03 avril 2007

Sédiments

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Si tu te penches le soir sur le gouffre du jour enfui, que vois-tu ? Que retiens-tu ? Pourquoi soudain comme si un tube te reliait à cela précisément remontent des sédiments déposés par les heures retombées ces cailloux et ces feuilles incrustés dans le tout petit chemin de terre dans le jardin. Ces incrustations, ces natures mortes, ces compositions pour rien ni personne, agencées par des forces indéchiffrables, déposées, disposées là. Ce caillou-là différent des autres, ocre, qui brille dans la terre grise, d’où vient-il, de quelles couches surgi, quel poids de temps, quelles compressions, quelle histoire ? Et pourquoi l’histoire de ce caillou-là, inaperçu de tous, ne serait-elle pas aussi importante que la tienne, tout aussi inaperçue à l’échelle vraie du temps. Et cette étrange moisissure blanche, qui s’auréole à cet endroit du chemin, qui l’a suscité, l’oiseau et sa fiente, le végétal et sa moisissure, le minéral en une exsudation ? Et ce visage, caillou encore, qui soudain te parle, t’appelle, ce visage si parlant, comme mémoire d’un défunt, d’un trépassé comme on disait jadis dans ces contrées. Peut-être visage recomposé d’un noyé après lente migration sédimentaire là ressurgi ?

Le poème, né d’une lente migration sédimentaire, serti soudain dans la terre grise du chemin.

18 mars 2007

caillou-tête n° 13

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pourquoi tête. pourquoi tout tant fait tête. tête à clac, clic-clac, tête à pinceaux, pas maquillage, tête à burin. trous d’yeux de nez de bouche pourquoi trois trous, deux trous seuls suffit. pourquoi deux trois quatre trous font tête trois petits trous et trous et puis restent. pourquoi têtes partout deux trous yeux un trou bouche trou nez pas tous. deux trous yeux. noir blanc décalé orbites pleines creuses ou vides pupilles en orbite ou dans le vide. lèvres autour corolle aspirateur à mucus. pourquoi têtes partout te regarde et l’œil était. te regarde de partout d’en haut d’en bas sol de têtes plein. cailloux-têtes te lancent appel eh suis là prends moi dans ta main je te parle suis une tête à clac prends moi je ne pose pas et toi mets-toi en pause oui j’ai trous tout trous qu’il faut yeux œil bouche ou nez je fais tête pas de doute je m’en sors bouge-moi un peu sur le côté je fais deux têtes pas besoin de choisir tu fais l’une puis l’autre tu fais tête et retête ça boume clac et clic et reclac obturation. l’autre œil s’ouvre ferme en dixièmes de seconde et hop mes trous emmagasinés enfichés encartés. ma tête de deux avec ses quatre six trous en boîte dans ta boîte en carte dans ta puce. tout fait tête à l’en perdre car partout tout tête et têtes te tètent tout le temps. têtes appellent sec stoppent net ton pas tête là oui par terre tête te parle te dit suis tête à clac prends-moi furtive ramasse-moi. mains sales poches terre et sable cailloux. comme elle pour se noyer dans l’Ouse, cailloux-têtes dans ses poches, têtes à mort.

©photo et texte florence trocmé, 2007

21 août 2006

Caillou-tête n° 12

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Pourquoi certaines formes qui ne sont pas nées pour ont apparence d’homme. Anthropocentrisme effréné de la conscience, pré-disposition des graphes et schèmes ? De l’enfant à l’adulte, la pulsion à former figure ou silhouette humaines. Parfois face parfois corps parfois yeux bouche nez parfois jambes bras tronc. Pulsion de représentation.

17 mai 2005

Caillou-tête n° 11

Tte_17_dtoure_bonneLa réflexion s’émerveille à juste titre de constater que la nature, qui ne peut ni dessiner ni peindre la ressemblance d’aucun objet, donne parfois l’illusion d’y être parvenue, alors que l’art, qui toujours s’y est essayé avec succès, renonce à cette vocation traditionnelle et comme inévitable, comme naturelle pour lui, au profit précisément de la création de formes muettes, spontanées et sans modèle, comme celles dont la nature foisonne.

Roger Caillois, L’écriture des pierres, Skira/Les Sentiers de la Création 1970, Champs Flammarion 1981,  p. 19.

10 mai 2005

Caillou-tête n° 10

100505caillouteteIl n'est ni être ni objet, ni monstre ni monument, ni évènement ni spectacle de la nature, de l'histoire, de la fable ou du rêve, dont un regard séduit ne puisse deviner l'image dans les taches, les dessins, les silhouettes des pierres.
Roger Caillois, l'Ecriture des pierres, Skira - Les sentiers de la création, Champs Flammarion, 1970,  p. 14.

24 avril 2005

Caillou-tête n° 9

Tte_21_dtoure_2    Toutes ces ressemblances sont d’ailleurs approchées, douteuses, parfois lointaines ou franchement arbitraires. Mais, perçues, elles deviennent vite tyranniques et donnent plus qu’elles n’avaient promis. L’observateur y découvre sans cesse de nouveaux détails, qui complètent l’analogie présumée

Roger Caillois, L’écriture des pierres, Skira – Les sentiers de la création, Champs/Flammarion, 1970/1981, p. 11.

©florence trocmé

21 avril 2005

Caillou-tête n° 8

210405caillou_tte_8_1"Les qualités intimes, la géométrie spécifique du minéral, cessent désormais d’intéresser d’abord. [...] Un dessin apparaît, ou un profil insolite. Le rêveur se plaît à y reconnaître le calque imprévisible et, à cette place, étonnant, presque scandaleux, d’une réalité étrangère ".
Roger Caillois, L ’écriture des pierres, Skira – Les sentiers de la création, Champs/Flammarion, 1970/1981, p. 9.

16 avril 2005

Caillou-tête n° 7

Travaillant sur ce projet de cailloux-têtes, j’ai eu envie de reprendre L’écriture des pierres de Roger Caillois.
Chaque nouvelle tête sera désormais accompagnée d’un extrait de ce texte.

Tte_20_dtoure_1L'image dans la pierre
De tout temps, on a recherché [...] les pierres curieuses, celles qui attirent l’attention par quelque anomalie de leur forme ou par quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur. Presque toujours, il s’agit d’une ressemblance inattendue, improbable et pourtant naturelle qui provoque la fascination
Roger Caillois, L ’écriture des pierres, Skira – Les sentiers de la création, Champs/Flammarion, 1970/1981, p. 5.

13 avril 2005

Caillou-tête n° 6

Tte_8_bas_def"Dans tous les inachèvements, je trouve des têtes"
(Henri Michaux, in Emergences-Résurgences, Skira,1972 )

A propos de ce projet photographique du Flotoir, les cailloux-têtes, lire , lire cette note du 12 février 2005

©florence trocmé

09 avril 2005

Caillou-tête n° 5

Tte_5_bas_def"Dans tous les inachèvements, je trouve des têtes"
(Henri Michaux, in Emergences-Résurgences, Skira,1972 )

A propos de ce projet photographique du Flotoir, les cailloux-têtes, lire , lire cette note du 12 février 2005

©florence trocmé