Les Rouge gorges de Philippe Turc et Michel Enrici à Marseille
Au centre international de poésie Marseille
de Philippe Turc et Michel Enrici
Le vendredi 29 avril 2005, à 19h00
Présentation de l’ouvrage de bibliophilie Les rouges
gorges
Lithographies de Philippe Turc, texte de Michel Enrici
Édition originale de l’École Supérieure des Beaux-Arts de
Marseille
Michel Enrici
Michel Enrici est né en 1945. Historien et critique d’art,
il accompagne par ses textes l’aventure artistique de ses contemporains. Sa
méthode critique est celle de « l’exercice d’admiration », sa logique est celle
du roman picaresque où la rencontre vaut intelligence et analyse. Parallèlement
il a dirigé l’École Nationale des Beaux-Arts de Dijon, l’École Supérieure des
Beaux-Arts de Marseille-Luminy. Il vient récemment de mener à terme la création
d’une École Supérieure de Scénographie, le Pavillon Bosio, à Monaco.
Philippe Turc
Est né en 1964.
Vit et travaille à Marseille.
Après un engagement militaire outre-mer, il prépare les
Beaux-Arts dont il sera diplômé en 1992.
Depuis, plusieurs expositions, ainsi que des résidences à
l’étranger.
Son travail sera présenté au premier étage de la galerie de
l’École d’Art de Marseille du 24 avril au 21 mai 2005.
Extrait :
"Gorges profondes, écholalies silencieuses des poissons
rouges.
Tournantes éternelles dans les bocaux où la malice les
confie, les confit pour
la vie, à l’eau de vie.
Trois, rouges-gorges amphibies,
occupés à touiller la masse plastique où ils flottent,
immobilisent dans de courtes saynètes, des figures de
cadrans solaires.
Incassables.
Ils ne disent,
sauf sans mot,
sans souffle,
sans rien,
l’oeuvre complète de Beckett.
La bouche gourmande par laquelle ils pourraient trépasser
dessine en langage des signes :
« Malone meurt », avec beaucoup de labiales mouillées.
Un phrasé articulé sur une rigidité de prothèse et de
cartillage,
– là où se ferre l’hameçon coupe-gorge des rouges
poissons-gorges –,
traduit « Malone meurt » par « silence ».
Cela se dit sans même le petit cri malingre de la souris qui jouit. Trop d’eau, déjà trop d’eau pour le moindre souffle.
On tourne. La fiction est plus haut.
Sur la ligne de flottaison où Philippe Turc madmaxe des
engins, outils de la phrase, outils de la fable. Le récit vient tempétueux,
là-haut, là où ça flotte héroïque.
Avant d’ouvrir le bocal, le festin de pierre commence comme
la fête païenne du commandeur dans le noyau de la boule de cristal. Loupe et
dure mère.
Trois points rouges dans une sphère translucide font office
d’horlogerie et disent l’heure propre de la cosmogonie. L’heure qui ment.
Minuit, l’heure du mime.
Plus un mot, le geste d’une caudale, frémissement dorsal, ouvertes
les branchies et le minuscule orifice. Tout cela peut peu,
au pire et pour le moins.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . surface
nautiles et radeaux, hampes, drapeaux, balises, bric à brac
vernajules,
tsunami faux-ami, éoliennes, poubelles héroïques, pèches
miraculeuses,
melbouses, et Philippe le héros, le quarantième mais seul,
rugissant ce récit.
L’auteur touché, l’auteur coulé."
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Rédigé par:yann | le vendredi 05 août 2005 à 09h58