Syndications pour Poezibao

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mercredi 30 novembre 2005

C'est l'anniversaire de Poezibao

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C'est aujourd'hui le premier anniversaire de Poezibao ! Occasion de faire un bilan d'étape (!) et de parler des projets et des nouveautés.



Quelques chiffres

Il y a eu au cours de ces douze mois 904 contributions soit un peu plus de deux tous les jours, samedi et dimanche compris ; dont 365 pour l'anthologie permanente puisque le principe de celle-ci consiste à publier un extrait tous les jours, 7/7 jours. L'index que j'ai mis au point recense 221 entrées, presque toutes au nom d'une ou d'un poète
Le site a ses débuts recevait environ 1500 visites mensuelles, il est actuellement à près de 11 000 visites par mois, avec une moyenne de 411 connexions par jour. Par simple honnêteté il faut cependant tempérer ce chiffre car une analyse un peu plus poussée montre que bien des connexions arrivent via les moteurs de recherche et que les visiteurs ne font que passer sans s'attarder. Mais selon les jours de 5 à 10 % des visites sont de "vraies visites".

Le projet Poezibao
Il s'est légèrement étoffé mais la ligne reste toujours la même :
Poezibao est une revue web entièrement dédiée à la poésie (essentiellement contemporaine et moderne) et actualisée quotidiennement (souvent plusieurs fois par jour). C'est à la fois :
 

  • une anthologie permanente avec un extrait de poésie publié chaque jour (+fiche bio/bibliographique du poète choisi) ;
  • un journal permanent de l'actualité de la poésie (évènements, rencontres-lectures, parutions, marchés et salons, etc.) ;
  • un magazine avec des reportages, des comptes rendus de rencontres et des fiches de lecture
  • une revue littéraire (qui sollicite et reçoit des poèmes inédits et des articles) ;
  • une recension des revues littéraires et de poésie ;
  • enfin une base de données qui se constitue au fur et à mesure de l'enrichissement du site.

Nouveautés
Parmi les nouveautés importantes, il faut citer le soin de plus en plus attentif mis à composer les bibliographies car mes recherches sur les poètes me montrent qu'elles ne sont pas toujours faciles à trouver sur le net.

Poezibao a aussi souhaité s'ouvrir à d'autres signatures. D'où deux nouvelles rubriques :

  • les "lectures d'Alain Marc", poète et essayiste qui vient de donner une série de 25 notes sur sa lecture de Bernard Noël et qui prépare une nouvelle série de "lectures poétiques".
  • Et les "Cartes blanches". J'ai demandé à plusieurs poètes s'ils acceptaient le principe d'une contribution épisodico-périodique (!) à Poezibao, thème de leur intervention totalement libre, à condition qu'il s'agisse… de poésie. Jacques Ancet et Gabrielle Althen ont bien voulu ouvrir le feu et j'espère rapidement d'autres contributions notamment de la poète américaine Marilyn Hacker. Parallèlement aux contributeurs réguliers, j'aimerais solliciter certains auteurs au coup par coup, en rapport avec un texte, une problématique, un auteur. Je vais ainsi publier sous peu de très utiles "conseils pour trouver un éditeur" dus à Pierre Maubé.

Enfin Poezibao a entrepris de rendre compte le plus souvent possible du contenu des revues littéraires et poétiques qui sont souvent le vivier où grandissent les poètes !
Je me préoccupe aussi du fait qu'il n'y a pas assez de notes de lecture portant sur les nouvelles parutions de poésie et je tente d'y remédier petit à petit.

Navigation
Consciente que la navigation dans un blog n'est pas des plus ergonomiques, je mets au point des outils qui peuvent permettent d'accéder rapidement à l' information cherchée. C'est ainsi que figure dans la colonne de gauche, un peu en dessous de la photo, un lien vers un index. Lequel compile toutes les entrées nouvelles du site, par nom de poètes, de revues ou de manifestations. Cet index mis à jour au moins deux fois par semaine est totalement interactif puisque toutes les entrées sont des liens cliquables qui ouvrent directement les pages.

Abonnement
Je rappelle enfin qu'il est très simple de s'abonner pour recevoir quotidiennement par le mail le texte poétique proposé chaque jour dans l'anthologie permanente. Il suffit de cliquer sur "écrivez-moi" puis de m'indiquer à quel adresse e-mail vous souhaitez recevoir cette contribution.

Bien entendu, je reste ouverte à toutes les suggestions qui pourraient enrichir Poezibao .

Remerciements
Je tiens à exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui m'ont encouragée et soutenue dans cette première année, parmi lesquelles et en tout premier Marilyn Hacker, qui m'a fait connaître de très nombreux poètes parmi lesquels Gabrielle Althen, Claire Malroux, Yerra Sugarman, Margo Berdeshevsky, Geneviève Pastre, Vénus Khoury-Ghata, Guy Goffette et tant d'autres. Reconnaissance aussi à Pierre Kobel qui souvent me fait de très belles suggestions, à Jacques Ancet, Alain Marc, Pierre Maubé qui ont accepté de contribuer au site, à mes amis qui relaient mon travail, notamment le très beau blog Terres de Femmes d'Angèle Paoli, au regard amical et bienveillant de Pierre Le Pillouër de Sitaudis et à tous ceux  avec lesquels j'ai tissé un véritable réseau d'échanges autour de la poésie et qui apparaîtront certainement un jour sur le site.

Merci enfin aux éditeurs et directeurs de revue qui me font assez confiance pour m'envoyer leurs parutions et aux poètes ou traducteurs qui acceptent de m'envoyer des inédits (Alain Duault, Laurent Margantin, Jean-Gabriel Cosculluela, Marie-Florence Ehret, Jean Migrenne, Lionel Richard, etc). Pardon à ceux que j'aurais oubliés dans cette énumération, qu'ils n'hésitent pas à me chapitrer !

Je choisis aujourd'hui pour l'anthologie permanente de rendre hommage au livre qui m'a ouvert le monde de la poésie quand j'étais très, très jeune, Le livre d'or de la poésie française de Pierre Seghers.
Florence Trocmé

Anthologie permanente : Oscar Venceslas von Lubicz Milosz

Aujourd'hui, premier anniversaire de Poezibao, j'ai choisi un texte auquel je suis très attachée parce qu'il représente un de mes premiers vrais contacts avec la poésie, alors que j'étais très jeune, contact plus personnel que celui que pouvait véhiculer l'enseignement scolaire. Ce texte fut l'origine d'un choc que je n'ai pas oublié.
Je le dois à un livre que beaucoup connaissent Le Livre d'Or de la poésie française de Pierre Seghers.
Hommage lui soit rendu et puisse-t-il inspirer la suite du travail de Poezibao, au quotidien, dans la même visée de mettre la poésie un peu plus en valeur, dans une société et une civilisation qui lui tournent le dos si facilement.
J'ai bien conscience que pour un anniversaire, le texte n'est pas très gai !

Une dernière chose enfin, recopiant ce texte comme je le fais de tous les textes de l'anthologie, je me souviens…que je le sais presque entièrement par cœur. Et je déplore que l'on apprenne plus par cœur la poésie.

VII
TOUS LES MORTS SONT IVRES

Tous les morts sont ivres de pluie vieille et sale
Au cimetière étrange de Lofoten.
L'horloge du dégel tictaque lointaine
Au cœur des cercueils pauvres de Lofoten.

Et grâce aux trous creusés par le noir printemps
Les corbeaux sont gras de froide chaire humaine
Et grâce au maigre vent à la voix d'enfant
Le sommeil est doux aux morts de Lofoten.

Je ne verrai très probablement jamais
Ni la mer ni les tombes de Lofoten
Et pourtant c'est en moi comme si j'aimais
Ce lointain coin de terre et toute sa peine.

Vous disparus, vous suicidés, vous lointaines
Au cimetière étranger de Lofoten
- Le nom sonne à mon oreille étrange et doux,
Vraimentt, dites-moi, dormez-vous, dormez-vous ?

- Tu pourrais me conter des choses plus drôles
Beau claret dont ma coupe d'argent est pleine,
Des histoires plus charmantes ou moins folles ;
Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.

Il fait bon. Dans le foyer doucement traîne
La voix du plus mélancolique des mois
- Ah les morts, y compris ceux de Lofoten -
Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi…

Oscar Venceslas von Lubics Milosz, in Livre d'Or de la poésie française, Seghers (je n'ai pu trouver l'année), p. 318
et recueil Chansons et danses d'autrefois, in Poésies, tome I, Éditions André Silvaire, 1972, p. 176.

bio-bibliographie de Milosz

Oscar Venceslas von Lubicz Milosz

Oscar Venceslas von Lubicz-Milosz*, (on trouve aussi l'orthographe Oskar Wladyslaw De Lubicz Milosz) poète lituanien de langue française, est né en 1877.Il était issu d'une famille noble et vint à Paris faire ses études au lycée Janson-de-Sailly, puis à l'École du Louvre. Il voyagea beaucoup en Europe, et s'installa en France où il fut notamment chargé d'affaires de Lituanie. Il écrivit une première poésie dans la lignée du symbolisme (Le Poème des Décadences et Les Sept Solitudes) . Puis sa poésie ne cessa de s'élargir à partir du recueil Les Eléments. Il devrait ensuite écrire une poésie d'inspiration mystique (Epitre à Storge, La Confession de Lemuel, Arcanes). Le poète est également auteur d'un roman et un mystère, Miguel Manara. Il est aussi l'auteur de plusieurs traductions, notamment de textes anciens lituaniens. André Silvaire a édité ses œuvres complètes.

O.V. de L. est mort à Fontainebleau en 1939.

* à ne pas confondre avec Czeslaw Milosz (1911-2004), Prix Nobel 1980 de littérature.

extraits de sa bibliographie
Poème des décadences, 1899
Chefs-d'œuvre lyrique du Nord, 1912
Miguel Manara, drame, 1913
L'Amoureuse initiation, roman, 1910
Epitre à Storge, 1917
La Confession de Lemuel, 1922
Ars Magna, 1924
les Arcanes
, 1927
Contes et fabliaux de la vieille Lituanie, 1930
L'Apocalypse de Saint Jean déchiffrée, 1933
La Clef de l'Apocalypse, 1938

Les Œuvres complètes de Milosz ont été publiés chez André Silvaire :
Tome I, Poésies I : Le Poème des Décadences - Les Sept Solitudes, Silvaire, Paris, 1960.
Tome II, Poésies II : Les Eléments - Autres Poèmes - Symphonies - Nihumîm - Adramandoni - La Confession de Lemuel - Derniers Poèmes, Silvaire, Paris, 1960.
Tome III, Théâtre I : Miguel Mañara - Traduction fragmentaire de Faust, Silvaire, Paris, 1957.
Tome IV, Théâtre II : Don Juan - Méphiboseth, Silvaire, Paris, 1988.
Tome V, Roman I : L’Amoureuse Initiation, Silvaire, Paris, 1958.
Tome VI, Contes et Fabliaux de la Vieille Lithuanie, Silvaire, Paris, 1972.
Tome VII, Philosophie I : Ars Magna - Les Origines Ibériques du Peuple Juif - L’Apocalypse de Saint-Jean Déchiffrée - La Clef de l’Apocalypse, Silvaire, Paris, 1961.
Tome VIII, Philosophie II : Les Arcanes, Silvaire, Paris, 1994.
Tome IX, Contes Lithuaniens de ma Mère l’Oye - Daïnos (1927 : traductions de poèmes populaires lituaniens) - Les Origines de la Nation Lithuanienne, Silvaire, Paris, 1963.
Tome X, Chefs-d’œuvre Lyriques du Nord, Silvaire, Paris, 1968. (Traductions de poèmes allemands et anglais : Byron, Schelley, Coleridge, Rossetti, Goethe, Schiller.)
Tome XI, Théâtre III : Saul de Tarse (1913) - Daïnos (1920, 1921, 1929) - Diverses traductions, Silvaire, Paris, 1970.
Tome XII, Roman II : Les Zborowski (écrit entre 1910 et 1914) - Très simple histoire d’un Monsieur Trix-Trix, pitre (1906) - Le Cahier Déchiré [1894-1896] - Poèmes inédits ou retrouvés (1900-1915), Silvaire, Paris, 1982.
Tome XIII, Deux Messianismes politiques (1927) - Vilna et la civilisation européenne (1926) - L’Alliance des Etats Baltiques (1919) - L’Emprise allemande sur la Russie (1919), Silvaire, Paris, 1990. (Réunion de tous les écrits et discours politiques de Milosz de 1918 à 1927, ainsi que des lettres officielles et des déclarations publiques.)
Tome XIV,Inédits et Varia : Poésie - Esotérisme - Préfaces - Etudes - Autobiographie - Roman - Théâtre - Folklore.

A noter, la collection Poésie/Gallimard a publié une anthologie de la poésie de O.V.L. Milosz :
La berline arrêtée dans la nuit - anthologie poétique, Poésie/Gallimard, 1999

Un bel ensemble sur le site de les amis de Milosz
Un bel article sur Milosz

fiche ©florence trocmé

mardi 29 novembre 2005

Autour de Pierre Albert-Birot, le 10 décembre à Paris

Aliénor
Cercle de poésie et d'esthétique Jacques G. Krafft

samedi 10 décembre 2005 à 16h15 précises
Brasserie Lipp (salle du 1er étage)
151, boulevard Saint-Germain Paris 6e

Pierre ALBERT-BIROT
poète corps et âme


par Astrid Bouygues
précédé d’un entretien avec Arlette Albert-Birot
lecturesVincent Byrd Le Sage

Lecture André Velter à Paris le 4 décembre

Festival permanent des poésies dans le 18ème
Les Parvis Poétiques- marc delouze

invitent à une lecture – rencontre avec
André V E L T E R

et en "première lecture"
Laure CAMBAU

dimanche 4 décembre 2005 à 16h45

Fond’action Boris Vian
6 bis Cité Véron 75018 Paris (au niveau du 92 Bd de Clichy, M°Blanche)

André Velter est né en 1945 ans les Ardennes. Homme de voyages, de spectacles, de radio, des mille ailleurs et du tout proche : poète en somme.
Dernier livre paru : « Au cabaret de l’éphémère » (Gallimard).

Et l’insomnie devient la boussole
d’un autre monde
qui n’est nullement l’autre monde
mais l’indompté de nos désirs

Laure Cambau est poète et pianiste. Dernier livre (le troisième) paru : « Et le pourboire des anges ? » (éditions de l’Amandier).

Laisse tes rêves / géographie souterraine / sur le tabouret
un homme à la coque / daté à l’encre rouge / sur la fesse gauche…

Renseignements 01 42 54 48 70 – courriel : parvis@free.fr
Entrée et Participation aux frais : libres

Exposition et manifestations autour de Robert Filliou à Marseille

Au  centre international de poésie Marseille

Robert Filliou
(exposition, projections, conférences, performances)

Du vendredi 2 décembre 2005 au samedi 21 janvier 2006
Vernissage le vendredi 2 décembre à 18h30, suivi de communications et performances
Projections cinématographiques le samedi 3 décembre, de 14h à 19h
Conférence sur Robert Filliou & la poésie le 20 janvier

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Cette exposition présente des multiples et des éditions de Robert Filliou. Une édition unique “l’Album de Chiffres” Sirca 1964, rarement montrée est notamment visible. Plusieurs manifestations sont en outre organisées autour de l’œuvre de Robert Filliou :

Le soir du vernissage :
le 2 décembre, à partir de 19h
Présentation et communications par Charlotte Guillemin, Nathalie Ergino, Sylvie Jouval, Joachim Pfeufer et Pierre Tilman
Performance de Laurent Prexl, Michel Tabanou
Charlotte Guillemin a choisi pour cet événement de montrer un Filliou intime en faisant intervenir des personnalités artistiques qui étaient aussi des amis, comme Joachim Pfeufer avec qui il a inventé le Poïpoïdrome et Michel Tabanou, artiste et collectionneur le fils d’un grand ami Roger Tabanou, et Pierre Tilman, poète. A ses personnalités s’ajoutent des spécialistes sur Robert Filliou.
Laurent Prexl, travaille sur/avec Robert Filliou comme matériel de réflexion. Il donnera le soir du vernissage une performance.
Pierre Tilman présentera la biographie qu’il fait paraître à cette période aux éditions Presse du Réel.
Sylvie Jouval, historienne, a établi le « catalogue raisonné des éditions&multiples, livres et vidéos », édition Presse du réel, collection “L’écart Absolu” dirigée par Michel Giroud.
Nathalie Ergino a dirigé le Frac Champagne-Ardenne et a organisé l’exposition Robert Filliou/Filliou Today, 2000.

Projection cinématographiques :
le samedi 3 décembre, de 14h à 19h
Une série de projections consacrées à l’oeuvre audiovisuelle de Robert Filliou est organisée le lendemain du vernissage.

Conférence :
le 20 janvier, à partir de 19h
Pour clore cette exposition, Michel Giroud donnera au cipM la 11ème conférence du cycle “de la poésie contemporaine”, qui sera consacrée à l’œuvre poétique de Robert Filliou.

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Robert Filliou :
Tour à tour résistant, manœuvre pour Coca-Cola à Los Angeles, diplômé d´économie et fonctionnaire de l´O.N.U en Corée, Robert Filliou élabore une oeuvre ambitionnant d´abolir les frontières entre l´art et la vie.
A partir de 1960, proche de Daniel Spoerri, il développe une activité de poète, considérant que le langage et les mots constituent le matériau premier de l´artiste. En 1961, il montre ses premiers poèmes transcrits au pastel sur papier d´emballage et interprète un Poème de 53 kilos. Les Poèmes en suspense, de la même période, participent du Principe d´Économie Poétique, conçu par Filliou comme une théorie des implications sociales de l´art. De cette époque datent également les Long poèmes à finir chez soi, ainsi que le poème action Kabou’inema, où l´élément sonore est fourni par la traduction en japonais des noms de quelques célébrités. En 1962, il rencontre George Brecht, Ben, Yves Klein, La Monte Young, Bernard Heidsieck. Entre 1965 et 1968, il ouvre à Villefranche-sur-Mer, en compagnie de George Brecht, La Cédille qui sourit, une non-boutique conçue comme un centre international de création permanente. Y sont nées des idées de films et de poèmes visuels, d´acheminement de poèmes en petite vitesse, et de Telefon-poems. En 1967, installé à Düsseldorf, où il rejoint Spoerri et Dieter Rot, il rédige un livre d´enseignement en collaboration avec Joseph Beuys, George Brecht, John Cage et Allan Kaprow: Teaching and Learning performing Arts.
Pensée comme un jeu, son oeuvre s´articule autour de trois concepts : création permanente, réseau éternel et fête permanente. Filliou appartient à cette catégorie d’artistes qui, de Roussel à Duchamp et de Schwitters à Cage, envisagent leur oeuvre comme un travail sur le langage, les mots, les sons, les images, afin de remettre en question les fondements mêmes de la création.


centre international de poésie Marseille
Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité
13236 Marseille Cedex 02
tel : 04 91 91 26 45 / fax : 04 91 90 99 51
cipm@cipmarseille.com
http://www.cipmarseille.com/

Anthologie permanente / Vladimir Maïakovski et Bernard Chambaz

291105_maiakovski_2Pour signaler la parution d'un nouveau recueil dans la collection (jamais assez célébrée) Poésie/Gallimard, le numéro 414, dédié à une anthologie de la poésie de Vladimir Maïakovski.
aimant les rapprochements entre les différents livres en présence sur mon bureau ou dans ma bibliothèque, j'ai "monté" le poème de Maïakovski avec un texte de Bernard Chambaz et un autre d'Alain Marc

ADOLESCENT

L'adolescence a des leçons en masse.
On apprend la grammaire aux sottes et aux sots.
Donc moi,
ils m'ont viré de la cinquième classe –
Ils m'ont jeté dans les prisons moscovites1
Dans votre
petit univers
d'appartement
poussent des poètes frisés pour les alcôves.
Que peut-on dénicher dans ces bichons lyriques ?!
Moi,
j'ai appris
à aimer
aux Boutyriks².
que me font les regrets sur le Bois de Boulogne ?!
Que me font les soupirs sur l'infini des mers ?!
Moi, c'est
d'une agence de pompes funèbres
que je m'épris
par le judas de la cellule 103
Ceux qui voient le soleil tous les jours
s'en font accroire ;
"Que valent – disent-ils – ces rayons de rien du tout ?"
Mais moi –
pour un reflet
jaune sur la paroi
j'aurais alors donné tout au monde

Vladimir Maïakovski, A pleine voix, anthologie poétique 1915-1930, Poésie/Gallimard n° 414, 2005, p. 181.

1. Maïakovski a été emprisonné, à plusieurs reprises, pour activités révolutionnaires clandestines, notamment entre août 1909 et janvier 1910
2. Prison de Moscou où Maïakovski a été emprisonné


(séquence 189)

urgence des rapports sociaux
extrême quotidien
il faudrait des Vladimir Vladimirovitch* ultra
contemporains
des types capables de faire feu sur les faiseurs
ou de les ignorer (ce serait nettement mieux)
un poète à même
de hisser le drapeau rouge
le haubaner dans un nuage
pourpre ou pas rouge on verra bien

Bernard Chambaz, Eté, Flammarion, 2005, p. 108

*note de Poezibao, Vladimir Vladimirovitch Maïakovski  est le nom complet de Maïakovski.

" L''énergie est dans la rage de dire. Rage de dire et agir : tout Maïakovski. Ce qu'il dit clairement lui-même, cherchant dans ses derniers poèmes, "le plus agissant".

Alain Marc, Écrire le cri, L'Ecarlate, 2000, p. 48.

Sur Maïakovski :
bio-bibliographie de Vladimir Maïakovski

Sur Bernard Chambaz
bio-bibliographie,
extrait 1
extrait 2 extrait 3 extrait 4 (Eté), , extrait 5 (Eté)
le compte rendu d’une lecture
,
(photos)
fiche de lecture de Eté (Flammarion 2005)

Sur Alain Marc
bio-bibliographie,
rencontre avec Alain Marc (05),
extrait 1, extrait 2,
fiche de lecture de Écrire le cri, Regards hallucinés et La poitrine étranglée,
Les « lectures » d’Alain Marc,

 

Vladimir Maïakovski

Vladimir Vladimirovitch Maïakovski est né le 7 juillet 1893. Il est mort à 37 ans le 14 avril 1930, en se tirant une balle dans la poitrine
Son père était garde forestier en Géorgie et à sa mort, la mère et ses trois enfants partent pour Moscou où ils vivent dans la plus grande misère. Maïakovski entre aux Beaux-Arts en 1910. Il se rapproche des futuristes et devient une des figures de la bohème moscovite. Il adhère au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (bolchevik). Il commence à écrire de la poésie. Extraordinairement doué, il est "capable de composer mentalement un poème de 1500 vers" mais il est aussi "agitateur et propagandiste, directeur de revues, dessinateur d'affiches, auteur de théâtre, scénariste, acteur, conférencier, organisateur d'expositions. Il sera aussi l'ami de Khlebnikov, Pasternak, Roman Jakobson, Malevitch, Eisenstein, etc.
En 1913 il rencontre Elsa Kagan (future Elsa Triolet) qui devient sa maîtresse alors qu'elle n'a que 17 ans. Mais surtout en 1915, il rencontre la sœur aînée d'Elsa, Lili Brik dont il tombe éperdument amoureux. Lili Brik va épouser Ossip Maximovitch ce qui n'empêchera pas la liaison de Lili et de Maïakovski de continuer. Amour tumultueux qui finira pas se rompre en 1924. En 1925 Maïakovski part pour le Mexique et les États Unis où il rencontre une émigrée russe dont il aura une fille. Nouvelles amours, toutes douloureuses et dont le dernier avec Veronika Vitoldovana s'achève par le suicide du poète. Suicide dont les causes restent cependant controversées. Il s'avère en fait que les "causes sont multiples et inscrites dans l'histoire de l'URSS". Il était "déprimé par les manœuvres de ses adversaires dans les allées du pouvoir et par les inconstances de ses affections féminines".

 

Je me suis appuyée largement pour rédiger cette note biographique sur celle qui est parue dans le tout nouveau recueil Vladimir Maïakovksy, A pleine voix, Anthologie poétique 1915-1930, tout récemment parue dans la collection Poésie/Gallimard.

 

>Extraits de la bibliographie
•en russe
Oeuvres complètes, 13 vol. Moscou, 1955-1961
Maïakovki/L.Yu.Brik, Correspondance 1915-1930
, Stockholm, 1982

•en français
Vers et proses, choisis, traduits et commentés par Elsa Triolet, Éditeurs français réunis, 1957
Maïakovski inconnu, poèmes divers, P.-J. Oswald, 1958
Lettres à Lili Brik (1917-1930), traduites par André Robel, Gallimard 1969, " Du monde entier ", 1986 / " L'imaginaire ", 1999..
Poèmes, traduits et annotés par Christian David, Le Champ du Possible, 2 vol. 1977
Poèmes, traduits et présentés par Claude Frioux, édition bilingue, Messidor, vol. 1, 1984, vol. 2, 1985, vol. 3, 1986, vol. 4, 1987
Comment ça va ?, Au secours !, éd. et trad. Régis Gayraud, ill. Macha Poynder, Sauve, C. Hiver, 1988.
Du monde j'ai fait le tour, poèmes et proses, traduits et présentés par Claude Frioux, La Quinzaine Littéraire/Louis Vuitton, 1997
Maiakovski Vladimir : anthologie, trad. Claude Frioux, Paris, présentation Christophe Marchand Kiss, Textuel, 1997, " L'œil du poète ", 2004, nouv. éd.
Le nuage en pantalon [1915], trad. Charles Dobzynski, Pantin, Temps des cerises / Trois-Rivières, Écrits des forges, 1998 [bilingue] - [épuisé].
Le nuage en pantalon : tétraptique
, trad. Vladimir Berelowitch, Paris, Mille et une nuits, " La petite collection ", 1998.
Nuage en pantalon, suivi de Écoutez ! : une viole un peu nerveuse, et de Flûte en colonne vertébrale, L'Isle-Adam, Saint-Mont, 2001.
L'universel reportage, éd., trad. et prés., notes Henri Deluy, photomontages Frédéric Deluy, Tours, Farrago, 2001.
Théâtre, trad. Michel Wassiltchikov, Paris, Grasset, " Les cahiers rouges ", 2003, nouv. éd. [Vladimir Maïakovski, La punaise, Le mistère-bouffe, La grande lessive].
Le petit cheval de feu [1927], trad. Odile Belkeddar, ill. Flavio Costantini, Paris, Éd. Des Lires, 2003 [bilingue].
A pleine voix, anthologie poétique 1915-1930, préface de Claude Frioux, traduction de Christian David, Poésie/Gallimard n° 414, 2005.
Écoutez : si on allume les étoiles..., poésies choisies et traduites par Simone Pirez, Francis Combes, Pantin, Temps des cerises, 2005.

Web français pauvre sur Maïakovski mais on trouve cependant :

la fiche du poète dans la poéthèque du Printemps des poètes

 

Un très beau site en anglais (design superbe notamment) avec notamment une superbe photothèque (les photos ne semblent malheureusement pas cliquables et sont sans légendes).

 

Je rappelle aussi que Maïakovski est un des poètes présents dans l'essai l'Ecriture du Cri de Alain Marc.

fiche ©florence trocmé

lundi 28 novembre 2005

Lorand Gaspar et James Sacré à Aix-en-Provence autour du peintre Claude Garanjoud

La Fondation Saint-John Perse
présente
jusqu'au 28 mars 2006
les "Terres blanches" du peintre Claude Garanjoud.

Le samedi 3 décembre 2005, le vernissage de l'exposition sera précédé d'une rencontre avec les poètes Lorand Gaspar et James Sacré. Cette manifestation, organisée en collaboration avec l'Association Les Écritures Croisées et ponctuée d'intermèdes musicaux, est ouverte à tous. C'est l'occasion d'écouter des poètes d'aujourd'hui avant de contempler les peintures de Garanjoud, suscitées par la lecture de Neiges de Saint-John Perse.

Lorand Gaspar
James Sacré 
Samedi 3 décembre à 16 h 30, entrée libre

avec la participation de Maxime Del Fiol
intermèdes musicaux par Michel Leduc, Conservatoire d’Aix-en-Provence, piano

 

Cité du Livre, Amphithéâtre de la Verrière

Lorand Gaspar est né en 1925 en Transylvanie. Venu à Paris après la guerre, il y fit des études de médecine. Traducteur, photographe, critique, penseur et poète, il est à la recherche de « l’espace où l’on se découvre seul », et trouve dans le désert et le minéral ses images préférées. « Abstraction, tellurisme » : c’est ainsi que Pierre Oster Soussouev a caractérisé son œuvre. On retiendra les recueils publiés chez Gallimard dans la collection « Poésie », Le Quatrième État de la matière (1966), Sol absolu (1972), Corps corrosifs (1978), Égée suivi de Judée (1980), et plus récemment, Patmos et autres poèmes, (2001).

Né en 1939, James Sacré passe son enfance et son adolescence dans la ferme de ses parents en Vendée. D’abord instituteur, puis instituteur itinérant agricole, il part en 1965, vivre aux États-Unis où il poursuit des études de lettres. Il enseigne dans une université du Massachusetts tout en faisant de nombreux séjours en France et des voyages en Europe, en Tunisie et au Maroc. Il a publié des livres de poèmes au Seuil (Cœur élégie rouge, 1972), chez Gallimard (Figures qui bougent un peu, 1978) et chez de nombreux petits éditeurs. L’un de ses derniers livres est accompagné de photographies de Lorand Gaspar (Mouvementé de mots et de couleurs, éditions Le temps qu’il fait, 2003). Il vit de nouveau en France, à Montpellier, depuis 2001.

Garanjoud
Terres blanches
Exposition du 22 novembre 2005 au 28 mars 2006

Fondation Saint-John Perse, Aix-en-Provence, Cité du Livre
Vernissage samedi 3 décembre 2005 à partir de 18 h 30, précédé d’une rencontre « pour fêter la poésie » avec Lorand Gaspar et James Sacré à 16 h 30, en collaboration avec les Écritures croisées

"Il neige sur ma peinture depuis longtemps (origines alpines au delà du XVIIe)."

"Blanc, vide, silence : trois mots pour la même chose ? Le blanc le plus évident (utilisable) pour l’art, le silence règne, quant au vide, voir plus loin. "

"Nouvelles recherches à propos de l’espace donc. Le moyen de témoigner toujours d’une dimension de la vie aussi fondamentale dans mon cas que la musique, celle du silence en somme…"

"L’ouvert ouvre sur le vide d’un espace blanc. La neige est la meilleure image d’un retour à l’uni, la paix, le silence de ce matin d’enfance, le jardin croulant sous son manteau immaculé : « L’aube muette dans sa plume … » (Saint-John Perse)."

"En ce souvenir se conjuguent l’éphémère et l’éternel, héritage d’un orient retrouvé plus tard, avec la sérénité."

"Une autre façon d’entrer dans le vide « d’entrer dans le tout » (Cioran), probablement de prendre congé aussi, les affaires humaines nous poussent à l’éloignement."
Claude Garanjoud

Claude Garanjoud présente aujourd’hui des toiles sans châssis, nées d’une longue fréquentation de la poésie de Saint-John Perse, plus particulièrement du poème « Neiges ». C’est aussi l’occasion pour la Fondation Saint-John Perse de montrer l’une des pièces maîtresses de sa collection : le triptyque « Terres blanches » donné en 1999 par le peintre (huile sur toile, 3,90 x 1,95 m). Le livre d’artiste « Neiges » (1987), des recherches sur papier autour du poème, des documents extraits des archives de l’écrivain, complètent cette exposition. 

Anthologie permanente : Laurent Margantin


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WALDSHUT

Descendre des montagnes froides de la Forêt-Noire pour,
un jour d´avril, marcher au bord du Rhin

à l´entrée de la ville
un pont haut au-dessus d´une rivière coulant à flanc de colline

– y aurait-il encore pour l´homme une possible fierté d´être homme
au-delà des identités, des nationalités, des définitions établies ?

se demande en son for intérieur un passant, autres visages,
foule du samedi aux terrasses balayées par un vent glacial

plutôt rêver d´un bestiaire, oubliant les hommes
(de l´autre côté du Rhin
l´immense cheminée d´une centrale nucléaire)

dans la lumière froide (qu´appelle-t-on exactement l´avrillée ?)

leçons apprises, immense fleuve du présent

s´éveiller
à cela, tendant vers une autre rive
(mais pas pour une contemplation)

panneau Rhein-Promenade

vers l´aval le Rhin continue vers Bâle
(long survol des eaux par un cygne),

assis à un café nous reprenons toi et
moi le récit de la découverte

tout au fond la rivière et sur les versants
de hauts et vieux arbres arrivaient jusqu´à la hauteur du pont
ou bien
bâtiments vus de derrière dans une rue parallèle avec des balcons de bois
peints en blanc

(mais fierté, est-ce le mot ? du moins chaque jour
bonheur du travail accompli d´être homme)

je lis cette phrase d´un livre
qui capte mon attention :

le langage ne commence qu´avec le dialogue
entre Adam et Eve

église Liebfrauen au style baroque à l´intérieur assez froid
devant laquelle est stationné un carrosse

ou bien encore
nous sommes arrivés à la porte de la ville en passant sur un pont
avec un martyr et la Vierge de chaque côté

nous reprenons le récit de la découverte, l´eau du Rhin
partie vers l´ouest et très large, les premières fleurs aux arbres

ar vey qu´em
vengut als jorns loncs

je vois que nous en sommes venus aux jours longs

quelques paroles lancées dans la fraîcheur d´avril,
oubliant presque ce temps.

Laurent Margantin, Brèches, recueil inédit, sauf pour certains textes parus en recueil.

bio-bibliographie de Laurent Margantin