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samedi 30 septembre 2006

Carte blanche à Dominique Dussidour : Muriel Spark, poète

De Muriel Spark, les lecteurs français auront lu et auront aimé ses nouvelles, ses romans, son autobiographie avant de lire ses poèmes, avant de savoir même qu’elle en écrivait. Muriel Spark était romancière. Elle n’est pas la seule à avoir écrit des poèmes. Herman Melville, Paul Auster, Raymond Carver, Charles Bukowski, James Joyce, il semble que les écrivains de langue anglo-saxonne ont moins de timidité quant à la possibilité d’écrire des romans et des poèmes. Il est possible que je me trompe, un poète nous en dirait sans doute plus à ce sujet. Cela m’évoque la peinture de Willem de Kooning, peignant des Woman figuratives et des Landscape non figuratifs, un peintre nous en dirait sans doute plus à ce sujet.
Une anémone peut-elle faire histoire (Flower into animal : Du végétal à l’animal)  ? et un manuscrit vendu aux enchères (Going up to Sotheby’s : En route pour Sotheby’s) ? et une rue (The dark music of the Rue du Cherche-Midi : La sombre musique de la rue du Cherche-Midi)  ? et un rhume (That bad cold : Mauvais rhume) ? et une ville ( A tour of London : Londres) ? et un fait divers (Facts : Des faits)  ? Ou alors : qu’y a-t-il que le roman échoue à dire et que les romanciers confient à la poésie ?
Ces poèmes lus, on relit autrement les fictions de Muriel Spark, pas avec plus de sérieux ou de considération (même si la fiction se sent toujours intimidée face à la poésie), non, c’est peut-être le contraire : avec plus d’insouciance, plus d’allant, « les maisons s’inclinent latéralement vers la lumière », elles n’ont plus peur d’y tomber.
©Dominique Dussidour, septembre 2006.

Muriel Spark : Et nous étions fort occupés, édition bilingue, poèmes choisis, traduits de l’anglais et présentés par Dominique Dussidour, La Table Ronde, 2006.

Anthologie permanente : Muriel Spark

Muriel Spark est sans doute plus connue comme romancière que comme poète. Pourtant un livre paru en 2004 permet de découvrir Muriel Spark poète. Les traductions proposées sont dues à Dominique Dussidour qui a bien voulu donner à Poezibao un article sur Muriel Spark poète. Voici dont un poème extrait de ce livre, une petite note bibliographique de Muriel Spark et l’article de Dominique Dussidour que je remercie vivement.

Mauvais rhume
Cette main, minuscule, d’abord dans ma gorge ;
ce cognement sourd dans la poitrine.
Je te connais de longue date, mauvais rhume,
tu vas t’installer pendant quelques jours,
visiteur indésirable – peut-être une semaine.

Personne ne lui a demandé de venir. (Oui,
il est masculin, pour autant
ne tentez pas une analyse grammaticale de la situation.)
Tout s’arrête. Peut-être
est-il providentiellement destiné à
faire cesser, interrompre un surmenage
intellectuel. Oui, il accorde un certain
répit. Les amis conseillent simplement le lit
et une boisson chaude. Les ennemis et tous
les paranoïaques, en l’occurrence avec de bonnes raisons, s’égarent
dans le brouillard. Et l’agenda vide sur le bureau
grimace un sourire sardonique.

Muriel Spark, Et nous étions fort occupés, traduction de l’anglais Dominique Dussidour, Édition bilingue, La Table Ronde, 2004, p. 40 et 41

That bad cold
That hand, a tiny one, first at my throat ;
That thump in the chest.
I know you of old, you’re a bad cold
Come to stay for a few days,
Unwanted visitor – a week perhaps.

Nobody asked him to come. (Yes,
He is masculine, but otherwise
Don’t try to parse the situation.)
Everything stops. Perhaps
He is providentially intended to
Make cease and desist an overworking
State of mind. Yes, there is a certain
Respite. Friends mean merely a bed
And a hot drink. Enemies and all
Paranoias, however justified, lose their way
In the fog. And the desk diary
Lies open with a vacant grin.

Romancière, poète, critique littéraire, Muriel Spark est née Muriel Sarah Camberg à Édinbourg d’un père juif et d’une mère anglicane. Elle épouse en 1937 S.O.Spark et le suit en Rhodésie 5aujourd’hui le Zimbabwe). Ils ont un fils mais le mariage est un échec et elle retourne en Angleterre. Durant la Seconde guerre, Muriel Spark travaille au Foreign Office. En 1947 elle devient rédactrice de la Poetry Review. Son premier roman The Conforters est publié en 1957, après sa conversion au catholicisme mais c’est avec The Prime of Miss Jean Brodie, en 1961, qu’elle devient connue. Elle vit à New York quelques années puis s’installe à Rome. Elle rencontre le sculpteur Penelope Jardine en 1968 et elles s’installent en Toscane. Elle a écrit plus de vingt romans mais aussi des essais critiques sur Emily Brontë ou Mary Shelley. Muriel Spark est morte le 14 avril avril 2006 à Florence.

les livres de Muriel Spark disponibles en français
Toutes les ressources sur Muriel Spark, biographie, bibliographie en anglais, etc.

vendredi 29 septembre 2006

Carte Blanche à Bernard Fournier après une lecture de Guy Goffette le mercredi 27 septembre 2006 à Paris

Ce mercredi 27 septembre 2006, les mercredis du François Coppée, dont j’ai déjà plusieurs fois rendu compte des belles lectures qu’ils organisent, recevaient Guy Goffette. Les organisateurs avaient demandé à Bernard Fournier* de présenter Guy Goffette et d’accompagner la lecture que celui allait faire de ses textes. Bernard Fournier a bien voulu me transmettre l’intégralité de sa communication, véritable essai sur l’art de G. Goffette. Je le remercie vivement de me permettre de mettre ce texte à la disposition des lecteurs de Poezibao.

Guy Goffette : Icare et son double


29_goffette_seul Avec son nom et son prénom Guy Goffette aligne deux lettres G à l’initiale de son identité, comme se reflétant dans un miroir. L’homme ainsi se révèle double dès l’origine. Dans le temps, il est un adulte qui se souvient de l’enfant ; dans l’espace, il veut voyager et il reste sur place (c’est un « voyageur immobile » selon l’expression de Bernard Mazo dans Aujourd’hui poème) ; sur le plan poétique, il écrit et s’applique à multiplier les références littéraires, autant de masques pour cacher une identité qui se cherche à travers le labyrinthe de sa personnalité. L’homme devient alors une forteresse, un dédale d’où l’on ne peut sortir que par le haut, tel Icare, dont on connaît le destin. Mais qui s’inquiète de sa chute ? 

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Anthologie permanente : Andrea Zanzotto

 
Écoutant depuis le pré

Sur la touche, le doigt anéanti insiste
sur une note toujours ratée
et pourtant inhumainement juste
             au-delà de tout exemple réussie
Une note, jusqu’à ce que sang soit le doigt,
puis, il s’estropie, en un mouvement
             de trille raté
             au-delà de tout exemple
             néanmoins reréussi
Rayonnant depuis toute chose, une offre infinie
parvient sur cette note, sur ce doigt
énervé, et d’ailleurs depuis longtemps anéanti,
qui veut la prendre en charge, donner crédit
             à une partition universelle possible,
             déverser d’une bande enregistrée
             dans un autre
             non moins mythique instrument
Une adresse ou une déclaration d’expéditeur
insistante comme bec de pic-vert,
c’est sur ce doigt que tape l’offre,
             sienne-unique, de rien-du-tout, qui n’allèche rien,
             et, toujours creusant sur cette touche,
             et toujours la ratant, dans la déserte
             réalité, qui par ailleurs s’affine comme matin,
son obstination contre tout pourquoi,
son inépuisable ni existible pour qui, pour quoi,
ajuste, devine

Andra Zanzotto, Idiome, traduction de l’italien, du dialecte haut-trévisan (Vénétie) et préface par Philippe Di Meo, José Corti, 2006, p. 36 et 37.


Ascoltando dal prato

Insiste il dito annichilito sul tasto
in una nota sempre sbagliata
eppure disumanamente giusta
             al di là di ogni esempio azzeccata
Una nota fino a che sangue è il dito
e poi si azzoppa in uno sbagliato
             movimento di trillo
             al di là di ogni esempio
             tuttavia riazzeccato
Un’infinita, irraggiante da tutto, offerta
arriva su quella nota, su quel dito
innervosito, anzi da tempo annichilito,
che vuol farsene carico, dar credito
             a un possibile universale spartito
             riversare da un nastro registrato
             a un altro
             non meno mitico instrumento
Un indirizzo o un’una dichiarazione di mittente
come becco di popicchio insistito
è in quel dito cha batte l’offerta
             sua-unica, da-nulla, che nulla alletta
             e che scavando per sempre in quel tasto
             e sbagliandolo sempre, nella deserta
             realtà che per altro come mattina s’affina,
la sua ostinazione contro ogni perché,
il suo per chi per che non mai esauribile
             né esistibile assesta, indovina

bio-bibliographie d’Andrea Zanzotto

index de Poezibao 

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Andrea Zanzotto

Andrea Zanzotto est né le 10 octobre 1921 à Pieve-di-Soligo (province de Trévise). Après avoir achevé ses études de lettres à l’université de Padoue, il voyage en France, puis en Suisse, avant de revenir dans sa région natale, où il a enseigné jusqu’à son départ à la retraite et où il vit toujours.
Il est un des poètes les plus considérables de la deuxième moitié du XXe. En 1950, le Prix San Babila lui a été décerné par un jury où siégeaient Giuseppe Ungaretti, Salvatore Quasimodo et Eugenio Montale. Il a collaboré à plusieurs scénarios de Fellini (Casanova,  E la nave va, la Cité des femmes) et a traduit en italien Michaux, Michel Leiris et Georges Bataille.

Une note de son traducteur en français, Philippe di Meo :
« Publié en 1986, Idiome constitue le troisième pan de la trilogie d’Andrea Zanzotto inaugurée en 1978 avec Le Galaté au bois et poursuivie avec Phosphènes en 1983. [...] Idiome campe Pivo di Soligo (province de Trévise, Vénétie), le bourg natal de l’auteur.[...] Une foule de silhouettes fourmille dans cet espace récapitulatif mêlant tous les registres et nourri par l’œuvre entière : plurilinguisme, monolinguisme et tradition dialectale, avec une prédominance de cette dernière. Après le moment "Dante" (Le Galaté au bois) et le moment "Pétrarque" (Phosphènes), nous sommes confrontés au moment dialectal [...]. Pour la première fois dans l’histoire des poésies italiennes, ses trois courants confluent dans un dessein poétique à valeur de synthèse au sein d’une seule et même œuvre. La syntaxe s’en trouve bouleversée, la hiérarchie traditionnelle de ces trois registres étanches de la littérature et de la poésie italiennes s’avère démentie. »
(Philippe Di Meo, Préface de Idiome, José Corti, 2006, p. 7 et p. 8.

bibliographie en italien et en français et sitographie en cliquant sur le lien ci-dessous :

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jeudi 28 septembre 2006

Don Juan en Occitanie de Michel Butor, lavis de Colette Deblé

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Comme souvent, à la lecture de Michel Butor, une sorte de vertige naît à parcourir les dizains, cent trois, de la suite qui vient de paraître sous le nom de Don Juan en Occitanie : « cent trois poèmes pour célébrer la femme, le désir, l’amour », dixit la quatrième de couverture ce qui pourrait en faire fuir plus d’un n’était la signature du poète et n’étaient aussi les lavis de Colette Deblé et cette couverture qui expose le dessin rouge d’une femme comme surgissant d’un napperon en papier. Tout cela suffisamment excitant et énigmatique pour que l’on ait envie d’aller un peu plus avant.
Sur chaque page deux dizains soigneusement numérotés et dans chaque dizain une adresse à une femme, nommée, précise, et entrelacés à cette adresse l’invite la supplication l’appel d’un Je déchiré, torturé, hébété, délabré, déchiqueté, voire même pustuleux, ruiné, infâme, damné, enragé, aveugle : on s’en doute, avec Michel Butor, pas de pénurie de vocabulaire !  Autre caractéristique récurrente, une circulation des mots ou de tronçons de vers qui passent d’un texte à l’autre, transformés ou non, permutant, basculant,  en ricochets, en échos.
Jeu d’échos qui se manifeste aussi dans le choix des personnages féminins invoqués évoqués où l’on retrouve le dialogue avec Colette Deblé, au travers des représentations de ces cent trois femmes célèbres ou inconnues de l’histoire de l’Occitanie. Elles sont le sujet de tableaux ou de sculptures de Tassaert, Hallé, Coypel, Vien, Houdon, Ranc, Natoire, Cabanel et l’internaute ne pourra sans doute pas s’empêcher de se mettre en quête, via la recherche d’image de son « moteur » préféré de toutes ces figures et de ces artistes. J’ai ainsi facilement retrouvé la Vertumne de Jean Ranc même si je n’ai pas vu sur le tableau reproduit le nombril qui affole tant le poète….
J’ai voulu en savoir un peu plus sur la démarche de l’artiste Colette Deblé qui poursuit depuis des années une quête inlassable des représentations de la femme dans toute l’histoire de l’art occidental. Je lui ai posé quelques questions en complément de cette note de lecture.

FT : comment s’est faite la rencontre avec Michel Butor sur ce livre qui est si proche, par sa recherche sur le thème de la femme dans l’art, de votre propre travail ? Est-il venu vous chercher ? Est-ce vous qui l’avez sollicité ?
Colette Deblé : j'avais demandé à Michel Butor de participer aux cahiers de Peausie de l'Adour, et à cette occasion d'écrire sur des dessins-napperons qui accompagnaient les lavis de mon essai plastique sur les représentations de femmes dans l'histoire de l'Art. J'essayais de faire à ce moment là un itinéraire des représentations de femmes dans les Musées d'Occitanie. D'où Don Juan en Occitanie. En visitant l'exposition de Michel Butor à la B.N.F., j'ai vu qu'il y avait tout un cycle Don Juan dans l'œuvre de M.B. Donc c'est une suite pour lui, un travail en continu.

FT : n’avez vous pas éprouvé une sorte de gêne à être confrontée à cette masse de références picturales en particulier, n’y a-t-il pas eu une lutte entre vos propres représentations et les figures invoquées, voire convoquées par Michel Butor ?
CD : pas du tout c'est moi qui ai donné à M.B. sur sa demande, toutes les références d'où étaient tirés les dessins. Les figures invoquées sont donc celles de mes dessins. Cela s'est passé en toute complicité. En toute générosité de la part de M.B.

FT : pouvez vous décrire un peu votre technique et si vous le souhaitez dire un mot sur ces papiers napperons en dentelle que vous utilisez comme fonds ?
CD : je mets d'abord en place le dessin, le mieux possible, que je noie à l'intérieur par un lavis. Et le dessin sourd, apparaît sous les lavis. Les napperons sont juste une trouvaille, un clin d'œil à une préciosité fragile. C'est juste occasionnel.

FT : est-ce que ce travail avec Michel Butor a fait évoluer ou a modifié votre point de vue sur votre propre travail et votre quête de la représentation des femmes dans l’art pictural ?
CD : Oui, je suis comme un Don Juan qui essaie de voir comment on voit. Et ma quête ne peut pas s'arrêter..

Voilà donc un livre très butorien par son sujet, sa technique poétique, le dialogue avec une artiste, la part de jeu qui entre dans toute cette approche, la curiosité et la culture sans fin sans fond, l’élan créateur qui l’emporte.
©florence trocmé

6
Amour ! dame dans ma caverne
pestiféré je haletais infâme
dans les galeries ce matin ô
ton humeur Béatrice danseuse
au tambourin de Jean-Antonin Injalbert
bourgeon unique tes tempes
tes ondulations ta poitrine ta peau
m’ont délivré nourri où m’entraînes-tu
fondre quel repose ! accueille-moi
chèvrefeuille ! plonger et partir

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Hâte-toi ! délabré dans mes tempêtes
quelle angoisse ! je virais méconnaissable
déchiqueté dans la clairière progressivement
fantasque Vertumne de Jean Ranc
devineresse fille muse
des flots vive tes rhapsodies
tes mouvements ton nombril m’ont bouleversé
m’ont décanté sel des passages
cygne je souffre exauce-moi !
déguster circuler encore

28_couv_butor

Michel Butor,
Don Juan en Occitanie,
Lavis de Colette Deblé,
L’Atelier des Brisants, 2006
isbn 2-84623-080-3, 15 €

Pierre Bergounioux à Rennes, le 16 octobre 2006

L’association Des Livres dans la ville
invite

PIERRE BERGOUNIOUX

A Rennes
M.I.R.
(Maison Internationale de Rennes)
7, quai Chateaubriand,

le Dimanche 15 Octobre 2006-09-27 à 14H30

Rencontre débat autour du thème
Écriture et mémoire

Une exposition "Mallarmé et le monde anglo-saxon" au musée Mallarmé

28_mallarmeExposition
My Mallarmé is rich
au Musée départemental Stéphane Mallarmé

du 24 septembre au 23 décembre 2006

L'exposition "
My Mallarmé is rich, Mallarmé et le monde anglo-saxon" évoque les rapports privilégiés, parfois complexes, que Stéphane Mallarmé a entretenus avec le Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Australie.
Professeur d'anglais peu motivé mais pédagogue volontaire, traducteur inspiré, notamment d'Edgar Poe, auquel il vouait une grande admiration, Stéphane Mallarmé avait une bonne connaissance de la langue anglaise. Anglophone donc, mais également anglophile. Son intérêt de jeunesse pour les jeunes beautés anglaises, ses voyages en Angleterre et ses relations avec de nombreux poètes et artistes anglo-saxons comme John Payne, Oscar Wilde et surtout James McNeill Whistler seront évoqués.
Cette exposition est aussi l'occasion de découvrir le travail de traduction des écrits de Mallarmé accompli dans le monde anglo-saxon ainsi que les nombreuses études menées sur son œuvre outre-Manche et outre-Atlantique, de son vivant jusqu'à nos jours. Un grand ensemble d'œuvres et de documents, provenant des collections du musée départemental et de collections publiques et privées, sont présentées : de nombreuses lettres et livres dédicaces témoignant de ces échanges avec des écrivains anglo-saxons, des éditions originales de poèmes évoquant le travail de traduction, et notamment l'édition de luxe du
Corbeau d'Edgar Poe illustrée par Édouard Manet, des ouvrages pédagogiques élaborés par Mallarmé… Des dessins, gravures, peintures et photographies illustreront également ses amitiés littéraires et artistiques.


Edition d'un catalogue, textes de Herve Joubeaux, Hubert Aupetit, Marry Ann Caws et Marshall C. Olds - Edition Conseil général de Seine-et-Marne / Somogy editions d'art - 77 pages, 39 illustrations, quadrichromie, 23 euros, en vente au musée et en librairie

Musée départemental Stéphane Mallarmé
Pont de Valvins - 4, promenade Stéphane Mallarmé
77870 Vulaines-sur-Seine
Tel. : 01 64 23 73 27 Fax : 01 64 23 78 30 Courriel : mallarme@cg77.fr

Tous les jours sauf le mardi, de 10h a 12h30 et de 14h a 17h30
Pour se rendre au musée
Depuis Paris, prendre L'A6. Sortie n°12 "St Fargeau-Ponthierry", puis N7 Pringy, D142, N6 direction Fontainebleau-Avon / Bois le roi, et D138, direction Champagne sur Seine jusqu'au pont de Valvins, sur la Seine. Depuis L'A104, prendre L'A5b jusqu'a Melun. Puis la N6, direction Fontainebleau-Avon, jusqu'a l'intersection de la D138, direction Champagne sur Seine.  

Photo :
Louis Welden Hawkins, La Porte fermée, 1896. Huile sur toile. Dédicacée et offerte à Stéphane Mallarmé
Vulaines-sur-Seine, musée départemental Stéphane Mallarmé.
©Yvan Bourhis-D.A.P.M.D, Conseil général de Seine-et-Marne, 2006. 

Un spectacle sur des textes d'Habib Tengour au Lucernaire à Paris, jusqu'au 4 novembre 2006

28_tengourLe Théâtre du Lucernaire et la Compagnie Alain Rais
proposent

TRAVERSER
textes de Habib Tengour
adaptation scénique Alain Rais

qui sera représenté du 14 septembre au 4 novembre 2006
du mardi au samedi à 20h30.

Renseignements et réservations au 01 45 44 57 34 et sur le site du Lucernaire

Anthologie permanente : Beatriz Vignoli

28_vignoli

Je remercie Anne Talvaz qui me propose ces traductions inédites de la poète argentine Beatriz Vignoli

MENAGERIE

                                                                   Tigre, tigre
                                                                   William Blake

                                                                    Scolopendre, scolopendre
                                                                    Aimé Césaire

                                                                    Iguane, iguane
                                                                    Arnaldo Calveyra

Pourquoi, confrères,
m’offensez-vous ?
Voyez : le tigre de Blake
ne va pas détruire le cygne de Dario,
lequel événement
le chat de Baudelaire s’en ficherait
comme d’une guigne.
Pas même les scolopendres de Césaire
ne le tireraient de son ennui.
Et il se pourrait bien que le tigre de Blake
fasse un procès à l’iguane de Calveyra
pour avoir propagé ses échos ; néanmoins
ils coexistent.
Et le chat, le beau chat
se serait battu dans le Cheshire, investissant
les feintes diaboliques
d’un sourire plus qu’invraisemblable
et pourtant il est resté chez lui
à Paris
au lieu de polémiquer avec le singe de Darwin
sur la contradiction entre progrès
et décadence : silence – ça oui –
lamentable.
Beatriz Vignoli, traduction inédite Anne Talvaz

Ce texte en langue originale

Poète, critique d’art et traductrice, Beatriz Vignoli est née en 1965, à Rosario, en Argentine. Elle a publié Almagro, 2000, Viernes, 2001, Reality, 2004 et Itaca, 2004.

toutes les illustrations de Poezibao peuvent être agrandies par simple clic sur l’image

index de Poezibao

Sur simple demande à f.trocme@poezibao.com, recevez chaque jour l'anthologie permanente dans votre boîte aux lettres électronique

dans la suite de note, deux autres poèmes de Beatriz Vignoli :

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