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vendredi 31 mars 2006

Anthologie permanente : Heather Dohollau

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Bird writing

Là, sur les vitres de ma chambre, tracée
à la pointe d'argent, est la calligraphie
d'un moineau qui jour après jour pendant
des heures venait frapper du bec avec ardeur
et/ou désespoir. Je lui ouvrais la fenêtre
mais alors il partait à l'étage au-dessus
comme si ce qu'il cherchait était moins
une entrée qu'une traversée. Un Narcisse
ailé, reflet ou retour ?

Reste la lecture de cette langue
de l'entre-deux qu'un soleil oblique illumine.

Tout livre vrai est un
comme cette écriture d'oiseau
sur la vitre que le soleil révèle
nous avons besoin de tracements
sur nos transparences et d'une
certaine lumière à la fenêtre

Heather Dohollau, Une suite de matins, Folle Avoine, 2005, p. 28

Heather Dohollau dans Poezibao : 
Bio-bibliographie

extrait 1
, extrait 2, extrait 3, extrait 4

sur Une suite de matins, lire la note de lecture de Jean-Marie Perret

 

jeudi 30 mars 2006

Carte Blanche à Sylvestre Clancier : Hélène Dorion, Ravir : les lieux et le prix Mallarmé

Sylvestre Clancier a prononcé lors de la remise du prix de l'Académie Mallarmé à Hélène Dorion, le 9 mars 2006 à Paris, au Centre Culturel Canadien, cette belle analyse de Ravir : les lieux, le recueil lauréat. Il a bien voulu donner ce texte à Poezibao, ce dont je le remercie très chaleureusement.

Des mots pour ravir le monde
Ou le poète à l’œuvre


Quand on lit avec ravissement, ce qui est mon cas, le dernier recueil d’Hélène Dorion, Ravir : Les Lieux, on est amené à s’interroger sur les motivations du poète et donc sur le sens profond de la démarche poétique d’Hélène Dorion qui, à travers son œuvre entière, n’a eu cesse de rendre visible l’invisible et de combler la faille existentielle de notre être au monde.

Le poète ravit-il, à travers ses mots, pour capter et sauvegarder l’essence même d’un moment précieux en un lieu donné, instant qui, sans cette alchimie de la poésie, serait à jamais perdu et pour lui-même et pour les autres ?
Autrement dit, est-ce sa façon à lui de réaliser en poète, en quasi démiurge alchimiste, ce que Goethe exprimait à travers Faust lorsqu’il faisait formuler par son personnage le vœu que l’instant de beauté, de bonheur et d’amour sublime ne se dissipe jamais : « Verweile augenblick ! Du bist so schön ! » ?

Dans cette perspective, on peut se demander quelle est la part de l’égotisme et celle du partage ? N’y a-t-il pas, dans cette démarche poétique, un postulat implicite : celui qui voudrait que le lecteur et le poète communient, en quelque sorte, en partageant la même émotion, qu’il s’agisse de ravir une ombre, une ville, un miroir, une fenêtre ou un visage ? Hélène Dorion aurait dans ce cas réussi à merveille ce vœu secret qui est le sien, faire de sa poésie un acte de rapprochement.

Ainsi, de précédents recueils, depuis Les Retouches de l’intime jusqu’à Portraits de mers, en passant par Sans bord, sans bout du monde et Les Murs de la grotte peuvent se lire et se relire comme autant de jalons de cette admirable quête du poète. On y décèle une forme de sublimation ou de dépassement - au sens dialectique du terme allemand de Aufhebung – de la faille ou de la violence subie de « notre être au monde » liées à la connaissance et au sentiment que nous avons de notre finitude.

Et voici à nouveau que dans les somptueux et subtils poèmes de Ravir : les lieux, nous sommes saisis par le balancement du poète entre une exaltation liée à un rapport de tension au monde singulier et la quête d’une forme d’apaisement qui serait lié précisément à l’atteinte d’une harmonie avec le monde. A sa façon, Hélène Dorion nous donne ici une définition de l’amour qui est rapprochement. Elle nous fait aussi ressentir à travers ses poèmes que c’est dans le caractère sublime de l’éphémère que peut résider l’éternité.

Le regard tient une place essentielle dans Ravir : les lieux. Les poèmes qui composent ce recueil relient, de ce point de vue, de manière subtile, la poésie d’Hélène Dorion à celle de son grand aîné, le poète Saint-Denys-Garneau, fondateur de la modernité de la poésie québécoise.

Hélène Dorion convie par ailleurs quelques grandes figures tutélaires, comme celles de Rilke, de Pessoa ou de Virginia Woolf, ou encore celles de Rûmi, de Marina Tsvetaïeva ou de Vermeer, tous alchimistes à leur manière d’un temps et d’un espace à la fois suspendu et en perpétuel dépassement, à la fois éphémère et éternel.

Le poète n’est-il pas, en effet, comme le romancier ou le peintre peuvent l’être, un démiurge créateur qui recrée le monde à sa façon ? Oui, pour Hélène Dorion, le poète est l’auteur de lui-même, il refait sa demeure chaque jour, il refaçonne le temps et le monde et l’ombre jamais vue devient visible. L’argile entre ses mains peu à peu se liquéfie, son visage se met à naître. On pense à l’image du potier qui tient l’argile entre ses mains, image qu’utilise Platon dans le Timée pour décrire le travail du démiurge qui a créé le monde.
De ce point de vue, le poète tel que l’envisage Hélène Dorion est celui qui exalte et sublime tous les aspects de la création dont chaque artisan créateur explore une facette.
Ainsi rend-elle hommage en poète à la démarche créatrice du Pianiste dont le souffle « s’enfonce dans la tempête », du Menuisier qui « creuse la surface du monde, entame la chair, fouille les poches du temps », de l’Horloger qui « gratte la surface du temps », de l’Errant qui « sur la route voit la maison », du philosophe qui par delà le doute, se risque et parie, tel Pascal, lui qui « n’aime que le pauvre, l’amour, le véritable », du puisatier qui fait surgir l’eau des entrailles de la terre, de la harpiste dont le corps « embrasse les notes » et « l’âme s’allonge et respire sur les portées, compte le temps ».

Le poète qui ravit les lieux, n’est-il pas comme ce Marcheur qui quête « le lieu qui n’est aucun lieu mais qui les porte tous » ? Il nous semble que c’est bien là l’œuvre à laquelle s’emploie Hélène Dorion, celle d’agrandir la vie et de sauver le monde à partir de « la matière fossile » de son enfance. Il s’agit à proprement parler d’un acte de « reconnaissance », comme celui d’un père qui reconnaîtrait son enfant et qui ainsi agrandirait sa vie.

Oui, pour Hélène Dorion, il s’agit bien de pousser la porte du temps et du monde et de repousser toutes les limites. Le poète est une sorte de Derviche, un magicien qui « secoue les draps de l’âme », il se hisse à la hauteur du Gardien des Lieux qui l’interpelle. Nous pressentons, comme Hélène Dorion, à la fin du recueil, que le poète est ce Lieur qui sait qu’il peut exister « un monde en mesure d’accomplir les vies innombrables

les occasions
la multitude
la diversité
le sens
l’effet
l’art


de la matière
- accouplées, unies, légères. »1

 Le poète, en effet, comme l’indique Hélène Dorion, est celui ou celle qui sait que le monde tient tout entier entre deux couvertures, se déploie, puis se referme brutalement sur des chemins que jamais il n’empruntera sinon dans le monde plein et insoumis de ses propres livres. Mais qu’à chaque livre donc sa vie s’agrandira. De ce point de vue, il est manifeste que de livre en livre Hélène Dorion, le poète, agrandit la vie et nous grandit, elle qui reconnaît écrire chacun de ses livres à partir des failles qu’a révélées le précédent.

A sa manière, Ravir : les lieux, n’est-il pas sous la forme d’une compression poétique, ce que Proust a réussi à travers sa recherche qui va du temps perdu au temps retrouvé. On peut le lire à travers les injonctions contenues dans le premier poème : « Cherche ce que tu appelles, l’impossible mosaïque silencieuse du voyage […] Regarde seulement la pièce où résonne ta vie » ou bien à travers celles contenues dans le cinquième : « Écoute ce monde devenu monde, à force de résonner parmi les ans. »

Oui, pour Hélène Dorion, le poète est sans doute celui qui par excellence raconte vraiment, comme elle le fait elle-même, ce qu’est la vie « tant qu’il tient des mots entre les mains », comme le potier tient l’argile entre les siennes, il est celui ou celle qui sauve l’enfant, sauve la maison de l’enfant.
©Sylvestre Clancier, Mars 2006

RAVIR :LES LIEUX , Prix Mallarmé 2005, paru aux éditions de La Différence, Paris, 2005

1. Ravir : les lieux, éditions de La Différence, Paris, 2005, p.103

Lecture bilingue autour de Federico Garcia Lorca, à Marseille, vendredi 31 mars 2006

30_lorcalecture
Le 31 mars à 20h30
Les Comptoirs de la Nouvelle B.S. n°12 >
Lecture bilingue autour de Federico Garcia Lorca, poète espagnol (1898-1936)
Avec Brigitte Roussellier, Arno Calleja, Liliane Giraudon, Jean-Jacques Viton


Ce Comptoir de La Nouvelle B.S. présente une nouvelle traduction du « Poète à New York », établie au cours de l'atelier composé de Brigitte Roussellier, Arno Calleja, Liliane Giraudon et Jean-Jacques Viton. Ont été ajoutés aux poèmes, des entretiens inédits de Lorca à La Havane, lors de son escale à Cuba en 1930, sur la route de son retour d'Amérique.
Il s'agit de témoignages, réflexions, discussions très libres. Ces extraits, tout en prolongeant l'écho de son séjour américain, éclairent sa présence sur la scène cubaine.

Extrait :
« (...) J'attends un câble de Margarita Xirgu. Ce sera ce mois-ci. Je pense aller directement à New York où j'ai déjà vécu un an. A New York, je veux dire bonjour à de bons amis qui sont des yankies amis de l'Espagne.
New York est terrible. Quelque chose de monstrueux. Moi, j'aime marcher dans les rues, perdu ; mais je reconnais que New York est le grand mensonge du monde. New York c'est le Sénégal avec des machines. Les anglais ont amené là-bas une civilisation sans racines. Ils ont construit maisons sur maisons, mais n'ont pas creusé de fondations. On vit en hauteur, en hauteur... Mais alors que dans l'Amérique d'en bas nous avons autorisé Cervantès, les Anglais de l'Amérique d'en haut n'ont pas lâché leur Shakespeare (...) »

Cette nouvelle traduction paraîtra en bilingue dans la collection Les Comptoirs de la Nouvelle B.S, Ed.
Al Dante, en 2007.

Brigitte Rousellier est traductrice. Elle a traduit entre autres le poète Gaston Baquero.
Arno Calleja est poète. Dernières parutions : dans les revues « Monsieur Thérèse », « Passage Nord-Sud », et « Criture », Ed. Inventaire/Invention, parution mars 2006.
Liliane Giraudon est romancière. Dernières parutions : « Greffe de Spectre », P.O.L. 2005, « Les talibans n'aiment pas la fiction », Inventaire/Invention, 2005, « Marquise vos beaux yeux », avec Michelle Grangaud, Josée Lapeyrère et Anne Portugal, Bleu du Ciel, 2005).
Jean-Jacques Viton est romancier. Dernières parutions : « comme ça », P.O.L. 2003, « Shanghaï », Ecbolade 2004.

Renseignements, réservations : 04 91 37 97 35
Tarifs :
Pour les lectures : Tarif unique : 3 euros - Entrée libre aux détenteurs de la carte montévidéo
* Sur présentation de la carte montévidéo - Carte montévidéo : 15 euros pour un an

montévidéo, 3 impasse montévideo 13006 Marseille / Tél. : +33 (0)4 91 37 97 35

Anthologie permanente : Claude Esteban

30_estebanPour saluer la parution d'un nouveau livre de poésie de Claude Esteban, aux Éditions Gallimard; Le jour à peine écrit, (1967-1992).
"Le Jour à peine écrit ne se présente pas sous la forme d'une anthologie de poèmes épars. Le rassemblement ici proposé cherche à rendre compte, par de longues séquences, d'une trajectoire d'écriture qui se manifeste et se confirme à travers quatre livres majeurs de Claude Esteban, écrits entre 1967 et 1992 : Terres, travaux du cœur, Le Nom et la Demeure, Élégie de la mort violente, Quelqu'un commence à parler dans une chambre." (l'éditeur)

Blanche.

Elle divise le temps
en deux.
              Sceptre et cilice.

L'écume ne meurt pas

lèvres ouvertes
aux lèvres.

Blanche.

Emmurant l'oiseau.
Tranchant le nerf fragile des coquilles.

sans que la voix
revienne.

Nue dans le sel.

Claude Esteban, Le jour à peine écrit, (1967-1992), Gallimard, 2006, p. 77.

Fiche bio-bibliographique de Claude Esteban

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mercredi 29 mars 2006

Renaissance de L'année poétique

29_annee_poetiqueSuperbe initiative : l'Année poétique reparaît ! Sous la houlette de Patrice Delbourg et Jean-Luc Maxence.
C'était jadis, au temps du grand Pierre Seghers, événement quasi annuel, de 1955 à 1977, une traversée au travers de la poésie de langue française, pour rendre compte de toute la richesse d'une année poétique. Dernier voyage en 1977 et depuis rien.
Or il se trouve que 2006, c'est aussi le centenaire de la naissance de Pierre Seghers. Donc voici Cent vingt poètes pour un centenaire, une large vue en coupe dans toute une année de parution, édition et revues comprises. "Choisis avec impartialité parmi plusieurs centaines de revues, de journaux, de recueils, d'anthologies de langue française" (textes publiés entre novembre 2004 et fin 2005)
Je mets juste le petit bémol habituel, pourquoi seulement 21 femmes poètes sur 120, soit 17, 5 % de femmes ? Est-ce le juste reflet de ce qui s'est publié en 2005 ? Je n' en suis pas tout à fait sûre. Il me semble par exemple qu'une Florence Pazzottu a publié un livre important, une Geneviève Pastre aussi, ou encore Armelle Leclercq, Sophie Loizeau, Marie-Claire Bancquart. Sans parler du deuxième tome des œuvres complètes de Danielle Collobert.
Longue vie on l'espère à l'Année poétique avec une attention accrue au travail des poètes françaises.

L'Année poétique
2005
présentée par Patrice Delbourg et Jean-Luc Maxence
Seghers, 2006,
isbn : 2-232-12277-8, 17 €

Un hommage à Pierre Torreilles sur le site de la librairie Sauramps

29_sauramps_1Décédé le 22 février 2005, Pierre Torreilles internationalement connu pour son amour et sa défense du livre a, de toujours, doublé sa vie publique d’une recherche poétique passionnée et exigeante.
Le site de la librairie Sauramps publie un important document, le texte d'une conférence de Paule Plouvier sur le poète.
De nombreuses ressources sont disponibles sur le site de la librairie

Spectacle Schehadé à la Maison de la Poésie à Paris

Théâtre Molière Maison de la Poésie (Paris)
Passage Molière 157, rue Saint-Martin 75003 Paris - métro : Rambuteau
www.maisondelapoesie-moliere.com

Georges Schehadé,
Le nageur d'un seul amour


© Fonds Georges Schehadé/IMEC

Montage du texte et mise en scène Lara Bruhl
Conseil dramaturgique Albert Dichy
Création sonore Mickaël Barre
Assistante à la mise en scène Valérie Kempeneers
Avec Lara Bruhl, François Négret

Du 19 avril au 21 mai 2006
Mercredi à 19h, jeudi, vendredi, samedi à 20h30, dimanche à 17h
Salle Lautréamont
Renseignements et location : 01 44 54 53 00
Prix des places :
plein tarif : 15 €
tarif réduit : 12 € (plus de 60 ans) ; 10 € (demandeurs d’emploi, moins de 26 ans) ;
7 € (dernier mercredi du mois, passeport Poésie, carte jeune)

Il y a loin
En Asie joliment longue
Le nageur d'un seul amour

Poésies VI, Gallimard, 1985

Lire la suite "Spectacle Schehadé à la Maison de la Poésie à Paris" »

Un spectacle Boris Vian au théâtre Sorano à Vincennes


29_vian Le Théâtre de l’Eveil présente

Vian v’ là Boris
D’après l’œuvre de Boris Vian

Cabaret musical
Conception et mise en scène : Michel Abecassis
Avec : Didier Bailly (comédien, chanteur, pianiste)
Nicolas Dangoise (comédien, chanteur, trompettiste)
Pierre Ollier (comédien, chanteur)


Théâtre Daniel Sorano de Vincennes
Du 16 mars au 8 avril 2006
Les jeudis, vendredis et samedis à 21 h
Réservation au 01 43 74 46 88

A partir des textes de Boris Vian (souvenirs d’enfance, écrits sur le jazz, chansons, lettres pataphysiques, curiosités diverses et variées)….. Des textes qui parlent d’amour, de musique, de racisme, de guerre, de la bêtise des hommes, d’espoir…
Un hymne à la vie écrit par celui qui n’était pas pressé de grandir.
Le tout mis en musique de jazz !
De nombreuses chansons émailleront le spectacle :
Allons z’enfants
La complainte du progrès
Le déserteur
A tous les enfants
La java des bombes atomiques


Boris Vian est né le 10 mars 1920. Il est atteint très jeune de problèmes cardiaques. En parallèle à des études brillantes, il s’intéresse très vite au jazz ( Dizzy Gillespie, Louis Armstrong..) Il joue de la trompette, organise des soirées, adhère au Hot Club de France.
Son œuvre est immense et plurielle. Théâtre, romans, nouvelles, chansons, articles sur le jazz, auteur de polars …..
Il meurt le 23 juin 1959 pendant la projection du film tiré de son roman : « j ’ irai cracher sur vos tombes ».

Vincennes - Théâtre Daniel Sorano
16, rue Charles Pathé
94300 Vincennes

Anthologie permanente : Gertrude Stein

Pour saluer une importante parution, celle des Strophes en méditation de Gertrude Stein, chez Al Dante, dans une traduction de Christophe Marchand-Kis 

29_stein_2_1Strophe II (extrait)
Si tu savais comment vas très bien je te remercie
Ou si tu savais comment vas-tu comment vas
Ou sinon ce changement de plus à beaucoup
Et peut-être changent-elles ou non sinon pourquoi.
Telle est la façon de ne pas faire de différence
De leur plaire ou non ou non
Ou non de ne pas leur plaire ou ho oui oui.
Elles pourraient devraient-elles en toutes circonstances
Comprendre diffères ou diffère.
C'es pourquoi elles demandaient si elles aimaient
Ce qui ne fait vraiment pas de différence
Puisqu'elles réussissent
A soulager les butins et les bévues
On pense souvent qu'ils sont tous susceptibles.
Ou lequel le souhaite.
Je me suis grandement égarée.
De mon propre foyer.
Mais ce qu'elles savaient tout étonnées.
C'est étonnant qu'elles l'aiment.
J'ai souvent pensé qu'elle voulait dire ce que j'ai dit.
Ou comment va ceci à propos de cela.
Ou si n'importe quand.
On ne s'en était pas seulement pas souvenu
Je dépends de lui je dépends d'eux.
De ou comme elles aiment.
Ce que je dis me rappelle cela.
Et si oui
Ce qui peut comme tu disais
Ou ce qui peut être
Si elles y sont parvenues
Ou le temps qu'elles y parviennent.
C'est exactement cependant la façon dont la multitude est semblable
[...]

Gertrude Stein, Strophes en méditation, traduction Christophe Marchand-Kis, Al Dante, 2005, p. 129.

bio-bibliographie de Gertrude Stein

index de Poezibao
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Gertrude Stein

"A rose is a rose is a rose is a rose"
Gertrude Stein, américaine d'origine juive allemande, est née le 3 février 1874 à Allegheny, en Pennsylvanie, aux États-Unis. Elle est la plus jeune des cinq enfants de sa famille. A l'âge de trois ans, elle part pour Vienne puis à Paris avec sa famille, avant de revenir aux États-Unis en 1878. Elle fut ensuite élève du philosophe William James.
Elle quitta l'Amérique en 1903, en compagnie de son frère Léo Stein pour s'installer à Paris. Ils sont tous deux passionnés d'art et leur hôtel du 27, rue de Fleurus, à Montparnasse, devint rapidement un centre de la vie artistique. De 1919 à 1929 y vinrent notamment André Green, Picasso, Juan Gris, E.E. Cummings, Robert Delaunay, Marie Laurencin, Jean Cocteau, René Crevel, Jules, Éric Satie, Natalie Clifford-Barney, Ezra Pound, Julien Green, Virgil Thompson, Romaine Brooks, John Dos Passos, Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, Guillaume Apollinaire, Marcel Duchamp, T.-S. Eliot, Mina Loy, Djuna Barnes, Man Ray, Sylvia Beach, Valéry Larbaud, Adrienne Monnier, et évidemment l'inséparable compagne de l'hôtesse Alice B. Toklas.
Gertrude écrit mais ses œuvres ne sont pas très bien reçues en raison de leur abstraction. Certains parlent à son sujet de "cubisme littéraire". Son premier succès viendra avec la publication de Autobiographie d'Alice Toklas en 1933. En 1934 elle fait une tournée de lecture avec Alice aux USA et le NY Times titre : "Gerty Gerty Stein is Back Home Home Back". Restées en France, Gertrude et Alice échappèrent miraculeusement toutes deux à la déportation mais leur vie fut très difficile pendant cette période.
Gertrude Stein décèdera peu après la fin de la guerre, le 27 juillet 1946 des suites d'un cancer du colon. Alice B. Toklas mourra le 7 mars 1967...21 ans après Gertrude. Elle est enterrée à côté de sa compagne de 39 ans au Père Lachaise à Paris.

Bibliographie sélective en anglais (les dates entre parenthèses semblent être celles de la composition des livres)
Three Lives (1904-5)
The Making of Americans (1906-8)
Matisse, Picasso and Gertrude Stein (1909-12)
Tender Buttons (1911)
Useful Knowledge (1915)
Geography and Plays (1908-20)
Composition as Explanation (1926)
An Acquaintance with Description (1926)
Lucy Church Amiably (1927)
How To Write (1928-30)
Before the Flowers of Friendship Faded Friendship Faded (1930)
Operas and Plays (1913-30)
The Autobiography of Alice B. Toklas (1932)
Portraits and Prayers (1909-33)
Lectures in America (1934)
Narration (1935)
The Geographical History of America or the Relation of Human Nature to the Human Mind (1935)
What are Master-pieces (1922-36)
Everybody's Autobiography (1936)
Picasso (1938)
The World is Round (1938)
Paris France (1939)
i (1940)
Wars I Have Seen (1942-4)
Brewsie and Willie (1945)
Selected Writings of Gertrude Stein (1909-44)

Publications posthumes :
Four In America (1932-3)
The Gertrude Stein First Reader and Three Plays (1941-3)
Blood On The Dining-Room Floor (1933)
Last Operas and Plays (1917 - 46)
Things As They Are (1903)
The
Yale Edition of the Unpublished Works of Gertrude Stein - 8 Volumes

quelques titres en français :
Picasso, Christian Bourgois, 2006-03-2
Strophes en méditation, traduction de Christophe Marchand-Kis, Al Dante, 2005
Correspondance Gertrude Stein et Picasso, Gallimard, 2005
Tendres boutons, traduction de Jacques Demarcq, Ed. nous, 2005
Les guerres que j'ai vues, Éditions du Rocher, 2002
Paris-France, édition du Rocher, 2000
Ida, Points Seuil, 1997
Brewsie & Willie, Rivages, 1990
Autobiographie d'Alice Toklas, collection l'Imaginaire, Gallimard, 1980

Lire aussi
Alice Toklas, ma vie avec Gertrude Stein, Édition du Rocher, 2000

Sitographie :
Très nombreuses ressources en anglais, notamment ce très beau site
Ecouter Gertrude Stein (en anglais)
Un commentaire de Sitaudis lors de la parution de Tendres Boutons en France