À propos de Walter Benjamin
« Tout l’enjeu repose sur cette tâche, éminemment politique : organiser le pessimisme. Sortir donc des rets aliénants de la morale, vérifier l’état désastreux des liens sociaux (une machine à détruire les hommes) et lui opposer une posture de résistance sans concession : dans le naufrage, monter sur le mât, pour voir l’horizon de la catastrophe, bouché ou non, organisable ou pas ».
Bruno Tackels, in Trois cailloux pour Walter Benjamin, L’Arachnoïde, p. 43
Le lecteur, le penseur, le flâneur…
« Le lecteur, le penseur, l’homme qui attend, le flâneur…sont des types d’illuminé tout autant que le fumeur d’opium, le rêveur, l’homme pris d’ivresse. Et de plus profanes. Pour ne rien dire de cette drogue terrible entre toutes – nous-mêmes – que nous absorbons dans la solitude. »
Walter Benjamin, « Le Surréalisme », in Œuvres II, Folio essais, p. 131, cité par Bruno Tackels, in Trois cailloux pour Walter Benjamin, p. 45
Haine sifflante
Racler jusqu’à l’os, cruauté, haine sifflante brûlante comme la tourbe souterraine, sinuant, irradiant de noirceur incendiaire d’infinis territoires – quel barrage contre le mal sec lézardant les fondations d’infiltrations insidieuses, quelle levée de terre, coulée d’eau, percée d’air pour stopper ce cours inexorable – qui pour dire non, pour couper le vers en deux d’un coup de pelle franc, pour monter sur le mât, qui pour endiguer le flot montant ou retarder l’effondrement de la digue rongée de fissures, de failles et de cryptes.
(En lisant Être sans destin d’Imre Kertesz).