Mémoire méandres
Curieuse expérience hier en me promenant à pied. Je cheminais, pensée vague. Soudain, vaguement toujours, je me mis à penser Camine, camine del mondo ; intriguée je cherche, vaguement encore, rien de très volontaire, dans tout cela, Dante, j’entends nel camine*, la conscience reprend la barre, non ce n’est pas del mondo, serait-ce della vita…. mais pourquoi ce camine soudain, que rien ne préparait, ne laissait attendre (puisque j’étais, dans ce vague même qui souvent les révèle, en train de scruter le sol à la recherche de cailloux-têtes). Eh bien, le secret de l’énigme ? La toile d’une petite terrasse annexe d’un restaurant portant le mot CARMINE.
Bien sûr, de retour à la maison, il m’a fallu chercher l’incipit de l’Enfer :
Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
ché la diritta via era smarrita.
Au milieu du chemin de notre vie
je me retrouvai par une forêt obscure
car la voie droite était perdue
(traduction de Jacqueline Risset)
[* je ne suis pas italianisante]