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mercredi 31 janvier 2007

Anthologie permanente : Kenneth White

31_whitePour saluer la sortie d’un recueil de Kenneth White dans la collection Poésie / Gallimard. Et rappeler la parution récente d’un essai, sous la direction de Laurent Margantin, Kenneth White et la géopoétique (avec notamment une très belle bibliographie), l’Harmattan, 2006.

Bio-bibliographie remise à jour

Promenade vagabonde au fil des pages de l’anthologie :



Matin de neige à Montréal


certains poèmes n’ont pas de titre
ce titre n’a pas de poème

tout est là, dehors

•••

5. Du vide

voici l’île froide

couché sur les pierres nues, goélands
piaillant dans la brume –

l’immensité du néant
vide les os et les veines.

•••

6

Comme Valéry
me disant et me redisant
beata solitudo
sola beatitudo
mais jouissant aussi
à la différence de ce pur des intellectuels purs
(et bien qu’il ait eu lui aussi « long regard »)
jouissant presque sans pensée
du champ solaire là dehors
ce matin d’octobre :
soleil d’or diffus dans la brume

•••

4

« Philosophie et océanographie »
fut le sujet traité
ce matin à dix heures
par le capitaine Whistler de Cape Cod
M.A. (Boston), docteur ès lettres (Bordeaux)
qui cita Melville, John Donne
Aristote et le Talmud
(sur la table devant lui
l’orateur avait posé un sextant
et des cartes marines étaient épinglées
aux murs tout autour de la salle
avec précision)

au déjeuner
Brigitte servit un ragoût de praires
arrosé d’un verre de rhum

•••

3. Trois moments

Dans la brume grise du soir
un héron gris
vole au-dessus des roseaux

On ne voit même pas son ombre
mais il est là quelque part
le martin-pêcheur

Entre une question et une question
entre un silence et un silence
le murmure de la rivière

Kenneth White, Un monde ouvert, anthologie personnelle,, préface de Gilles Plazy, Poésie / Gallimard, n° 425, 2007 p. 59, 124, 174, 26, 358.

Bio-bibliographie remise à jour de Kenneth White

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Jacques Dupin à Privas, avec un numéro spéical de la revue Faire part : expositions, colloques et lectures du 27 février au 24 mars 2007

JACQUES DUPIN A PRIVAS

 Expositions - colloque - lectures
en présence de l’écrivain
du 27 février au 24 mars 2007
Evénement organisé par la revue faire part et le Théâtre de Privas

 

Le numéro 20/21 de la revue littéraire faire part « Matière d’Origine », paraît en mars, il est entièrement consacré à l’écrivain et poète Jacques Dupin.

Né à Privas en Ardèche en 1927, Jacques Dupin est écrivain et poète. Ami de René Char, Pierre Reverdy, Paul Celan, André Du Bouchet, Philippe Jaccottet, … connu internationalement, il fut ou est l’ami de nombreux peintres, parmi lesquels Jean et Jacques Capdeville, Giacometti, Mirò, Riopelle, Tápies,… sur lesquels il a écrit monographies, préfaces de catalogues, et publié de nombreux livres d’artistes, après avoir lancé les éditions et collaboré à la galerie Maeght, puis à la galerie Lelong.
Ce dossier fera l’objet d’un lancement officiel dans le cadre d’une manifestation « Jacques Dupin à Privas » (du 27 février au 24 mars), et d’un colloque organisés au Théâtre de Privas (du 9 au 10 mars), en partenariat notamment avec le Théâtre de Privas, Macocco-Lardenois et Cie, La Médiathèque de Privas et la Bibliothèque Départementale de Prêt.

Les expositions centrées autour du poète proposeront des œuvres des artistes : Adami, Alechinsky, Giacometti, Hélénon, Klapheck, Mirò, Tápies, Tintaud, Titus-Carmel, Ubac, Vinay, Voss… par le biais de peintures, de lithographies et livres d’artistes, ainsi que des oeuvres d’artistes ayant collaboré à ce numéro de la revue faire part.

Détails dans la suite de note, en cliquant sur le lien ci-dessous

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mardi 30 janvier 2007

Actualités de l’Idée bleue et de son éditeur Louis Dubost, avec James Sacré

• Vendredi 2 février à 20h30 : rencontre avec Louis Dubost, directeur des éditions l’Idée Bleue et auteur de Lettre d’un éditeur de poésie à un poète en quête d’éditeur, lectures par les comédiens du Poisson Soluble des textes de Louis Dubost et de quelques auteurs édités à l’Idée Bleue. En présence notamment de James Sacré
A "L'Ogre à plumes", 49, 51 rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris

logreaplumes@yahoo.fr
Tel 01 48 06 64 39

site de l’Ogre à Plumes

• Samedi 3 février à 18h, à la Médiathèque de Noisy-le-Sec à 18 h, rencontre avec Louis Dubost et lectures d’ Albane Gellé, Magali Thuillier et James Sacré.
Médiathèque Roger Gouhier, 3 rue Jean-Jaur
ès, 93130 Noisy-le-Sec

Colette Guedj, Tu es le grand soleil qui me monte à la tête, anthologie de poèmes d’amour, une recension de Tristan Hordé

30_guedj001Colette Guedj, Tu es le grand soleil qui me monte à la tête, anthologie de poèmes d’amour, JC Lattès, 2007.

 
Qui n’a pas écrit de poèmes d’amour dans l’adolescence en a lus, recopiés, envoyés. L’anthologie de Colette Guedj en propose plus d’une centaine ; l’ensemble est divisé en cinq chapitres (La déclaration d’amour, La célébration amoureuse, L’amour ardent, Mourir d’aimer, L’arrière-saison des amours), chacun, brièvement introduit et joliment illustré, donne les poèmes par ordre chronologique. Une courte notice précède chaque auteur retenu, une bibliographie en fin de volume permet de retrouver aisément les œuvres citées. Colette Guedj a passé sa vie à lire et faire lire la poésie à l’Université, créant une belle revue consacrée essentiellement au surréalisme (Les Mots et la Vie) : le lecteur profite ici de ses connaissances, sans appareil superflu. Les exemples de vulgarisation bien comprise sont suffisamment rares pour se réjouir des réussites – on entend évidemment le mot vulgarisation comme « art du passeur ».

On lit – heureusement ! – dans l’anthologie des textes relativement bien connus, comme ceux de Musset et d’Apollinaire, de Louise Labé et d’Aragon. On y trouve évidemment Éluard, dont un vers du Phénix a donné le titre du livre, mais on y découvre aussi les quatrains d’un Verhaeren inattendu :

Ardeur des sens, ardeurs des cœurs, ardeur des âmes,
Vains mots créés par ceux qui diminuent l’amour.
Soleil, tu ne distingues pas entre tes flammes
Celles du soir, de l’aube ou du midi des jours.

[...]
Car aimer, c’est agir et s’exalter sans trêve ;
Ô toi, dont la douceur baigne mon cœur altier,
À quoi bon soupeser l’or pur de notre rêve ?
Je t’aime tout entière, avec mon être entier.

(Ardeur des sens..., dans Les heures d’après-midi).

 
L’anthologie se veut un parcours dans le temps, du Cantique des cantiques et des troubadours à nos contemporains, James Sacré ou Béatrice Bonhomme, et ce faisant s’esquisse une évolution des manières de dire l’amour. Certes, on dira bien que la formulation je t’aime ne change pas au cours des siècles, mais son contenu certainement, et la rhétorique de Louise Labé (Baise m’encor, rebaise moy et baise:/ Donne m’en un de tes plus savoureux [...]) est bien éloignée du lyrisme d’un James Sacré (Elle a le sexe comme pour/ serrer des perles dans la nacre/ comme pour être parfait/ rose d’ivoire étui feuille de/ fougère à dérouler pied/ d’escargot qui bouge bave- [...] .
Même si le domaine français est très largement dominant, les choix de Colette Guedj ouvrent quelques portes ; se côtoient le Turc Nazim Hikmet, l’Algérien Mohammed Dib, l’Italien Sandro Penna, l’Israélienne Miriam Barukh Chalfi et, plus loin de nous, la Japonaise du Moyen Âge Murasaki-Shikubu, pour ne retenir que quelques noms. On pourra regretter l’absence de la poésie anglo-saxonne ou russe, par exemple, mais telle qu’elle est cette anthologie nous rappelle avec bonheur que les poèmes d’amour sont « comme des mots de passe qui nous relient les uns aux autres » (C. Guedj).

©Tristan Hordé

Anthologie permanente : Isabelle Baladine Howald

Ne plus refuser l’obsession.

 
Chercher. Comme une exploration, lente, appliquée, désespérée,
regards, visages, corps.

 

Répéter devant ce visage et ce corps :
« Il y a quelque chose, il y a quelque chose. »

 
•••••

Ce que j’aime, ce n’est pas voir, c’est l’effort de voir :

sans cesse à attendre que disparaisse,
au-delà d’un signe, au-delà d’un appel,
pas de formule et pas de son.

 
Que diminue, que baisse,

 
que s’éteigne.

Isabelle Baladine Howald, Secret des Souffles, Ed. Melville, 2004, p. 22 et 24.

 
Bio-bibliographie d’Isabelle Baladine Howald

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Isabelle Baladine Howald

Poète et libraire, Isabelle Baladine Howald vit et travaille à Strasbourg.

• Ses activités littéraires :
Direction de la revue littéraire ANIMA 1980/1982
Animation de rencontres philosophiques, littéraires et poétiques à la librairie Kléber avec J.Ch. Bailly, H. Cixous, J. Derrida, M. Deutsch, G. Haller, A. Hirt, Ph. Choulet, Ph. Lacoue-Labarthe, J.L. Nancy, JB Pontalis, Pascal Quignard, J. Rogozinski, T. Todorov, P. Guyotat, Chloé Delaume, Jean-Yves Tadié, Philippe Forest, ou sur Marina Tsvetaeva, Elias Canetti, Nelly Sachs, M. Duras etc depuis 2001.
Participe aux Poétiques de Strasbourg depuis 2003
(en 2005 invitée à la table ronde des Poétiques en tant qu’auteur sur « Voix de femmes »)
Lectures publiques avec d’autres poètes (Gérard Haller, Leslie Kaplan à Paris et Strasbourg) ou personnelles, Strasbourg Février 2005, au cipM (Marseille) en Mai 2005 avec Emmanuel Hocquart, Juliette Valery, Keith et Rosemary Waldrop, dans le cadre du Panorama de la Recherche à Strasbourg en Mai 2005, à La Maison de la Poésie à Paris en Juin 2005 (présence de K. et R. Waldrop). Lecture du Lenz de Büchner avec Gérard Haller, 2006, en Janvier et en Mai.
Invitée par Alain Veinstein dans « Du jour au lendemain » France Culture, Janvier 2003
Entretien avec Colette Fellous pour son émission « Carnet nomade » à Strasbourg, France-Culture Juin 2005
Membre de la commission Poésie du Centre national du livre (2004, 2005, 2006).
Responsable de la saison 2005 des Mardis de la poésie, organisée par la ville par de Strasbourg (huit soirées).
Membre du jury du Prix Nathan Katz et du Prix de la Capitale Européenne des littératures depuis 2005
Création en 2006 des « Lectures dans la montagne », avec Gérard Haller (un écrivain ou un poète invité tous les trois mois environ, Michel Deutsch, Béatrice Rateboeuf, Jean-Luc Nancy, Stéphane Bouquet, Frédéric Boyer).
Invitée en tant qu’intervenante à son séminaire par Hélène Cixous en Mai 2006
Lectures à Lyon, Bordeaux, Barre (Lozère) et Strasbourg en 2007.

 

bibliographie :
Viens in les Actes du colloque J. Derrida “Les fins de l’homme” Galilée, 1981
ce qui reste de la scène, éd. A Passage, 1983
Il n’y a plus de bord, éd. A Passage, 1983
Stèle pour Lenz, Cahiers de la Vierge Noire, 1983
Nuit d’amour un livre, éd. A Passage, 1985
Lettre suit, No 4 , éd. J.Brémond, 1986
Les noms, très bas, éd. A Passage, 1986 (textes parus en revues, + inédits)
What remains the scene, traduction par Keith Waldrop in la revue américaine OBLEK 1993
Stele for Lenz, traduction par Keith Waldrop in Série d’écriture No 7, revue américaine de littérature, 1993
le corps de l’éditeur in L’ANIMAL, revue littéraire, 1996
Lettre de Poméranie, éd. J. Brémond, 1996
catalogue du peintre Rose Karoune, Strasbourg, 1999
Entêtement, avec le peintre Suzanne Obrecht, éd. Lire-Objet, 1999
Les États de la démolition, éd. Jacques Brémond, 2002, avec des encres de Suzanne Obrecht
Les États de la démolition, éditions Jacques Brémond, 2002.
reprise de la Stèle for Lenz in Burning Deck, One more score, trad. K. Waldrop, pour les 20 ans de Burning Deck, USA, 2003
Voilà in No 19/20/21 de Préoccupations, Galerie L’Ollave, Lyon, 2003
La lisibilité des signes in Soixante cinq histoires de livres, collectif, Arléa, 2003
Le 20 Janvier, poème, L’Atelier des Grames éditeur, 2003
Traduction en vietnamien de la Lettre de Poméranie par Diem Chau, éd. Trinh bay, 2003
Secret des souffles, éd. Melville, 2004
Je peux le lire les yeux fermés in Penser à Strasbourg (collectif avec Jacques Derrida), éd. Galilée/Ville de Strasbourg, 2004
L’appel in La rencontre (collectif), Arléa, 2004
Les enfants de Stifter, Atelier des Grames, 2005

La séparation de l’âme et du corps, à paraître.
L’origine des larmes, avec André Hirt, à paraître.
En cours : Hantômes (projet à partir de Mallarmé)
 • Liens
sur le site du cipM
Dans la poéthèque du Printemps des poètes

Mathieu Bénézet, Yves Di Manno et Ludovic Janvier au Lundi des poètes, le 5 février 2007 à Paris

Lundi des Poètes
le 5 février 2007 à 19h

avec Mathieu Bénézet, Yves Di Manno et Ludovic Janvier

qui liront des extraits de leurs recueils

à l'Hôtel Claret
44 bd de Bercy, Paris 12e
M° Bercy, sortie rue Corbineau

Mathieu Bénézet
Né en 1946 à Perpignan, en 1949 à Paris, selon ce qu'il écrit en quatrième de couverture, jouant semble-t-il ironiquement sur la fiction qui compose tout auteur, Mathieu Bénézet est entré en poésie comme un météore, très jeune, avec une rage et une dextérité pour la chose écrite peu commune. Il dirige depuis plus de quinze ans L'Atelier de création radiophonique sur France Culture (dernière parution : Médéa , Flammarion, 2005).

Yves Di Manno
Né en 1954, il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages (poésies, essais, récits). Traducteur de Williams, Oppen, Rothenberg, maître d'oeuvre de la récente édition des Cantos d'Ezra Pound, il dirige depuis 1994 la collection Poésie/Flammarion. Il collabore également à diverses revues, dont Action Poétique  (dernière parution :  Un pré - chemin vert, Flammarion, 2003)

Ludovic Janvier
Né en 1934 à Paris, où il attend plus ou moins patiemment que les mots lui viennent. Il a publié des romans, des nouvelles, des poèmes, chez Gallimard notamment. Il est l'auteur d'essais remarqués consacrés à Samuel Beckett et d'une rêverie sur les peintures de Pierre Bonnard (dernière parution : Une poignée de monde, Gallimard, 2006 ).

www.printempsdespoetes.com

Toute la saison du Lundi des Poètes sur
http://www.printempsdespoetes.com/nos_missions/le_lundi_des_poetes.html

La revue Java à l'IMEC à Caen, le vendredi 16 février 2007

vendredi 16 février 2007 à 20h
dans le cadre du cycle « Revue en scène »
organisé en partenariat avec Ent’revues
à l'Imec-Abbaye d'Ardenne (Caen)

 JAVA's not dead

 « Si créer une revue relève forcément du faire, disons sans ambages qu’il sera ici question de faire la java. Et si dans le faire il y a forcément la notion de lieu, il va sans dire que dans faire la java, c’est la multiplicité des lieux de paroles qui feront Java. »
Voilà ce qu’on pouvait lire dans un encadré du n° 1 de Java paru en mai 1989. Aujourd’hui, après 17 années d’existence et 28 numéros parus, Java, « revue de mauvais genre », cesse volontairement de paraître. Cesser de publier une revue relève-t-il du faire ? Qu’importe, il sera là encore question de « faire la java ». Quant aux paroles, un lieu unique – le pressoir – pour celles des poètes-fondateurs-directeurs Jean-Michel Espitallier, Jacques Sivan, Vanina Maestri – auxquelles s’ajouteront celles des poètes-contributeurs Joël Hubaut, Olivier Cadiot, Charles Pennequin.
Pause culinaire au cours de la soirée.
Après la JAVA, la nouba, avec un DJ.

Imec-Abbaye d'Ardenne
14280 St-Germain-la-Blanche-Herbe
T. 02 31 29 52 46
Renseignements : www.imec-archives.com

tous les renseignements sur les participants dans la suite de note, en cliquant sur le lien ci-dessous

Lire la suite "La revue Java à l'IMEC à Caen, le vendredi 16 février 2007" »

lundi 29 janvier 2007

La mort de Philippe Lacoue-Labarthe

Isabelle Baladine Howald m’annonce à l’instant la disparition de Philippe Lacoue-Labarthe. Dès que j’aurai d’autres informations, je les publierai
FT

Germaniste, professeur d'esthétique et de philosophie à Strasbourg, Philippe Lacoue-Labarthe était né en 1940.
une courte page sur le site de son éditeur Christian Bourgois

note du mardi matin 30 janvier

lire un article de Libération

 

"Il n’y a pas « d’expérience poétique » au sens d’un « vécu » ou d’un « état » poétique. Si quelque chose de tel existe, ou croit exister – et après tout c’est la puissance, ou l’impuissance, de la littérature que d’y croire et d’y faire croire –, en aucun cas cela ne peut donner lieu à un poème. A du récit, oui ; ou à du discours, versifié ou non. A de la « littérature », peut-être, au sens où tout au moins on l’entend aujourd’hui. Mais pas à un poème. Un poème n’a rien à raconter, ni rien à dire : ce qu’il raconte et dit est ce à quoi il s’arrache comme poème.
[…]
Mais le « vouloir-ne-rien-dire » d’un poème n’est pas un vouloir ne rien dire. Un poème veut dire, il n’est même que cela, pur vouloir-dire. Mais pour vouloir-dire le rien, le néant, ce contre quoi et par quoi il y a la présence, ce qui est. Et parce que le néant échappe à tout vouloir, le vouloir du poème s’effondre comme tel (un poème est toujours involontaire, comme l’angoisse et l’amour, et même la mort que l’on se donne), c’est rien qui se laisse dire, la chose même, et se laisse dire en et par celui qui s’y porte malgré lui, le reçoit comme l’irrecevable et s’y soumet. L’accepte, en tremblant que lui se refuse, « étant » si étrange, fuyant, insaisissable comme l’est après tout le sens de ce qui est "

Philippe Lacoue-Labarthe, La poésie comme expérience, Christian Bourgois, 1986, 1997, p. 34. Je renvoie aussi à la très belle note rédigée par Isabelle Baladine Howald et publiée sur Vues d'Allemagne

A retenir dès maintenant, les dates de Voix de la Méditérranée à Lodève : du 21 au 29 juillet 2007

Voix de la Méditerranée

Lodève, 21 - 29 juillet 2007

Le prochain festival de poésie « Voix de la Méditerranée » aura lieu du 21 au 29 juillet 2007 à Lodève (Hérault

Chaque année, les « Voix de la Méditerranée » accueillent au coeur de l’été une centaine depoètes et d’artistes, performers, chorégraphes, conteurs, chanteurs et musiciens venus de toutela Méditerranée – d’Espagne, d’Egypte, de France, d’Italie, des Balkans en passant par leMaghreb, la Grèce, le Proche et le Moyen-Orient – pour des lectures et des spectacles

Depuis sa création en 1998, le festival « Voix de la Méditerranée » est un espace entièrement consacré à la poésie : pas de rencontres thématiques, pas de colloque, mais un marché de la poésie et du livre méditerranéen et surtout un foisonnement de plus de 300 lectures originales

VOIX DE LA MÉDITERRANÉE
Directrice du festival : Maïthé Vallès-Bled
Square Georges Auric, 34 700 LODÈVE. T. 04 67 44 24 60
www.voixdelamediterranee.com