« Almanach poétique : Saint-John Perse | Accueil | Almanach poétique : Kenneth White »

lundi 28 février 2005

Commentaires

"Les Hautes Chaumes du Forez sont en ce septembre soudain ensoleillé d'une beauté plénière. Les herbes, décolorées, les plants de myrtilliers aux feuilles roussies, ou rouges, érubescentes, les grandes gentianes étêtées qui ne sont plus que crucifix d'un cimetière mis à sac par les hordes profanatrices de peuples sans attache, la houle, incessante, qui ondule sur ces chevelures où les graminées invitent à des siestes paradisiaques, les quelques bouleaux dont les feuillages d'or bruni ou de vert fané, bronze, ruissellent à la moindre saute du vent, tout m'entraîne et m'accueille comme si, parcourant une Asie mineure de rêve, je progressais par cette steppe sans autre envie que celle de marcher, marcher des heures durant, en direction de cette ligne où la terre et le ciel se touchent, ventres jumeaux, soudés l'un à l'autre comme ceux de deux amants qui ne pourraient se désétreindre." Lionel Bourg, Les Montagnes du soir, Cadex éditions 2003 p.52

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.