Leibowitz
Un peu en difficulté avec ce livre, Le compositeur et son double, qui au fond, passées des premières pages denses et porteuses, m’ennuie ! Les exemples musicaux sont mal reproduits, de la main de l’auteur et quasiment illisibles. Et la dénonciation permanente de tous les travers de tous les interprètes du moment est lassante. Cela dit, continuer à le parcourir, car des choses pouvant être très utiles pour le travail de la partition, de l’interprétation et la réflexion sur la musique. Je ne sache pas que René Leibowitz, si critique avec les chefs d’orchestre, y compris un Toscanini ou un Pierre Monteux, ait laissé des interprétations inoubliables. Mais je me trompe peut-être ?
Adler
aussi me met en difficulté, son texte est souvent étouffant : sinon effet volontairement recherché, mais sans doute obligé tant sa matière est violente, sombre, désespérée. On a souvent le sentiment qu’il traite, par l’image, la description, de petits dialogues curieux, des monologues intérieurs, de situations quasi archétypales de l’humanité, l’attente, la perte de l’espoir, la salle commune, les ordures & déchets, le voyage bien sûr, les trains, les gares. On a un sentiment du temps très particulier, en fait ce livre donne le sentiment qu’il n’y a plus de temps, qu’il est figé à jamais, ou pris dans la pois (le terme est répété souvent). De même que ce curieux droite gauche, parfois à droite à gauche qui sonne comme un véritable leitmotiv mais dont je n’ai pas encore compris la signification profonde.
Aus der Ferne
Aus der Ferne, venue des lointains, de l’infini éloignement, chant étranglé dans la gorge et petit glas lancinant : gong, et ouate et chant neigeux – réitération, répétition, amplification / route barrée par l’explosion, un raclement d’effroi – et le chant minuscule, amorce appena sentito, aux confins du silence et de l’extinction, ce silence-là planant sur le désastre après le vacarme et de la fureur et de la destruction
ce fil du son, tiré du puits sans fond, ce fil du son, seul lien avec l’autre côté de la nuit, ce fil du son rompu à nouveau filé, le rouet tourne-t-il encore Margarete ? marcher sur ce fil tomber dans l’effroi, menaçantes hordes, à droite à gauche, l’épouvantable-l’Implacable se débondant enfin
(avec Kurtag, HG Adler, Schubert, Celan et Henri Michaux)