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jeudi 07 septembre 2006

Nicolas Kurtovitch

Nicolas Kurtovitch publie son premier recueil de poésie, Sloboda, en 1973. Il a 18 ans. S’il édite à compte d’auteur, c’est que l’urgence de cette prise de parole est pour lui une évidence. Qui ne cessera de l’habiter, le conduisant à être l’un des auteurs les plus prolifiques de sa génération.
Né le 20 décembre 1955 à Nouméa, il est le cadet de la fratrie. Sa famille maternelle est installée en Nouvelle-Calédonie depuis 1843. Son père est lui un migrant yougoslave, qui a quitté Sarajevo en 1945. Et repartira assez vite vers l’Europe.
L’enfance est au fond une période peu explorée, du moins de manière explicite, dans l’œuvre de Nicolas Kurtovitch. La volonté d’habiter le présent, obstinément, et de penser le monde qui l’entoure est par contre une constante.
Poète, il va au fil des années s’essayer également à tous les autres genres : nouvelles, essai, théâtre et tout récemment un premier roman, Good night friend.
C’est que Nicolas Kurtovitch témoigne avant tout d’un refus profond, vital, de tout ce qui, peu ou prou, enferme, réduit, et même définit, au sens où la définition vise à fixer, arrêter, limiter.
Très tôt, après sa scolarité calédonienne, il quitte son île. La lointaine métropole pour ses études bien sûr, mais aussi la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Horizons divers pour un homme qui marche. Un arpenteur, qui s’engage somme toute assez logiquement dans des études de géographie. Licencié de l’université d’Aix-en-Provence, il enseigne cette discipline dans un collège de Lifou, l’une des îles de l’archipel calédonien. Aujourd’hui, il est depuis de nombreuses années le directeur du lycée protestant Do Kamo, qui demeure l’un des vecteurs les plus performants de promotion pour les jeunes Kanak.
Car Nicolas Kurtovitch est aussi l’une des premières voix calédoniennes d’origine européenne à s’être explicitement interrogée sur la nature de la relation entre les communautés en présence sur sa terre natale. Et à avoir posé sans ambiguïté la reconnaissance de la primauté du peuple premier comme condition du vivre ensemble.
Dans l’essai collectif Être caldoche aujourd’hui il écrit : « Oui, si l’on veut, à l’affirmation d’une identité calédonienne, mais à condition de ne pas oublier que l’homme libre reste indéfinissable, ni le fait incontournable qu’ici est une terre kanak »
Cette conviction traverse son travail d’écrivain. Et s’est même traduite à deux reprises très concrètement par des écritures à quatre mains avec des auteurs kanak. Dire le vrai/Tell the truth, un recueil de poèmes, avec Déwé Gorodé. Les dieux sont borgnes, une pièce de théâtre créé en 2002 et jouée en Avignon en 2003, avec le dramaturge Pierre Gope.Membre de l’Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie après en avoir été le premier président, et de la Société des gens de lettres, Nicolas Kurtovitch est aujourd’hui lu et étudié dans différentes universités du Pacifique sud. Il est à l’origine de la création du centre géopoétique de Nouvelle-Calédonie, en lien avec l’Institut de géopoétique initié par Kenneth White.

 

Bibliographie
Récits
Seulement des mots, Ed.de l'auteur, Aix-en-Provence, 1977 (épuisé).

Poésie
Sloboda, Ed.de l'auteur, Nouméa, 1973 (épuisé).
Vision d'Insulaire, Éditions St-Germain-des-Prés, Paris, 1983.
Souffle de la nuit, Éditions St-Germain-des-Prés, Paris, 1985.
L'Arme qui me fera vaincre, Éditions Vent du Sud, Nouméa, 1988 (épuisé).
Homme Montagne, Éditions Guy Chambelland, Paris, 1993.
Assis dans la barque, Éditions Grain de Sable, Nouméa, 1994.
Avec le masque, Éditions Guy Chambelland, Paris, 1997.
Dire le vrai / To Tell the Truth, édition bilingue de 18 poèmes avec Déwé Gorodé, Éditions Grain de Sable, Nouméa, 1999.
On marchera le long du mur, Librairie-Galerie Racine, Paris, 2000.
Poème de la solitude et de l'exil, Association Kalachakra, Nouméa 2001.
Autour Uluru, Éditions Galerie Racine, Paris, 2002.
Ode aux pauvres, Association Kalachakra, Nouméa, 2002.
Le Piéton du Dharma, Éditions Grain de sable, Nouméa, 2003. Lauréat 2003 du Salon du livre insulaire de Ouessant.
Le dit du cafard taoïste, Éditions Kalachakra, 2005.

Nouvelles
Forêt, Terre et Tabac, Éditions du Niaouli, Nouméa, 1993.
Lieux, Éditions Grain de Sable, Nouméa, 1994.
Totem, Éditions Grain de Sable, Nouméa, 1997.

Théâtre
Le Sentier Kaawenya, Éditions Grain de Sable, Nouméa, 1998.
Les dieux sont borgnes, avec Pierre Gope, Éditions Grain de sable, Nouméa, 2002.

Gli dei sono ciechi, traduction en italien de Les dieux sont borgnes, par Micaela Fenoglio, L’Harmattan, Turin, 2003.
« Couture à la maison Hagen », dans Ô saisons, ô châteaux ! Ouvrage collectif, Nouméa, 1999.
La commande, Éditions Traversées, Nouméa, 2004.
Roman
Good night friend, Éditions Au vent des îles, Tahiti, Papeete, 2006.

Nicolas Kurtovitch a par ailleurs participé aux livres de Jean-Claude Bourdais : L’Arbre à bière éd. Grain de Sable, 1997, réédité dans une version revue et augmentée chez Rhizome, 2002 ; L’Arbre à souvenir, éd. L’Herbier de feu, 2000.

 sitographie
Le site de Nicolas Kurtovitch
De nombreuses ressources sur ce site et ici également avec des textes de N. Kurtovitch
sur remue.net
Une belle page encore
Une grande interview (datée de 1999)
un entretien sur Africultures
sur Francopolis
sur le site de Jean-Claude Bourdais qui tient le site de Nicolas Kurtovitch

Commentaires

Je ne suis pas d'accord lorsque vous disez dans le livre "L'arbre à souvenir" que ce pieux est une nouvelle écriture, pourriez vous vous expliquer a ce sujet ? Je n'ai pas encore lu votre livre, mais j'ai lu qq passage sur internet !

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