Relevés
○Yémen, le prochain domino
○Face aux six défis majeurs que représentent la sécurité alimentaire, la déforestation, la perte de biodiversité, le changement climatique, les questions énergétiques et la raréfaction de l’eau, les plantes sont un élément de réponse. Donc il faut des graines et de la diversité. (Article sur une banque de graines à Londres (Millenium Seeed Bank)
Le témoignage et l’œuvre
[Suite de la lecture de Qui si je criais... ? de Claude Mouchard]
L’œuvre-témoignage, donc un alliage bien particulier, est peut-être la seule façon de surmonter le « tout autrement » de ce qui a été vécu et qui devrait ou risquerait de le rendre inaccessible. (101)
→ car
« Qu’est-ce qui peut ou doit rester pour désormais compter ou être compté »
Il y aurait deux entités :
1. le témoin, un témoignage
2. l’auteur, qui peut être le témoin ou pas, mais qui est celui qui fait œuvre dans un mouvement qui est tout autre que celui du témoignage.
Il y a « une odeur de proximité-incompatibilité entre le sacrifice de soi ou du "soi", que semble demander l’œuvre et la violence s’abattant historiquement du dehors » (102) : « le faire œuvre – par la lacune temporelle qu’il ouvre, la fluctuation-fluence qui s’y forme, par sa tension d’élément propre (et parce que le ravalement du soi dans l’œuvre permet d’appeler des présents passé comme autres que ceux d’un "soi" comme possibilisés ou plausibles – peut parfois, spécifiquement, faire venir quelque chose (instants arrachés, évidences violentes et pâles, sensations quasi hallucinatoires) du fond du réel détruit ou destructeur de "là-bas" »
C’est le processus d’affrontement et reconstruction de l’œuvre et du témoignage.
→ce passage, je l’ai recopié dans son intégralité, car il me semble central. CM fait cheminer le lecteur et semble soudain faire converger les faisceaux, autour de cette notion d’œuvre-témoignage et ce en quoi faire œuvre peut permettre de dire quelque chose de ce qui semble inaccessible ou intransmissible (les deux en même temps, bien sûr, impossible à reconstituer en soi, impossible à faire comprendre à l’autre).
La tombe dans l’air
CM montre donc qu’elle est présente dans les trois œuvres qu’il rapproche, Kertész, Celan et Mandelstam. Passant ou resurgissant d’un texte à l’autre, elle fait sentir que quelque chose reste rebelle à toute captation définitive, et hante les œuvres et par elle toute continuité »
→ c’est un autre espace en somme ? Ce que CM appelle « entre », qui a peut-être à voir avec la notion de « chimère », un lieu de projection, d’effectuation ( ?), ni interne ni externe ???
Soutenir de son attention
Cette phrase de Claude Mouchard : « on doit, lecteur de C, M ou K, soutenir de son attention.... »
→ lire au plus près, au plus réceptif surtout de soi, pas de manière analytique et universitaire mais avec cette attention diffuse qui n’en est pas moins aiguisée, ardente aussi et surtout, tentant d’éviter la fermeture et d’accueillir le grand dérangement (certitudes, confort, bonne conscience...) qu’elles peuvent susciter.
C’est aussi maintenir son attention, dans le temps. Rien n’est plus brusquement inflammable et tout aussi rapidement extinguible que l’émotion, surtout manipulée de façon douteuse, à partir de certains ressorts. Que de belles résolutions prises sous ce feu-là et qui ne font pas long feu ! Pas dupes, au demeurant, les autorités parlent de « moratoire sur » et se gardent bien de renoncer définitivement (cf. Angela Merkel et le nucléaire allemand). Or quelques rares continuent à soutenir de leur attention la mémoire de ces périls extrêmes, de ces drames incommensurables. On pourrait parler de l’effet pervers d’oubli 2011, comme cette ingénieure ukrainienne par le mensonge 86, à propos de Tchernobyl, qu’elle dit tout aussi pernicieux que le césium 137.
bouée sifflante
feu fugace réchauffement des cœurs morts – peuvent-ils encore sentir sous leur chape de plomb et de béton, nos corps morts, rivés au fond, ballottés par la houle – qui saura encore appeler, se faire bouée sifflante dans la nuit sans relâche émettre un signal – immense péril derrière la porte aux couronnes de Noël, déferlante si proche de la plage édénique, souffle mortel sur la foule excitée et grouillante.