immensité de l’infime
Ils firent feu, neuf ou fou, de toute surface blanche, infime, microscopique disponibilité devenue microcosmes – le minuscule, le discret, le pâli, cet indéchiffrable ouvrant un monde à l’infini kaléidoscope des idées & correspondances, échos et reprises, arc magnétique entre l’euphraise et la patte de mouche – le juste-là, mais si petit que passent outre les échappements négligents – univers ouvert à l’ennui de l’enfant compteur de fourmis et de grains de poussière, arpenteur de l’immensité de l’infime.
Microgrammes
à l’heure de tant d’écritures grandes et grasses, de typographies agressives, envahissantes et faisant violence, l’antidote des microgrammes de Walser ou de Benjamin. A l’heure des écrans brillants, la modestie de leurs supports, tickets de transport ou de caisse, petits bouts de papier épars, fiches et cartes éparpillées.
Bertrand Chamayou, Adam Laloum, Yumeto Suenaga
Des jeunes pianistes à suivre de près. Du premier, j’écoute le très beau disque consacré aux Études d’exécution transcendante de Liszt mais ne pourrai accéder sur mon abonnement Quobuz à ses Années de pèlerinage dont Diapason dit le plus grand bien ; d’Adam Laloum j’écoute et je réécoute le disque Brahms ; à propos de Yumeto Suenaga je suis attentive à ce que me dit mon ami F.M. qui l’a entendu plusieurs fois notamment ces jours-ci dans un concerto de Mozart et des œuvres de musique de chambre dans le cadre des Musicades de Lyon. Le plus grand bien. Ces jeunes, s’ils sont bien sûr des techniciens accomplis, me semblent aussi à l’écart de la seule prouesse technique (mais on sait le travail colossal que celle-là requiert, un des rares domaines où on ne puisse absolument pas tricher avec la compétence !!!) et sont avant tout des musiciens. Cela ne va pas nécessairement de soi !