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samedi 03 février 2007

Djuna Barnes

Djuna Barnes est née le 12 juin 1892 à Cornwall-on-Hudson (État de New-York). Son père, polygame, vivait avec son épouse et sa maîtresse et la fillette fut élevée hors de l’école par sa mère Elizabeth (« Zadel »), journaliste, et sa grand-mère. Sa mère divorce en 1912 et s’installe à New-York avec ses quatre enfants. Djuna commence dans les années 1910 une carrière de journaliste indépendante, travaillant pour plusieurs journaux et installée à Greenwich Village : ses entretiens avec des artistes comme le cinéaste D. W. Griffiths ne furent publiés qu’après sa mort.
Elle publie ses premiers poèmes, accompagnés de dessins à la manière de Beardsley, en 1915, et trois de ses pièces en un acte sont jouées en 1919-1920 à New-York où elle rencontre Eugene O’Neill, Marcel Duchamp, William Carlos Williams, le photographe Alfred Stieglitz ; son second recueil paraît en 1923. En 1920, elle part pour Paris, financée par Peggy Guggenheim (à qui elle dédia), et passera les vingt années suivantes souvent hors des États-Unis. Elle rencontre à Paris Gertrude Stein, Scott Fitzgerald, Ezra Pound, T. S. Eliot – et James Joyce : elle dira qu’après Ulysse il n’était plus intéressant d’écrire. Au début des années 20, elle devient alcoolique et est régulièrement hospitalisée à New-York. Elle vit avec la sculptrice Thelma Wood jusqu’en 1931, et L’Almanach des Dames (Ladies Almanack), publié sans nom d’auteur en 1928, part de cette expérience ; la sainte lesbienne de l’histoire, Dame Evangeline Musset, a pour modèle Natalie Barney, qui tenait un salon littéraire à Paris.
Après un roman quasi autobiographique (Ryder, 1928), elle écrit son chef d’œuvre, Le Bois de la nuit (Nightwood), préfacé par T. S. Eliot. Elle s’installe en Grande-Bretagne en 1931, reçue par Peggy Guggenheim et ne retourne aux États-Unis qu’au début de la Seconde Guerre mondiale. Elle meurt à New-York en 1982. Malgré l’intérêt que lui ont porté les féministes à partir des années 1970, elle reste peu connue aux États-Unis et à peu près ignorée en France.

Bibliographie :
• en anglais :
The Book of repulsive women : 8 Rhythms and 5 drawings, 1915.
Three from the Earth, 1919 [pièce]
Kurzy from the Sea, 1920 [pièce].
An Irish Triangle, 1921 [pièce].
She tells her daughter, 1923 [pièce].
A Book, 1923 [poèmes].
Ladies Almanack showing their Sings and their Tides […], written and illustrated by a lady of fashion, 1928.
Ryder, 1928.
Nightwood, 1936.
The Antiphon, 1958 [pièce].
Spillway, 1962.
Vagaries Malicieux, 1974.
Creatures in a Alphabet, 1982.
Smoke and Other Early Stories, 1982.
New-York, 1989.
Collected Stories of Djuna Barnes, 1996.

• en français :
La Passion, traduit par Monique Wittig, Flammarion, 1982, Le Livre de poche, 1989.
Almanach des Dames, traduit par Michèle Causse, Flammarion, 1982.
Aux Abysses, suivi de La Colombe, traduit par Michèle Causse, Ryôan-ji, 1984.
Divagations Malicieuses, traduit par Michèle Causse, Ryôan-ji, 1984.
Fumées, traduit par Claude Blanc, Flammarion, 1986.
Le Bois de la nuit, traduit par Pierre Leyris, Seuil, 1986.
Antiphon, traduit par Natacha Michel et Maya Gibault, L’Arche, 1987.
Journal d’une enfant dangereuse, traduit par Anne Bert et Carole Dany, L’Arche, 1988.
Interviews, traduit par Camille Bercot, Christian Bourgois, 1989.
Pièces en dix minutes, traduit par Nadine Alcan, L’Arche, 1993.

• Études :
Andrew Field, Djuna Barnes, traduit par Sophie Mayoux et Christian Guillois, Rivages, 1986.Anne Mounic, Psyché et le secret de Perséphone : Prose en métamorphose, mémoire et création (Katherine Mansfield, Catherine Pozzi, Anna Kavan, Djuna Barnes). Paris : L’Harmattan, 2004

©Poezibao & Tristan Hordé

Liens

Introduction à Le bois de la nuit, par T.S. Eliot (en anglais)Une bonne biographie et une bibliographie (en anglais)

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