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mercredi 11 janvier 2006

Anthologie permanente : Alejandra Pizarnik

110106_pizarnikExtraits de Arbre de Diane

1.
J'ai sauté de moi jusqu'à l'aube
J'ai laissé mon corps près de la clarté
et j'ai chanté la tristesse de ce qui naît
(71)
1
He dado el salto de mí al alba.
He dejado mi cuerpo junto a la luz
y he cantado la tristeza de lo que nace.



3.
rien que la soif
et le silence
nulle rencontre

prends garde mon amour prends garde
à la silencieuse dans le désert
la voyageuse au verre vide
prends garde à l'ombre de son ombre
(73)
3
sólo la sed
el silencio
ningún encuentro
cuídate de mí amor mío
cuídate de la silenciosa en el desierto
de la viajera con el vaso vacío
y de la sombra de su sombra

29
A André Pieyre de Mandiargues

Nous vivons ici-bas une main serrée sur la gorge. Que rien ne soit possible était chose connue de ceux qui inventaient des pluies et tissaient des mots avec la torture de l'absence. C'est pourquoi il y avait dans leurs prières un son de mains éprises du brouillard.
(99)

Alejandra Pizarnik, extraits de
l'Arbre de Diane (traduit par Claude Couffon) in Œuvre poétique, Actes Sud, 2005. Les folios sont cités entre parenthèses à la fin de chacun des trois extraits. L'édition n'est pas bilingue et les textes originaux en espagnol ont été trouvés sur le net (voir les sites cités en référence dans la fiche bio-bibliographique d'Alejandra Pizarnik).

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