto*
Trappe ouverte, lente glissade, lisses parois – partie loin et seule, lourde
de vents et mots déchirés, lambeaux flottants au souffle des ponts, elle aussi
là-bas, briare demain jamais venu et limoges hier, josée, in-votos − le temps s’ourle sur les bords, immense coupe de tijd, bulle en formation − expansion-pulsation / rétraction-pulsation : poulpe du temps, respir du monde, le
monstre-socle et la taupinière − où, où les bêtes noires que l’on sait tapies
en attente d’heures et de gongs, qui l’entend le glas de mer, qui se souvient de
la cathédrale engloutie ? – et ces
appels de la corne de brume et cette houle dans le coquillage – qui parle là,
oh qui êtes-vous murmures, minuscule armée – voix, voie d’eau à l’étanche, ta
coque à toi infiltrée, défenses perforées, osmoses, cela perméable infuse,
goutte à goutte, étale et cascade, stagne et dévale – elles sont partout,
sourdent les voix, de toutes pores du monde, à chaque feu éteint, les entends
qui montent de chaque intervalle, d’entre les atomes, elles sont la matière
sombre de l’univers, le portent sur leurs petits bras de bois mort et leurs
épaules d’os creux, forget me not,
mais retour et retour, no forgetterie, pas d’oubli, flux et reflux, hautes et
basses eaux, à l’étale se tenir, à cueillir ces sons, laisses de mer, lichens à
venir sur les parois du cœur.
*où passent Josée Lapeyrère, Louis
Andriessen, Claude Debussy, Dominique Fourcade, Antoine Emaz.
J’avais parlé à Josée Lapeyrère du pont de Briare au lendemain d’un voyage
là-bas et nous avions évoqué l’idée d’aller rapidement y accrocher des in-votos. Elle est morte peu de temps après, en décembre 2007.