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mardi 31 octobre 2006

Anthologie permanente : Léon-Paul Fargue

 Avec mes remerciements à Tristan Hordé pour cette proposition

Marées

          J’ai découvert la mer, enfant, rue de Sèvres, un matin plein de courses, au seuil des vacances, en pleine fièvre de départ. Mon père me pressait la main sans rien dire et se hâtait, de son pas carré. De temps en temps, je regardais d’en bas le doux souci de son profil, et le tournant de son chapeau à haute forme où le ciel d’été défilait. Les maisons s’écartaient et glissaient peu à peu devant un estuaire, que les passants bordaient de sillons mâchurés, comme nous en tracions, le crayon à plat, pour les côtes et pour les montagnes, quand nous faisions une carte de géographie.

          Nous arrivions au Bon Marché : « Tu vois… », commença mon père. En effet. J’aperçus un port fermé de grilles, un môle, un vaisseau immense, aux vitres brillantes, aux cheminées bleues, comme j’en avais vu l’image en couleurs dans un vieux livre, et qui me fit penser à l’Astrolabe, à la Zélée ou au Vengeur, des dames de proue coiffées de fanaux, des hublots laiteux, des lampes qui brûlaient dans le plein jour, des battements d’ailes blanches et jaunes, des claquements de pavillons, des fumées coupées de cris chantants et de cloches, et je compris que c’était la Mer.

Léon-Paul Fargue, D’après Paris, Gallimard, 1932, p. 9-11.

Plainte

Du fond des rues je vois venir
Les souvenirs
Que nous avions ensemble.

Le ciel n’a plus son bleu léger
Et comme rassuré.
Il se fait plus profond, se dore
Et prend le soir avec inquiétude.

Les démarches ouvrent une trêve
À leur fatigue.
Les hommes se joignent et s’arrêtent
Comme en un songe.

Ô vie, dans ce moment qui passe
et que nous voudrions pour toujours ressaisir,
Cesse de dérober le secret de nos jours…

Léon-Paul Fargue, D’après Paris, Gallimard, 1932, p. 99-100.

note bio-bibliographique

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Léon-Paul Fargue

Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Son père est ingénieur chimiste et dirige une fabrique de céramiste. Il fait ses études au lycée Janson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry. C’est sur les conseils de Bergson qu’il abandonne la préparation de l’École Normale Supérieure. Après avoir hésité entre la musique, la peinture et la littérature, il opte pour cette dernière.
Il est mis en contact avec Mallarmé dont il fréquente les mardis (il les relatera dans Refuges)
Sa première œuvre importante Tancrède est publiée en 1985 en revue puis le Mercure de France publie un ensemble de poèmes de ce qui allait devenir Pour la musique (qui ne sera publié qu’en 1914). Il ne veut pas prendre part à la fondation de la Nouvelle Revue Française mais y participera régulièrement et devient une des figures de la vie littéraire parisienne, ami notamment de Gide, Valéry, Larbaud. Il est réputé en particulier pour sa conversation éblouissante. Il voyage, parfois avec Valery Larbaud, en Europe Centrale, en Allemagne, en Italie, en Angleterre.
A partir de 1923 et pendant plus de dix ans, il dirige avec Valéry et Valery Larbaud la revue Commerce. Il écrit beaucoup sur Paris (Le Piéton de Paris, 1939) mais en 1941 donne un recueil plus inquiet et amer, Haute Solitude
Puis viendra le temps de la guerre et de la maladie qui assombrira ses dernières années. Il fut en effet l’objet d’une attaque d’hémiplégie en 1943, alors qu’il dinait avec Picasso. Il restera cloué chez lui, boulevard Montparnasse. Il puisera alors dans son immense mémoire et invoquera les figures de Ravel, Mallarmé, Colette, Verlaine dans toute une série de livres qui paraissent de 1942 à 1947. Il reçoit le Grand Prix littéraire de la ville de Paris en 1946 et meurt l’année suivante, le 24 novembre 1947, assisté de sa femme, le peintre Chériane. Il est inhumé au cimetière de Montparnasse.

©poezibao – florence trocmé
(découvrir la bibliographie ci-dessous)
 

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lundi 30 octobre 2006

Anthologie permanente : Heather Dohollau

30_dohollau

Qu’est ce qu’une ville ? Un lieu où dans un ordre donné sont célébrées les noces de l’espace et du temps. Il y a des villes qui nous habitent où, Gullivers de rêve, nos têtes sont dans les arbres et nos pieds dans les fontaines, et des villes où le ruban des rues se coupe après notre passage rendant tout retour à jamais impensable.


Ce sont quelquefois les mêmes, comme cette ville de pierre où les ombres des arbres dessinent des portes obscures, car au cœur de la pierre il y a le jardin transparent. Entre les rideaux tremblants des feuilles, les gestes des statues indiquent un commencement absolu. Attentifs à une réponse nous ne posons plus de questions. Le mystère est dans son absence qui peut redevenir présence car il y a danger.


Derrière attend un ciel très pâle, la musique continue en silence et les cœurs s’arrêtent sous la main. Une ville qui s’ordonne comme une musique pour la musique n’est pas ce côté-ci du jour. L’amour ici ne peut être qu’impossible, c’est-à-dire tout.

Heather Dohollau, Une Suite de matins, Folle Avoine, 2005, p. 31

Heather Dohollau dans Poezibao :
note bio-bibliographique
extrait 1
, Ezra Pound
extrait 2, Sur le papier, tout dort
extrait 3, Lumière, chaque jour la lumière
extrait 4, l’automne sait-il qu’il n’est pas le printemps
extrait 5, effleuré par l’oiseau de l’instant
extrait 6, Bird writing, là sur les vitres
extrait 7, Matinée à Tübingen (extrait)
Le lieu de la poésie d’Heather Dohollau (contribution de Béatrice Bonhomme au colloque de Cerisy)

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dimanche 29 octobre 2006

Approches de la poésie française aujourd'hui, un stage réservé aux professionnels du livre, à Marseille, le 20 novembre

Approches de la poésie française, aujourd’hui

Le 20 novembre 2006, l’Agence régionale du Livre PACA et le cipM invitent les libraires, bibliothécaires, documentalistes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur à une journée de sensibilisation.
Cette rencontre a pour objectif de permettre aux professionnels de mieux appréhender les différentes formes de la poésie contemporaine, les aider à constituer, développer et animer un fonds de poésie sont les objectifs de cette journée.
 

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Hubert Lucot à Paris, le 30 octobre

A l'Espace Commines
Lundi 30 Octobre
20 heures

une lecture d'Hubert Lucot
Le Centre de la France
Le Noir et le Bleu-Paul Cézanne

17 rue Commines, 75003 Paris; M° Filles Du Calvaire

Anthologie permanente : James Sacré

Avec mes remerciements à Tristan Hordé pour cette proposition

 

À côté des iris sans fleurs

4

Je voudrais que tes joues
Brillent comme au loin, dans le souvenir que j’en ai,
La tuile un peu vieille d’une ou deux maisons seules
Au fond du mot Poitou,

Ou pareil que dans soudain la campagne américaine
Un grand manège où tu t’en vas, charpente en bois peinte roller-
Coaster sa construction savante et fine à travers les arbres...

On entend des cris, on entend
Le silence aussi.


Pendant toute une journée que le beau temps
A été là, quelle impatience quel genou tendre
Sur la pelouse qui dégèle !
Que faut-il oublier pour mieux t’aimer ?
(Pour qu’un poème soit un bas de robe légère
À ta jambe.)
Des petites filles qui t’ont connue sans doute
Ont dit le mot bonjour, de loin
Et comme en riant dans ce paysage où tu pourrais courir.


Un jour le monde avait ton sourire
En octobre en automne quel plaisir d’oublier
D’aimer le temps dans les saisons, le monde
Avait tes joues dans sa couleur,
Ta jambe griffée dans un buisson donne-
Moi la main, donne.
Mais tout s’incline comment dans ce poème,
Où va la jambe du temps ?
Et qu’est-ce qui saigne ?
[...]

James Sacré, Une petite fille silencieuse, André Dimanche, 2001, p. 39-41.


On sait que c’est la cuisine à cause des légumes et des fruits qui sont dans un carton ça fait un coin de couleurs comme quelqu’un qui montrerait d’un coup son cœur et son désir avec beaucoup de simplicité violente. Des piments rouges, des oranges. Le mot vivre dans la grisaille et le silence de cette maison pauvre, le silence. Un coin de cuisine, aussi bien l’endroit du marché dans l’ensemble en pisé couleur d’ocre et de pierre blanchie de la ville. Ou comme dans le haut d’un champ que les gens y travaillent longtemps : mon enfance y ramasse n’importe quelle récolte elle s’accumule en couleur vive tout à l’heure on chargera tout dans la charrette le reste du champ sera plus qu’une surface de terre ou de chaume on le voit mal de plus en plus petit dans le monde autrefois demain je suis content d’avoir tout d’un coup ce carton de légumes comme un sourire en désordre. Comme si j’aimais quelqu’un quand je regarde longtemps la couleur d’une orange, le sol défait, le mur longtemps.


James Sacré, Une fin d’après-midi à Marrakech, André Dimanche, 1988, p. 193.



Oiseaux qui sont dans l’herbe en automne

Une caille est un geste
lancé dans le bleu un carré
de petit lotier (dessin
d’un village hangar et des tuiles
entre deux branches) geste lancé
par-dessus le buisson derrière
caillou tombé de la grande herbe
une ombre où dans le silence
bat son cœur d’ombre où ?

La perdrix elle pourrait être un bruit
dans ce poème (silence un automne et la
couleur des regains) si les mots...
                                    rien qu’un motif
au bord de l’imagination : tache automne
orangé en (silence) d’un coq de roche — Brésil
ou braise en mon trou natal ; perdrix
rouge dans un regain (pas d’Amazonie) parlé
de plus en plus gris.


Une caille est tellement loin mais
presque sous mon pied (luzerne
en septembre le temps doré des
petits cailloux blancs) autrefois aujourd’hui
quelle trace : un poème aussi soudain (blanc
de la page rempli derrière la vitre un autre
espace en automne un arbre et des
petits mots noirs) aujourd’hui demain
quelle trace. Le mot caille est tellement
Loin. Poème comme un fusil.

[...]

James Sacré, Paysage au fusil (cœur) une fontaine, repris dans Les Mots longtemps, Qu’est-ce que le poème attend ?, Tarabuste, 2003, p. 81-82.

bio-bibliographie de James Sacré

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James Sacré

James Sacré est né le 17 mai 1939. Il passe sa jeunesse en Vendée.
D’abord instituteur en France,  il s’installe aux États-Unis à partir de 1965. Il y poursuit ses études de lettres et écrit une thèse sur la poésie de la fin du XVIe siècle français. Il enseigne dans une université américaine du Massachusetts (Smith College) et fait de fréquents séjours en France, des voyages en Europe (l'Italie surtout) et au Maroc. Il est publié par Obsidiane, Le Dé Bleu, le Temps qu’il fait, Tarabuste, etc.
Il vit aujourd’hui à Montpellier

 

bibliographie
Relation., N.C.J., 1965.
La femme et le violoncelle, J.C. Valin éditeur, 1966
« Graminées », Poésie-Écrire. Le Seuil, 1968 (collectif) ; repris dans Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004
La transparence du pronom elle., Chambelland, 1970
Cœur élégie rouge. Paris : Le Seuil, 1972 ; et Marseille : André Dimanche, 2001.
Comme un poème encore, Atelier de l'agneau, 1975, repris dans La poésie, comment dire ?
Paysage au fusil (cœur) une fontaine. Paris : Gallimard, Cahier de poésie 2 (collectif), 1976 ; et Tours : La Cécilia, 1991 ; repris dans Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
Un brabant double avec des voiles, Nane Stern, 1977, repris dans Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
Un sang maniériste. Étude structurale autour du mot sang dans la poésie lyrique française de la fin du seizième siècle, 1977.
Figures qui bougent un peu, Gallimard, 1978.
L'amour mine de rien, Encre/Recherches, 1980 (collectif).
Quelque chose de mal raconté, André Dimanche, 1981.
Des pronoms mal transparents, Le dé bleu, 1982.
Rougigogne, Obsidiane, 1983
Ancrits, Thierry Bouchard, 1983
Écrire pour t'aimer ; à S.B., André Dimanche, 1984.
Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme), Le Castor astral et Le Noroît, 1986 (avec des photographies de Bernard Abadie) ; repris dans Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
La petite herbe des mots, Le dé bleu, 1986 ; repris dans Si peu de terre, tout.
La solitude au restaurant, Tarabuste, repris dans Écrire à côté.
Une fin d'après-midi à Marrakech., André Dimanche, 1988.
Un oiseau dessiné, sans titre. Et des mots, Tarabuste, 1988, repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
Le taureau, la rose, un poème, Cadex, 1990
Je ne prévois jamais ce que je fais quand je dessine, Les petits classiques du grand pirate, ,  repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
Comme en disant c'est rien, c'est rien, Tarabuste, 1991, repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
On regarde un âne, Tarabuste, 1992
Ecritures courtes, Le dé bleu, 1992.
La poésie, comment dire ?, André Dimanche, 1993.
Des animaux plus ou moins familiers ?, André Dimanche, 1993.
Le renard est un mot qui ruse, Tarabuste, 1994, repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
Ma guenille, Obsidiane, 1995.
Viens, dit quelqu'un, André Dimanche, 1996.
Essais de courts poèmes, Cahiers de l’Atelier, 1996
La nuit vient dans les Yeux, Tarabuste, 1997
La peinture du poème s’en va, Tarabuste, 1998.
Anacoluptères, 1998
Relation, essai de deuxième ancrit (1962-63 ; 1996, 1999.
Labrego coma (cinco veces), Noitarenga, Si peu de terre, tout. Chaillé-sous-les-Ormeaux : Le dé bleu, 2000.
L’Amérique un peu, Trait-d’union, 2000
Écrire à côté., Editions Tarabuste, 2000
Si peu de terre, tout éd. Le Dé Bleu, 2000
Écrire à côté éd. Tarabuste, 2000
Une petite fille silencieuse, André Dimanche, 2001
Coeur élégie rouge réédition, André Dimanche, 2001
Monsieur l’évêque avec ou sans mitre, Le dé bleu, 2002
Les mots longtemps, qu’est-ce que le poème attend ?, Tarabuste, 2003.
Mouvementé de mots et de couleurs,  Le temps qu’il fait, 2003
La mémoire de personne, C. D’hervé, éditeur, 2004
Trois anciens poèmes pour lui redire je t’aime, Cadex, 2006
Un paradis de poussière, André Dimanche, 2006
Broussaille de prose et de vers (où se trouve pris le mot paysage), Obsidiane, 2006
Âneries pour mal braire, éditions Tarabuste, 2006
Khalil El Ghrib, éditions Virgile, 2007
Le poème n’y a vu que des mots, L’Idée bleue, 2007

 

cassette
L'obscurité qui nous prend par la main, Artalect, 1994.

Une bibliographie très complète avec notamment les livres à tirage limité (non présents dans la bibliographie ci-dessus)
Un article sur le site de Jean-Michel Maulpoix
Un article d’Emmanuel Laugier dans le Matricule des Anges
Sommaire des actes d’un colloque de 2001
Sur le site des éditions Cadex
Un article de James Sacré sur la poésie de Gustave Roud.
Une recension de Broussaille de prose et de vers sur le site Bleu de Paille
Une recension de Broussaille de prose et de vers et de Âneries pour mal braire, par Tristan Hordé, sur Poezibao
Khalil el Ghrib, note de lecture par Tristan Hordé

Bernard Noël à Nantes, le mercredi 8 novembre 2006

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la Maison de la Poésie de Nantes
invite l’auteur

Bernard Noël

présenté par Jean-Pascal Dubost

Mercredi 8 novembre 2006 à 19h30 au Pannonica
9, rue Basse Porte (Talensac) – Nantes / Tarifs : 3 euros - abonnés : gratuit
Infos : 02 40 69 22 32 ou www.maisondelapoesie-nantes.com
avec les participations de Nantes JAzz Action et la librairie vent d’Ouest

 

Si l’œuvre de Bernard Noël composée de livres de poésie, de récits, de romans, d’essais, de livres d’artistes…, est une des œuvres les plus reconnues aujourd’hui, elle est aussi une des œuvres les plus radicales de la littérature française, ce qui n’est pas un moindre paradoxe. Né en 1930 dans l’Aveyron, il aura été marqué par les événements de sa génération, explosion de la première bombe atomique, découverte des camps d’extermination, guerre du Vietnam, guerre de Corée, guerre d’Algérie…


Depuis Extraits du corps (1958), il avait vingt-huit ans, en passant par Le Château de Cène, publié en 1969, et frappé par la censure, jusqu’à ses ouvrages les plus récents, cette radicalité ne se dément pas. Bernard Noël s’est obstinément tenu en effet à une exploration profonde, extrême, jusqu’au danger, du réel, immédiate et pas ailleurs qu’à l’instant même. Une exploration rendue possible par un corps disponible, ouvert aux sens (le primat du regard), aux sensations, avec la simultanéité recherchée du corps et du verbe (le colloque de Cerisy-la-Salle qui lui fut consacré en 2005 était intitulé « Bernard Noël : le corps du verbe ») ; le corps, comme il le dit lui-même, comme « lieu de travail », et en attente du poème. Le corps comme le verbe, Bernard Noël refuse de les voir aspirés et anéantis par le nouvel « ordre économique absolu et impitoyable », alors sa langue d’écrivain se fait intelligente, insaisissable, étonnante et dérangeante, une langue qui refuse sa propre censure, et surtout, se veut « inutilisable par l’oppresseur ». L’œuvre de Bernard Noël est un défi constant. Abondante, généreuse, elle est publiée aux éditions P.O.L., Flammarion, Gallimard, mais aussi chez de nombreux dits petits éditeurs, Unes, Fata Morgana, Filigranes, La Dragonne, L’Amourier… Citons quelques titres récents : Les Yeux dans la couleur, P.O.L., 2004 ; Le Sillon des sens, Fata Morgana, 2005 ; La Vie en désordre, L’Amourier, 2005 ; Le Reste du voyage, Points Poésie Seuil, 2006 ; Extraits du corps, Poésie Gallimard, 2006.


Ce même jour, retrouvez Bernard Noël à la radio dans l’émission mensuelle
Dans les Draps des mots
Émission en direct animée par Michel Sourget avec Laurent Mareschal, Julia Butault et Géraldine de 17h10 à 18h00 sur Alternantes FM 98.1 (Nantes) / 91 (Saint Nazaire) / http://www.alternantesfm.net (international…) : Une discussion en coulisses avec les poètes invités dans le cadre des lectures « Poèmes en cavale » depuis l’intimité d’une chambre de l’hôtel Pommeraye.

Ce communiqué tient lieu d’invitation à la lecture de Bernard Noël

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter Magali Brazil au 02 40 69 22 32

samedi 28 octobre 2006

Rencontres littéraires portugaises à Nantes, au Lieu Unique, les 10, 11 et 12 novembre 2006 : Pessoa, Tabucchi, Patrick Quillier, Maria do Rosario Pedreira, etc. etc.

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VENDREDI 10 NOVEMBRE
LIEU UNIQUE RENCONTRES LIT TÉRAIRES PORTUGAISES

18h00 [ Salon de musique ]
Ouverture de la manifestation

18h30 [ Salon de musique ]

Visages de Fernando Pessoa
Fernando Pessoa (1888-1935), auteur du plus beau texte du monde (« Bureau de tabac »), a écrit sous les noms d’au moins cinq écrivains de génie, aussi différents les uns des autres que s’ils avaient vraiment tous existé : Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares et, bien entendu, « Fernando Pessoa » lui-même. Quelques-uns parmi les meilleurs connaisseurs de son œuvre évoqueront celui qui a tenté, toute sa vie, de comprendre le sens ultime de l’existence humaine.

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Pierre Jean Jouve : Association des amis de Pierre Jean Jouve et programme de deux colloques (Saorge et Cerisy) en 2007

Près de trente ans après la mort de Pierre Jean Jouve, son œuvre ne cesse d’intéresser toujours davantage de lecteurs, qu’ils soient enseignants, chercheurs, étudiants, ou simples amoureux de poésie et de littérature. La pensée de Jouve exerce sur de nombreux écrivains d’aujourd’hui une influence qui reste largement méconnue. C’est pour rendre cette influence visible et pour donner une nouvelle impulsions aux recherches sur Jouve que nous proposons à ses lecteurs de se réunir au sein d’une association. Tous ceux qui s’intéressent à l’œuvre de Jouve sous tous ses aspects (poétique, romanesque, critique) et qui souhaitent contribuer à élargir son audience en France et à l’étranger peuvent donc y adhérer.

La Société des Lecteurs de Pierre Jean Jouve se propose notamment de créer un centre de documentation universitaire sur son œuvre, d’ouvrir une base de données accessible en ligne (comprenant notamment une bibliographie régulièrement actualisée), de favoriser la réédition de ses œuvres, de susciter des traductions et d’encourager en général tous les travaux sur Jouve et son temps. La Société organisera chaque année une journée de conférences accueillant de jeunes chercheurs et des spécialistes confirmés ; la première de ces journées a eu lieu à l’Université Paris IV Sorbonne le 11 mars 2006, sur le thème : « Pierre Jean Jouve et la poésie européenne ». On y a étudié aussi bien l’œuvre de traducteur de Jouve que ses relations avec quelques unes des grandes figures de l’Europe littéraire de son temps. Cette rencontre va être publiée par les éditions de Laurence Teper en 2007. Elle sera suivie les 15, 16, 17 juin 2007 par une rencontre sur Jouve et l’Italie, puis en août 2007 par un colloque à Cerisy.
La Société est présidée par Béatrice Bonhomme et Jean-Yves Masson. Siège : 29 avenue Primerose, 06000 Nice.
La cotisation 2005 est fixée à 30 € (tarif étudiant : 10 €) : chèque à l’ordre de la « Société des Lecteurs de Jouve » à envoyer à Laurence Llorca, trésorière, 8 rue Durand de Sartoux, 06370 Mouans-Sartoux.

Pour tout renseignement:
bb.nopasaranATwanadoo.fr (rétablir l’arobase)
jean-yves.massonATparis4.sorbonne.fr(rétablir l’arobase)

en cliquant sur le lien ci-dessous, programme  des deux colloques 2007 à Saorge et Cerisy.
 

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