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vendredi 22 décembre 2006

Poezibao fait une petite pause des confiseurs

A tous les lecteurs fidèles et occasionnels de Poezibao : après deux ans de mises en ligne quasi ininterrompues, Poezibao ressent le besoin de prendre un peu de recul et de vacances. Le site ferme ce soir vendredi 22 décembre et rouvrira ses colonnes le 1er janvier. A tous et toutes, je souhaite un bon Noël et une bonne fin d’année. Les vœux pour 2007 viendront en leur temps.

Véronique Vassiliou, Le + et le – de la gravité, une recension d'Anne Malaprade

Avec mes remerciements à Anne Malaprade pour cette recension. Je publierai au mois de janvier la fiche bio-bibliographique de Véronique Vassiliou ainsi que des extraits dans l'anthologie permanente

 La poésie, (au) cœur du service secret

Couv_fiche_vassiliou_le_pluVéronique Vassiliou a, au moins, deux hétéronymes ÷ Angèle Basile-Royal, mnémographe (voir, entre autres, la pièce-enquête Le Coefficient d’échec, qui reparaît aujourd’hui dans une version légèrement remaniée aux éditions Comp’act), et Angèle Kalia, physicienne. Ces deux personnages ont, outre leur prénom, un point commun : la trace, la traque, le tracas, trois termes qui se ressemblent par le son et qui, conjointement, décrivent assez fidèlement l’entreprise aventureusement étiologique des deux jeunes femmes. L’Angèle physicienne dialogue ici avec des interlocuteurs prestigieux qui, au lendemain du 11 septembre 2001, répondent à ses questions sur la gravité : concept polysémique s’il en est qui renvoie aussi bien à l’austérité et à la dangerosité qu’au phénomène physique par lequel un corps est attiré vers le centre de la terre. L’attirance, cette fois, est intellectuelle, sensuelle et mémorielle : Angèle écrit, Angèle questionne, Angèle ressent, et c’est toute sa personne qui se donne — corps et âme, âme puis corps — à son enquête, et s’abandonne au savoir et à l’expérience d’illustres interlocuteurs, tous extrêmement contemporains les uns des autres, malgré leur appartenance respective à des temps plus ou moins reculés.

On connaissait le roman épistolaire ; bienvenue au poème mailé, conçu comme une correspondance d’un nouvel âge. Celle qui, repérée et espionnée par un cyber-flic répondant au doux nom de Manolo Zanka, se trouve retranscrite, dossier après dossier, dans ce livre dépositaire, support matériel d’envois jusque-là insaisissables, sinon dans la mémoire, artificielle, d’ordinateurs voués à la destruction et au recyclage…Angèle a ainsi dix correspondants ‘électroniques’, dont les identités variées nécessitent de la part du lecteur une ouverture d’esprit tendant à l’universel et à l’abolition de ses frontières géographiques, temporelles et mentales. Bertolt Brecht, Alice au Pays des Merveilles, Jeff Koons, Isaac Newton, Marcel Duchamp, Miguel Cervantès, Didier Roth, Raymond Federman, Jean-Pierre Luminet : tous, savants, artistes, scientifiques, personnages de fiction, écrivains, répliquent, du tac au tac, aux suggestions d’Angèle ou, au contraire, sollicitent son point de vue à partir de la proposition d’un impératif quasi catégorique (« Faisons semblant » propose, d’emblée, Alice) ou de la réflexion entamée sur objet ultra transitionnel, comme l’est le manieur de gravité élaboré par Marcel Duchamp… Les dialogues, lapidaires, sont mis en scène et corsetés par un dispositif formel qui organise, thématise et hiérarchise les échanges verbaux, chacun constituant un envoi daté, signé, minuté, titré : péri et paratextes enveloppant l’information promue alors au statut d’énoncé tout à la fois programmatique, performatif et poétique. Si, historiquement et contextuellement, la poésie est interrompue ou, si quelque chose, innommable, interrompt la poésie, le poème comme acte n’en reste pas moins actualisé : au cœur de l’électronique, au lendemain du 11 septembre 2001, au centre d’une recherche relevant de la science comme de l’enquête criminelle, des mots parviennent à saisir ce qui, dans la langue, par et au fil de la langue, touche à l’essentiel d’une expérience et d’un état de conscience. Hors chant, hors champ, ces vers angéliques ( ?) composent par exemple une proposition existentiellement ajustée, gravement légère, ou légèrement grave : « Et JE, je suis fiction oui, JE=fictions comme tout le monde./Je n’espère rien d’autre/que d’être/comme tout le monde./L’ordinaire est/un monde./Et je suis mise en mots.

Aujourd’hui, le soleil éclaire tout. La montagne est une belle balade sombre en contraste avec le bleu du ciel.

Les acacias, au premier plan, griffent un peu en brun tirant sur le noir, la douceur des formes de la Ste-Victoire. Sur son versant délaissé.

L’air est doux.

J’ai très envie d’espace. »

Le chantier de la gravité raconte ainsi l’écriture comme une simultanéité interrogative destinée à des voix écrites qui sont, en l’échange d’un retour, intégrées dans un dispositif fictionnel, une maquette matrice en quelque sorte, qui redéploie, en un astucieux éventail électronique, des propos jusque-là confinés dans un espace-temps inamovible. Les énoncés recontextualisés dans un présent soumis à une menace effroyable ayant atteint sa cible, à savoir le réel, en l’architecture habitée des tours du World Trade Center, se révèlent des prédictions ou des analyses étrangement lucides. Les messages envoyés par les savants et les artistes depuis d’autres siècles, détournés, dévoyés, fracturés, démontés, collés et remontés, gagnent en perspicacité : Brecht, Cervantès, Alice, Duchamp ont insufflé à leur prose une puissance de résonance à laquelle Véronique Vassiliou offre ici une forme et un contenu, ce + et ce - qui entourent sans le borner notre abyssal centre de gravité : la littérature la poésie.
©Anne Malaprade

Véronique Vassiliou, Le + et le – de la gravité, Éditions Comp’act, 2006, 94 p., 16 euros.

Willliam Blake, le 31 décembre 2006

L’émission Une vie une œuvre a programmé William Blake le 31 décembre, de 16 heures à 17 heures 30.
Avec notamment Alain Suied

Anthologie permanente : Marina Tsvétaïeva

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En liaison avec la revue Terres de Femmes qui a publié ce 20 décembre un poème de Marina Tsvetaïeva : Ils sont là, écrits dans la hâte….. (lire la suite)

 
Il en tomba combien dans cet abîme
Béant dans le lointain !
Et je disparaîtrai un jour sans rimes
Du globe, c’est certain.

Se figera tout ce qui fut, - qui chante
et lutte et brille et veut :
Et le vert de mes yeux et ma voix tendre
Et l’or de mes cheveux.

Et la vie sera là, son pain, son sel
Et l’oubli des journées.
Et tout sera comme si sous le ciel
Je n’avais pas été !

Moi qui changeais, comme un enfant, sa mine
- Méchante qu’un moment, –
Qui aimais l’heure où les bûches s’animent
Quand la cendre les prend,

Et le violoncelle et les cavalcades
Et le clocher sonnant…
– Moi, tellement vivante et véritable
Sur le sol caressant.

A tous – qu’importe. En rien je ne mesure,
Vous : miens et étrangers ?! –
Je vous demande une confiance sûre,
Je vous prie de m’aimer.

Et jour et nuit, voie orale ou écrite :
Pour mes « oui », « non » cinglants,
Du fait que si souvent – je suis trop triste,
Que je n’ai que vingt ans,

Du fait de mon pardon inévitable
Des offenses passées,
Pour toute ma tendresse incontenable
Et mon trop fier aspect,

Et la vitesse folle des temps forts,
Pour mon jeu, pour mon vrai…
– Ecoutez-moi ! – Il faut m’aimer encore
Du fait que je mourrai.

                                                 
8 décembre 1913

Marina Tsvetaïeva, Tentatives de jalousie et autres poèmes, traduits du russe et présenté par Eve Malleret, La Découverte, 1986, p. 79.

Marina Tsvétaïeva dans Poezibao :
Note bio-bibliographique,
concert-lecture (05),
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, extrait 5, extrait 6extrait 7,

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Edith Azam, Jacqueline Cahen, Jérôme Game, Gwenaëlle Stubbe, à Bruxelles, le 12 janvier 2007

Je publie ici la très belle programmation du Théâtre-Poème à Bruxelles et je me permets d’attirer tout particulièrement l’attention sur la soirée du vendredi 12 janvier, autour de la revue Polyphonix, avec Jacqueline Cahen, Edith Azam et Gwenaëlle Stubbe, déjà présentées sur Poezibao (voir notamment le compte rendu d’une soirée Polyphonix à Paris). La soirée de Bruxelles sera présentée par Monique Dorsel et Arlette Albert-Birot

Vendredi 12 janvier 2007, à 19h,
un buffet littéraire
Polyphonix 43
performances d’Édith Azam, Jacqueline Cahen, Éric Clémens, Jérôme Game et Gwenaëlle Stubbe improvisation musicale : Alain Pierre animation : Arlette Albert-Birot et Monique Dorsel

Théâtre-Poème
Direction / animation : Monique Dorsel
Rue d’Écosse 30, 1060 Bruxelles
tél : 02 538 63 58
Fax : 02 534 58 58 
http://www.theatrepoeme.be

voir le reste de programmation en cliquant sur la suite de note, ci-dessous

 

Lire la suite "Edith Azam, Jacqueline Cahen, Jérôme Game, Gwenaëlle Stubbe, à Bruxelles, le 12 janvier 2007" »

Michaël Glück et Dominique Cagnard aux Parvis Poétiques, à Paris, le 21 janvier 2007

1982-2007 - les parvis poétiques ont 25 ans

Festival permanent des poésies dans le 18è
Les Parvis Poétiques- marc delouze
convient à une lecture – rencontre avec 

Michaël Gluck
et
Dominique Cagnard

le dimanche 21 janvier 2007 à 16h45

Interventions musicales
Arnaud Leroy (viole de gambe)

 
Michaël Gluck est né le 10 juin 1946 à Paris. Écrivain, traducteur. Il est lui-même traduit en italien, espagnol, catalan, allemand, chinois. Dernières publications : L’échelle (L’Amourier, 2006), L’enfant et le vent (Atelier des Grames, 2006).

Dominique Cagnard anime depuis 1995 des ateliers d'éveil poétique dans les bibliothèques, les maisons d'arrêt, les écoles, les hôpitaux, les centres culturels avec des enfants, des adolescents et des adultes. Dernière publication : Les pas de la pluie (Dumerchez, 2006).

Fond’action Boris Vian
6 bis Cité Véron 75018 Paris (au niveau du 92 Bd de Clichy, M°Blanche)
Renseignements 01 42 54 48 70 – courriel : parvisatfree.fr

jeudi 21 décembre 2006

L'exposition Antonin Artaud à la BnF, compte rendu d'une visite (Tristan Hordé)

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ANTONIN ARTAUD

Exposition à la Bibliothèque Nationale à Paris
(jusqu’au 7 février)

 
Les expositions de la Bibliothèque Nationale consacrées à un écrivain ont toujours une qualité évidente : elles donnent envie de lire. L’ensemble consacré à Antonin Artaud offre un parcours très riche pour aborder la complexité de l’œuvre. Antonin Artaud écrivain est évidemment représenté par des éditions originales, celle des Lettres à Jacques Rivière (1927), du Pèse Nerfs avec la couverture d’André Masson (1925) ou de son adaptation du Moine de Lewis (1931). L’écrivain est aussi présent par ses lettres et par de très nombreux manuscrits ; on s’attarde sur les cahiers d’écolier (noircis dans l’asile de Rodez et dans la maison de santé d’Ivry), sur l’écriture rageuse, pressée d’Artaud, sur le dernier projet que la mort a interrompu, 50 dessins pour assassiner la magie.
On aura aussi une idée de l’énergie qu’avait l’acteur Antonin Artaud. Dans une salle réservée à quelques extraits de films, de larges écrans restituent ce que signifiait pour lui « interpréter un rôle » : il est Marat dans le Napoléon d’Abel Gance, il est Savonarole dans le Lucrèce Borgia du même réalisateur, il est le moine Massieu dans La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer. On regardera quelques documents sur son activité de scénariste, notamment avec le scénario de La Coquille et le clergyman, dont il critiqua violemment la réalisation par Germaine Dulac.
L’exposition présente également des documents sur sa mise en scène de Victor ou les Enfants au pouvoir de Roger Vitrac, sur sa pièce Les Cenci, qu’il interpréta avec Roger Blin et Iya Abdy dans un décor de Balthus. On s’attarde aussi sur ses écrits à propos de peintres, avec Van Gogh ou le suicidé de la société mais encore, dès les années 1920, avec son étude de tableaux d’Uccello.
Quelques vidéos (Anaïs Nin, les amis : Henri Thomas, Marthe Robert et Paule Thévenin) donnent chair à l’homme, et plus encore les autoportraits (de 1920 à sa mort), les photographies (de Man Ray notamment), son visage dessiné par Balthus. On prendra le temps de lire les nombreux portraits de ceux qui l’ont aidé et soutenu les dernières années de sa vie, Colette Thomas, Michel de M’Uzan, Lily Dubuffet, Paule Thévenin, etc. Et l’on regrettera sa disparition, le 4 mars 1948, en lisant une lettre de Miro à lui adressée le 25 février : « J’aimerais faire quelque chose avec vous ».
Avant de le (re)lire, j’emporte cette bribe d’Artaud : « pas un être qui soit dans un vrai corps ».
©Tristan Hordé

Nous proposerons prochainement un dossier consacré à Antonin Artaud, avec une bio-bibliographie.

Dates 7 novembre 2006 – 4 février 2007
Lieu
Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand
Quai François-Mauriac – Paris XIIIe
Métro : Bibliothèque – Quai de la Gare
Horaires
Du mardi au samedi, de 10h à 19h, le dimanche, de 13h à 19h
Fermeture lundi et jours fériés
Entrée 7€ - TR : 5€
Commissariat
Guillaume Fau, conservateur au département des Manuscrits de la BnF

Publication :
BnF - Gallimard
Antonin Artaud
Sous la direction de Guillaume Fau
Broché, 22 x 27cm, 220 pages et 180 illustrations, 40

Illustration : autoportrait au couteau, 1947, encre et crayon sur papier, département des manuscrits, ©ADAGP, Paris 2006, © Gallimard 


Anthologie permanente : Reiner Kunze

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Avec mes remerciements à Maryse Hache pour cette proposition

 

comme les objets de terre

 

mais je recolle mes morceaux tel un pot de terre brisé

(Jan Skácel, lettre de février 1970)

     I


Nous voulions être comme les objets de terre

Être là pour ceux qui, le matin à cinq heures, boivent leur café
dans la cuisine

Appartenir aux tables simples

Nous voulions être comme les objets de terre faits
de la terre des champs

Et aussi, que personne ne puisse tuer avec nous

Nous voulions être comme les objets de terre

Au milieu

de tant

d’acier

qui roule


Reiner Kunze, Un jour sur cette terre (1956-1971), (Ein Tag auf dieser Erde), traduction Mireille Gansel, préface d’Emmanuel Terray, Cheyne éditeur, 2001, p. 27

wie die dinge aus ton

 
 

aber ich klebe meine hälften zusammen wie ein zerschlagener topf aus ton

(Jan Skácel, brief vom februar 1970

 
I

Wir wollten sein wie dinge aus ton

Dasein für jene,
die morgens um fünf ihren kaffee trinken
in der küche

Zu den einfachen tischen gehören

Wir wollten sein wie die dinge aus ton, gemacht
aus erde vom acker

Auch, daß niemand mit uns töten kann

Wir wollten sein wie die dinge aus ton 

Inmitten

 soviel

           rollenden

                 stahls 

Chardon argenté

S’en tenir
à la terre

Ne pas jeter d’ombre
sur d’autres

Être dans l’ombre des autres
une clarté

 1978

Reiner Kunze, Un jour sur cette terre (1956-1971), (Ein Tag auf dieser Erde), traduction Mireille Gansel, préface d’Emmanuel Terray, Cheyne éditeur, 2001, p. 47


silberdistel

Sich zurückhalten
an der erde

Keinen schatten werfen
auf andere

Im schatten


der anderen
leuchten

 
bio-bibliographie de Reiner Kunze

Mireille Gansel
Outre l’œuvre de Reiner Kunze, elle a traduit de l’allemand le poète Peter Huchel, Nelly Sachs et la correspondance entre Nelly Sachs et Paul Celan.
A également traduit le poète vietnamien Too Huu, in : Mille ans de littérature vietnamienne (Philippe Picquier, 1996)

dans Poezibao, voir cet article relatant une rencontre autour de Nelly Sachs

 
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Reiner Kunze

Reiner Kunze est né le 16 Août 1933 dans une famille modeste de l’Allemagne de l’Est (RDA). Il est d’abord apprenti cordonnier puis réussit à faire des études de philosophie et de journalisme entre 1951 et 1955. Il devient alors assistant à la faculté de Leipzig, poste qu’il abandonnera rapidement. Il gagne sa vie comme aide-mécanicien. Il écrit mais son œuvre est boycottée en RDA. Il est exclu de l’Union des Écrivains au moment de l’entrée des chars soviétiques à Prague en 1968 mais ce n’est qu’en 1977 après des années très difficiles qu’il parvient à partir pour l’Ouest.
Depuis, il vit au bord du Danube, près de Passau.

Il est traducteur de poésie tchèque : Holan et Skacel.
Il a reçu de nombreux prix dont le prix Trakl et le prix Büchner en1977 et le prix Hölderlin en 1999.
De lui, on peut trouver des traductions en revue, Europe, Po&sie, La Polygraphe, Conférence et trois ouvrages en français.

bibliographie en français
Les Années merveilleuses, proses, traduction François-René Daillie, Seuil, 1978
Le Lion Léopold, livre jeunesse, traduction Yves-Marie Maquet, Gallimard, 1985
Un jour sur cette terre, poèmes, traduction Mireille Gansel, Cheyne, 2001

De Reiner Kunze, on peut lire également en français :
Poètes de la République Démocratique Allemande. Traduit et présenté par Mireille Gansel (bilingue), Les Lettres Nouvelles, 1971
in Po&sie n°84(1998) – Traduction Mireille Gansel
in Conférence n°9 (1999) – Traduction Mireille Gansel
Anthologie de la poésie des Allemagne 1975-2000, Maison de la poésie Rhône-Alpes, 2000.
Sans quiétude aucune, Anthologie de la poésie allemande contemporaine, choix et traduction Barbara Paul, Le temps des Cerises, 2001
in Po&sie n°98 (2001) - Traduction Mireille Gansel
in Europe n° 914-915 (2005), Onze poèmes précédés d’un entretien, traductions et présentation de Eric David.
in La Polygraphe 33-35 Les Sembles, cinq poèmes, traduits par Joël Vincent et Françoise David-Schaumann


En ligne
Une biographie chronologique (en allemand)

avec mes remerciements à Maryse Hache pour sa contribution à cette fiche

Les Cahiers de l'Umbo, une recension d'Alain Helissen

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L’appellation « cahiers » est à prendre ici au pied de la lettre puisque cette revue se présente comme un véritable cahier à spirale qui lui confère d’ailleurs une facilité de lecture dont devraient s’inspirer d’autres publications parfois rétives à une bonne « prise en mains ». Je découvre, en tout cas, ces cahiers de l’umbo avec un certain plaisir. Rien que des textes de création s’enchaînant sans entrée en matière ni thème générique. Il s’en dégage néanmoins comme une ligne de crête sur laquelle, par temps clair, on pourrait voir flotter un drapeau noir. Le surréalisme aussi y fait des incursions plus ou moins prononcées. D’un sommaire livré en vrac et ne renvoyant à aucune pagination je relève la mosaïque existentialiste pour nudistes enrhumés d’Ahmed Rassim : Après tout pourquoi ne pas sourire / avec les soldats qui regardent étonnés / le couteau luisant planté dans leur ventre , les éreintements poétiques de Luc Richer : j’entre chez le coiffeur comme à l’accoutumée / avec le plein cendrier de mon cœur / avec ma tête traversée par cette corde à linge / où pleure une tristesse en forme de blue-jean / de tee-shirt avachi de chaussette d’enfant, l’humour de Louis-François Delisse lors d’une promenade inspirée dans le « Chinatown of Paris ». Stéphane Maignan livre ses déclinaisons d’Héloïse (L-O-I-Z). On pourra le retrouver dans l’un des deux suppléments qui accompagnent la revue. A défaut de piocher plus avant dans les multiples textes proposés, il me faut mentionner un foisonnement d’illustrations – principalement des collages – participant de ce décor singulier des cahiers de l’umbo. Il n’y a que 120 exemplaires disponibles. Hâtez-vous !

©Alain Helissen

Cahiers de l’umbo, N°8 : c/o Jean-Pierre Paraggio 33 avenue Jules Ferry 74100 Annemasse.
prix du N°: 12 € ; abonnement 2 Nos : 25 €.