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mercredi 04 janvier 2006

Un cycle de lectures dans la montagne

marcher sur la tête
l e c t u r e s  d a n s  l a m o n t a g n e

« Celui qui marche sur la tête, Mesdames et Messieurs – celui qui marche sur la tête, il a le ciel en abîme sous lui. » Paul Celan

A quoi bon la littérature, quand les livres et avec eux le monde qu’ils délivraient semblent définitivement accaparés par la puissance aveuglante de la marchandise ? Et pour qui, quel « "peuple » encore ? Quoi reste, résiste ? Quel « ciel » et quelle « terre » ? Quel sens, quel secret, quelle promesse désormais nous confier ? Quelle parole, nue enfin, qui nous ferait tout autrement tenir ensemble debout ?

Questions pour la poésie – et questions pour le politique. A ces questions, nous n’avons pas de réponse. Nous pouvons seulement les répéter : les laisser résonner et, qui sait, discrètement ainsi déplacer les lignes.

Lire, donc. Un peu à l’écart, tout près ici de ces chemins de forêt par lesquels, un 20 janvier, « Lenz partit dans la montagne… », revenir à la littérature. Avec lui, nous remettre à l’écoute du cœur brûlant qu’elle est. Avec ceux qui l’écrivent et ceux qui la lisent, comme avec le premier venu, chaque fois, rouvrir l’horizon.

calendrier  
Les lectures, gratuites, ont lieu le dimanche à 14 h 30.
Prochaines dates :
22 janvier, Lenz, de Georg Büchner, par Gérard Haller et Isabelle Baladine Howald ;
19 mars, rencontre avec Béatrice Ratebœuf  
Coordination : Gérard Haller, 01 43 58 77 66, haller.g@wanadoo.fr,
Isabelle Baladine Howald, 03 88 81 93 26, isabellehowald@club-internet.fr  
Accueil : Marlies et Pierre Schoch, L’Instant, Chambres et tables d’hôtes, 39 rue du Eck, 67140 Le Hohwald, 03 88 08 35 95, instant@lehohwald.com

Anthologie permanente : Charles Dobzynski

                                  

                                   040106_dobzynski_1


La Croisée des chemins

À la croisée des chemins entre brande et lande
Entre yin et yang au premier souffle bleu
Prescience des gentianes à la jonction des
Joncs et des aulnes au jaunissement sacré
Du feuillage intérieur là où l'esprit se tapisse
Au frémir de l'aubier au premier râle dans
L'eau cloque où le martin-pêcheur émigre
Du cristal au crépitement du temps au grelot
de la neige là où de rien commence
La mutation l'indéchiffrable au goût
                  De menthe fraîche.

Charles Dobzynski, Le Réel d'à côté, L'Amourier, 2005, p. 33.

Charles Dobzynski dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique et extrait 1

mardi 03 janvier 2006

Vis-à-vis, Invia et l'Etat poétique de Geneviève Pastre

030106_vis_vis_pastreCe sont au fond trois états de sa matière poétique que Geneviève Pastre offre à son lecteur dans son tout nouvel ouvrage Vis-à-Vis et Invia, suivi de l'État poétique. Trois variations peut-on dire aussi et on verra à quel point un terme musical est approprié au travail de l'auteur, trois variations autour d'une donnée centrale, qui anime toute sa vie, depuis sa première jeunesse, qui fonde aussi peut-être plus secrètement ses engagements politiques et féministes multiples, qui donnent sens à ses combats et dieu sait s'il elle en a mené : la poésie. "Être poète et rien d'autre".

Geneviève Pastre propose d'abord deux séries de textes poétiques sous le double titre de Vis-à-vis et d'Invia, deux séries qui semblent à première vue très différentes surtout pour qui ne connaîtrait pas le reste de son œuvre ; la poésie d'expression et l'écriture pure, les termes sont de Geneviève Pastre elle-même et on ne peut que les adopter tant ils semblent convenir à ce qu'on lit ici.

De la poésie d'expression relèvent la trentaine de textes qui composent Vis-à-Vis, un titre magnifique en ce qu'il exprime me semble-t-il la posture de Geneviève Pastre dans le monde, accueil et regard. Vis-à-vis et face à face, intérêt passionné pour ce qui est humain mais aussi révolte exprimée d'emblée avec le premier poème "pourquoi des charniers, des fouets, des armes, fusils, bombes, haches, pourquoi" et la superbe réponse à ce pourquoi lancinant "le poème surplombe le monde, les bras étendus". Suivi d'une série de variations en forme de célébrations "et je bondis et je m'élance / comme l'oiseau dont je vois l'ombre / car il ne peut s'arrêter en plein vol il ne pourrait que tomber", de portraits (Merce Cunningham), de poèmes sur l'amour "Chaque jour où par éclairs d'amour / je vois à travers l'obscurité du futur", la flânerie, avec la musique en filigrane bien souvent "la saveur nostalgique de la septième de dominante me suffit". Passent là Rimbaud et Gertrude Stein, des femmes anonymes ou aimées, toujours dans le face à face "et j'entrai pour longtemps / dans le face à face. / D'où jaillissent des connexions, et des arborescences, / dans des voies / Non encore balisées" : quelques vers qui sont presque un programme à eux seuls tant on y retrouve les thèmes de Geneviève Pastre, la rencontre, la résonance et le goût des espaces non balisés.

De l'écriture pure relèvent les textes d'Invia, plus difficiles d'abord ; Invia, ce terme superbe vient de Lucrèce et Geneviève Pastre le rapproche du Holzweg de Heidegger dont elle dit qu'elle aime l'entendre dans le sens du chemin forestier "où l'on peut se perdre mais aussi trouver l'inconnu". Voilà une parfaite invite pour entrer dans ces textes : ne pas avoir peur de s'y perdre, cela peut arriver, mais on peut aussi découvrir quelque chose d'inouï, de jamais vu dans ces étranges paysages que l'auteur compose. Ces textes très particuliers parcourent toute l'œuvre de Geneviève Pastre ; de la même eau sont par exemple ceux d'un recueil déjà ancien On gaspille l'amarre ici… Certains critiques ont comparé l'auteur à une Pythie, émettant des oracles. Il y en en effet quelque chose d'étrange dans ces poèmes, parfois un aspect prophétique, certains se seront même révélés prémonitoires. Ce ne sont pas non plus des textes d'écriture automatique mais oui, une écriture pure : "…..fuyant le sens, la continuité, la logique, l'expression de mes sentiments, de mes émotions, de mes ébauches d'idées. Je bifurquais sans cesse afin, dans toute la mesure du possible, d'aller vers l'inconnu. Allonger la main au-delà de ma propre contingence et de ma volonté. ".Bifurcations, connexions, embranchements, et surtout chemins d'écriture, ces textes que l'on peut prendre en effet comme des textes oraculaires, en laissant à son tour la logique et le besoin de sens à l'entrée du livre, se révèlent d'une richesse très particulière, en ce sens qu'on ne peut l'épuiser. Oui, il faut ici suivre la poète lorsqu'elle dit "trop de conscience et de connaissance nuit à la création poétique" et donc parfois à la lecture de la poésie ! Une belle leçon à retenir !

Et comme il est bon, après avoir parcouru Vis-à-vis et Invia de découvrir l'État poétique où Geneviève Pastre livre toutes sortes de clés, répond à tant de questions qui se sont posées le temps du parcours dans les recueils poétiques. En une sorte d'essai dense, qui a quelque chose de presque testamentaire, l'auteur livre une série passionnante de "réflexions/fricassées, tours et retours" "pelote de fils emmêlés de couleurs et tessitures différentes". Mais d'une très grande cohérence, sans doute parce que le pôle magnétique de ces réflexions théoriques est la poésie (et aussi, plus secrètement, la musique). Trois parties de nouveau dans cette troisième partie ; I. L'inspiration ; II. Ma trajectoire ; III. Ce recueil. Geneviève Pastre explore ici ce qu'elle appelle l'état poétique, creusant les notions de sens et de beauté, interrogeant le matériau que sont les langues, opposant de façon très lumineuse ce qu'elle appelle textes froids et textes chauds : "pas d'ombre portée, ni de frange imaginaire tout autour" des premiers qui sont par exemple les textes juridiques ou scientifiques. Ce qui lui permet de mieux dégager "les conditions dans lesquelles vit et s'exprime la poésie". La réflexion est nourrie de l'immense culture de l'auteur dont il faut ici rappeler qu'elle est agrégée de grammaire et grande connaisseuse des langues anciennes qu'elle célèbre et défend. Impossible de rendre compte de la richesse de cet essai, sa portée pour celui qui tente de lire et d'écrire, et surtout de la poésie. "Quand Sartre déclara à Genet qu'il ne comprenait rien à la poésie, Genet s'écria « Mais alors vous ne comprenez rien ? »

J'ajouterai enfin la très grande humanité qui se dégage des propos de Geneviève Pastre. Elle pour qui le terme de Rencontre est si important, c'en est une qu'elle offre à son lecteur, lui ouvrant son enfance, son intimité, ses paysages clés (Le Rhin, les Causses), évoquant son éducation musicale, avec mille anecdotes amusantes ou graves.
Ce livre dans sa diversité est un livre de désir et d'espoir comme le laisse entendre sa coda "la splendeur du monde, l'immarcescible désir de vivre, la profondeur des désirs et la quête de l'amour. Même trébuchante la parole renaîtra, une parole, un poème, un chant, neuf et légèrement différent pourtant, et le cycle se poursuivra, devenant spirale, voie, le non entendu encore, à chaque fois, inouï".
©florence trocmé

Geneviève Pastre, Vis-à-vis et Invia, suivi de l'Etat poétique, Collection les Octaviennes, Editions Geneviève Pastre, 2005 (Isbn :2-908350-59-9)

Geneviève Pastre dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique
,
extrait 1, extrait 2,

Anthologie permanente : Josée Lapeyrère

En préambule à une lecture à quatre voix de Marquise vos beaux yeux, de Josée Lapeyrère, Michelle Grangaud, Liliane Giraudon et Anne Portugal

extraits de Portraits, publiés dans 29 femmes, une anthologie, chez Stock.

petit
oiseau
ou grand oiseau ? pépiement ou
cri du carnassier ? peut-être rêve-t-il
des deux sur l'oreiller où il se voit
invincible regardez
ce visage si mince
où les traits sont tirés par un fil
derrière la tête boit-il ? mange-t-il ? du lait ?
de la viande rouge ? sa maman ?
toutes les femmes ? les deux ? mais que fait-il
du reste ?

*

comment faire des phrases qui avancent
sans se défaire comment écarter
ce regard
fixement posé sur lui ce regard
qui jamais ne le lâche et déchiquette tout
et le réduit à ce petit tas de lettres
en fouillis comment
se défaire de ce regard comme
devant son visage une vitre posée où
toute parole s'écrase elles éclatent
ou rentrent à l'intérieur
de son corps. Oh ! le terrible
mal de tête ces cognements ces lettres
disloqueées une à une en morceaux
mille bâtons mille
aiguilles qui frappent la paroi
de son crâne où elles sont enfermées.

Josée Lapeyrère, Portraits (extraits) in 29 Femmes, une anthologie, Stock, 1994, p 126 et 127


Fiche bio-bibliographique de Josée Lapeyrère

Josée Lapeyrère

Josée Lapeyrère est originaire du Gers ; elle vit et travaille à Paris. Médecin, elle pratique la psychanalyse. Elle a créé la revue Le Temps des Loups, dans les années 1970 puis Zoum-Zoum, ; elle apublié dans diverses revues, dont Po&sie, Action poétique, Tombe tout court, If, Banana Split, Le Bleu de ciel… ; elle collabore au journal le Discours psychanalytique et appartient au groupe lacanien de l'Association freudienne internationale.

bibliographie
Là est ici, Gallimard, 1976
La Quinze-Chevaux, Flammarion, 1987
LA 15 CV, Séguier, 1989
Fontaines, (collectif) Argraphie, 1990
Comment faire le Tour, éloge de la course, Point Hors(ligne, 1992
Belles Joues les Géraniums, Flammarion, 1994
Éloge du coureur (réédition), 1998, Al Dante
Les Nappes, avec J.J.Ceccarelli, 1998, Al Dante
5 contemporar y french women poets, Serge Gavronsky, New-York, 1997 (Grangaud, Risset, Giraudon, Lapeyrère, Kaplan, Portugal)
aucune des choses rencontrées en mer et qu'on ne remarque pas, n'est un arbre, avec J.J.Ceccarelli, Le Bleu du ciel, 1998
Ouvrier vivant (collectif), 1999, Al Dante, 1999
entre 2 et 3, avec Thierry Cauwet, Al Dante, 1999
1/0, Ulysse fin de siècle, 2000
Soundioulou Cissokho, roi de la kora, Allalaké, Dakar, 2000
mon mari était pâtissier, l’attentive, 2002
la grammaire en forêt, Farrago-Leo Scheer, juin 2003
1,2,3,4,5,6,7,8 jeux avec J.J.Ceccarelli, 2003


fiche sur le site du cipM
Une très belle note de lecture de la grammaire en forêt sur Sitaudis
pour les amateurs, deux textes psychanalytiques de Josée Lapeyrère sur le site Freud-lacan.com

lundi 02 janvier 2006

Anthologie permanente : Alain Duault

                                  020106_duault_aquarelle

L’air était si doux ce matin qu’on aurait pu s’y appuyer
On entendait à peine la respiration lointaine des oiseaux
Seulement le bruit léger des vêtements qu’on froisse et
Le passé ce brouillard de l’âme tirait vers la mélancolie
Comme une fatigue de la mémoire et je me souvenais d’
Une phrase de Marlène : « Comme j’ai ce sentiment que
L’on appelle adieu une chose cruelle qui montre encore
Une fois ce qui est uni en beauté et le tient suspendu puis
Le déchire »
Et je me demandais alors si la vie n’était qu’
Une journée de printemps fatigué si le monde n’était qu’
Une voiture rapide de l’écume des rires et de la jeunesse
Foudroyée ou s’il valait mieux courir derrière les chiens
Derrière les chevaux effrayés de la puszta derrière le cri
Des goélands et des sternes tout oublier pour n’avoir pas
D’adieu à donner et dormir contre l’épaule des fontaines

Alain Duault, poème  paru dans la Nouvelle Revue Française n°475 d'octobre 2005, page 49, dans un ensemble intitulé Où quelque chose a frémi. Il est repris dans le livre Une hache pour la mer gelée qui parait chez Gallimard le 9 février.

Alain Duault dans Poezibao :

Fiche bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2,

Alain Duault

020106_alain_duault_lisantAlain Duault est producteur d'émissions radiophoniques et télévisées sur la musique, critique musical, musicologue, romancier et poète.
Il a reçu en 2002 le Grand Prix de poésie de l'Académie française pour son recueil Où vont nos nuits perdues.   

 

bibliographie
Colorature, Gallimard, 1971
Verdi, la musique et le drame, Gallimard, 1986
Le jardin des adieux, Gallimard, 1999
Verdi, une passion, un destin, Gallimard, 2000
La dévoyée, le roman de la Traviata, Belfond, 2000
Où vont nos nuits perdues, Gallimard, 2002
La femme endormie, Plon, 2003
Nudités, Gallimard, 2004
Chopin, Actes Sud, 2004
Préface de Les métiers de l'opéra, (par Laurence Helleu), Actes Sud, 2005

A paraître en 2006 :
Une hache pour la mer gelée, Gallimard

Un article sur Alain Duault

Une note critique sur la poésie de Duault
Une note de François Bon sur Où vont vos nuits perdues sur le site remue.net
La fiche d’Alain Duault dans la Poéthèque

photo ©florence trocmé, Alain Duault, lors de la lecture donnée pour les 20 ans de la revue Le Nouveau Recueil
 

dimanche 01 janvier 2006

Le Festival Temps de Paroles en Bourgogne

Temps_de_parole_logoTemps de paroles 2006
"Tant d’inconnu dans ce corps reconnu"
12 janvier au 12 février 2006

Organisé par La VOix des MOts
avec le Centre Régional du Livre de Bourgogne
et le Collectif Impulsions / Dijon-Bourgogne / 10ème édition

Pour sa dixième édition, le festival temps de paroles met en avant le corps.
« Tant d’inconnu / dans ce corps / reconnu » : ces trois vers d’un poème d’Andrée Chedid conduiront à découvrir comment la littérature trouve les mots pour dire le corps.
Le festival se veut être un livre ouvert à toutes les réflexions sur le corps :

Lectures par vingt auteurs français.
Alberto_nessiCiao Poeti ! durant six jours temps de paroles fait entendre la poésie italienne de trois auteurs contemporains.
La chambre du poète : c’est une installation avec vue sur le travail d’un artiste plasticien ; des ateliers, lectures, rencontres avec les auteurs s'y produisent durant le festival.
Mais aussi, la performance chorégraphique de Maria Donata D’Urso, un spectacle fascinant sur le corps.
Pas moins de vingt auteurs, poètes, chorégraphes français et italiens se produiront principalement dans les bibliothèques, mais aussi dans les salles de spectacles, cafés, appartements et lieux publics bourguignons.
Auteurs de renom, comme Bernard Noël ou Noëlle Châtelet, auteurs italiens comme Alberto Nessi (photo), Lucio Mariani ou Antonella Anedda, danseurs, chorégraphes, musiciens proposeront avec leurs mots et leurs gestes leur vision du corps.
Lectures, spectacles, ateliers, rencontres, colloques.

Ouverture le jeudi 12 janvier 18h à l' atheneum de Dijon
Présentation de la dixième édition de temps de paroles par les partenaires du festival et par son responsable artistique Yves-Jacques Bouin.
Après la présentation du festival, le poète et romancier Bernard Noël lancera le festival avec une lecture suivie d’un entretien avec François Dominique (écrivain et traducteur).

A signaler aussi tout particulièrement, le samedi 28 janvier, à 16h dans le cadre de Salut Poètes ! Ciao Poeti ! à l'Hôtel de Vogüé (Salon Bouhier) : Jean-Baptiste Para, notamment traducteur de Alberto Nessi, rencontre autour de la traduction.
(Poète et critique d’art, J.-B. Para est rédacteur en chef de la revue littéraire Europe. Il a traduit en français des poètes italiens (Alberto Nessi, Antonio Tabucchi) mais aussi russes et indiens.(

Pour tous détails :
Télécharger l'ensemble du dossier de presse  du festival avec l'intégralité de la programmation, auteurs, dates, lieux et heures

La poète italienne Rita R.Florit

"D’effimero oblio è questa sera.
Mi narra la storia che ho perduto.
La pioggia è stanca come questa mano,
riversa e immobile sul foglio bianco…..

"D’oubli éphémère est ce soir.
Il me narre l’histoire que j’ai perdue.
La pluie est lasse comme cette main,
retournée immobile sur la page blanche…..

Lire la suite de ce poème
pour découvrir, la poète italienne Rita R. Florit et les belles traductions qu'a entrepris d'en donner Angèle Paoli. Internet se révèle ainsi un moyen très efficace de commencer à diffuser en France des auteurs étrangers encore inconnus ou très peu connus chez nous, par le biais de traductions bénévoles autant que passionnées.

Anthologie permanente : Nelly Sachs

Peuples de la terre
vous qui avec la force des astres inconnus
vous enroulez comme des écheveaux,
vous qui cousez et redéfaites ce qui a été cousu,
vous qui vous élevez dans la confusion des langues
comme dans des ruches
pour piquer
dans l'exquise douceur
et être piqués -

Peuples de la terre,
ne détruisez pas l'univers des paroles,
ne découpez pas avec les couteaux de la haine
le son qui fut enfanté en même temps que le souffle

Peuples de la terre,
Ô que nul ne pense mort quand il dit vie -
et nul ne pense sang quand il prononce berceau -

Peuples de la terre,
laissez les paroles à leur source,
car ce sont elles qui peuvent faire avancer
les horizons dans les vrais ciels
et de leur face cachée,
tel un masque derrière lequel bâille la nuit,
aider à enfanter les étoiles –

Nelly Sachs, Éclipse d'étoile, traduction de Mireille Gansel, Verdier, 1999, p. 135

Nelly Sachs dans Poezibao :

Fiche bio-bibliographique
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, extrait 5, extrait 6 (correspondance avec Paul Celan)

rencontre autour de Nelly Sachs
,
un entretien épistolaire avec Lionel Richard (1968)