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jeudi 26 octobre 2006

Une rencontre avec Ariane Dreyfus, le mercredi 25 octobre 2006, à Paris

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C’est à une belle promenade à travers trois livres d’Ariane Dreyfus que nous a invités hier après-midi 25 octobre 2006 Thérèse Dufresne, en présence de l’auteur, dans le cadre des Mercredis du Poètes au François Coppée, à Paris.
Promenade d’autant plus vivante que chacun des trois livres choisis évoque un univers bien particulier que Thérèse Dufresne, dans sa présentation, a su mettre en perspective avec les thématiques dominantes d’Ariane Dreyfus.

26_thrse_dufresne_et_ariane_dreyLe périple débute par un des premiers livres (paru en 1998, réédité en cette fin 2006 par Tarabuste dans une version revue et corrigée), La Durée des plantes, « écriture suscitant une approche du temps par le dedans de la plante » dans une tentative de « déchirer l’impossible tissu de l’instant ». Immersion dans le végétal : « je suis heureuse dans les plus petites feuilles », mimétisme du végétal et de l’humain, rapport de miroir, parenté entre l’humain et les autres règnes : « notre solitude est un animal qui bouge encore ». Intuitions qu’Ariane Dreyfus étaiera en disant qu’en effet « tout l’interpelle de ce qu’elle rencontre et que les plantes la rassurent, car elles sont l’intermédiaire entre elle-même et quelque chose qui lui fait peur, la terre noire » qui matérialise son angoisse devant la disparation sous toutes ses formes ; et sa conviction que la poésie empêche de tomber dans ce trou. Il s’agit d’ « une seule chaleur / Qui courbe les épines et les garde », vers dont Ariane dira qu’il est emblématique de sa perception du monde : adoucir les épines mais ne pas nier leur existence. 

26_thrse_dufresneC’est un tout autre monde qui est évoqué à travers le second livre choisi Une Histoire passera ici. (Flammarion, 1999). Univers du cinéma, univers des westerns, ceux de John Ford en particulier, leur temps immédiat et éternel où ce qui retient le plus la poète est l’évocation de la vie quotidienne des héros. Et c’est encore un autre monde qui structure le troisième recueil dont il sera question, Les Compagnies silencieuses. Ici c’est le monde de la danse qu’Ariane Dreyfus invoque mais il ne faut pas perdre de vue que quel que soit le thème, il est prétexte à explorer les leitmotivs fondamentaux que sont l’enfance, la mort, l’amour, le temps. « L’enfance erre, nous ne savons pas repousser ses retours », l’enfance, son univers, celui que tout écrivain retrouve, transforme, remodèle, ses émotions enfouies, entassées dans le grenier de l’oubli. Évocation des danseurs et chorégraphes Dominique Bagouet ou Dominique Hervieu, contraste des textes tels "Kosovo XXe siècle" et "Adage", lus par Ariane Dreyfus, d’un côté l’évocation presqu’impossible d’atrocités, de ce camion qui veut écraser l’enfant (« la folie ne peut pas rentrer dans les livres »), de l’autre une suite de pas et de mouvements lents, exécutés sur le rythme d'un adagio, à titre d’exercice dans le cadre d’une répétition de danse : corps torturés, déplacés d’un côté, corps travaillés de l’autre, mais toujours corps.
Ariane Dreyfus clôt les deux heures de ce bel échange en lisant plusieurs extraits de son dernier livre L’Inhabitable, livre de l’amour, du désir et du sexe,  de l’amitié aussi pour le poète Stéphane Bouquet avec au cœur même des poèmes entremêlement de leurs deux voix. Elle termine sur une "anthologie de baisers" car « il n’y a que les baisers qui comptent / C’est pour ma mort ce trésor ».
©Poezibao-florence trocmé

Photos ©florence trocmé, de haut en bas Ariane Dreyfus, Ariane Dreyfus et Thérèse Dufresne et Thérèse Dufresne

Ariane Dreyfus dans Poezibao :
Ariane Dreyfus dans Poezibao : note bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2

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