Syndications pour Poezibao

« mai 2005 | Accueil | juillet 2005 »

jeudi 30 juin 2005

Anthologie permanente : Henri Droguet

Ce texte est un inédit qu’Henri Droguet a bien voulu m’envoyer parmi d’autres textes au mois d’avril. Je lui dis toute ma reconnaissance.
Je n’ai pu m’empêcher de penser en le lisant au récit de Margo Berdeshevsky et à son poème extrait du Tsunami Notebook

PAROLE DU DRAGON
le commun lait lu(mi)neux
rétame l’opacité limpide d’un étang
trace trames perdues
ma pluie pour mémoire distille
laque la multimamelue Cybèle
mes grands tiroirs d’herbes
et d’ombres des dimanches
parlementeur enfin rendu au so-
eil galet de cirage noir
qui dans les cieux démesurés
moins qu’un clin grésille
le journalier convive grelot
d’argile à ses petits verres
court à matines un verger à quinconces
où le vent fabrique aux recreux
ratisse craque la belle ombellifère
et l’âpre verjus s’écoule au fossé
le gyrovague inconnu sort une fois
encore du champ gueule-chante
    "à la fraîche me suis levé
    j’ai salué la marguillière
    et nous avons débagoulé
    avant de passer les barrières
"

la vie bouge dans tous les sens
la mer est en dérangement
la terre tantôt va s’ouvrir
sous vos pas le bleu
le bleu c’était bien plus que du rêve.

22 février 2005

Henri Droguet, poème inédit.

Lire la fiche bio-bibliographique d’Henri Droguet

mercredi 29 juin 2005

Paol Keineg mais aussi la revue Europe à Vienne le 10 juillet

Paol Keineg dans le cadre de
Lettres sur Cour
à Vienne, le 10 juillet
Collège Ponsard, Place André Rivoire – 38200 Vienne
Renseignements : Lettres sur cour : 04 74 85 07 27

Ce même dimanche, il faut aussi signaler le Buffet Littéraire consacré à la revue Europe, à 12 heures, au même collège Ponsard, avec Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef adjoint de la revue.

Paol Keineg est né en Bretagne et a commencé son existence dans le militantisme. Puis il s’est un peu éloigné de cette mouvance et s’est intéressé aux mythologies celtiques. Il vit actuellement aux Etats-Unis, en Caroline du Nord, où il enseigne. Il est auteur de nombreuses traductions de l’américain, mais aussi de pièces de théâtre.

Extraits de sa bibliographie
Le poème du pays qui a faim, ed. Traces, 1967
Hommes liges des talus en transe, ed. P.J Oswald, 1969
Chroniques et Croquis des villages verrouillés, ed. P.J Oswald, 1971
Histoires vraies, Mojennoù gwir, ed. P.J Oswald, 1974
Lieux communs, Gallimard, 1974
Oiseaux de Bretagne, oiseaux d'Amérique, Obsidiane, 1984
Boudica, Taliesin et autres poèmes, Maurice Nadeau, 1980 ; réed. Ubacs, 1990
Silva Rerum, Guernica, ed. Maurice Nadeau, Montréal, 1989
Triste Tristan, Apogée, 2004
Terre lointaine, Apogée, 2004
Là, et pas là, co-édition Lettres sur cour et Le Temps qu’il fait, 2005

une courte fiche sur Paol Keineg

Anthologie permanente : Marie Etienne

la nuit finie elle prend
        le temps
de la recomposer
        morceau
après morceau
        elle croit
que leur histoires
        sont noires
et blanches emmêlées
        elle veut
lui dire mais elle ne l’ose
        tant d’arbres
autour de leur sommeil
        lié
à l’air de la forêt

    La Plaine a deux journée de long et un
beau et long Fleuve qui a le nom d’Araxe.
    Il y a mains beaux fois dans lesquels il
y a maints oiseaux et des ânes.

Marie Etienne, Anatolie, Flammarion, 1997, p. 61.

voir la fiche bio-bibliographique de Marie Etienne

Marie Etienne

290605portrait_ficheMarie Etienne est née à Menton mais a passé la plus grande partie de son enfance et de son adolescence en Asie du Sud-Est et en Afrique noire. Elle s’est ensuite installée à Paris et a été pendant dix ans la collaboratrice d’Antoine Vitez. Elle collabore à la Quinzaine Littéraire depuis 1985.

Principales publications :
Poésie :
Blanc clos, La Répétition, 1977
Le point d’aveuglement, Beauvoir-sur-Mer, 1978
La Longe, Temps actuel, 1981
Lettres d’Idumée, Paris, Seghers, 1982
Le sang du guetteur
, Actes sud, 1985
Les Barbares
, lettres de casse, 1986
La face et le lointain, Ipomée, 1986
Eloge de la rupture, Ulysse fin de siècle, 1991
Katana, Scanéditions / La dispute, 1993
Anatolie, Flammarion, 1997, prix Mallarmé
Roi des cent cavaliers, Flammarion, 2002
Les Passants intérieurs
, Virgile, 2004

Anthologies :
Poésies des lointains, anthologie de la poésie contemporaine, Actes Sud, 1995
56 poètes pour Aragon, Dumerchez, 1997

Récits :
Clémence, Balland, 1999
Antoine Vitez, le roman du théâtre, Balland, 2000
Sensò, la guerre, Balland, 2002
L'Inconnue de la Loire, La Table Ronde, 2004
Les soupirants, Éditions Virgile, 2005

Ecrits sur le théâtre
"Antoine Vitez, professeur au Conservatoire", les Voies de la création théâtrale, CNRS, 1981
"Le fil de la pelote" (Antoine Vitez metteur et scène et pédagogue), Les Cahiers de la Comédie Française, 1992
"Antoine Vitez, visage d’un poète", Poésie 95

Créations radiophoniques
"Sur l’Hamlet de Vitez", Les Nuits magnétiques, France Culture, 1994
"La Distraction", avec Christian Rosset, Atelier de création radiophonique, 1996

Quelques liens Internet :
sa fiche dans la Poéthèque du Printemps des poètes avec un beau sonnet
La fiche du livre les Passants intérieurs
la fiche du livre les Soupirants
voir aussi sur Poezibao le compte rendu de la lecture des 20 ans de la revue Le Nouveau Recueil, à laquelle participait Marie Etienne

mardi 28 juin 2005

Anthologie permanente : Michel Butor

HAMLET 2 :

Où me conduis-tu ? parle
    je n’irai pas plus loin

Pauvre ombre
    Je suis prêt à t’entendre et à t’apaiser

Terre et ciel enfer infamie
    calme-toi mon cœur calme-toi

Ce n’est pas l’oubli que tu cherches
    mais la manifestation des victimes

Oublier non pas oublier mais mourir que la victime
    enfin ne soit plus oubliée pour qu’on meure

Mourir non pas mourir mais dormir que la victime
    enfin meure doucement pour qu’on dorme

Dormir non pas dormir mais rêver que la victime
    enfin dorme paisiblement pour qu’on rêve

Rêver non pas rêver mais s’éveiller que la victime
    enfin rêve délicieusement pour qu’on veille

 

Michel Butor, Gyroscope, Autrement dit, Le Génie du Lieu, 5 et dernier, porte chiffres, Gallimard, 1995, p. 91 (Château)

Michel Butor

Butor_2_montagepetite_def_jpg_1Michel Butor est né le 14 septembre 1926 dans la banlieue de Lille. Associé vers 1955 à Nathalie Sarraute, à Claude Simon, à Robert Pinget, à Alain Robbe-Grillet, dans un groupe littéraire appelé le «nouveau roman», Michel Butor n’a cessé depuis d’œuvrer solitairement. Ses réflexions sur le rôle de la littérature l’ont conduit loin de ce qui était présenté, ou imposé, comme une norme d’écriture. Les livres s'accumulent apportant chaque fois la surprise ; essais, récits du jour ou de la nuit, poèmes, nouvelles combinaisons de tout cela, ils font le désespoir des esprits routiniers ; les collaborations se multiplient avec peintres, musiciens, photographes.
Après une vie d'écriture, de voyages et d'enseignements en France et à l'étranger, Michel Butor vit aujourd'hui en Haute-Savoie.

Il est totalement impossible de donner une bibliographie de Michel Butor ici, tellement celle-ci est abondante. Je renvoie à l'extraordinaire travail de Henri Desoubeaux, cité ci-dessous en lien, qui publie notamment une liste des ouvrages par ordre alphabétique et une autre par ordre chronologique.

Trois sites incontournables

Le site de Michel Butor, créé par lui-même :

Les passionnés de Michel Butor se régaleront sur l'extraordinaire site-index d'Henri Desoubeaux :

tout un dossier Butor sur remue-net :

lire un entretien avec Michel Butor 


lundi 27 juin 2005

Autour de Walt Whitman le 5 juillet à Paris

À l'occasion de la publication de l'anthologie Whitman Hom(m)age 2005/1855, les maisons d'édition Joca Seria de Nantes et Turtle Point Press de New York, l'Université de Paris VII et l'association Double Change invitent à une lecture bilingue de poésie La lecture sera assurée par :
Guy Bennett, Bill Berkson, Jorie Graham, Sarah Riggs, Stephen Rodefer, Andrew Zawacki

 the publishing houses Joca Seria from Nantes, Turtle Point Press from New York, the University of Paris Vii and Double Change invite to a poetry reading to celebrate the publication of Whitman Hom(m)age 2005/1855, an anthology of contemporary american and british poets on Walt Whitman. The reading will feature:
Guy Bennett, Bill Berkson, Jorie Graham, Sarah Riggs, Stephen Rodefer, Andrew Zawacki

 en compagnie de leurs traducteurs et en la présence du peintre Trevor Winkfield et des éditeurs Brigitte et Bernard Martin (Éditions Joca Seria)

 with their translators and with a guest appearance by painter Trevor Winkfield and publishers Brigitte and Bernard Martin (Éditions Joca Seria

 le mardi 5 juillet 2005 à 20h précises
à Reid Hall/Columbia University,
4 rue de Chevreuse, 75006 Paris, tél. 01 43 20 24 83.
(m° Vavin ligne 4)

on tuesday july 5, 2005 at 8 pm sharp
at Reid Hall/Columbia University in paris

4 rue de Chevreuse, 75006 paris, tél. 01 43 20 24 83.

subway station Vavin on line 4
info : whitman.walt@gmail.com, 01 46 28 20 29


Walt Whitman, Hom(m)age, 2005/1855 -- anthologie bilingue français américain. eds. E. Athenot & O. Brossard - Turtle Point Press & Éditions Joca Seria.
http://ifaedi.insa-lyon.fr/~dbrossar/waltw.php

Brooklyn, 5 juillet 1855 : Walt Whitman publie anonymement et à compted'auteur la première édition de feuilles d'herbe. La poésie américaine moderne est née.

Paris, 5 juillet 2005 : 37 poètes américains + 1 poète britannique contemporains rassemblent dans les pages d'un livre commun leurs propres feuilles, célébrant à leur façon les 150 ans du recueil fondateur. à whitman et ces poètes se joignent des traducteurs français et deux éditeurs, l'un nantais, l'autre new-yorkais, pour jeter un pont entre deux continents, deux langues, deux cultures, deux rapports aux mots et au monde.

Brooklyn, july 5, 1855: the first edition of leaves of grass is published anonymously and at his own expense by Walt Whitman. Modern american poetry is born.

Paris, july 5, 2005: 37 american poets + 1 british poet gather their own leaves in the pages of this book to celebrate the 150th year of whitman's groundbreaking collection of poems. joined by french translators and two publishers, one based in new york and the other in nantes, they provide the "latest connections" whitman hoped for, the connections and crossings between two continents, between two languages and cultures, between two relationships to the wor(l)d.

37 + 1 = John Ashbery, Guy Bennett, Bill Berkson, Charles Bernstein, Charles Borkhuis, Macgregor Card, Robert Creeley, Tom Devaney, Ray DiPalma, Brandon Downing, Marcella Durand, Chris Edgar, Clayton Eshleman, Mark Ford, Peter Gizzi, Jorie Graham, Michael Heller, Fanny Howe, Susan Howe, Robert Kelly, Lisa Lubasch, Eugene Ostashevsky, Ron Padgett, Michael Palmer, Kristin Prevallet, Joan Retallack, Sarah Riggs, Stephen Rodefer, Lytle Shaw, Eleni Sikelianos, Rod Smith, Cole Swensen, David Trinidad, Anne Waldman, Keith Waldrop, Jonathan Williams, Elizabeth Willis, Andrew Zawacki.

Traductions/Translations d'Hélène Aji, Eric Athenot, Omar Berrada, Yan Brailowsky, Vincent Broqua, Anne-Lise Brossard, Olivier Brossard, Antoine Cazé, Marc Chénetier, Vincent Dussol, Claire Guillot, Ladislas Karsenty, Abigail Lang, Oriane Monthéard, Martin Richet, Béatrice Trotignon, Juliette Valéry & Un Bureau sur l'Atlantique.

 Illustration de couverture/cover : Trevor Winkfield, the garden v, 2003, acrylic on linen, acrylique sur toile, 39 x 30 inches, 100 x 76 cm

Lire la suite "Autour de Walt Whitman le 5 juillet à Paris" »

Anthologie permanente : Marie-Florence Ehret

270605ehret_1Marie-Florence Ehret, rencontrée au Marché de la Poésie, a bien voulu me confier Plus vite que la musique, son dernier recueil encore inédit, dont j’ai extrait ces deux poèmes

4
Un peu de solitude
dans le café du matin
pour que le temps
s'aère.

Un peu de silence
entre les mots
pour qu'ils battent
des ailes.

Un peu de paix dans l'épaisseur
des jours jetés sur nos épaules
un peu d'eau sous le manteau
pour survivre





5
Dépouillé l'arbre
sera sans ombre
pur signe noir
dans la lumière

alphabet du silence précédé
de la mort flamboyante des feuilles.

Je laisse derrière moi
à la fécondité du vent
des champs brûlés

Et sur les eaux du temps
je marche
en tremblant

Marie Florence Ehret, Plus vite que la musique, Deux poèmes inédits.

voir la fiche bio-bibliographique de Marie-Florence Ehret

Marie-Florence Ehret

270605marie_florence_ehretMarie-Florence Ehret est née à Paris. Elle écrit de la prose et des vers, des récits et des romans, pour la jeunesse parfois… Nomade, elle a été en résidence longue à Royaumont en 89-90, puis à Orléans en 93-94,  à Chaumont en 2000-2001, à Amiens en 2004 et dans la Maison Radieuse de Rezé (Nantes) qu’elle a quittée en juin 2005, mais elle revient toujours à la Goutte d’or. Elle pratique les ateliers d’écriture depuis plus de 15 ans, un peu partout, de Hong-Kong à Chambly (Oise) en passant par le Burkina-Faso, la Mauritanie ou les Ardennes, des maternelles aux maisons de retraite, écoles, hôpitaux et maisons d’arrêt…Dans les IUFM aussi à l’occasion, pour les enseignants et bibliothécaires…
Marie Florence Ehret a publié notamment dans les revues Revue et corrigée, Cahiers Collectifs, Nulle Part, La Sape, Aires, Gironde Magazine, Journal à Royaumont, Lettres Françaises, Cyclope, Atlantique, Clin d'oeil à la nouvelle, Contre-Vox, Sapriphage, Ralentir Travaux, Le Guépard, l'Odyssée, Encres Vagabondes (Métrographies lisboètes) Brèves, Supérieur Inconnu, Petite etc...
Extraits de sa bibliographie :
Les Confessions de la Rouée,Ed. Cahiers des Brisants, 1986
Salut Barbès, Ed. de la Différence 1988
La Catastrophe Ultraviolette, Ed. de la Différence 1989
La Métrographe, Ed. de la Différence, 1990
La leçon du chat, Un récit et un poème, Ed. Littéra, 1996De La Nature de la Lumière, Ed. de la Différence 1990
L’Ordinaire des jours, Prix Emile Snyder 1996, revue Sapriphage n°29
Semer le vent, Poèmes Ed. Dumerchez, 2000
Battre l'air noir, Dans La Danse dans le Monde Éditions des Belles Lettres, 1999
L’Odyssée immobile
, Ed. G&g, 2000
Hypatie, fille de Théon
, Éditions l’Atelier des Brisants, 2001
Raimund Hoghe. L’Ange inachevé, Ed. Compact, 2001
Jazz aux Islettes Éditions G&g, 2002
L'obscénité des fleurs,
Éditions AB, avec 9 monotypes de Marie Alloy, 2003
Un corsage de lumière
, Éditions G&g, 2004

Comme un coquelicot Editions Bayard 2005
On peut lire cette bibliographie commentée sur le site de Marie-Florence Ehret

Quelques liens internet :
Le site personnel de Marie Florence Ehret est très riche et bien actualisé
Un corsage de lumière ma fiche de lecture
Jazz aux Islettes, ma fiche de lecture
L’obscénité des fleurs, compte rendu de lecture dans le magazine de zazieweb.fr avec photos
fiche©florence trocmé

dimanche 26 juin 2005

Anthologie permanente et parution : Henri Pichette/2

Les Ditelis du rougegorge, poèmes inédits, et une nouvelle édition de Dents de lait dents de loup du poète Henri Pichette, paraissent en librairie en ce mois de juin 2005. Occasion de faire entrer Henri Pichette dans l’anthologie permanente de Poezibao où il ne figurait pas encore. Hier samedi 25 juin 2005, présentation et un extrait de Les Ditelis du rougegorge, aujourd’hui, dimanche 26 juin 2005, présentation et un extrait de Dents de lait dents de loup.


260605dents_de_lait_pichetteDents de lait dents de loup : extrait de la présentation de l’éditeur
Dents de lait dents de loup fut le dernier recueil publié en 1962 par Henri Pichette (1924-2000) avant un long silence, au terme duquel il entreprit la correction de ses œuvres. Les Dents de lait sont les premiers poèmes de Pichette, écrits entre 1942 et 1944 tandis que les Dents de Loup furent composées de 1947 à 1958.
Cette nouvelle édition par Gallimard comporte les dessins que Roger Mandel, ami de Pichette, avait conçus pour sa toute première plaquette, Quatre poèmes, tirée photographiquement à deux exemplaires en 1943. Roger Mandel est mort en 1945 des suite d’une grève de la faim comme objecteur de conscience.

voir la fiche bio-bibiographique d’Henri Pichette


L’ÉTÉ (extrait)

         Le soleil tape sur les enclumes de granit.
        L’herbe métallique vibre, au flanc de l’immense vague pétrifiée.
        Je cours, un feu de joie plein la poitrine.
        La gloire d’une vallée m’arrête d’émerveillement.
        (Encore un horizon que je devrai à la délicatesse d’un tournant de sentier !)
        Un million de pampes crépitent.
        Tarins et pipits se tiennent clos et cois sous les ombrages, et les pies achalées ne se jacassent plus d’un arbre à l’autre.
[...]
        Certaine sauterelle orangée visite à la venvole un grand aubifoin des montagnes.
        - Tant de beauté (dôme d’azur, escarpements pour chèvres à sonnailles, sous-bois moussus, plateaux flattés de bise, épicéas fûtant droit au ciel), tant de bonheur est-il pour satisfaire une soif de possession, le goût impérieux du bien-être ? Pareille félicité, on soupirerait à la garder toute.
[...] Combloux, 1949.

Dents de lait dents de loup, Gallimard, 2005, p. 41
ISBN 2070773302, 10 €