Als ob
Comme si, als ob, rôdaient
rôdeurs les mots et leur train, fuite sauvage dans le bois, par les ornières,
par les tourbières, chargés de boue, d’avatars et de contraintes, fusant entre
les branches griffant le visage, traînant voiles fantomatiques et fils
d’araignées collants – sombre est la voûte où ils se prennent et la douleur
claque dans les mollets – les hirondelles ne reviennent plus et les mots
fuient, chaque jour ils meurent par dizaines, espèce non protégée, censure et
usage en viennent à bout, pilon, bûcher, poubelle, bouches mortes – pas de
reliquaires pour ces tessons flamboyants, pas de recéleurs, pas de collective
collecte, pas de registres cachés − non, un vol au crépuscule, le dernier et bye-bye, comme les hirondelles, pas de
nid plus de vie, ils ont été, ils furent, ils ne sont plus, words, words, ô words, meine geliebte