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vendredi 31 décembre 2004

Radio sur le net : Christophe Tarkos

A_la_radio

Je recommande très chaudement l’écoute des mardis littéraires de cette dernière semaine, consacrée à Christophe Tarkos.

Je rappelle qu’on peut écouter la plupart des émissions de France Culture pendant une semaine après leur diffusion. Il reste donc deux ou trois jours pour écouter cette émission. A noter tout particulièrement autour de 30 minutes de diffusion la lecture par Christophe Tarkos du texte Le petit bidon

©Florence Trocmé

Almanach : Michèle Desbordes

Brume_holderlin

                                  et parfois prenait-il le gris pour le bleu             
voyait-il d’invisibles chauds soleils derrière
le gris des horizons la brume du bas des coteaux et
même les pluies                   les pluies tièdes du soir
cette attente que la marche                 la marche même
attisait
Puis la plaine blonde et chaude                   cette couleur
dans le ciel                 nulle part ailleurs qu’ici
entre les pluies          le bleu et le bleu         et ce qui le
soir se glissait très gris au-dessus de l’horizon
les falaises et les coteaux et les vieux ponts sur la
Loire les bateaux qui attendaient le vent et comme là-bas les îles du milieu du fleuve
passant le point jusqu’au-dessus de l’île             les
peupliers et les fleurs jaunes              blanches
et le bruit de l’eau contre les piles
Michèles Desbordes, Dans le temps qu’il marchait, Laurence Teper 2004, p. 40

Originaire d’un village de Sologne, Michèle Desbordes grandit à Orléans. À l’issue d’études littéraires en Sorbonne, elle devient conservateur de bibliothèques. Elle exerce d’abord dans des universités parisiennes, puis en Guadeloupe en lecture publique. En 1994, elle est nommée directrice de la Bibliothèque de l’université d’Orléans. Elle vit à Beaugency en Sologne.

Bibliographie
L’habituée, Verdier, 1996
La demande, Verdier, 1998, Prix Jean Giono et Prix France Télévision 1999
Le Commandement, Gallimard, 2001
Le lit de la mer, Gallimard, 2002
La robe bleue, Verdier, 2004
Dans le temps qu’il marchait, Laurence Teper, 2004.

Une belle page sur le site des éditions Verdier
A propos de la Robe bleue
et sur le site de remue.net

jeudi 30 décembre 2004

Hölderlin

 

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La tour où vécut Hölderlin, les trente dernières années de sa vie
"on le logea à Tübingen, dans une petite chambre au-dessus du Neckar"
(Michèle Desbordes)

A signaler une double parution à propos de Hölderlin chez l’éditrice Laurence Teper
Dans le temps qu’il marchait est un recueil de deux textes de Michèle Desbordes dont l’un est une sorte de portrait du poète et le second un long poème narratif évoquant le retour du poète en Allemagne et sa longue marche de Bordeaux à Nürtingen. Deux textes liés par une thématique commune, la fin des choses, la hantise du temps, la lente répétition des jours, la solitude et le silence.
Laurence Teper publie parallèlement les Poèmes fluviaux de Hölederlin.  Il faut savoir en effet que non content de finir ses jours dans la tour du menuisier Zimmer sur le Neckar à Tübingen (voir photo), le poète aura toute sa vie longé, traversé, contemplé les grands fleuves, le Rhin, le Main, la Garonne et bien sûr le Neckar. Ces fleuves lui ont inspiré de nombreux vers. Véritable source d’énergie créatrice, la thématique du fleuve irrigue l’ensemble de la poésie hölederlinienne. C’est sur cette idée que Nicolas Waquet a choisi de regrouper les poèmes fluviaux de Hölderlin dont il propose ici une nouvelle traduction.

De Michèle Desbordes, on se souviendra du très beau livre La demande, évocation d’une relation entre un grand maître de la Renaissance (Léonard de Vinci) et une de ses servantes.

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©florence trocmé

Yves, Kenneth, Silvia et André

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Nombreux évènements autour de la poésie en ce mois de janvier. Je les rappellerai pour la plupart 48 heures à l’avance dans ce Poezibao

Le 18 janvier, à Paris, lecture-rencontre avec Yves Bonnefoy, 20h30 à la Maison de la poésie

Le 20 janvier, à Dijon, les Soirées poétiques de la rue Buffon reçoivent Kenneth White

Du 21 au 23 janvier, à Strasbourg, les Journées des poétiques articulent une soirée Voix de femmes autour de Anise Koltz, Sophie Loizeau, Silvia Baron-Supervielle, Ariane Dreyfus, Marie-Claire Bancquart et Maximine.

Le 22 janvier, à Paris, conférence sur André du Bouchet par Bernard Desportes, Halle Saint-Pierre

Le Matricule des Anges n° 59

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Au sommaire de Le Matricule des Anges, n° 59, janvier 2005, pas moins de sept substantiels articles consacrés à la poésie. Aperçu :
« Cette révolte appelée poésie », autour de deux livres d’Annie Le Brun, Ombre pour Ombre, Gallimard et l’essai Du trop de réalité, réédité en poche, Folio/essai : un entretien avec Kathrine Dupérou.
« Le souffle du patineur » à l’occasion de la sortie de L’adoption du système métrique de Jacques Réda, Gallimard.
« Deux vies minuscules », pour Choro de Emmanuel Tugny, Le mot et le reste.
« Étoiles égorgées » pour Quelle est la nuit parmi les nuits de Vénus Khoury-Ghata, Mercure de France
« Les mots collés à la peau » autour de Le pli, la pluie et après, de Lionel Destremau, chez Tarabuste ;
« Passages du simple », à l’occasion de la traduction par Thierry Gillyboeuf de Le moineau et le lépreux de Leonardo Sinisgalli ;
« Nue sous la langue », recension de Le (Je) de Léna de Carole Darricarrère, Melville Éditeur.

Almanach : Michel Butor

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« Des échelles se dressent entre échafaudages et démolitions, lambeaux au vent comme des banderoles lors des manifestations, qui nous permettent de grimper jusqu’aux passerelles de nuages et d’y suivre, tels des anges gardiens en haillons bigarrés de coulures et pulvérisations, les escapades des jeunes aventuriers à la recherche de Monts de la Lune et des sources du Nil, faisant escale à Chypre, Aden, Harrar et Warambot, après les quatre cents coups en Ardennes, Paris, Bruxelles, Londres, Stuttgart et jusqu’à Java, dans la saison des illuminations et du mauvais sang, depuis les villes jusqu’à d’autres villes, nouvelles villes, textes nouveaux, lettres nouvelles, alchimie de la coïncidence entre ville et désert, sphère et pyramide, science et silence, profondeur et surface, adieux et retours.

Michel Butor, L’Horticulteur itinérant, Melville[Éditions Léo Scheer], 2004, p. 72 .

Michel Butor est né le 14 septembre 1926 dans la banlieue de Lille. Associé vers 1955 à Nathalie Sarraute, à Claude Simon, à Robert Pinget, à Alain Robbe-Grillet, dans un groupe littéraire appelé le «nouveau roman», Michel Butor n’a cessé depuis d’œuvrer solitairement. Ses réflexions sur le rôle de la littérature l’ont conduit loin de ce qui était présenté, ou imposé, comme une norme d’écriture. Les livres s'accumulent apportant chaque fois la surprise ; essais, récits du jour ou de la nuit, poèmes, nouvelles combinaisons de tout cela, ils font le désespoir des esprits routiniers ; les collaborations se multiplient avec peintres, musiciens, photographes.
Après une vie d'écriture, de voyages et d'enseignements en France et à l'étranger, Michel Butor vit aujourd'hui en Haute-Savoie.
Il est totalement impossible de donner une bibliographie de Michel Butor ici, tellement celle-ci est abondante. Je renvoie à l'extraordinaire travail de Henri Desoubeaux, cité ci-dessous en lien, qui publie notamment une liste des ouvrages par ordre alphabétique et une autre par ordre chronologique.

Trois sites incontournables
Le site de Michel Butor, créé par lui-même :
Les passionnés de Michel Butor se régaleront sur l'extraordinaire site-index d'Henri Desoubeaux :
tout un dossier Butor sur remue-net :
et aussi un entretien


mercredi 29 décembre 2004

Almanach : Henri Meschonnic

Camelias_copie

nous répondons
ne sachant pas si la question pour laquelle nous sommes debout
vient des années passées ou de celles
que nous ne connaissons pas
le pain la table sont les témoins
qui signent aujourd’hui
parce que nous tournons dans le visage l’un de l’autre
comme l’abeille et la fleur
et que l’espace autour de nous
répond même
avant la question
Henri Meschonnic, Légendaire chaque jour, Gallimard, 1979, p. 18.

Poète, traducteur de la Bible et critique, Henri Meschonnic est né à Paris en 1932 ; il est professeur émérite à l'Université de Paris-VIII.
Extraits de sa bibliographie
Poésie
Dédicaces proverbes, Gallimard, 1972, Prix Max Jacob 1972
Dans nos recommencement, Gallimard, 1976
Légendaire chaque jour,Gallimard, 1979
Voyageurs de la voix, Verdier, 1985, prix Mallarmé 1986
Jamais et un jour, Dominique Bedou, 1986
Nous le passage, Verdier, 1990
Combien de noms, L'Improviste, 1999
Maintenant, les Petits Classiques du Grand Pirate, 2000
Je n'ai pas tout entendu, Dumerchez, 2000
Puisque je suis ce buisson, Arfuyen, 2001
Essais
Politique du rythme, politique du sujet, Verdier, 1995
De la langue française, essai sur une clarté obscure, Hachette, 1997, Pluriel, 2001
Traité du rythme, des vers et des proses avec Gérard Dessons, Dunod, 1998
Poétique du traduire, Verdier, 1999
Le rythme et la lumière avec Pierre Soulages, Odile Jacob, 2000
L'Utopie du Juif, Desclée de Brouwer, 2001
Célébration de la poésie, Verdier, 2001
Hugo, la poésie contre le maintien de l'ordre et Spinoza, poème de la pensée, Maisonneuve et Larose, 2002
Traductions
Les Cinq Rouleaux (Le chant des chants, Ruth, Comme ou les Lamentations, Paroles du Sage, Esther, Gallimard, 1970
La structure du texte artistique de Iouri Lotman, direction de la traduction collective, Gallimard, 1973
Jonas ou le signifiant errant, Gallimard, 1981
Gloires, traduction des Psaumes, Desclée de Brouwer, 2001
Au commencement,  traduction de la Genèse, Desclée de Brouwer, 2002
Lire une conférence de Henri Meschonnic sur la poésie contemporaine
Une page sur Henri Meschonnic sur le site d’un de ses éditeurs, Verdier

mardi 28 décembre 2004

Almanach : Ludovic Janvier

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Neige

Neige dehors neige dedans
neige lente sur les frissons
neige noire à crever les yeux
pas un humain qui vous réponde
il doit leur neiger sur la voix
est-ce que tout le monde est mort
est-ce que je suis le dernier vivant
enfoui sous quelques flocons de rien
(posant le rien tout autour je veux dire)
corrompu jusqu’à l’os par le deuil et le froid
car il neige à n’en plus finir
de plein fouet sur le chagrin
comme autrefois doucement sans pardon
neige légère à serrer le cœur
neige lourde à tuer le temps
c’est bien l’éternité comme prévu
qui précipite exactement sur moi
c’est tout simple il ne fallait pas naître
Ludovic Janvier, La mer à boire, Gallimard, 1987,  p. 90.

Romancier, poète, essayiste, Ludovic Janvier est né en 1934 à Paris.
Extrait de sa bibliographie :
La baigneuse, Gallimard 1968
Face, Gallimard, 1974
Naissance, Gallimard, 1984
La mer à boire, Gallimard 1987
Brèves d’amour, Gallimard, 1993
En mémoire du lit, Gallimard, 1996
Tue-le, Gallimard 2002
Des rivières plein la voix,
Gallimard 2004
A noter aussi deux essais sur Samuel Beckett, Pour Samuel Beckett (Editions de Minuit 1966), et Samuel Beckett par lui-même (Editions du Seuil1969).

« Je m’acharne à croire aux mots, seulement voilà : on les croit faits pour désigner les choses, or ils désignent le manque d’elles. Leur lointain, si vous préférez. Et c’est ce lointain qui nous écarte de nous.
(Tue-le ! - p 198)

Une page sur le poète :
En ligne, des textes de Ludovic Janvier sur le site de Inventaire invention

lundi 27 décembre 2004

La poésie à la Une (oui mais....)

Comment ne pas penser à l’almanach poétique et sa TMD (Très Modeste Diffusion) en lisant ce que notait Claude Roy en 1986, dans un de ses carnets, lors d’un voyage au Japon :

« Il y a tous les matins à la première page de l’Asahi (12 millions d’exemplaires) un encadré où [le poète] Ooka Makoko reproduit un poème ancien ou moderne et le commente, l’éclaire. Dans le métro, dans le train de ceinture aérien Yamanote, je vois des Tôkyôïtes lire un poème du XIIe ou du XXe siècle ».
Claude Roy, La fleur du temps, 1983-1987, Gallimard 1988, p. 283.

Pour les visiteurs de ce blog qui ne connaissent pas l’almanach poétique, je précise que c’est une initiative que j’ai prise en janvier 2002 pour tenter de faire partager mes découvertes émerveillées dans toute la poésie moderne et contemporaine. Je me suis alors proposé de publier chacun des 365 jours de l’année, sur le site zazieweb.fr qui a bien voulu l’accueillir, un extrait de cette poésie, accompagné d’éléments biographiques et bibliographiques concernant le poète choisi. J’ai personnellement tenu mon pari pendant mille jours d’affilée. Aujourd’hui je n’enrichis plus l’almanach que 5 jours sur 7 mais il est diffusé aussi sur ce blog et via une liste de diffusion mail à environ 70 personnes. Et surtout sur le site zazieweb, mon initiative a été très vite relayée par de nombreux autres internautes, ce qui fait que nous avons à nous tous publié sans doute près de 3000 extraits de poésie depuis janvier 2002 et cité au moins 500 poètes différents.
©FT

Almanach : Emily Dickinson

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Ne sachant quand viendra l’Aube,
J’ouvre toutes les Portes,
Ou a-t-elle des Plumes, comme l’Oiseau,
Des Vagues, comme un Rivage -
(lettre à T.W. Higginson)


Not knowing when the Dawn will come,
I open every Door,
Or has it Feathers, like a Bird,
Or Billows, like a Shore -

Emily Dickinson, Quatrains et autres poèmes brefs, Poésie/Gallimard n° 348, 2000, p. 197.

Emily Dickinson est née en 1830 à Amherst, village du Massachusetts aux Etats-Unis. Elle y a vécu quasiment recluse et a écrit environ 1800 poèmes dont elle a toujours refusé la publication. Elle est morte en 1886. D'importantes sélections de poèmes et de la correspondance sont publiées aux Editions José Corti.
On peut consulter une intéressante page sur Emily Dickinson sur l'excellent site des Editions Corti :
et une autre succincte sur le site du Club des Poètes
et trouver une très importante sélection de poèmes (en anglais) sur
On peut aussi lire une page que j'ai réalisée autour d'Emily Dickinson sur le site remue.net avec notamment de nombreux liens