Rédigé par Florence Trocmé le 24 septembre 2011 à 09h49 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 22 septembre 2011 à 09h41 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent
Si tu te penches le soir sur le gouffre du jour enfui, que vois-tu ? Que retiens-tu ? Pourquoi soudain comme si un tube te reliait à cela précisément remontent des sédiments déposés par les heures retombées ces cailloux et ces feuilles incrustés dans le tout petit chemin de terre dans le jardin. Ces incrustations, ces natures mortes, ces compositions pour rien ni personne, agencées par des forces indéchiffrables, déposées, disposées là. Ce caillou-là différent des autres, ocre, qui brille dans la terre grise, d’où vient-il, de quelles couches surgi, quel poids de temps, quelles compressions, quelle histoire ? Et pourquoi l’histoire de ce caillou-là, inaperçu de tous, ne serait-elle pas aussi importante que la tienne, tout aussi inaperçue à l’échelle vraie du temps. Et cette étrange moisissure blanche, qui s’auréole à cet endroit du chemin, qui l’a suscité, l’oiseau et sa fiente, le végétal et sa moisissure, le minéral en une exsudation ? Et ce visage, caillou encore, qui soudain te parle, t’appelle, ce visage si parlant, comme mémoire d’un défunt, d’un trépassé comme on disait jadis dans ces contrées. Peut-être visage recomposé d’un noyé après lente migration sédimentaire là ressurgi ?
Le poème, né d’une lente migration sédimentaire, serti soudain dans la terre grise du chemin.
Rédigé par Florence Trocmé le 03 avril 2007 à 09h53 dans figurer | Lien permanent
pourquoi tête. pourquoi tout tant fait tête. tête à clac, clic-clac, tête à pinceaux, pas maquillage, tête à burin. trous d’yeux de nez de bouche pourquoi trois trous, deux trous seuls suffit. pourquoi deux trois quatre trous font tête trois petits trous et trous et puis restent. pourquoi têtes partout deux trous yeux un trou bouche trou nez pas tous. deux trous yeux. noir blanc décalé orbites pleines creuses ou vides pupilles en orbite ou dans le vide. lèvres autour corolle aspirateur à mucus. pourquoi têtes partout te regarde et l’œil était. te regarde de partout d’en haut d’en bas sol de têtes plein. cailloux-têtes te lancent appel eh suis là prends moi dans ta main je te parle suis une tête à clac prends moi je ne pose pas et toi mets-toi en pause oui j’ai trous tout trous qu’il faut yeux œil bouche ou nez je fais tête pas de doute je m’en sors bouge-moi un peu sur le côté je fais deux têtes pas besoin de choisir tu fais l’une puis l’autre tu fais tête et retête ça boume clac et clic et reclac obturation. l’autre œil s’ouvre ferme en dixièmes de seconde et hop mes trous emmagasinés enfichés encartés. ma tête de deux avec ses quatre six trous en boîte dans ta boîte en carte dans ta puce. tout fait tête à l’en perdre car partout tout tête et têtes te tètent tout le temps. têtes appellent sec stoppent net ton pas tête là oui par terre tête te parle te dit suis tête à clac prends-moi furtive ramasse-moi. mains sales poches terre et sable cailloux. comme elle pour se noyer dans l’Ouse, cailloux-têtes dans ses poches, têtes à mort.
©photo et texte florence trocmé, 2007
Rédigé par Florence Trocmé le 18 mars 2007 à 17h41 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent

Pourquoi certaines formes qui ne sont pas nées pour ont apparence d’homme. Anthropocentrisme effréné de la conscience, pré-disposition des graphes et schèmes ? De l’enfant à l’adulte, la pulsion à former figure ou silhouette humaines. Parfois face parfois corps parfois yeux bouche nez parfois jambes bras tronc. Pulsion de représentation.
Rédigé par Florence Trocmé le 21 août 2006 à 14h27 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent | Commentaires (5)
La réflexion s’émerveille à juste titre de constater que la
nature, qui ne peut ni dessiner ni peindre la ressemblance d’aucun objet, donne
parfois l’illusion d’y être parvenue, alors que l’art, qui toujours s’y est
essayé avec succès, renonce à cette vocation traditionnelle et comme inévitable,
comme naturelle pour lui, au profit précisément de la création de formes
muettes, spontanées et sans modèle, comme celles dont la nature foisonne.
Roger Caillois, L’écriture des pierres, Skira/Les Sentiers de la Création 1970, Champs Flammarion 1981, p. 19.
Rédigé par Florence Trocmé le 17 mai 2005 à 16h58 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent | Commentaires (2)
Il n'est ni être ni objet, ni monstre ni monument, ni évènement ni spectacle de la nature, de l'histoire, de la fable ou du rêve, dont un regard séduit ne puisse deviner l'image dans les taches, les dessins, les silhouettes des pierres.
Roger Caillois, l'Ecriture des pierres, Skira - Les sentiers de la création, Champs Flammarion, 1970, p. 14.
Rédigé par Florence Trocmé le 10 mai 2005 à 19h59 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent | Commentaires (1)
Toutes ces ressemblances sont d’ailleurs approchées,
douteuses, parfois lointaines ou franchement arbitraires. Mais, perçues, elles
deviennent vite tyranniques et donnent plus qu’elles n’avaient promis.
L’observateur y découvre sans cesse de nouveaux détails, qui complètent
l’analogie présumée
Roger Caillois, L’écriture des pierres, Skira – Les sentiers de la création, Champs/Flammarion, 1970/1981, p. 11.
©florence trocmé
Rédigé par Florence Trocmé le 24 avril 2005 à 17h13 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent | Commentaires (1)
"Les qualités intimes, la géométrie spécifique du minéral,
cessent désormais d’intéresser d’abord. [...] Un dessin apparaît, ou un profil
insolite. Le rêveur se plaît à y reconnaître le calque imprévisible et, à cette
place, étonnant, presque scandaleux, d’une réalité étrangère ".
Roger Caillois, L ’écriture des pierres, Skira –
Les sentiers de la création, Champs/Flammarion, 1970/1981, p. 9.
Rédigé par Florence Trocmé le 21 avril 2005 à 11h35 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent | Commentaires (1)
Travaillant sur ce projet de cailloux-têtes, j’ai eu envie
de reprendre L’écriture des pierres de Roger Caillois.
Chaque nouvelle tête sera désormais accompagnée d’un extrait
de ce texte.
L'image dans la pierre
De tout temps, on a recherché [...] les pierres curieuses,
celles qui attirent l’attention par quelque anomalie de leur forme ou par
quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur. Presque toujours, il
s’agit d’une ressemblance inattendue, improbable et pourtant naturelle qui
provoque la fascination
Roger Caillois, L ’écriture des pierres, Skira – Les
sentiers de la création, Champs/Flammarion, 1970/1981, p. 5.
Rédigé par Florence Trocmé le 16 avril 2005 à 18h22 dans cailloux-têtes, figurer | Lien permanent | Commentaires (0)