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mercredi 20 avril 2005

Les Rouge gorges de Philippe Turc et Michel Enrici à Marseille

Au centre international de poésie Marseille

“LES ROUGE GORGES”
de Philippe Turc et Michel Enrici
Le vendredi 29 avril 2005, à 19h00
Présentation de l’ouvrage de bibliophilie Les rouges gorges
Lithographies de Philippe Turc, texte de Michel Enrici
Édition originale de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille


Rouge_gorges_cipmMichel Enrici
Michel Enrici est né en 1945. Historien et critique d’art, il accompagne par ses textes l’aventure artistique de ses contemporains. Sa méthode critique est celle de « l’exercice d’admiration », sa logique est celle du roman picaresque où la rencontre vaut intelligence et analyse. Parallèlement il a dirigé l’École Nationale des Beaux-Arts de Dijon, l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille-Luminy. Il vient récemment de mener à terme la création d’une École Supérieure de Scénographie, le Pavillon Bosio, à Monaco.

Philippe Turc
Est né en 1964.
Vit et travaille à Marseille.
Après un engagement militaire outre-mer, il prépare les Beaux-Arts dont il sera diplômé en 1992.
Depuis, plusieurs expositions, ainsi que des résidences à l’étranger.
Son travail sera présenté au premier étage de la galerie de l’École d’Art de Marseille du 24 avril au 21 mai 2005.

Rouge_gorges_cipm_2 Extrait :
"Gorges profondes, écholalies silencieuses des poissons rouges.
Tournantes éternelles dans les bocaux où la malice les confie, les confit pour
la vie, à l’eau de vie.
Trois, rouges-gorges amphibies,
occupés à touiller la masse plastique où ils flottent,
immobilisent dans de courtes saynètes, des figures de cadrans solaires.
Incassables.
Ils ne disent,
sauf sans mot,
sans souffle,
sans rien,
l’oeuvre complète de Beckett.
La bouche gourmande par laquelle ils pourraient trépasser dessine en langage des signes :
« Malone meurt », avec beaucoup de labiales mouillées.
Un phrasé articulé sur une rigidité de prothèse et de cartillage,
– là où se ferre l’hameçon coupe-gorge des rouges poissons-gorges –,
traduit « Malone meurt » par « silence ».

Cela se dit sans même le petit cri malingre de la souris qui jouit. Trop d’eau, déjà trop d’eau pour le moindre souffle.

On tourne. La fiction est plus haut.
Sur la ligne de flottaison où Philippe Turc madmaxe des engins, outils de la phrase, outils de la fable. Le récit vient tempétueux, là-haut, là où ça flotte héroïque.

Avant d’ouvrir le bocal, le festin de pierre commence comme la fête païenne du commandeur dans le noyau de la boule de cristal. Loupe et dure mère.
Trois points rouges dans une sphère translucide font office d’horlogerie et disent l’heure propre de la cosmogonie. L’heure qui ment.
Minuit, l’heure du mime.
Plus un mot, le geste d’une caudale, frémissement dorsal, ouvertes les branchies et le minuscule orifice. Tout cela peut peu,
au pire et pour le moins.

surcouf . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . surface

À fleur d’eau, les îles mystérieuses, engins de dérives,
nautiles et radeaux, hampes, drapeaux, balises, bric à brac vernajules,
tsunami faux-ami, éoliennes, poubelles héroïques, pèches miraculeuses,
melbouses, et Philippe le héros, le quarantième mais seul, rugissant ce récit.

L’auteur touché, l’auteur coulé."

centre international de poésie Marseille
Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité
13236 Marseille Cedex 02
tel : 04 91 91 26 45 / fax : 04 91 90 99 51
www.cipmarseille.com

Commentaires

Tres jolie Redaction!

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