repons
La réponse à la question n’est pas la réponse, c’est une réponse
tutoyant les neurones
La musique comme un geste, qui tente d’exprimer ou plutôt de transcrire un inexprimable. Ancrée dans la pulsion encore animale et tutoyant les neurones et les synapses mais aussi les nerfs et le plexus. Nous jouons de la musique mais surtout la musique nous joue. Elle nous geste, nous meut, nous fait surtout accéder à d’autres territoires que les logiques, les déductifs, les rationnels.
duende
Lu hier la très belle conférence de Federico Garcia Lorca publiée dans une collection de tout petits livres par Allia, une conférence sur le duende. (Jeu et théorie du Duende, bilingue).Cet indéfinissable, caractéristique du monde espagnol, mais dont Garcia Lorca montre la portée plus universelle. Pour le créateur, plusieurs instances créatrices peuvent être à la tâche, l’ange, la muse, le duende. J’ai cru comprendre que le duende venait des profondeurs du créateur, qu’il était une sorte d’impératif venu du sang même : « C’est dans les ultimes demeures du sang qu’il faut le réveiller » Et qu’il n’était pas une instance en partie extérieure comme l’ange ou la muse.
Cette très belle anecdote où une chanteuse très célèbre chante, admirablement à tous égards, mais ce soir-là sans émouvoir son public. Prise à parti par un spectateur, elle s’énerve, abandonne soudain tous ses moyens, voix superbe, technique, effets et se met à chanter rauque, laid, âpre. Le duende entre alors en jeu et scotche le public de la salle.
Il se pourrait que ce duende participe à la différence entre un bon poème et un grand poème (qui ne serait pas forcément bon au demeurant.)
« Pour tout homme, tout artiste, qu’il s’appelle Nietzsche ou Cézanne, chaque échelle qui monte à la tour de sa perfection a pour prix la lutte qu’il entretient avec son duende. »
A rapprocher peut-être de Nelly Sachs quand elle écrit : « Comme une graine le troisième œil lève parfois en rêve et nous regarde – alors nous savons que la mort se transforme en vie. »....
adossée à sa source
au petit matin, jeu des reflets dans toute la maison – sur le mur Est, reflet de reflet, jeu de miroirs, de vitres, rouge, étonnant – d’où venu ? la lumière d’Est a traversé l’espace vers l’Ouest, a rencontré une surface réfléchissante et revient vers le mur est comme adossée à sa source – puis dans la salle de bains, un rond parfait, très pâle, reflet d’un petit miroir, comme une lune irréelle et immense, celle de Méliès, il y a déjà si longtemps – puis la conscience ouverte aux reflets, moisson partout de ces jeux de la lumière – et réminiscence d’un temps douloureux, hôpital, vieille bâtisse, triste couloir, hautes fenêtres : avoir suivi lors d’une attente qui n’en finissait pas, le trajet du reflet de la lumière, se déplaçant le long de la plinthe – surprise de la la vitesse de ce déplacement – avoir embarqué à bord de cette lumière-là pour traverser le gué.