Peau (Coccia)
« Tout ce qui vit a une peau, vit à fleur de peau » (118)
→ ce que ne contredirait certainement pas Hélène Cixous !
Les fils télépathiques du texte (Cixous) (diptyque, 1)
→ C’est une grande affaire de connexions (dont Internet serait une brillante métaphore) à l’œuvre et ici particulièrement à nu, que l’œuvre d’Hélène Cixous. Association, maître-mot. La loi de l’inconscient ou du décryptage de l’inconscient, la loi de sa recherche qui est son écriture – l’association est un chemin, passe ou impasse, labyrinthe sans issue ou voie vers le Graal, tout analysé ou tout écrivain le sait. Immense puissance de l’association, de même nature que celle du levier. À force de petites associations emmanchées, pourrait écrire Cixous, on soulève des pyramides et des tours. Et cela en se branchant sur les fils télépathiques des textes (140). Écoute sauvage. Elle dirait, elle a dit sans doute que les livres nous téléphonent. Comme Melville et son coup de fil impérieux !
celui qui trouve a été cherché (diptyque, 2)
signes de piste et piste de signes, au fur de la mesure, pas hésitant, attention flottante, intention et attention découplées – plaque photographique, cela qu’on n’a pas vu, non su vu, blow up et là, la lettre en évidence, le signe parfait, invisible par visibilité essentielle – signaux captés par œil à facettes, fils télépathiques – celui qui cherche ne trouve pas, celui qui trouve a été cherché, touché coulé, corps mort, balise.
Edgar Poe
Très présent dans cette partie du livre d’Hélène Cixous, autour du « Scarabée d’Or ». À propos d’une sorte d’état second, celui de William Legrand, le héros de la nouvelle au moment de la découverte mais aussi celui de la mère d’HC en extase récurrente devant ses géraniums, elle écrit : « dans cet état on voit les correspondances secrètes entre les fleurs les enfants les couleurs la résurrection quotidienne de la vie de et la mort, car il y a une résurrection de la mort, comme porte de la vie suivante. » (148)
→ état aussi recherché au travers de l’écriture. Mise en veille du mode d’être quotidien au profit de cet état-là. Transe transitionnelle et antre d’écriture.
Correspondances écrit-elle bien sûr, après avoir aussi abondamment évoqué Baudelaire.
Cryptage & encyclopédie
En relation avec la lecture d’HC, lu un grand article très bien fait de Wikipédia sur le cryptage dans la nouvelle d’Edgar Poe. Tout le processus est démonté à partir du message.
Sur le réseau de connexions du livre d’HC vient se greffer cet autre monde en prolifération permanente de l’encyclopédie, qui me semble revivre aujourd’hui d’une façon magistrale. Il n’est plus temps de faire la fine bouche sur Wikipédia, c’est une entreprise extraordinaire. Que de recherches pénibles épargnées pour aller droit au cœur de ce que l’on cherche : qui est William Legrand ? comment fonctionne le cryptage du message codé du Scarabée d’Or ? la biographie de Saint-Simon, mais aussi celle de Shackleton et les expéditions polaires. On peut bien sûr lire sans se référer à. Ce serait dommage car cette exploration parallèle des fils télépathiques suivis par HC amplifie la portée du livre, qui devient comme un cage de résonance. Et ici je trouve des analogies avec la manière de travailler de Patrick Beurard-Valdoye (le thème de l’exploration polaire leur est commun au demeurant !)