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mardi 31 janvier 2006

Le prix des Octaviennes

310106_octaviennesLa remise des prix des Octaviennes et des Gémeaux a eu lieu à l'Unity bar le dimanche 29 janvier 2006, à14h30, lors de leur salon annuel en présence du jury : (présidente Geneviève Pastre, et Catherine Hubert, Isabel Meyrelles, Emilienne Paoli, Françoise Tchartiloglou, Katty Verny-Dugelay).
Premier prix des Octaviennes : Josiane Gelot
Deuxièmes prix ex aequo : Danielle Marchetti et Mina Farago
Prix des Gémeaux: Valère Alcinous

contact: gpastre@free.fr
www.gpastre-editions.com

Les Octaviennes
ass.1901
BP 6311 75063 Paris cedex 02

photo ©florence trocmé, Josiane Gelot, lauréate 2005

Anthologie permanente : Rose Ausländer

Je dis merci

 L'encre rouge
a tatoué
sur ma peau
les signes du désordre

La nuit
je m'allonge
dans l'urne
où repose
un monde calciné

Au matin
je vois le soleil
et je dis merci
(81)


Ou alors III

Je marchais
le long d'un mur
ou alors
c'était mon ombre
ou alors le mur
était l'ombre ou alors
la nuit était un mur
qui avançait avec moi
ou alors
un pas de rêve que
nous rêvions ensemble
à hauteur d'ombre
nous tombions
tombions
ensemble
(84)


Avec silence

Avec mon silence
je peux t'amener
à la parole

Puis nous entendons
ensemble
souterrain
et surnaturel
le chant
(93)

Ces poèmes de Rose Ausländer sont tirés d'une très belle série de quatorze, extraits de Schweigen auf deine Lippen, traduits de l'allemand par Sylvie Leblois-Dumet et Catherine Weinzaepflen et publiés dans la revue If, numéro 27, 2005

Revue If (Liliane Giraudon, Henri Deluy, Jean-Jacques Vitton), 32, rue Estelle, 13006 Marseille, tel et fax 04 91 80 39 18

Bio-bibliographie de Rose Ausländer

Rose Ausländer

"Elle fait partie de ces grands poètes juifs qui en allemand donnèrent chair aux choses indicibles. Paul Celan, Nelly Sachs, Ingeborg Bachmann, Elsa-Lasker Schüler sont ses compagnons. Rose est une sorte de nomade les yeux grands ouverts, nomade permanent de la survie. Sa foi indéracinable dans le pouvoir magique du mot, dans l'humain et dans l'amour, lui ont permis de survivre aux pluies d'acier du mal et de la désolation. Elle a vaincu la mort, la maladie et surtout le silence.
lire la suite de cette très belle note sur Rose Ausländer ici

Rose Ausländer est née Rosalie Béatrice Ruth Scherzer, le 11 mai 1901, dans une famille juive de langue allemande, à Czernowitz, ville de Bucovine (encore alors province autrichienne, terre de Brancusi, Aaron Appelfeld , Paul Celan, Moses Rosenkranz, Gregor von Rezzori, Constantin Brunner….). A la fin de la Première Guerre mondiale déjà, la famille de Rose fuit devant les troupes russes, se réfugiant à Budapest, puis à Vienne, avant de revenir dans une Bucovine désormais roumaine.
Rose devient par son mariage Rose Ausländer (ce qui veut dire hors du pays, étrangère !) et émigre avec son mari aux États-Unis en 1920 ; elle divorce en 1926. Elle rentre à Czernowitz en 1931 pour s'occuper de sa mère malade. Son premier recueil de poèmes, Der Regenbogen, (L'arc-en-ciel), paraît en 1939. Rose Ausländer est alors prise dans l'étau du ghetto (des 60 000 Juifs qui peuplaient Czernowitz avant la guerre, seuls 5 000 ont survécu) puis réussit à fuir en 1945 vers Marseille puis New York. Elle écrit alors en anglais après le choc de la rencontre avec les poésies de Cummings et William Carlos Williams. Elle reviendra cependant ultérieurement à l'allemand, notamment après un voyage en Europe en 1957 où elle revoit Paul Celan qu'elle avait connu dans le ghetto. Ce n'est qu'un 1965 que paraît à Vienne son premier recueil après Der RegenbogenBlinder Sommer (Eté aveugle). Une vingtaine de recueils suivront.
Elle décide de revenir s'installer en Europe. Ce sera l'Allemagne, Düsseldorf. Elle reste longtemps totalement ignorée. Devenue grabataire en 1972, elle est conduite à la maison de retraite "Nelly Sachs"où en 1975, l'éditeur Helmut Braun qui lance une nouvelle collection de poésie s'intéresse à elle et la fait enfin connaître.
Elle est morte le 3 janvier 1988, ayant écrit jusqu'au bout : "pour vivre, pour survivre". .
On recense aujourd'hui plus de 2 500 poèmes de Rose Ausländer, près de 1500 ébauches et quelques proses. Tous ces écrits sont archivés, avec l'ensemble de la correspondance à l'Institut Heinrich-Heine de Dusseldorf.

"On compte en tout et pour tout quatre recueils de poèmes d'elle traduits en français, auxquels on peut ajouter quelques poèmes publiés dans diverses revues et anthologies. C'est très peu et c'est regrettable. Le recueil que les éditions Æncrages & Co publient, " Cercles " , est un pas pour qu'enfin cette poétesse, reconnue depuis longtemps en Allemagne comme l'une des grandes poétesses de langue allemande du XXème siècle, accède en France à la reconnaissance qu'elle nous semble mériter. "
Lire le reste de cet article sur le site de Æncrages & Co

Titres des ouvrages en allemand :
Der Regenbogen
Blinder Sommer
Brief aus Rosen
Denn wo ist Heimat?
Die Musik ist zerbrochen
Die Nacht hat zahllose Augen
Die Sonne fällt
Gelassen atmet der Tag
Hinter allen Worten
Sanduhrschritt
Schattenwald (
Schweigen auf deine Lippen
The Forbidden Tree
Treffpunkt der Winde
Und nenne dich Glück
Wir pflanzen Zedern
Wir wohnen in Babylon
Wir ziehen mit den dunklen Flüssen
Herbst in New York
An ein Blatt


bibliographie en français
Compte les étoiles de mes mots, L'Age d'homme, 2000
Cercles, Aencrages&Co, 2005

 Une
page absolument remarquable sur Rose Ausländer
Écouter des poèmes lus par Rose Ausländer (en allemand)
Un beau
répertoire (à liens) de poèmes (en allemand) et un autre, également en allemand
Une
page très riche en anglais

Rose Ausländer est au
programme du CAPES et d'agrégation d'allemand 2005-2006 :
Rose Ausländer,
Gedichte, Fischer, ISBN 3-10-001540-1.
"Écrire, c'était vivre. C'était survivre." On étudiera l'évolution poétique de Rose Ausländer en s'attachant plus particulièrement aux thèmes récurrents de son oeuvre : le judaïsme (lié aux motifs de l'enfance) et la shoa, l'exil et le voyage, et enfin l'amour, la relation à autrui et la mort. On portera une attention particulière aux "poème poétologiques" et on s'interrogera sur la notion de "Heimat" en poésie.
Un livre à signaler en rapport avec ce programme
Jacques Lajarrige, Marie-Hélène Quéval, Collectif, Gedichte de Rose Ausländer, Éditions du Temps.

La nuit la poésie, émission du 6 février 2006

France Culture, Surpris par la nuit
 
Lundi 6 février 2006
22h30 à minuit
 
La nuit la poésie
par Omar Berrada
Réal. Manoushak Fashahi
 
Varia
autour de 3 parutions récentes
:
 
- Après une émission consacrée à retracer l'histoire de la poésie anglaise, l'émission revient ce soir sur la partie la plus contemporaine et expérimentale de cette poésie, en compagnie de Jérôme Game qui a récemment coordonné pour la revue Action Poétique un dossier où sont traduits des textes de John Wilkinson, Kevin Nolan, Peter Manson, Sean Bonney, Chris Goode, Keston Sutherland, Mhairi Burden. Où l'on compare les systèmes éditoriaux en France et en Angleterre, ainsi que le rapport à la tradition et aux avant-gardes littéraires dans les deux pays.
 
- De l'Angleterre à l'Italie : les éditions Allia publient une nouvelle traduction des Chants orphiques, unique livre de Dino Campana (1885-1932). Retour avec le traducteur, David Bosc, sur celui que l'on a souvent considéré comme le Rimbaud italien à cause de son écriture fulgurante et de sa vie d'errances. Où il sera affirmé que loin d'être un génial et inculte illuminé, Campana était, outre un voyageur invétéré, un très bon connaisseur de la littérature de son temps et du passé, dont il émaille de références son texte (Baudelaire, Goethe, Dante, Whitman...)
 
- Retour en France, autour d'un singulier roman d'amour : Portrait d'une dame d'Alain Frontier, une "fiction d'après les paroles de Marie-Hélène Dhénin". Aucun mot de ce livre de 400 pages n'est de son auteur qui a, trois ans durant, noté fidèlement les paroles de son modèle --et compagne--, Marie-Hélène Dhénin. Toutes les phrases sont datées, à l'heure et à la minute. L'intervention de l'auteur réside dans le cadrage : le choix, dans tout ce que dit son modèle, des phrases qu'il décide de noter. Une sorte de "cut-up in vivo" (Christian Prigent). Où l'on s'aperçoit de la beauté singulière des phrases les plus banales du quotidien une fois transcrites, isolées de leur contexte, libérées des significations auxquelles elles renvoient habituellement et qui les masquent.
 
 
Invités :
Jérôme Game, poète, universitaire, traducteur
David Bosc, écrivain, traducteur
Alain Frontier, poète et grammairien
Marie-Hélène Dhénin, photographe
 
 
Ouvrages :
 revue Action poétique n°179 (2005)
Dino Campana : Chants orphiques, trad. David Bosc (Allia, 2006)
Alain Frontier : Portrait d'une dame (Al Dante, 2005)


sur Portrait d'une dame d'Alain Frontier voir la note de lecture de Poezibao  

lundi 30 janvier 2006

Les 1ères Rencontres Européennes de Littérature, à Strasbourg, les 3 et 4 mars 2006

                                   Meiselocker

Sous l'emblème du D’r Meiselocker
Le Charmeur de mésanges

1ères Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg
les Vendredi 3 et samedi 4 mars 2006 au Palais Universitaire

Autour de :
Antonio Gamoneda
Henri Meschonnic
Albert et Adolphe Matthis

Avec la participation de
Adonis
Jacques Ancet
Gaston Jung
Bernard Noël
Serge Pey
Claude Vigée

Voir tout le détail de la programmation, des évènements de ces deux jours ainsi que des notices sur le charmeur de mésanges, les frères Matthis, tous les auteurs présents en téléchargeant le fichier ci-dessous (cliquer sur le lien, fichier Adobe)

le dossier de presse au format pdf

Photo ©G. Pfister, Le Meiselocker, le charmeur de mésange,  place Saint Etienne, à Strasbourg.

Le prix de Littérature européenne

Le Prix de Littérature Nathan Katz a été créé en 2004 à l’initiative du Ministère de la Culture sur un projet défini en collaboration avec les Éditions Arfuyen.
Le Prix est animé et géré de manière indépendante et bénévole par l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL).
Le nom du poète, écrivain et traducteur Nathan Katz (1892-1981) a été choisi pour symboliser tout à la fois le souci d’enracinement dans la tradition régionale allié à un esprit de très large ouverture sur les autres cultures. Il rend hommage à une œuvre de haute qualité, principalement écrite en alémanique mais aussi en français et en allemand, et à une personnalité de haute exigence qui s'impose comme l'une des plus importantes de la littérature alsacienne du XXe siècle.

Je voudrais partir, partir par les champs,
Je voudrais courir par tous les chemins,
Passer tous les monts, passer tous les bois,
Voir tous les pays étrangers.
Et ce n’est que par toi, ce n’est que pour toi
Que mon coeur est si jeune, oui si jeune, soudain,
Rien que t’avoir vu.

Nathan Katz, Sundgau (1930).
Trad. Jean-Paul de Dadelsen.

Trois prix sont attribués chaque année par le Jury du Prix de Littérature Nathan Katz :

L
e Prix Européen de Littérature distingue, pour l’ensemble de son oeuvre, un poète ou prosateur européen de stature internationale, afin de témoigner, en un lieu hautement symbolique, du désir d’unité comme de l’enracinement culturel de l’Europe d’aujourd’hui ; afin d’exprimer aussi l’urgence d’une meilleure connaissance mutuelle des cultures vivantes de nos pays à travers les grandes figures qui en sont les vivants symboles. Ce Prix distingue également un traducteur qui contribue à la rencontre entre les grandes oeuvres littéraires contemporaines. Le Prix Européen de Littérature est placé sous le parrainage de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg.
Prix 2006 : Antonio Gamoneda (Espagne),traduit de l’espagnol par Jacques Ancet.

L
e Prix de Littérature Nathan Katz distingue pour l'ensemble de son oeuvre, un poète ou prosateur francophone de premier plan dont le parcours est particulièrement remarquable par l'originalité et la qualité de son écriture et par la vigueur et l’amplitude de sa vision. Le Prix de Littérature Natha, Katz est placé sous le parrainage de le DRAC Alsace et du Crédit Mutuel.
Prix 2005, Jean Mambrino,
Prix 2006,  Henri Meschonnic.

L
e Prix du Patrimoine Nathan Katz distingue une oeuvre du patrimoine littéraire alsacien, du Moyen Âge à nos jours, écrite en dialecte ou en allemand et encore peu ou pas traduite en français, afin de témoigner de la richesse exceptionnelle d’une culture profondément marquée par le dialogue des langues et des cultures et de l’urgence de surmonter les clivages liés à l’histoire du XXe siècle. Ce Prix distingue également un traducteur grâce à qui peuvent sortir de l’oubli des oeuvres majeures et aujourd’hui encore porteuses d’avenir.
Le Prix du Patrimoine Nathan Katz est placé sous le parrainage de l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA).
Prix 2005 : Jean Hans Arp, traduit de l’allemand par Aimée Bleikasten.
Prix 2006 : Albert et Adolphe Matthis, traduits du strasbourgeois par Gaston Jung.

Le jury du prix de littérature Nathan Katz est placé sous la présidence d'honneur de Claude Vigée. Il est composé d’écrivains, de traducteurs, d'universitaires et de responsables culturels : Jean-Louis Droz, Adrien Finck, Vladimir Fišera, Jacques Goorma, Isabelle Baladine Howald, Gaston Jung, Pascal Maillard, Armand Peter, Gérard Pfister, Chantal Robillard, Paul Schwartz, Jean-Paul Sorg, Anne-Marie Soulier, Albert Strickler, Marc Syren et Jean-Claude Walter.

La remise de ces prix sera au coeur d'un important évènement, les 1ères Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg (détail ici)

Une très bonne nouvelle pour la poésie : la collection Points Poésie

Seuil_prsentationUne très bonne nouvelle pour la poésie ! Une collection de poche de poésie va voir le jour dans la collection Points,
au sein de laquelle Lionel Destremau s'occupe plus particulièrement de la poésie ; elle sera construite autour de trois axes
1. la reprise de titres poésie du fonds Seuil (Senghor, Césaire, Eliot, etc.) avec deux composantes, des œuvres poétiques françaises et étrangères mais aussi des monographies sur des poètes (un titre par an) puisées dans le fonds Écrivains de toujours en particulier.
2. La reprise en poche de titres parus chez différents éditeurs (exemple une anthologie Haïkus venant de Fayard, avec une préface d'Yves Bonnefoy)
3. Des ouvrages composés à partir de diverses sources (par exemple le volume de Bernard Noël, composé pour moitié du Reste du voyage paru chez P.O.L. à l'origine et pour moitié de textes parus dans des petites maisons et devenu introuvables, le tout avec une préface inédite de François Bon).
En 2006, après le lancement de la collection, Points Poésie proposera une dizaine de titres et ensuite, le rythme prévu sera de l'ordre de huit à neuf titre par an.

Seuil_eliot Les cinq premiers ouvrages paraîtront le 9 mars :
Aimé Césaire, Cadactre, suivi de moi, Laminaire
Leopold Sédar Senghor, Œuvre poétique
T.S. Eliot, La Terre vaine et autres poèmes
Bernard Noël, Le Reste du voyage et autres poèmes.
Anthologie de haïkus

Parmi les autres parutions prévues, Rilke, Mallarmé, G.M. Hopkins, Celan, Jean Cayrol, Mohammed Dib, Michel Deguy, Dylan Thomas ou Raymond Carver et trois monographies importantes, celle sur Rilke de Philippe Jaccottet, celle sur Rimbaud d' Yves Bonnefoy et celle sur Lautréamont de Marcellin Pleynet.

Vivement le 9 mars !

Le travail de Fred Griot

300106_griotEn temps ordinaire, je me sens assez réticente devant les travaux d'écriture multimédia. Faute sans doute de connaître assez bien cet univers et aussi parce que pour moi un texte de poésie doit être accessible tout le temps et partout, au cours d'une insomnie dans un hôtel à trois heures du matin ou bien dans un autobus bondé à sept heures du soir. Ce qui est loin d'être le cas des œuvres qui requièrent écran et ordinateur.

Néanmoins, depuis un moment je suis avec une admiration grandissante de travail de Fred Griot et je voulais attirer l'attention des lecteurs de Poezibao sur son site, les inviter à se promener, à se perdre avec lui dans son Continuum, riche déjà de dix propositions successives, les inciter aussi à lire, ailleurs dans le site, les très belles notes de travail intitulées Refonder. Il me semble qu'il y a là en gestation une œuvre importante et forte. Un très beau travail sur la langue mais qui s'ancre dans la réalité citadine.

Anthologie permanente : Philippe Jaccottet

                                   300106_jaccottet_2

Travaillant au jardin, je vois soudain, à deux pas, un rouge-gorge ; on dirait qu'il veut vous parler, au moins vous tenir compagnie : minuscule piéton, victime toute désignée des chats. Comment montrer la couleur de sa gorge ? Couleur moins proche du rose, ou du pourpre, ou du rouge sang, que du rouge brique ; si ce mot n'évoquait une idée de mur, de pierre, même, un bruit de pierre cassante, qu'il faut oublier au profit de ce qu'il évoquerait aussi de feu apprivoisé, de reflet du feu ; couleur que l'on dirait comme amicale, sans plus rien de ce que le rouge peut avoir de brûlant, de cruel, de guerrier ou de triomphant. L'oiseau porte dans son plumage, qui est couleur de la terre sur laquelle il aime tant à marcher, cette sorte de foulard couleur de feu apprivoisé, couleur de ciel au couchant. Ce n'est presque rien, comme cet oiseau n'est presque rien, et cet instant, et ces tâches, et ces paroles. A peine une braise qui sautillerait, ou un petit porte-drapeau, messager sans vrai message : l'étrangeté insondable des couleurs. Cela ne pèserait presque rien, même dans une main d'enfant.

Philippe Jaccottet, Et néanmoins, Gallimard, 2001, p. 57.


Je propose aussi la lecture d'un texte de Pascal Quignard sur le même rouge-gorge.

Philippe Jaccottet dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique
Fiche de lecture De la poésie,

extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4


Machine à lire

Machine_lireÉcrit en 2001 sur un rouleau étroit de papier (5cm x 5m), Cinq mètres du temps de la nuit mon amour est un long poème d’amour, une déclaration (et interrogation) à un homme et à l’écriture.
L’urgence de la déclaration d’amour, combinée à la contrainte formelle du support ont donné naissance à cette vision onirique, ce récit fuyant, voyageant entre conscience et inconscience, cette expérience poétique intime réfléchissant des notions élémentaires : le temps (contemporain et universel), la dimension, l’écriture, le sens de l’existence.

Le désir de diffuser ce texte en trouvant une forme qui soit fidèle au manuscrit a amené à la fabrication d’un exemplaire unique grand format (rouleau de 17,50 mètres x 21 cm) en impression manuelle au tampon sur tissu, inséré dans une machine à lire, un projecteur de poème, un écrin à la matière text(il)e, sarcophage « de la momie de notre amour », fabriquée par Pierre CALLON, sculpteur plasticien résidant du collectif La Grande Barge (Villeneuve les Maguelone).

L’Objet Poétique est amené à circuler…
Médiathèques, galeries, restaurants, cafés, librairies, festivals, lieux insolites…
Pour l'exposer contatcter

Stéphane APPOURCHAUX 41 grand rue 34150 Gignac
06 71 80 16 11 / 04 67 59 75 05
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