Kurtág, Celan, Bacon, « derniers résidus d’une articulation »
Toujours dans l’essai de Beate Perrey (in Ligatures), deux pages entières, passionnantes, consacrées à ces deux termes énigmatiques, le « Pallaksch » de Celan dans le poème « Tübingen, janvier » (in La rose de personne), lequel Pallaksch vient d’Hölderlin et l’ « Odradek » de Kafka (ce dernier m’ayant toujours fait penser à un nom de camp de concentration).
A propos de Kurtág, pointée, sa « prédilection constante pour des textes poétiques et littéraires dont le tissu nerveux s’organise autour d’un élan vers le silence ou tire sa puissance des derniers résidus d’une articulation » (104). L’ensemble de cet essai est remarquable et le rapprochement entre les trois mondes, poésie, musique et peinture, passionnant et d’une très grande fécondité pour la pensée.
absorbant sa reconnaissance possible
ce qui traverse, éclair, trace ionisée au plus creux qu’il faudra chercher et chercher, non su, évidente évidence, absorbant sa reconnaissance possible – éboulements fugitifs et successifs, dévoilent un laps infime, une part de ce qui est cherché [croit-on] mais la double muraille se referme, opprimant le sens comme presse hydraulique – ne reste qu’un souvenir, tôle emboutie, sotte et vaine sur laquelle taper sans espoir comme sur un tambour – pour quoi faire sinon illusion de réponse ?