SES CHEVEUX BRÛLENT
Route ou ronde de nuit, mêmes
phares balayant le noir, même regard hagard scrutant tout ce sombre, ciel et
mer et nuages, pressés pressants, le grondement des eaux et le ronflement des
flammes et la boue qui s’élance à l’assaut des hameaux – ses cheveux brûlent et
sa bouche se remplit d’eau et de vase et ces détritus ces débris et déchets,
carcasses de fer et de chair chassées par le courant, en courant il faudrait
fuir mais en courant personne n’a jamais fui la mort quand elle est là – ses
cheveux brûlent, sa bouche s’emplit d’eau, elle étouffe, elle s’enlise, statue
de boue, statue de sel.
©florence_trocmé