« janvier 2006 | Accueil | mars 2006 »

mardi 28 février 2006

Jacques Roubaud à Cergy le 4 mars

Jacques Roubaud lira son livre Tokyo infra-ordinaire (Inventaire/invention éd.) le samedi 4 mars 2006 à 16h à la bibliothèque de l'Horloge à Cergy. Ce sera la conclusion du projet l'Invention du réel que Inventaire/invention a développé avec les lecteurs de cette bibliothèque depuis octobre 2005.

Bibliothèque de l'Horloge à Cergy
1, rue du Cloître 95800 Cergy
tél. 01 34 33 46 90
mél : bibliotheque.horloge@ville-cergy.fr

Dormans de Marie Etienne

28_etienne_dormans_1Il arrive que certains livres vous attirent dès le premier regard. Un aspect extérieur, un titre. C'est bien le cas ici, avec le bleu très particulier de la couverture, sur lequel se détache le mot Dormans, mot étrange, mot qui chante, participe présent latin, mot rempli d'évocations devinées mais non encore précisées.

Alors on va vers le livre, on franchit le seuil, bleu - importants les mots seuil et bleu - et on se perd. On avance à tâtons, il y a de l'étrange là, on est saisi de vertige, où suis-je, qui me parle, d'où, de quoi au juste, le sens apparaît/disparaît, il y a une sorte de fantôme en permanence qui erre autour de la lecture, fantôme d'un autre monde, fantômes sans doute des morts, présence chimérique de l'enfant qu'on fut, que fut l'auteur, figures spectrales du rêve, des rêves, qui s'emboîtent et se déboîtent. Des temps différents et des traitements différents pour chaque temps : le Roman de la nuit proche du récit de rêves, mais un seul rêve fait de multiples rêves, une séquence, une histoire qui passe de poèmes en poèmes, qui reprend, s'arrête et repart. Dormans, la section éponyme du livre, le deuil de la mère dans le temps présent, les martyrs des temps anciens, ces Sept d'Éphèse, baptisés dormans, emmurés à cause de leur foi en 252 et miraculeusement sortis de leur sommeil en 424, sous Théodose, dormans mot que Marie Etienne dit avoir emprunté à Milosz…Tout semble glisser, s'effacer, renaître dans ces textes qui se suivent, passé et présent, ici et ailleurs, masculin et féminin, adulte et enfant, monde réel et monde des morts, passage incessant de l'un à l'autre, mises en abyme, passages de l'autre côté de la porte, de la fenêtre, du miroir, du nuage, du ciel, du bleu, tableaux comme portes secrètes, comme miroirs….

et puis ce texte, court, qui éclaire le sens, tout à la fin du livre :

"l'écriture comme une lampe à huile que l'on promènerait sur les parois originelles" :

la formulation, somptueuse, fait mouche, oui c'est bien cela qu'on a ressenti, Marie Etienne promène sa lampe, en l'occurrence sa plume, à la face de mondes cachés, de mondes obscurs, de différents mondes cachés et obscurs, mais tout proches, si proches, là, juste derrière l'écriture.
Elle développe aussi l'idée de la fresque dont elle n'aurait encore peint que des fragments, mais dont l'aspect fragmentaire est question de perspective, qu'il y a mais encore caché un tout cohérent, qui se dessine petit à petit. La lampe de l'écriture exhume des fragments de ce tout, l'originel, l'antérieur, l'autre côté des choses, l'ourlet du monde. Et est assignée à l'écriture une tâche ô combien difficile : dévoiler, éclairer, faire "précipiter" sur le papier, papillons épinglés, quelque chose de ces apparitions disparaissantes.
Projet magnifique pour un livre à la dimension ontologique tout autant que poétique, usant avec brio de toutes sortes de ressources d'expression, poèmes de deux fois sept vers, en allusion au sonnet ; rythme 4/4/3/3 pour les Sonnets du ciel. Et ce Cahier japonais, fait de petites allusions très courtes, séparées par des gros points noirs…. et illustré de quelques dessins de Marie Etienne, en particulier un très beau vol de grues (?)
Le sommeil et le rêve semblent s'être emparés du livre tout entier et avec lui de son lecteur. Une fois refermé, le livre ne le quitte pas comme il en va de certains rêves dont l'ombre plane sur une journée entière. Avec "un narrateur qui est tantôt du féminin tantôt du masculin, non par incohérence mais afin de sortir, en l'absence du neutre, de la dualité schématique des sexes".
Il est infiniment doux, infiniment bon, infiniment jouissif de sortir ainsi du défini, qu'il s'agisse de la réalité, du temps, de la vie ou de l'identité sexuelle. Ou même de la discrimination entre l'auteur et le lecteur, l'auteur étant le lecteur des parois originelles, le lecteur reprenant le flambeau des mains de l'auteur, invité à poursuivre l'exploration. L'un comme l'autre devenus dormans…
©florence trocmé

Salve Debord au cipM à Marseille : exposition, projections, débats

                                  28_debord_in_girum

GUY DEBORD :
exposition, débats, projections

Du 8 mars au 28 avril 2006, le cipM propose un cycle consacré à Guy Debord et l’Internationale Situationniste.
Au programme : exposition, projections, débats

Guy Debord contre le cinéma
Projection de l’intégrale des films de Guy Debord, en collaboration avec Le Miroir, cinéma des Musées de Marseille.
du mercredi 8 au samedi 20 mars 2006
Au programme :
Hurlements en faveur de Sade, 1952, 1h15
Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps, 1959, 18 min
Critique de la séparation, 1961, 19 min
La Société du spectacle, 1973, 1h20
Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu’hostiles, qui ont été jusqu’ici portés sur le film “La Société du spectacle”, 1973, 22 min
In Girum imus nocte et consumimur igni, 1978, 1h45
Guy Debord, son art et son temps, 1994, 1h00 (réalisation : Brigitte Cornand)

les horaires des films sont disponible sur notre site web, ici

28_debord_la_camra « Je ne veux rien conserver de cet art périmé, sinon peut-être le contre-champ du seul monde qu'il a jamais regardé, et un travelling sur les idées passagères d'un temps. »
Guy Debord, In girum nocte et consuminur igni

exposition Guy Debord : Documents Situationnistes
Une exposition regroupant des documents rares ou uniques, liés sous différents rapports aux activités situationnistes de Guy Debord : tracts, affiches, photographies, manuscrits, objets transformés, ouvrages rares...
du vendredi 10 mars au samedi 28 avril 2006

L'Internationale situationniste (IS) était une organisation révolutionnaire désireuse d'en finir avec la société de classes en tant que système oppressif et de combattre le système idéologique de la civilisation occidentale : la domination capitaliste. L'IS était, au niveau des idées développées, issue de différents mouvements révolutionnaires apparus depuis le XIXe siècle, notamment de la pensée marxiste d'Anton Pannekoek, de Rosa Luxemburg, de Georg Lukacs ainsi que du communisme de conseil. L'Internationale situationniste pouvait être apparentée à un groupe d'ultra-gauche, mais elle était également l'expression de la volonté de dépassement des tentatives révolutionnaires des avant-gardes artistiques de la première moitié du XXe siècle, le dadaïsme, le surréalisme et, dans une moindre mesure, le lettrisme.
Ce mouvement, créé formellement en 1957, est né au sein d'un autre mouvement contestataire des années 1950 : l'Internationale lettriste, les fondateurs de l'IS (notamment Guy Debord) lui reprochant son insuffisance. L'IS est le produit de la fusion de l'Internationale lettriste, du Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste, et du Comité psychogéographique de Londres. L'une des principales caractéristiques des idées situationnistes est la libération des conditions historiques pour une réappropriation du réel, et ce dans tous les domaines. Le dépassement de l'art fut un des objectifs de départ de l'IS, qui s'est vite orientée vers une critique de la société du spectacle, la société « spectaculaire-marchande » doublée d'un désir de révolution sociale qui s'est notamment fait connaître en France en mai 1968.
[issu de http://fr.wikipedia.org/wiki/Situationnistes]

projection de Critique de la Séparation,
suivie d'une table ronde autour des situationnistes

Le vernissage de l'exposition “Guy Debord : documents situationnistes” sera suivi d'une projection de “Critique de la Séparation” (Guy Debord, 1961) et d'une table ronde autour des situationnistes, animée par Jean Daive, avec Antoine Coppola, Borris Donné, Shigenobu Gonzalvez ,Jean-Pierre Rhem, et Alain Giffard.
le vendredi 10 mars, à partir de 18h30
Jean Daive est écrivain, poète et producteur à France Culture
Antoine Coppola est auteur de Introduction au cinéma de Guy Debord
Borris Donné est auteur de [Pour mémoires], un essai d'élucidation des mémoires de Guy Debord
Shinegobu Gonzalvez est auteur de Guy Debord ou la beauté du négatif
Jean-Pierre Rhem est directeur du Festival International de Documentaire Marseille
Alain Giffard, auteur de L’Ars Memoriae de Guy Debord

conférence : La correspondance de Guy Debord
À l'occasion de la parution chez Gallimard des oeuvres complètes de Guy Debord en un volume, et pour clore notre cycle, Vincent Kaufmann donnera une conférence sur les correspondances de Guy Debord.
le vendredi 28 avril, à 19h
Vincent Kaufmann est auteur de La révolution au service de la poésie


28_debord_portait publications
La parution d'un numéro spécial du Cahier du Refuge, consacré aux Situationnistes et à Guy Debord, vient compléter le cycle.
Le dossier du numéro 9 de la revue CCP est entièrement consacré à Guy Debord.

Au sommaire du dossier Guy Debord :
• Boris Donné & Jean Daive : Un entretien
• Boris Donné : Apostilles
• Alain Giffard : L’Ars Memoriae de Guy Debord
• Jean-François Bory : Debord complètement débordé
• Arthur Hubschmid : Debord dansait-il le rock ?
• David Lespiau : La révolution la nuit
• Olivier Quintyn : Tout lecteur des Mémoires…
• Dominique Meens : « Mais enfin monsieur… »
• Jérôme Duwa : L’acte situationniste le plus simple…
• Jacques Donguy : Debord et la poésie
• Emmanuel Ponsart : Bibliographie
CCP 9 :
Le sommaire du Cahier du refuge spécial Guy Debord / internationale Situationniste sera bientôt disponible sur internet :

centre international de poésie Marseille
Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité
13236 Marseille Cedex 02
tel : 04 91 91 26 45 / fax : 04 91 90 99 51
cipm@cipmarseille.com
http://www.cipmarseille.com/

Anthologie permanente : Marie Etienne

28_etienne_dormans


Dans le prolongement de l'atelier de traduction à laquelle Marie Etienne participait et où elle a lu des extraits de son tout nouveau livre
Dormans et en préambule à la fiche de lecture de cet ouvrage marquant, sur Poezibao.



ce mardi 3 octobre à 11 heures 45, tout est bouché par
le travail.   par ce   qui urge soi-disant. et ça et ça et ça.
préférer   le    sublime.  l'inquiétude  de l'extase.       the
restlessness of ecstasy (macbeth.)

devoir d'insoumission. rire  intérieur.  non je n'obéis pas
je retourne aux nuages.  ah ah ah.  vous vous  imaginez
que vous m'avez assujetti.  mis  en fiche  en tonneau ou
en file. eh bien non à défaut d'ecstasy

je compte les moutons c'est-à-dire les nuages. j'habite
dans le ciel espérant qu'il voudra m'habiter  à son tour.
je récite ciel de front ciel de marge ciel de corps.

je récite ciel de traîne et pour finir ciel d'intervalle. mais
en ce mois d'automne.  c'est plutôt ciel d'obstacle. ciel
d'entrave. ciel de borne.

Marie Etienne, "Sonnets du ciel", in
Dormans, Flammarion, 2006, p. 186.

Marie Etienne dans Poezibao :

Fiche bio-bibliographique
extrait 1, extrait 2 (Anatolie), extrait 3
aux 20 ans du Nouveau Recueil,

atelier de traduction Maison des Ecrivains(2/06)

lundi 27 février 2006

Anne Rothschild et Sala Stétié aux Parvis Poétiques, à Paris

27_anne_rothschildCertes, Salah Stétié était (un peu) en retard. "Première fois que ça arrive depuis 12 ans de Parvis", s'inquiète Marc Delouze, organisateur très inspiré de ces rencontres poétiques dominicales.
Mais qu'on l'a aimé ce retard, en fin de compte, car il nous a valu un débriefing extraordinaire, bien dans la manière de ce très beau conteur qu'est aussi (qu'est surtout, même dans sa poésie ?), Salah Stétié. Récit d'un vrai road-movie depuis le lointain Le Tremblay-sur-Mauldre où vit le poète, village qui fut celui d'Honoré d'Urfé et de Cendrars jusqu'à cette minuscule Cité Véron, presque indécelable dans le boulevard de Clichy à Paris et au fond de laquelle vécurent Boris Vian et Jacques Prévert. Et Salah Stétié d'évoquer ses pérégrinations en voiture entre "sexodromes", cimetière et éboueurs de façon imagée, vivante et merveilleusement drôle.
27_salah_stetieMais je brûle les étapes, car je dois dire aussi que ce léger retard a permis de donner un peu plus de temps à la 1ère lecture de la soirée, celle d'Anne Rothschild. Qui a donné des extraits de son dernier et très beau livre Le rêve de la huppe (Al Manar, 2005), recueil d'une rencontre esquissée, désirée entre le monde arabo-musulman et le monde juif, livre dédié significativement à Wafa et Mohammad, deux amis palestiniens de la poète mais aussi à Eddie Samuel, son petit-fils. Un texte qui baigne dans le sacré, celui des grands livres antiques, tout en s'inscrivant dans les déchirements d'aujourd'hui et dans "l'ombre des vergers cassée par la rage d'un mur".
27_marc_delouzeCe sacré, Marc Delouze dit en retrouver les échos aussi dans l'œuvre de Salah Stétié mais il montre bien que chez les deux poètes il s'agit de "faire bouger le sacré dans la langue", selon une démarche foncièrement poétique qui n'a rien à voir avec le religieux.
Salah Stétié donc. Rencontré il y a peu dans le cadre du cercle Aliénor. Égal à lui-même. Présence presque scénique, aise totale comme s'il devisait avec des amis intimes, enchaînant de façon faussement improvisée des textes poétiques et des récits brefs. Il dose le léger et le grave, il prend l'auditeur par la main pour l'entraîner à sa suite à New York, dans le désert, dans le temps, ailleurs ou ici aussi puisqu'il intercale quelques savoureuses anecdotes. Poète dans la ville, poète dans le temps, accessible et profond, qui mêle la gravité et une bonne dose d'autodérision tendre, qui donne à 27_maxime_perrinentendre des textes anciens comme d'autres "qui sortent du four", qui donnent à lire le monde (comme il le lit parfois dans les yeux des chats !), qui convoque Kokoschka, Alma Mahler ou le grand mystique Al Hallaj. Ironique, je le disais, avec lui-même "En cette fin de l'âge  je n'attends rien de moi qu'une pensée de désert" ; se décrivant en "vieux chameau", en "vieux poète venu d'Orient" et qui "habite la maison d'un antique poète de l'Occident". Et à qui le maire de Tremblay, au moment du transfert des cendres de Cendrars dit "Mr L'Ambassadeur, vous serez certainement notre second mort illustre".

27_rothschild_lisantJe terminerai par une anecdote personnelle pour dire le bonheur de la lecture de poésie et de cette façon qu'elle a de nourrir et d'irriguer la vie de qui y consacre du temps. Pour me rendre aux Parvis Poétiques, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, j'ai l'habitude de prendre l'autobus et d'y lire. Hier soir, Dormans, le nouveau livre de Marie Etienne (Flammarion, 2006). Où je découvre (honte à moi qui ne la connaissait pas) l'histoire des 7 dormans d'Éphèse. Quelles ne furent donc pas ma surprise et ma jubilation à entendre Salah Stétié dans un de ses textes évoquer aussi les 7 sages !
Marc Delouze dit aimer établir des ponts entre les poètes, les œuvres et les publics : il réussit au-delà de ses espérances ! Et merci au bel accordéon de Maxime Perrin qui accompagne si bien la lecture des deux poètes.
©florence Trocmé

Salah Stétié dans Poezibao :
Bio-bibliographie
extrait 1
rencontre avec Salah Stétié (nov 05)

Photos (que l'on peut agrandir par simple clic sur la photo) ©florence trocmé
de haut en bas, Anne Rothschild, Salah Stétié, Marc Delouze, Maxime Perrin, Anne Rothschild.

Anthologie permanente : Mahmoud Darwich

Darwich_ne_texcuse_pas_1Pour célébrer la toute récente parution d'un nouveau recueil du grand poète palestinien Mahmoud Darwich, chez Actes Sud.

Quant à moi
Je dis à mon nom

Quant à moi, je dis à mon nom : Laisse-moi
et éloigne-toi. Je suis à l'étroit
depuis que j'ai parlé
et que tes qualités se sont accrues !
Emporte tes qualités et éprouve
un autre que moi…
Je t'ai porté quand nous pouvions
traverser le fleuve unis, "tu es moi".
Je ne t'ai pas choisi, ô mon ombre,
chien fidèle. Les parents
t'ont choisi pour ce que tu signifies.
Ils ne se sont pas inquiétés du sort du nommé
quand son nom
lui pèserait, qu'il lui dicterait ses mots
et en ferait son vassal….Où suis-je ?
Où sont ma petite histoire
et mes petits douleurs ?
[...] et les étudiants regardent
mon nom, sans s'intéresser à moi, et je passe
comme si j'étais un intrus.
[...]

Quant à moi, je dis à mon nom : Rends-moi
la part perdue de ma liberté !

Mahmoud Darwich,
Ne t'excuse pas, poèmes traduits de l'arabe (Palestine) par Elias Sanbar, Actes Sud, 2006, p. 65.

Bio-bibliographie de Mahmoud Darwich

Mahmoud Darwich

Mahmoud Darwich est né en 1942 à Birwa, près de Saint-Jean-d'Acre. Il connut l'exil dès 1948. Sa famille se réfugia alors au Liban, puis revint clandestinement en Palestine en 1950.
Darwich se lança alors dans un militantisme qui lui inspira certains de ses poèmes les plus connus et le mena en prison à plusieurs reprises. Dans les années 70, il prit la décision de quitter la Palestine pour l'Égypte, puis le Liban jusqu'à l'invasion israélienne de 1982. Tunis et Paris furent ensuite ses principales résidences jusqu'aux accords d'autonomie de 1994. Mahmoud Darwich vit désormais à Ramallah après de longues années d’exil.
Il est considéré comme l’un des chefs de file de la poésie arabe contemporaine ; il anime une des principales revues littéraires,
Al-Karmel.

Extrait d'un article récent (février 2006) de Mahmoud Darwich
"Depuis que j’ai échappé à la mort en 1998 à la suite d’une opération du cœur, je sens que je rajeunis : je suis né une deuxième fois. Auparavant, j’étais obsédé dans mes poèmes par la mort. J’avais oublié de célébrer la vie et la beauté. Le paradoxe aujourd’hui, c’est que j’écris sur la beauté dans un pays où elle a été mutilée, saccagée, et où l’on vit en deçà de la vie. Je tente de compenser ce manque par la beauté que je chante dans mes poèmes. Comme un poète qui recommencerait de zéro, je m’attache à décrire la forme d’un nuage ou d’un cyprès, la fleur d’un amandier. Je me suis placé sous la protection des maîtres de la poésie arabe, mais uniquement des maîtres joyeux. Oui, j’écris en état de joie. Pas pour survivre, simplement pour vivre. Les lecteurs palestiniens qui vivent dans des conditions dramatiques ont accueilli magnifiquement ces poèmes. Lors d’une soirée de lecture à Ramallah, ils ne me réclamaient que des poèmes d’amour. Des femmes se sont mises à danser. Tous voulaient dire que l’occupation n’a pas écrasé leur humanité."
Lire l'ensemble de l'article ici

Bibliographie en français
Rien qu'une autre année, anthologie poétique, 1966-1982, Minuit, 1983
Palestine, mon pays : l'affaire du poème, Minuit, 1988
Plus rares sont les roses, Minuit, 1989
Chronique de la tristesse ordinaire, suivi de Poèmes palestiniens, Cerf, 1989
Au dernier soir sur cette terre, Actes Sud, 1994
Une mémoire pour l'oubli, Actes Sud, 1994
Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?, Actes Sud, 1996
La Palestine comme métaphore. Entretiens, Sindbad-Actes Sud, 1997, Babel, 2002
La terre nous est étroite et autres poèmes, Poésie/Gallimard, 2000
Le lit de l'étrangère, Actes Sud, 2000
Murale, Actes Sud, 2004
États de siège, Actes Sud, 2004
Ne t'excuse pas, Actes Sud, 2006.

Sur le site du Printemps des poètes
Sur le site de Jean Michel Maulpoix, un important ensemble
Un site consacré à la littérature palestinienne et où figure bien entendu Mahmoud Darwich
Une belle présentation de la plupart des livres de Darwich traduits en français

Michel Butor à Metz

La bibliothèque universitaire de Metz accueille du 27 février au 18 mars 2006 une exposition autour de l'ouvrage Carnet de Chine, réalisé par Michel Butor (texte) et Didier Grasiewitcz (planches), publié par le Conseil général de la Moselle et Serge Domini en 2003.
L'inauguration de l'exposition aura lieu le samedi 11 mars à 10h en présence de Michel Butor et de Didier Grasiewicz. Une lecture de "Guilin au futur" par Michel Butor clôturera la manifestation.
Lors d'un voyage en Chine, à Guilin, sur la rivière Li, Didier Grasiewitcz a réalisé des planches à l'encre de chine et un travail photographique. Un magnifique poème, "Guilin au futur" de Michel Butor l'accompagne.

Didier Grasiewicz, né en 1951 et enseignant au Lycée Schumann à Metz, est un artiste internationalement reconnu. Il a exposé son travail en France mais également dans le monde entier (Allemagne, Luxembourg, Pologne, Italie, Grande-Bretagne, …) et les plus grandes institutions publiques achètent ses œuvres (musées français et étrangers, bibliothèques nationales de France et du Luxembourg)

sur Michel Butor

Université Paul Verlaine-Metz
Service Commun de la Documentation
Bibliothèque Universitaire du Saulcy
Ile du Saulcy
57 045 Metz Cedex 01
03-87-31-50-97

Le calendrier 2006 de la Vallée de poètes Cantal-Auvergne

De l’Un à l’Autra
Cheminements festifs
en cascades poétiques

L’Authre Vallée des poètes Cantal-Auvergne

Au fond de la Rivière d’Authre coule… la poésie. A deux pas d’Aurillac, entre volcan et lac cantalés, depuis plus d’un siècle, une pléiade d’écrivains et de poètes ont marqué cette vallée de leurs écrits et de leur sensibilité. Dans la mouvance de la renaissance littéraire d’oc, il y eut Pierre Galéry, Arsène Vermenouze, Fernand Prax, Emile Bancharel et bien d’autres. Il y a aujourd’hui Jean Marie Gaston, Thérèse Canet, Georges Maurice Maury, Nicolas Rubio… et bien d’autres graines de poètes. L’eau coule encore.

Forte de ce patrimoine, l’Authre vallée des poètes propose de découvrir son territoire, de faire se rencontrer habitants et visiteurs. Elle invite poètes d’ici et d’ailleurs pour faire entendre de belles paroles françaises, d’òc ou d’outre-montagnes. Elle organise un véritable festival permanent pour aller De l’Un a l’Autra.

Un cheminement de fêtes, à travers la vallée, de saison en saison, mènera de béal en moulin, d’ostal en château, de maison en cascade, de joutes en banquet, de barriada en village, de la fònt au marché, de jour et de nuèch. La poésie y sera reine, pour le plaisir de tous. Et pour que la source ne se tarisse pas, l’Authre incitera aussi petits et grands à écrire. Chacun est invité à venir dire son mot ou écouter celui de l’Authre…

Trois rendez-vous sont ainsi proposés au cours de l’année 2006 :
Vers l’Authre, entraînera le public à rendre visite aux habitants des villages de Reilhac, Naucelles, Crandelles et Saint-Paul-des-Landes chaque soir du 20 au 23 mars. Reprenant la tradition des quêtes rituelles des Revelhets, des bandes porteront ainsi la poésie à ceux qui savent accueillir. Un banquet festif et mis en scène clôturera la semaine, le vendredi 24 mars à Jussac. Un maître de cérémonie fera passer les plats, petits et grands, chargés de sens, d’émotions ou de victuailles. Invités Thérèse Canet, Bernat Combi, Jean François Guédy, le Théâtre du spontané et les poètes amateurs de la vallée. Au programme, entre autres, Vermenouze, Paul Grenier, Marcelle Delpastre, Serge Pey, Gaston Couté et les autres...

Conférence sur Baudelaire le 13 juin par Robert Lauret à Jussac.

La Nuit Vermenouze, samedi 8 juillet, une randonnée nocturne et poétique sur la commune d’Ytrac, où l’on entendra la poésie au détour des chemins, à la lueur des étoiles ou des torches, avant des retrouvailles festives…

La Barriada, samedi 14 et dimanche 15 octobre dans certains villages de Laroquevielle et Marmanhac, un carrousel qui mènera le public à la découverte de belles maisons auvergnates et de poésies d’ici et de partout, en paroles et en rencontres.

Renseignements, réservations Office de tourisme communautaire 04 71 48 46 58 iaurillac.com ou vallée des poetes.free.fr
Organisation : Association l’Authre vallée des poètes
Mairie 15250 Marmanhac 04 71 47 30 43
mairie.marmanhac@wanadoo.fr

dimanche 26 février 2006

Deux grands poètes viennent de mourir, l'allemande Hilde Domin et le russe Guennadi Aïgui

Deux disparitions endeuillent le monde de la poésie.

J'apprends en effet de Laurent Margantin le décès d'une femme poète très connue en Allemagne mais à ce jour quasiment inconnue en France, Hilde Domin. Elle était née en 1909 dans une famille juive de Cologne et résidait depuis 1961 à Heidelberg, où elle vient de mourir, après avoir dû fuir son pays pendant 22 ans pour échapper au nazisme. Elle a notamment vécu longuement en République Dominicaine, qui lui inspira son nom Domin.
Lire une très belle fiche sur Hilde Domin

J'ai découvert aussi dans Le Monde, daté dimanche 26 et lundi 27 février, la disparition d'une autre grande figure de la poésie, proche de Char et Michaux, le poète russe d'origine tchouvache Guennadi Aïgui. Il était né en 1934, avait commencé à écrire en tchouvache en 1949 et s'était imposé comme une des grandes figures de la poésie d'avant-garde. Boris Pasternak le poussa à écrire et son premier lecteur sera Nazim Hikmet. Sa poésie se situe dans la lignée du futurisme de Khlebnikov (1895-1922). Le traducteur Léon Robel a tenté de le faire connaître en France, par ses traductions.
Guennadi Aïgui sur le site remue.net
une belle note sur le poète ici
L'article de Libération
sur le site Bleu de Paille, une note de lecture