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vendredi 09 mai 2008

En lisant Hélène Sanguinetti

 

 

                                   en lisant Hélène Sanguinetti,
                                                      Le Héros, Flammarion, 2008

 

 

Le Héros

 

 

de là ça écrit
d'ici, ça reçoit
quoi

 

 

poème

 

 

en lecture à l'orée

 

décrochements typographiques, comme une musique, comme une danse
ça décroche aussi syntaxique

 

trois petits pas, des fois sur la page, laisses, trois

 

des fois, mots poussés, en marge droite, ou gauche, un dessous l'autre
ça écrit vertical, petits monticules de mots, ça traverse la hauteur de la page
Un éclat de pigeons traversait le ciel sur la gauche.

 

 

il faut du blanc, des écarts
silence et lumière

 

 

le poème, une belle Étrangère
approche-toi
tu y accèdes par copeaux, par chutes, par bribes,
par
[...] brindilles, mousses, gouttes, poussières, ainsi ramassées et rendues aux mieux de cette terre dont je suis, je me rends

 

ne se donne qu'à la longue
et pas tout entière

 

ça s'écrit dans l'ombre, dans du reste
c'est ça que donne la langue du poème

 

 

je m'enfonce dans le secret
je glisse dans l'éboulis
avec
[...] Mes Immenses Mes Avides Mes bêtes,
je perds pied langue et bouche
avec mouette, lourde guêpe, héron, papillon et oiseau sur la plus haute branche
peut-être le rossignol

 

je chemine avec le héros

 

 

le poème
juste un pont à traverser
entre elle qui écrit et elle qui lit

 

Après le pont dessous l'eau, après les pierres, c'est jusqu'où j'irai au milieu de la vie, en cet état d'appelant et meneur de mule."

 

 

 

 

je poursuis la promenade en ses lignes
dans l'imprévu les morts et le soleil

 

 

                                                            orsay 1er et 4 mai 2008

 

 

contribution de Maryse Hache

 

 

A propos de Ce qui alarma Paul Celan de Yves Bonnefoy

 

 

Des nazis sans uniforme

 

Ce qui alarma Paul Celan nous alerte. « Que par-dessus la vague de néant jetée sur le siècle par le nazisme une autre vague se lève, dont cette fois la cause serait si dispersée dans l’existence moderne qu’elle n’en serait même plus repérable ni réparable ; que l’antisémitisme ne soit, en bref, qu’un signe d’un mal plus vaste, la peur de la finitude, qui va écraser de façon moins voyante que dans les camps mais toute aussi efficace la liberté de l’esprit, voilà de quoi inquiéter ou même désespérer celui qui savait, au fond de soi, ce qu’est la poésie… » Yves Bonnefoy pointe l’actuel en son réel. Primo Lévi, P.P.Pasolini [1] Paul Celan sont des visionnaires. Primo Lévi et Paul Celan ont payé dans leur corps, dans leur chair, la violence post-nazie. Des nazis sans uniforme, a été le titre d’un article publié dans l’Humanité en Mars 2006. A mon tour j’anticipais l’Italie d’aujourd’hui. L’accusation de plagiat dont a été victime Paul Celan, révèle un mal plus profond, ressenti par le poète, et au-delà du poète par tout homme blessé d’éthique. Le livre d’Yves Bonnefoy est salutaire : «L’idéologie engendre le meurtre », est une proposition singulière à toute politique d’émancipation. 

 

sur Ce qui alarma Paul Celan,  de Yves Bonnefoy, lire aussi cette note de lecture

 

contribution de Jacques Broda

 

 


[1] « Notre faute, en tant que pères, consisterait à croire que l’histoire n’est et ne saurait être que l’histoire bourgeoise. », in Traité Pédagogique, Seuil, 2000

Notes sur la poésie : Alfred de Musset

 

 

                             Impromptu
en réponse à cette question : qu’est-ce que la poésie ?

 

Chasser tout souvenir te fixer la pensée,
Sur un bel axe d’or la tenir balancée,
Incertaine, inquiète, immobile pourtant ;
Éterniser peut-être un rêve d’un instant ;
Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ;
Écouter dans son cœur l’écho de son génie ;
Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ;
D’un sourire, d’un mot, d’un soupir, d’un regard
Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme,
         Faire une perle d’une larme ;
Du poète ici-bas voilà la passion,
Voilà son bien, sa vie et son ambition.

 

Alfred de Musset, Poésies nouvelles, dans Poésies, Bibliothèque de la Pléiade, p. 388.

 

contribution Tristan Hordé Hordé

 

 

Anthologie permanente : Emily Dickinson (12)

 

 

Pour signaler la parution de y aura-t-il pour de vrai un matin, nouvel et très riche ensemble de poèmes d’Emily Dickinson, dans une présentation et une traduction de Claire Malroux, aux éditions José Corti, volume qui vient compléter Une âme en incandescence, paru en 1998 chez le même éditeur. (Attention, livre à paraître)

 

 

Une fois de plus, ma Colombe déconcertée
Agite ses ailes perplexes.
Une fois de plus, sa maîtresse, sur les eaux
jette sa question troublée –

 

Trois fois à la croisée flottante
L’oiseau du Patriarche est revenu -
Courage ! Ma brave Columba !
Une Terre est peut-être en vue (65)

 

 

Once more my now bewildered Dove
Bestirs her puzzled wings.
Once more, her mistress, on the deep
Her troubled question flings –

 

Thrice to the floating casement
The Patriarch’s bird returned –
Courage !
My brave Columba!
There may yet be Land !

 

Emily Dickinson, y aura-t-il de nouveau un matin, traduction Claire Malroux, José Corti, 2008, p. 65.

 

 

L’Esprit est l’Oreille Consciente –
On Entend vraiment
Quand On examine – l’audible -
Qui pénètre – Là –

 

Pour d’autres Usages – comme le Son –
Une Oreille plus petite est suspendue
Hors du Château – elle est Réceptacle –
l’autre – pure – Ouïe – (718)

 

 

The Spirit is the Conscious Ear –
We actually Hear
When We inspect – that’s audible –
that is admitted – Here –

 

For other Services – as Sound –
There hangs a smaller Ear
Outside the Castle – that Contain –
The other – only – Hear.

 

Emily Dickinson, y aura-t-il de nouveau un matin, (poèmes),  traduction Claire Malroux, José Corti, 2008, p. 395.

 

 

Emily Dickinson dans Poezibao :
Bio-bibliographie
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, extrait 5, extrait 6, extrait 7, , extrait 8, extrait 9, extrait 10, extrait 11,
Compte rendu du livre de Claire Malroux, autour d’Emily Dickinson, Chambre avec vue sur l’éternité,
entretien avec Claire Malroux autour d’Emily Dickinson
Lieu dit l’éternité, Points (parution)
Car l’adieu, car la nuit (parution)


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jeudi 08 mai 2008

Anthologie permanente : Paul Gadenne

 

 

Avoir des mots pour ne pas dire
Des mains pour les reposer
Avoir la force de chanter
Quand tout nous porte à maudire
Avoir la force de chanter
N'avoir pas de mots pour maudire
Avoir la force de sourire
Mourir et vivre sans maudire

 

Paul Gadenne, La petite ourse, "Tragiques", Carnets, La Rue profonde n°3, septembre 1985. p. 114

 

 

Ami de l'eau ami du ciel ami des arbres
Le vent m'enferme en son ressentiment
Le pavé crie le passant me désarme
Le ciel me brûle et ne me répond pas

 

                                                  1954

 

Paul Gadenne, La petite ourse, "Tragiques", Carnets, La Rue profonde n°3, septembre 1985 p. 110

 

 

Il faut tuer les mots retrouver la bonté
Façonner votre épaule à ce tournant du ciel

 

Paul Gadenne, La petite ourse, "Simples", Carnets, La Rue profonde n°3, septembre 1985, p. 37

 

 

Un lent concert de corolles
Fait écho sous mes regards
A celui de maints hasards
Qui se passent de paroles

 

L'éclat vif de leurs couleurs
Exalté par l'agonie
Leur compose une harmonie
Qui découvre enfin leur cœur

 

Et j'admire dans ces choses
Que je regarde finir
Le secret des métamorphoses
Et celui du devenir

 

Paul Gadenne, La petite ourse, "Pour mémoire", Carnets, La Rue profonde n°3, septembre 1985, p. 27

 

 

Ces poèmes de Paul Gadenne sont extraits du recueil intitulé :
La petite ourse, Carnets Paul Gadenne, La Rue profonde n°3, septembre 1985. Imprimé à L’Ecrivain public, Agen. ISSN 0765 - 4170.
Responsable de la publication : Didier Sarrou.
(Renseignements et bulletins de commande sur le site internet : http://WWW.gadenne.org)

 

contribution de Sophie Balso

 

bio-bibliographie de Paul Gadenne

 

 

 

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Paul Gadenne

 

 

Toutes les heures où l'on attend ce qui ne doit pas venir, les chemins sans issue, les voyages sans but, les routes désertes, les jours de pluie, les petites rues de province où personne ne passe, les heures de panne, les journées de maladie, en un mot toutes les circonstances où il n'y a rien à faire, où il faut nécessairement s'arrêter et se croiser les bras, toutes les journées de notre vie que le sort a marquées de grands disques rouges, ces journées-là peuvent être pour nous les plus fécondes ; et je ne craindrai pas de dire que le monde appartient à qui sait se tenir immobile. (extrait d’un discours de Paul Gadenne à lire ici)

 

Paul Gadenne est né le 4 avril 1907 à Armentières, dans le Nord.
Il quitte sa ville natale en 1914. Il séjourne alors à Paris où il fait ses études au Lycée Louis-le-Grand et commence à écrire dès 1924. Il passe l’agrégation de Lettres classiques et enseigne quelque temps mais les soins liés à sa tuberculose l’obligent à s’arrêter pour un traitement en sanatorium. Il ne cesse d’écrire, des nouvelles, des romans, des poèmes, des essais et tient régulièrement ses Carnets dont deux sont publiés : “Le rescapé” et “La rupture”. Il s’installe ensuite, à partir de 1940, dans le Sud-Ouest, entre Bayonne et Cambo.
Paul Gadenne meurt le 1er mai 1956.

 

 

Bibliographie (extraits) de Paul Gadenne
Romans
Siloé, (1941) éd. du Seuil, coll. "Points roman", 1983
Le Vent noir, (1947) éd. du Seuil, 1983
La Rue profonde , (1948) , suivi de Poème à trois personnages (première version du roman), Le Dilettante, 1995
L'Avenue, (1949), Gallimard, 1984
La Plage de Scheveningen, (1952), Gallimard, coll. "L'imaginaire", 1983
L'Invitation chez les Stirl, (1955), Gallimard, coll."Folio", 1983
Les Hauts-Quartiers, (1973), éd. du Seuil, coll. "Points roman", 1991
Nouvelles, récits, théâtre et poèmes
Baleine, Actes Sud, 1982
Bal à Espelette, Lettres trouvées, Actes Sud, 1986
Scènes dans le château, intégrale des nouvelles, Actes Sud, 1986
Le jour que voici, Séquences, 1987
Le guide du voyageur, Séquences, 1986
Michel Kohlaas, in La Rue profonde, Carnets Paul Gadenne, n°6, mai 1987, p.21-128
La petite ourse, poésies complètes, Carnets La Rue profonde, n°3, septembre 1985

 

Contribution de Sophie Balso

 

un site dédié à Paul Gadenne
la notice de Wikipédia
Paul Gadenne l’oublié, sur le site Stalker (où l’on peut lire cet autre article sur Gadenne)

 

 

 

mercredi 07 mai 2008

Les 70 ans de l'éditeur José Corti

José Corti, 1939-2008 : 70 ans d’édition

 

 

 

À un certain moment, un livre
est une chose qui intercepte la lumière

Corti001 Cette citation de Macadonio Fernández, le lecteur la retrouvera page 22 du gros carnet (64 pages) édité par les éditions José Corti à l’occasion du 70ème anniversaire de la maison d’édition et de la librairie ; c’en est une parmi presque une centaine d’autres. Ce qui ne fait pas de doute, ce sont les aptitudes qu’avait José Corti à comprendre quand un manuscrit interceptait la lumière… Lire le catalogue (p. 41 à 60), année par année, de ce qu’il a publié, et à sa suite Bertrand Fillaudeau, puis Fabienne Raphoz, c’est reconnaître une exigence sans faille, le souci de ne jamais céder à la facilité.
Suivons sommairement les premières années des éditions. José Corti publie en 1938 Au château d’Argol, d’un inconnu, Julien Gracq, dont on sait qu’il restera toute sa vie fidèle à la maison ; la même année sortent les Œuvres complètes de Lautréamont, Le Géranium ovipare de Georges Fourest (du même, en 1945, La Négresse blonde ; l’un et l’autre trop ignorés aujourd’hui), Déraisons d’être de Georges Henein. Je n’ai pas retenu tous les titres. En 1939, ce seront Albert Béguin et son indispensable L’Âme romantique et le rêve, et le Lautréamont de Bachelard. De 1940 à 1945, Lewis Carroll, André Ady, Nerval, Coleridge, Valéry, William Blake, Baudelaire, La Motte-Fouqué, Walpole, René Char, José Corti, Maurice de Guérin, Gracq encore, et pour les essais Bachelard, Blanchot, Béguin, Jean Pommier, à quoi l’on ajoutera la correspondance de Claude Debussy. Ces auteurs, aujourd’hui presque tous en poche, n’étaient pas courus, loin de là, exception faite de Valéry. Cet esprit de découverte sans concession du fondateur est demeuré présent. Les publications sont maintenant partagées dans plusieurs collections, nées depuis la fin des années 1980, et l’on retient en 2007, pour ne regarder que la série "littérature étrangère", Israël Eliraz, John Muir, Wallace Stevens et Andrea Zanzotto.
On sait que la couverture de chaque livre édité porte dans sa partie inférieure une rose des vents avec en son centre J et C, au-dessus et dessous la devise Rien de commun. Devise fière d’un homme entier qui raconte dans son livre de souvenirs, Souvenirs désordonnés (désormais en 10/18) pourquoi il l’a choisie pendant l’occupation allemande. Devise à réinterpréter aujourd’hui, puisqu’elle définit assez justement la manière dont les continuateurs de José Corti comprennent leur travail d’éditeur ; citons, c’est une belle leçon :

Dès lors qu’un auteur construit une œuvre et quel que soit le résultat commercial, l’éditeur doit être ce lieu d’accueil, ce havre où l’écrivain sait qu’il sera entendu et compris, la boucle sera ainsi bouclée idéalement : l’éditeur suivant une ligne éditoriale qui permet à chaque livre d’entrer en résonance avec d’autres, l’auteur ayant une chambre d’échos à construire.

Que peut-on ajouter ? La brochure anniversaire rappelle sommairement l’histoire des éditions, décrit la naissance des diverses collections (la dernière, Les Massicotés : ce nom renvoie évidemment au fait que les livres des éditions José Corti ne sont pas massicotés – plaisir du coupe-papier !), propose le portrait d’un certain nombre d’auteurs et des photos de la librairie, 11 rue Médicis, face au Jardin du Luxembourg. Rien d’autre à souhaiter que le travail exemplaire des éditions se poursuive, comme celui d’autres éditeurs à l’écart des groupes financiers.

 

N. B. : Le carnet est offert par les libraires qui présentent le fonds des éditions José Corti.

 

Contribution de Tristan Hordé

 

À noter :
Mercredi 28 mai : Soirée Corti chez Ombres Blanches à Toulouse.
Vendredi 6 juin à 19h30 : Soirée Corti à la Librairie Massena à Nice.

 

Parutions avril-mai 2008 :
Claude Lecouteux, Elle courait le garou (Anthologie)
Thomas Carlyle, Sartor Resartus
Laurent Demanze, Encres orphelines
Emily Dickinson, Y aura-t-il pour de vrai un matin ?
Patrick Watteau, Essai d'héréticité

 

Anthologie permanente : Charles Pennequin

 

 

Il est particulièrement difficile d’extraire des textes des livres de Charles Pennequin. Je tente ici de donner un aperçu de son travail en puisant à trois sources, différentes, du premier au dernier livre parus. 

 

 

Essore vide espace devant
les miroirs ici elles se glissent
les formes il faut travailler
la tension des lessives
et leur verbe il faut
la vaisselle les casseroles faire monter
la soupe un certain degré
de paroles contre le mur
et les rires dont les corps
sont rompus à la forme des vieux
restes de cuisine le graillon dans l’armoire
où sont les filtres et les bassines dans
le fluide traverser les chaleurs
qui sommeillent dans un jet les sons
de l’escalier on raccroche
les ustensiles de cuisine et on repart
à ressasser je ne puis m’obstiner
comme un animal interminablement
penser le paysage noter ce qu’il me
faut un groët une brouette ou du fil
pour aller plus loin
plus profond dans les labeurs

 

Charles Pennequin, Le Père ce matin et autres textes, repris dans Fusées n° 10, p. 27.

 

 

Je m’occupe. Je m’angoisse. Je voudrais m’occuper. Occuper mon angoisse. Et occuper toutes les autres. Toutes les angoisses. Tout prendre et tout mettre là. Et puis après redistribuer, comme des maillots de foot. Chacun son maillot angoissant. On fait des équipes. On s’angoisse en groupe. On a des chapelles d’angoisses. Et on prie pour que ça dure.


Trouer le temps. Penser les trous. Penser les trouées. Trouer du temps. Avoir des creux. Sentir le creuser. Penser dans les creux. Comme pour respirer. Penser dans le corps. Le corps du temps. Tenter d’être un respirant. C’est-à-dire un qui pense. Qui pense son un dans les trous pensés. Les trous pensés du temps. Avoir un temps. Être un en une respiration. Les trous respirent. Tous les êtres ont des trous. Sont bourrés. Le souffle bourre. Le souffle va bourrer mon esprit. Tous les êtres pensent en soufflant. Le souffle est la pensée de celui qui a son être qui gonfle. Tous les êtres gonflent. Ils sont gonflants de pensées. Ça les poursuit. L’esprit les suit jusque dans la tête. L’esprit pousse la tête à se jeter dans la bouche. La bouche n’a lus qu’à souffler. A faire pendre dehors sa pensée.

 

Charles Pennequin, La ville est un trou, suivi de Un jour, P.O.L., 2007, p. 105 et 106

 

 

[...] c’est tentant de ne pas désespérer, mais tout est désespérant et il faut le siffler, il faut siffler la désespérance, c’est ça qu’il faut leur dire aux gens qu’on engueule pour la bonne cause, cause toujours, plus tu causes plus je te ferai fermer la gueule face d’oignon, non ? Non tu fermeras pas ta face d’oignon ? Ta face de cul d’oignon prête à peler, toutes les peaux pelées de l’oignon non ? On leur crie ça dans l’oreille, on fait comme des bruits de porte qui grincent dans l’oreille ; on nettoie la cervelle, on crie des chants animaux dans l’oreille des gens, il n’y a plus que ça à faire, il n’y a rien d’autre à faire, ras-le-bol des mots gentils à lire sur des bouts de papier, ras-le-bol de tous vos mots de gens concernés culturellement parlant, maintenant il faut gueuler dans l’oreille, c’est le concept de maintenant, c’est concépété pour maintenant, car maintenant est un temps en vacillement, car maintenant est un temps recouvert de la boue [...]

 

Charles Pennequin, pas de tombeau pour Mesrine, Al Dante, 2008, p. 9.

 

bio-bibliographie de Charles Pennequin

 

 

 

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Charles Pennequin

 

 

Charles Pennequin né en 1965 à Cambrai, Nord de la France. Il vit à Lille. Et il a un site qui dit qui il est ou n’est pas, donc il faut visiter le site, ici, ne serait-ce que pour le beau dessin de Charles avec son papa au Mont Ventoux.
Il a publié dans les revues Action Poétique, Java, Nioques, Poézi Prolétèr, Quaderno, Fusées, TTC, La Parole Vaine, TIJA, Il Particolare, Prospectus, Boxon, 4/5, Jardin Ouvrier, Moue de Veau, Les Améthystes, La Revista, Ouste, Facial, Complex-Tri, Doc(k)s, poésie express, Derrière la salle de bain, Avis de Passage, La Grappe, ffwl ...

 

La revue Fusées a consacré un gros dossier à Charles Pennequin en son numéro 10

 

Bibliographie
Le Père ce matin, éditions Carte Blanche, 1997
Ça va chauffer, Derrière la Salle de Bains, 1998
Moins ça va, plus ça vient, Le Jardin Ouvrier, 1999
Dedans, Al Dante, 1999
Je crache, Poésie Express, 2000
Patate, album avec un CD intitulé 1 jour, 2000
1 jour , livre, Derrière la Salle de Bains, 2001
Bobines, CD de poèmes, Studio Croix des Landes, La Bazoge (72), 2001
Lettre à J.S., Al Dante, 2001
Ecrans, Editions Voix/Richard Meïer, 2002
Bibi, P.O.L., 2002
Bine, Editions Le Corridor, 2003
Bibine, Editions de l'Attente, 2003
Merci de votre visite, Editions Mix, 2003
Je me Jette, avec le DVD intitulé Jemejette, Al Dante, 2004
Mon binôme, P.O.L., 2004
Les Doigts, Ragage, 2006
Entravés, L'Instant T, 2006
Lambiner, Dernier Télégramme, 2006
La ville est un trou, P.O.L., 2007
Pas de tombeau pour Mesrine, Al Dante, 2008

 

 

En plus des sites et blogs de Charles Pennequin, on peut le retrouver sur le site de l’un de ses éditeurs, P.O.L., dans Wikipedia, en vidéo sur Libr-Critique, sur Sitaudis ou au centre international de poésie de Marseille

 

 

mardi 06 mai 2008

La Tête de l'Homme, de Florence Pazzottu

 

 

 

Pazzottu_la_tete_de_lhomme Dans un précédent texte, « Les inconférences » (in l’Inadéquat, paru en 2005), Florence Pazzottu demandait l’attention  de ceux qui l’écoutaient et une certaine loyauté parce qu’il est « difficile de parler avec ceux qui ne lancent pas leur pensée à la même distance du champ de Narcisse que soi » (39).
Après La Place du sujet, composé en collaboration avec le photographe Giney Ayme et en compétition pour le Prix des découvreurs, la voici avec ce nouveau livre, La Tête de l’Homme. Très différent de prime abord des précédents, preuve s’il en fallait qu’on ne trouvera chez elle rien de systématique, aucune exploitation forcenée d’une veine trouvée une fois pour toute. Chaque livre est une nouvelle expérience et ouvre une nouvelle voie au lecteur même si la voix de Florence Pazzottu y est parfaitement identifiable et sa singularité, évidente.

 

De prime abord, on a affaire ici à un récit. Récit d’un traumatisme, une agression, dans la rue, une nuit, à Marseille. Un soir, rentrant après une rencontre avec d'autres poètes, lorsque là

 

 

où la rue Sainte-Elisabeth devient le rue du
Bon-Jésus, tout le poids, soudain, tout l’obscur du mon
de s’abattit sur mon dos et me tordit le cou » (10).

 

 

Rien de bien singulier, hélas, ni de bien original. Sauf que si on se penche sur ce récit au titre étrange (certains reconnaîtront là le nom d’une montagne des Alpes de Haute Provence), on s’aperçoit qu’il est écrit en vers. Toujours le même vers. Que l’on prend pour un alexandrin avant d’en éprouver le vrai rythme et de faire le décompte des syllabes, treize.

 

 

si s’obstina le nombre treize – [...]
[...] c’est par chance, sans lui
mon récit sombrait, s’étouffait ; vint imprévisible
le treize et s’obstina. [...] (110)

 

 

Treize syllabes et une longue suite de vers, un peu à la manière d’une épopée, articulée en séquences titrées, plus ou moins longues.
Poème narratif. Il se raconte ici une histoire principale, celle qu’on a dite, mais qui très vite suscite, appelle dans son sillage d’autres histoires, histoires de famille, d’ascendants, histoire contemporaine avec à l’orée et au terme du poème l’évocation d’un ami rwandais dont la fille a été tuée lors du génocide, histoire de maisons, d’un litige autour d’un garage, que sais-je encore. Avec pour résultat de construire dans cet entrelacs un réseau de correspondances entre les divers temps, les divers récits, de leur donner une profondeur car :

 

 

Ce que l’on croit le propre, qu’on dit soi, ou qu’on nomme
profond mon moimême, mon fonds, est le plus hanté
des domaines, s’y déroulent de très archaïques
rituels, le plus souvent dans l’ignorance de qui,
se pavanant avec cet air de proprio, n’est
au mieux qu’un hôte en soi-même – [...]/(111)

 

 

La partie apparemment strictement narrative du poème est suivie d’une postface, qui donne quelques clés du récit et surtout du projet de Florence Pazzottu. Où l’on retrouve la veine philosophique déjà mise en évidence dans la lecture de l’Inadéquat. Il y a là une réflexion, très profonde, sur le fait de raconter, sur l’importance de mettre des mots sur le réel, en particulier le réel du traumatisme (le long, très long récit de l’ami rwandais, mal accueilli par une part de l’assistance, parce que si (trop) long, mais « absolument nécessaire, sans quoi plus rien ne/ferait tenir cet homme debout, [...] /. Postface en treize séquences, dont les titres disent les enjeux : « Un récit vrai », écriture des évènements de la vie comme « scansions, brèves ou longues pauses, brusques sursauts,/nœuds, trouées, les signes donc, grâce auxquels se liait,/et peut-être se lirait, inconnue, une histoire ; (109) « ...en segments froids », car il s’agit ici d’un « excès (d’ombre), qu’il s’agissait de résorber, mais/non sans recueillir ce qui dans son sillon tremblait, (110).
On avait pu auparavant, dans le corps même du récit lire le très beau texte A contre-pente, véritable art poétique en soi.....
Sous l’apparente banalité du récit d’un non moins banal fait-divers, se cache un livre foisonnant, posant de très nombreuses questions sur l’homme et sa place, sa place de sujet, opérant dans le monde

 

 

[...] une coupe (trouée – comme le vers
taillant la phrase – une percée énigmatique (100)

 

Je rends hommage à François Bon et au très passionnant travail en cours avec la collection Déplacements qu’il anime au Seuil et où il recueille et publie nombre de textes atypiques, hors des normes de l’édition telle que beaucoup la conçoivent aujourd’hui (il faudrait ici citer de longs extraits du désopilant et terrible début de Un tombeau pour Mesrine de Charles Pennequin !). Livres qui semblent aussi à la pointe de l’extrême contemporain, là où le

 

 

cœur du possible est sauvé, me sauve, étranger,
de la menace que je suis pour moi-même quand
je laisse se refermer sur moi la nuit de l’im
pensé [...] (98)

 

 

Cet impensé auquel de livre en livre s’affronte Florence Pazzottu, loin des pavanes de Narcisse !

 

 

©florence trocmé

 

 

Anthologie permanente : Clayton Eshleman

 

 

aimé césaire – sortie

 

 

Face au mur du flux de la révolution mondiale hurlant dans l’évaporation

 

Humanité ne change pas, imperturbables nous persistons

 

Sinistre colombe à la tige de belladone

 

Humanité sur le rivage, fouettée par la fine écume de la Voie Lactée

 

Notre secret ? Nous adorons la violence, tel le jaguar ivre sur ses ongles rouillés

 

Tueurs orgastiques en puissance / impotent peuple décent

 

La table-mère bardée de bonheur béat avec sur la tête la Mort sans yeux

 

Famine pour l’enfant né sur une feuille d’automne

 

Scarabée d’encre effaré devant la chrysalide des tombeaux

 

Jet de l’entremêlement inséparable de la matière avec son grain spirituel

 

Trompette-squelette par où s’enroulent les lèvres de lamproie de notre natale délectation.

 

 

Clayton Eshleman, texte inédit, composé après la mort d’Aimé Césaire, traduction Auxeméry

 

©Clayton Eshleman et Auxeméry pour la traduction

Contribution d’Auxeméry

 

Angoisse, une porte, Le Portel, le corps penché sur la roche déchiquetée, dans la vase, on rampe dans le noir, on va cerner ce qui boutonne là – ou bien déboutonner cette cage obscure dans laquelle l’animal et l’humain forment copules – ou bien sont-ils en train de se délynxer ? Sont-ils déjà lui objet, et lui sujet, dans l’atmosphère de la grotte amniotique, s’observant l’un l’autre au travers de la barrière du mot, la chair ?

Clayton Eshleman, Hadès en manganèse, traduction Auxeméry, Belin, 1998, p. 13.

 

 

Bio-bibliographie de Clayton Eshleman

 

 

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Clayton Eshleman

 

 

Eshleman_ph_nina_subin_copie Le poète Clayton Eshleman est né en 1935 dans l’Indiana.
Son œuvre est abondante. Il a traduit de nombreux poètes : M. Deguy, A. Césaire, A. Artaud, V. Holan…, et en particulier Cesar Vallejo, auquel il a consacré près de 50 ans. Sa traduction de La Poésie Complète de Vallejo a été publiée par l’University of California Press en 2007.
Eshleman s’est passionné également pendant 25 ans à la recherche de l’origine de la formation de l’image, en étudiant les grottes ornées de l’Âge de Glace du sud-ouest de la France. Le résultat de ses explorations a été rassemblé en 2003, sous le titre Juniper Fuse, avec le sous-titre : Imagination du Paléolithique Supérieur & Construction du Monde Infernal ; le livre a été publié par la Wesleyan University Press.
Une sélection de poèmes est parue en France en 1998, sous le titre Hadès en manganèse, qui reprend celui d’un de ses recueils majeurs (traduction d’Auxeméry, Belin, collection L’Extrême Contemporain). Ces textes s’appliquent à démêler les relations qu’entretiennent, dans l’être humain, animalité et rationalité, imagination et idéologie, amour et sexualité. La méditation est centrée sur les lieux favoris du poète (les cavernes peintes) et ses figures tutélaires (le totem de l’araignée, les parents morts, le peintre face à la paroi de pierre…)
Eshleman_aux Correspondant au États-Unis de la revue Po&sie, certains de ses poèmes ont été maintes fois publiés dans cette revue, ainsi que dans Banana Split, entre autres. Il est inclus dans l’anthologie de Roubaud & Deguy, Vingt poètes américains (Gallimard, 1980). Un texte d’Auxeméry, À la source boit le Minotaure, suivi de poèmes, a été publié par Le courrier du centre d’études international d’études poétiques (Bruxelles, 1994, n° 202-203, « Regards sur la poésie américaine récente »).
Récentes publications : An Alchemist with One Eyes on Fire, 2006  & Archaic Design, 2007, chez Widow Press, Boston. Le même éditeur publiera en 2008 : The Grindstone of Rapport, qui comportera 600 pages de poèmes, proses & traductions.
Eshleman a fondé et édité deux des revues littéraires les plus importantes du demi-siècle : Caterpillar (1967-1973) et Sulfur (1981-2000.
Ayant reçu le National Book Award, un Guggenheim Fellowship de poésie, et de multiples bourses, il poursuit sa carrière de Professeur Émérite à la Eastern Michigan University, et vit à Ypsilanti, avec son épouse, Caryl.

 

Contribution d’Auxeméry / Photos ©Nina Subin, 1988 (en haut) et Auxeméry pour la photo de Clayton & Caryl Eshleman

 

 

lundi 05 mai 2008

Ajouts contre jour, de Pierre Le Pillouër

 

 

Le_pillouer_ajouts_contre_jour Aux questions qui figurent en 4ème de couverture (1), Pierre Le Pillouër répond par une suite composée de textes brefs pour la plupart, oscillant entre l’aphorisme et le poème, écrits à la lettre près – avec raison puisque tout, dans la langue comme ailleurs, tient dans les détails. En fait, il s’agit de

 

 

ne pas trop gratter
juste un peu
pour que le mot
muselé
laisse apparaître le
musclé

 

Les poèmes opèrent donc une découpe énergique qui dispose avec précision les mots sur la page, tentant ainsi de mettre à nu leurs différentes facettes, parfois jusqu’à l’épellation (2). Cela dit, les nombreux calembours, contrepèteries et autres jeux verbaux utilisés ne doivent pas laisser croire que l’on n’aurait affaire qu’à une pratique purement ludique tandis qu’il s’agit plutôt ici de dégager des pensées souvent teintées d’un humour incisif, y compris envers l’écriture elle-même. En effet, au grattage, les couches de l’Histoire peuvent affleurer :

 

des os lents      

et
loin d’être

 désopilant 

 qui se prive de

 pays

 

 

De plus, quand apparaissent la 1ère et la 3ème personne du singulier (quelquefois entremêlées), ce qu’elles semblent désigner, malgré une constante distance référentielle, n’en garde pas moins une certaine densité tragicomique (3) :

 

moi aussi fut
un porc peureux
puis de réduction en réduc
de rc
peu

 moi reste poreux

 

D’ailleurs l’auteur refuse tout autant une géométrie variable qui mènerait inévitablement au flou, à l’interchangeable – recherche de paroles qui / riantes et criantes / soient sans contraires – que la prétention à atteindre un absolu par l’écriture – collage de heurts et hors / vues de la terre à terre et du reste // désacralisation de l’énigme et du texte. Du coup, c’est bien la pirouette qui, sans masquer ses limites, permet le mieux de faire face :

 

moquerie du mot cru
moquerie du mot crâne
moquerie du mot cri

 

Quant aux éclats laissés par les autres gratteurs, ils sont nombreux et plus ou moins faciles à identifier (Rimbaud, Dante, Dostoïevski, D. Roche, etc.), prouvant que le terrain, si on ne le livre pas à des travaux d’aplanissement qui risquent de mener à la platitude, ne date pas d’hier et comprend les éléments les plus divers :

 

Ici
pas de coquille ni omission
rien qui fasse article

 

juste un autel
pour le culte
qui laisse en plan

 

Didon comme Enée
Madonna ou Philippe de Champaigne

 

 

En somme, bien qu’approfondies au fil du livre, les questions initiales restent évidemment en suspens, l’essentiel étant de ne rien ajouter qui n’éclaire sous un autre jour, de façon à en finir avec les litanies mortifères / et ne plus trembler devant le faux, le vide, le lent, l’obscur, le vieux, le répété, / l’énuméré

 

 

Contribution de Bruno Fern

 

 

 

1. Comment faire sortir l’aphorisme de l’alignement mortifère ?
Comment enchaîner un mot à une phrase ?
Comment cesser de se répéter, de commenter ?
Que reste-t-il de la poésie quand on enlève la pose ?
Peut-on continuer, reprendre l’expérience des pères avec les pairs pour seuls lecteurs ?
En quoi le poétique devient-il, plus poliment, politique ?
2.  « Ecrire, c’est être capable de montrer l’anatomie. » (C. Royet-Journoud, La poésie entière est préposition, Eric Pesty Editeur, 2007).
3.  « De la vaporisation et de la centralisation du Moi. Tout est là. » (C. Baudelaire, Mon cœur mis à nu)

 

 

 

Pierre Le Pillouër
ajouts contre jour
Le Bleu du Ciel, 2008,
95 p., 14 €

Anthologie permanente : Florence Pazzottu (8)

 

 

De Florence Pazzottu est paru tout récemment La Tête de l’Homme, dans la collection Déplacements du Seuil.

 

À contre-pente

 

Écrire est une contre-pente, cet éveil, ce
recueil des forces qui résistent à la mort (aux
pentes de la mort, chaque jour, gestes, mots, dedans,
dehors, induits cachés – banals – ou assénés), cet
effort bienheureux, bienveillant et rude parfois,
éprouvant pour que soient préservés, à venir le
vivant, le singulier de l’homme et l’énigme qu’il
est pour l’homme et que ne perce (pas plus que pour le
vers) la divulgation ni de son nombre – ne fait
pas somme, crie plutôt l’opacité accrue, la
défaite de qui tente l’élucidation du
mystère de l’espèce parlante en la visant
du dehors comme un genre connu – ni de son vide
supposé ; par grâce, ou sursaut vif, apaisant
l’inflation dure, l’éruption de substance de
son centre introuvable et que manquent – mais elles pèsent,
menacent – toutes les tentatives de fabrique
et commerce du vif : l’homme serait – ainsi nous
parle « écrire », à contre-pente – non pas cet
animal-parlant, anomalie ou perfection,
seuil, achèvement de l’évolution, mais dans
la nature une coupe (trouée – comme le vers
taillant la phrase) – une percée énigmatique.

 

Florence Pazzottu, La Tête de l’Homme, Le seuil, 2008(collection Déplacments), p. 100

 

Florence Pazzottu dans Poezibao :
bio-bibliographie,
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, extrait 5, extrait 6 et revue Amastra-N-Gallard, extrait 7,
lecture de l'Inadéquat,
lecture en trio à la Maison de la Poésie de Paris (mars 06),
entretien avec Elke de Rijcke,
La Place du sujet (parution),
autour de la Place du Sujet (Prix des découvreurs),
Sator, (parution)
La tête de l’homme (
parution),
La place du sujet
(note de lecture),
La Tête de l’homme (note de lecture)

 

 

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dimanche 04 mai 2008

Poezibao a reçu (dimanche 4 mai 2008)

 

 

Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.

 

 

Parmi les livres récemment reçus par Poezibao :
Emily Dickinson, Y aura-t-il pour de vrai un matin
Nicole Brossard, D’Aube et de civilisation (anthologie)
Cid Corman, Vivremourir, précédé de Lieu
Jacques Ancet, Journal de l’air
Jean Ristat, Ode pour hâter la venue du printemps
Anne-James Chaton, questio de dido
Lucot, HL, rencontre avec Didier Garcia
Pierre Kobel, Le Poids des ailes
et parmi les revues :
Décharges n° 137
Europe, avril 2008, Écrivains au stalag
Autre Sud, mars 2008, N° 40, Nimrod