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vendredi 04 février 2005

Commentaires

En écho autant à l'image qu'au texte C'est lui, ce ciel d'hiver illimité, fragile Où les mots ont la transparence et la délicatesse du givre, Et la peau froide enfin son ancien parfum de forêt, C'est lui qui nous contient, qui est notre exacte demeure, Et nous posons des doigts plus fins sur l'horizon, Dans la cendre bleue des villages. Jacques Réda Lente approche du ciel dans "AMEN" Jaqez qui est aussi Grapheus ti
« Sur la barrière de bois, une pie s’est posée, pareille à une note de musique. On n’ose imaginer qu’elle chante. Elle réchauffe son plumage au faible soleil d’hiver. Son ombre sur le sol blanc semble un pas sur la neige. Le paysage immobilisé dans l’hiver paraît attendre la peinture. Il se fige, fait silence, et devient à son tour pareil à une toile blanche sur laquelle se découpent quelques formes. L’œil n’est pas diverti : il suit des lignes simples. La neige échappe à l’anecdote. Sur la toile vide, la peinture fait tomber sa neige, lentement, à travers de successifs rideaux de couleurs, une touche après l’autre, jusqu’à ce que le temps trouve à s’établir là, ou se laisse prendre par cette espèce de piège tranquille qu’on appelle un tableau. De la neige indistincte du commencement, la peinture fait une autre neige, autrement épaisse, profonde et souple, où résonne le silence du monde, tout comme de la page blanche le poème fait transparaître le secret filigrane à travers les mots mêmes qu’il y dépose. L’homme a des mains pour l’invisible.» Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige, Mercure de France (2004), pp 49-50.

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