TAPIS DE
BRUYÈRES MAUVES
Tapis de bruyères mauves, troué d’ajoncs – et sous la bruyère la tourbe en
veines de feux, vaisseaux à l’assaut des arbres et des broussailles – dans les artères,
chagrin lourd et visqueux, l’homme s’empâte, concupiscence et indifférence au
cœur, mangeurs de temps – ce qui brûle, ce qui se vide, ce qui s’ensable,
s’envase et s’enlise, nul ne le voit, regards détournés, accaparés comme
oiseaux affolés – se précipitent bornés sur les vitres transparentes percutées assommés
s’écrasent lourdement au sol, envolés des hauteurs vol ultime pour échapper aux
flammes – court le feu, court sous terre, suit la tourbe, se propagent comme
venin injures et haine, sous la peau lisse et mate, tirée au cordeau par
artifice – artificiers incultes et vaniteux amorcent les bombes de
l’embrasement prémonitoire – l’eau monte, le feu gagne, éros s’effondre,
thanatos rôde