Rédigé par Florence Trocmé le 29 février 2012 à 11h00 dans regarder | Lien permanent
immensité de l’infime
Ils firent feu, neuf ou fou, de toute surface blanche, infime, microscopique disponibilité devenue microcosmes – le minuscule, le discret, le pâli, cet indéchiffrable ouvrant un monde à l’infini kaléidoscope des idées & correspondances, échos et reprises, arc magnétique entre l’euphraise et la patte de mouche – le juste-là, mais si petit que passent outre les échappements négligents – univers ouvert à l’ennui de l’enfant compteur de fourmis et de grains de poussière, arpenteur de l’immensité de l’infime.
Microgrammes
à l’heure de tant d’écritures grandes et grasses, de typographies agressives, envahissantes et faisant violence, l’antidote des microgrammes de Walser ou de Benjamin. A l’heure des écrans brillants, la modestie de leurs supports, tickets de transport ou de caisse, petits bouts de papier épars, fiches et cartes éparpillées.
Bertrand Chamayou, Adam Laloum, Yumeto Suenaga
Des jeunes pianistes à suivre de près. Du premier, j’écoute le très beau disque consacré aux Études d’exécution transcendante de Liszt mais ne pourrai accéder sur mon abonnement Quobuz à ses Années de pèlerinage dont Diapason dit le plus grand bien ; d’Adam Laloum j’écoute et je réécoute le disque Brahms ; à propos de Yumeto Suenaga je suis attentive à ce que me dit mon ami F.M. qui l’a entendu plusieurs fois notamment ces jours-ci dans un concerto de Mozart et des œuvres de musique de chambre dans le cadre des Musicades de Lyon. Le plus grand bien. Ces jeunes, s’ils sont bien sûr des techniciens accomplis, me semblent aussi à l’écart de la seule prouesse technique (mais on sait le travail colossal que celle-là requiert, un des rares domaines où on ne puisse absolument pas tricher avec la compétence !!!) et sont avant tout des musiciens. Cela ne va pas nécessairement de soi !
Rédigé par Florence Trocmé le 28 novembre 2011 à 11h45 dans Bribes de Flotoir, regarder, écouter | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 19 septembre 2011 à 15h45 dans cailloux-têtes, regarder | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 26 août 2011 à 13h51 dans cailloux-têtes, regarder | Lien permanent
Perros et Hohl
Cherchant le livre des Papiers Collés dans ma bibliothèque (je sais en avoir au moins un tome), je le trouve et non loin, le magnifique Notes de Ludwig Hohl, que l’on pourrait ajouter me semble-t-il à la liste des grands noteurs.
« À retenir, à propos du piano : si, sans le toucher, on produit un son près de lui, il résonne. L’universel – vu de bas en haut – représente une organisation musicale, comparable. Si tu fais les bons mouvements, grands ou petits, peu importe, l’univers vibrera » (Ludwig Hohl, Notes, L’Age d’homme, 1989, p. 122)
Que je rapproche de la remarque de Perros sur la note qui doit sonner et résonner, si elle est juste.
Une anthologie d’échos
...dont j’ai toujours rêvé, qui tel un marabout géant, sauterait de citations en citations, toutes époques, lieux et personnes confondus, fondée seulement sur les échos, les résonances, les analogies....
Elle est peut être latente dans le flotoir ?
Perros et la biographie
« Vouloir en savoir plus long qu’il n’est permis sur un écrivain [...] c’est le goût du meurtre qui l’explique. » (Pc 1 48, cité par Ariane Lüthi, p. 148)
→ il n’y va pas doucement sur ce sujet... Doit-on lui donner entièrement raison, de toutes les façons ? Je crois qu’en effet c’est la façon qui compte, la démarche, ce qui anime le chercheur ! Simple instinct de voyeur, déjà répréhensible, fouilleur de merde, beaucoup plus contestable ou bien l’idée sans doute fausse que la vie explique l’œuvre. Sujet mille fois rebattu mais qui reste intéressant. J’ai du mal à délier mon intérêt pour une personne de celui pour une œuvre quand j’ai la chance de connaître l’auteur, un tout petit peu ou mieux. Mais c’est au fond ne pas faire tout à fait confiance à l’œuvre que de chercher à savoir en dehors d’elle, peut-être ?
Perros et la venue de l’écriture
Chez cet homme totalement dépourvu, il me semble, du romantisme de l’écrivain, celui-là même que je vois trop souvent à l’œuvre, de façon caricaturale et imbécile, cette curieuse assertion que les « moment d’écriture » correspondent à un « état de transe » où l’auteur est comme « expulsé de lui-même » (cf. ce que dit aussi Auxeméry, avec insistance, ces derniers temps, à ce sujet), assertion qui devient peut-être plus compréhensible si on la complète de cette autre remarque « c’est bien l’écriture qui travaille le poète, et non pas l’inverse. »
→ Variation sur le thème « je ne travaille pas, je suis travaillé ». L’idée mallarméenne évoquée juste avant par Ariane Lüthi du poète qui « cède l’initiative aux mots » les laissant « s’allumer de reflets réciproques » (cité p. 152 et 153)
Penser... noter
(me fait penser à l’exergue valéryen du flotoir : « Retenir, noter, comprendre, combiner, prolonger, préciser. » !
Valéry qui dit « penser c’est perdre le fil », à rapprocher de l’idée de Perros que la note est liée aux pensées involontaires. Et que nous sommes responsables de ces idées et que nous devons les assumer « dussent-elles ruiner un patient édifice » (cité p. 131). Celles dont je dis qu’elles se manifestent précisément quand le fil (à plomb ! de plomb et d’aplomb !) n’est plus conducteur, qu’il se rompt et que la pensée sort des rails, peut divaguer et devenir plus vraie, plus neuve, moins conditionnée, moins dictée par (ici liste très nombreuse... !)
Perros et Walser
Walser n’a pas été évoqué par A. Lüthi, le sera-t-il ? Mais lisant que Perros écrivait sur n’importe quoi, des bouts de papier, des tickets de métro, des boites d’allumettes, de papier hygiénique, qu’il en « était couvert » de ces petits papiers, je pense aux microgrammes de Walser, à ses tickets de caisse, morceaux de papier journal arraché, etc.
De l’intelligence (Perros)
« Je n’ai pas une intelligence de normalien [...] mais une intelligence oxygène. Je m’en sors toujours grâce à elle. » (Pc1 87, 155)
le chemin désert, trait de craie
le chemin désert, trait de craie, filant solitaire vers le couvert – les résineux, leurs verts gris, leurs pointes, invite à concerter avec elfes et sorcières, pensées fugitives – feux de bois crépitant, feux de joie, brûler ses papiers vieilles lettres et textes avariés – se laisser embarquer et dériver à demi-asphyxié, se changer en sirène, inviter les elfes dans la cathédrale engloutie – [entends-tu les cloches, à minuit, sur la mer ?] – appel lancinant des bouées hurlantes, figures de la détresse, détricotant les trajectoires, coupant l’échappatoire, sonnant la fin de partie et la marée montante.
Rédigé par Florence Trocmé le 14 décembre 2010 à 09h43 dans lire, regarder, écrire | Lien permanent
Retour au livre
Retour au livre après quoi, détours, non, diversions, non, divergences, non, éloignement plutôt, par overdose et jeu de Fort und da, peut-être.
Trois compagnons du soir
Ce soir trois compagnons déjà, Günter Grass, retour sur la visite éclair de sa maison à Lübeck cet été, la découverte de ses activités artistiques (cela pour préparer un article pour le site Œuvres Ouvertes de Laurent Margantin qui m’y a invitée dans le cadre de ce joli processus des « Vases communicants », instauré par une bande d’amis sur Internet, l’un postant une contribution dans le site de l’autre) – puis un beau tandem, la peintre Catherine Ernst et Michel Butor, balade dans un paysage imaginaire, ses encres à elle et la méditation sur ces images, son encre à lui. Sept vers de sept syllabes, suivis d’une phrase de deux ou trois lignes de prose. Et toujours ce côté inventaire du monde que j’aime bien chez Butor. (Montagnes en gestation, éditions Notari, livre bilingue, français-allemand)
Emanuele Coccia, le bain infini au cœur du sensible
et retour à Coccia et à La vie sensible, cela : « Notre existence – dans le sommeil ou en état de veille – est un bain infini au cœur du sensible ».
→ et nous, nous nous sommes bâtis une carapace, une armure, avons fait pousser une croûte dure sur notre peau, avons mis des lunettes noires et des casques sur nos oreilles, dressé entre nous et ce sensible toutes sortes d’appareils destinés à nous relier, disent-ils et qui nous coupent.
→ ce bain de sensible devenu pour nous aussi inévident, im-perceptible que le sont ces torrents de neutrinos dont on dit qu’ils nous traversent à chaque instant.
→ tout nous parle et nous n’entendons rien, tout nous appellerait peut-être, non pas appel mais adresse neutre à notre être, mais nous n’écoutons pas. Bardés de capteurs, nous ne percevons plus rien, pris dans ce nuage d’ondes, qui fonctionne comme une cage et nous n’avons plus de signature propre.
→ des dizaines de pages ne suffiraient pas à une tentative d’épuisement d’un instant de vie sensible.
Coccia et sa notion de media
« ces media en tant que conditions de possibilités du sensible sont le véritable tissu conjonctif du monde » (56)
→ on pourrait faire un usage faux de cette phrase. Il ne s’agit bien évidemment pas ici des medias au sens usuel du mot mais plutôt de tout ce qui permet de véhiculer le sensible.
→ belle idée de ce « tissu conjonctif » comme les cellules gliales dans le cerveau.
Voici d’ailleurs, de la plume même d’E.C. une définition du medium, des media :
« les media sont ce qui produit le rapport de continuité entre esprit et réalité, le monde et le psychisme [...] les images – la réalité du sensible – rendent possible cette relation qui est en même temps immatérielle et infra rationnelle, la possibilité d’être affecté par quelque chose sans que cette chose nous touche physiquement »
« les media produisent dans le cosmos un continuum au sein duquel les vivants et le milieu deviennent psychologiquement inséparables » (57)
Éclat bleu, près de l’eau, toujours
ouverture de paysage par sons et encres, sentiers vers les bois, talus abrupts, lieux d’herbes et de pierres – dans l’anfractuosité le rêve, passage de l’autre côté du monde, l’âme-oiseau, le cœur-libellule, éclat bleu, près de l’eau toujours – instant de vibration, glissé horizontal – cette présence de couleur, fut-elle rêvée, et cette matière immatérielle, plus réelle que toute réalité – parois des encres, eaux des lavis, gouffres de la perspective, laisser ce toucher se faire caresse & s’offrir paroi sensible aux moindres inflexions, tracé ou phrasé.
(en lisant Michel Butor, Emanuele Coccia, en regardant les encres de Catherine Ernst, en pensant à Yves Bonnefoy et à John Cowper Powys)
Rédigé par Florence Trocmé le 29 novembre 2010 à 11h17 dans lire, regarder, écrire | Lien permanent
de quelques fleurs
dans un vase
Hier soir, évoquant les Exercices préconisés par Valéry, j'ai tenté,
mentalement, de travailler sur un
bouquet de fleurs. Essayant sinon d'en épuiser, mais en tous cas d'en explorer
en partie toutes les implications.
Il s'agit d'un simple bouquet de roses jaunes, rapportées du jardin de nos amis
D., chez qui nous déjeunions ce jeudi de l'Ascension. Quelques roses jaunes.
Or ce bouquet, d'allure très champêtre, posé sur une table basse dans le salon,
n'a cessé hier de capter mon regard et de faire mon admiration. Il m'attirait
tel un aimant. Mais que ressentais-je donc à son égard (j'en parle au fond
comme s'il s'agissait d'une personne)?
Couleurs : premier aspect, en effet, la couleur, ce jaune incroyablement dense,
gorgé de lumière, semblant émettre un véritable rayonnement (ce qui peut-être,
en terme de physique, est le cas ?). Évocation : la remarque d’Ernst Jünger sur
les géraniums qui semblent accumuler le jour la lumière et qui la restituent au
crépuscule. Ces roses, une fois prisonnières d'un appartement, semblaient
restituer quelque chose du soleil, de la lumière extérieure. Rayonnant,
n'est-ce d'ailleurs pas un terme solaire ?
Et puis bien sûr, le vert, le vert en soi, et le vert, en contraste avec le jaune.
Un beau vert, lui aussi saturé, dense, quoique plat en quelque sorte ; on
n'entre pas dans ce vert-là, il est lisse, un peu brillant et ne vous admet pas
dans son intimité comme savent le faire tant et tant d'autres verts.
Et donc le contraste, ou l'alliance des deux tons, le jaune des roses,
multiple, dont on a l'impression qu'on ne finira jamais de l'explorer et ce
vert plus hermétique des feuilles.
Formes aussi : la feuille plus modeste, plus simple là encore, plusieurs
feuilles de même type, des sœurs, dont aucune ne se hausse du col. Tandis que
les fleurs, elles, sont toutes différentes. Il est vrai qu'il y a deux espèces
de roses dans le bouquet. Mais celles qui me frappent le plus ressemblent un
peu à des pivoines par le foisonnement chiffonné de leurs pétales.
Et puis, ce bouquet, naturel, quelques fleurs dans un simple vase transparent,
évoque irrésistiblement maintes et maintes natures mortes et singulièrement
pour moi, aujourd'hui, celles de Chardin et celles des peintres hollandais du XVIIème.
Et cet étonnement l'autre jour, en scrutant la nature morte au panier de
fraises des bois de Chardin, qui illustrait un disque de Sylvius Leopold Weiss
(luth), de voir qu'en fait une grande partie de l'effet de transparence (un
verre d'eau) reposait sur le recours…au noir. Comment peindre un tel bouquet,
comment rendre le feu des fleurs, ce rayonnement, comment rendre la
transparence de l'eau ? Comment s'y prennent donc les peintres pour réaliser de
tels prodiges ?
Voilà ce qu'en un premier temps je me suis dit à propos de ces fleurs mais il y
avait aussi d'autres idées, d'autres impressions dont je livre certaines en
vrac : l'évocation par exemple d'un
jardin sous la pluie (Debussy, la troisième des Estampes après Pagodes et
la Soirée dans Grenade), un jardin
sous la pluie qui était en fait le parc de la Planchette à Levallois visité
rapidement il y a peu et où nous fûmes surpris par une grosse pluie d'orage.
Déjà, tout un jeu d'allers et retours s'était fait alors avec les Jardins sous la pluie, les jardins
réels étant parés de féerie par l'évocation des jardins imaginaires. Ou bien
encore, plusieurs parterres de roses, que je n'aime pas, donc, surtout si elles
sont rouges, ceux de St F. où heureusement il y a aussi quelques rosiers
jaunes, et plus prosaïquement, ceux des stations-service, un peu partout en
France.
Voilà donc ce que peut nous dire un simple bouquet de fleurs. Et il me semble
que je suis loin d'avoir épuisé le sujet. Je n'ai pas parlé notamment des
odeurs, du parfum des roses, si souvent tué aujourd'hui par les innombrables
manipulations destinées à produire des roses toujours plus résistantes,
toujours plus « belles » (pas pour tout le monde, pour ma part,
plus elles sont « sauvages » plus je les apprécie, plus elles
sont sophistiquées, rouges surtout, moins je les aime ! ).
Je sens que mon exercice n'est pas très valéryen. Lui se serait davantage
intéressé sans doute au fonctionnement de son esprit, dans ses perceptions,
dans ses associations. Peut-être eut-il été moins dans le sensible et davantage
dans l'élaboré. Car que me dit ce petit travail sur le fonctionnement de
l'esprit, sinon cette importante capacité d'association, de combinaison, dont
parle souvent aussi Valéry, il est vrai.
(Flotoir, 3 juin 2000)
Rédigé par Florence Trocmé le 30 juin 2010 à 14h43 dans Bribes de Flotoir, regarder | Lien permanent
H.M. / C.A
1
damier sur damier, déambulent sur
diagonales vieux dragons et vieilles dentelles, dentition rumination – passe
passe le furet de la mort, bonbons, esquimaux et caramels – eau sucrée ou
perfusion – le noir, le blanc, le trajet, la trajectoire – sans son le monde
muet, aphone, fantômes, cheminements ascensionnels, descensionnels, un bleuté de
jour pourri attaque la face, l’envahit, lenteurs d’englouti – l’affairé, mouche
en ambre – coulissent pans des heures, mouvements de flux, marées éclairs et l’œil était dans l’ascenseur – hublots,
portes, fenêtres, longs glissements par pans et plans, la vie sans mode d’emploi,
sans emploi, perdue en elle-même, vis sans fin, un reflet au loin,
indéchiffrable.
Hôtel Monterey, Chantal Akerman
C’est un film mais c’est une photo,
ce qui oblige à halluciner les corps manquants – dans la salle de bains, dans
la baignoire, sur une chaise. Quelques êtres figés, Vermeer fugitivement (mais
trop doux sans doute, Vermeer pour le temps suspendu peut-être), lignes de
fuite et le silence, l’immense silence d’après le désastre, poussière retombée,
quand tout s’est arrêté à jamais. Couloirs de nuit et les présences muettes,
les présences absentes, les absences présentes, partout, devinées, tues, sous
la surface de la pellicule.
Donne à penser à la perception avec enregistrement simultané, non conscients
mais sans doute inscrits indélébilement dans le for intérieur, de ces formes, lumières,
sons, odeurs présents dans certaines situations de la vie antérieure et
singulièrement celles qui marquent ?
Étrange partition intérieure, que raniment parfois un parfum, une mélodie, un
cadrage, un éclairage.
École du regard par le dépouillement du cadre, le cadrage très géométrique, fixe.
Par exemple, une chambre, un personnage assis tellement fixe qu’on se demande
si on est devant une photo, puis cligne l’œil, minuscule changement de lumière,
grain de la pellicule qui donne un très léger sentiment de bougé. Rendent
palpables le mouvement de la lumière et celui du temps. Il passe !
H.M/C.A. 2
Pans coupés, sens interdits !
sang à la rebrousse, sentiers dévalés, cœur à l’arrêt – contemplation des
ruines, de l’immobile, temps figé, envitré – ce n’est : mort, c’est :
sans vie – visages sans âge, cours immobiles, cils à peine, battement de loin
en loin – couloirs à perte de vue, lignes et rectilignes filent leur train,
travail de rails, font des barres parallèles – la visée du rien, le but sans
fin, perspective sans résolution, radotage, ressassement, fin dépassée comme
coma, no turn no return, hoquet à
perpétuité et aucune accommodation possible.
Rédigé par Florence Trocmé le 07 avril 2009 à 16h25 dans regarder | Lien permanent
CŒUR DE
CAILLOU ET DE RISEE
Lourde caillasse avalanchée, obstruction des voies, conduites et canaux
en dangereuses retenues, accumulats meurtriers – telle la parole stagnante,
pourrissante d’immobile, d’incirculation – pleurs non irrigués, peurs en plein
jour, à vif de peau et d’yeux, dents à craie et cri, criaillements de feuilles
mortes et de boues, sillons colmatés de plâtre – à retourner, sonder, attaquer
continûment – eux béton|nous rivières et eaux, truites fario et rires encore et malgré |eux, murs impénétrables, obscures
manipulations, exclusions, s’arc-boutent là-contre – et toi, torrent, cours
d’eau jusqu’au cou mais en fluide, cœur de caillou et de risée.
Rédigé par Florence Trocmé le 05 janvier 2009 à 11h54 dans regarder, écrire | Lien permanent