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vendredi 16 février 2007

Sidérothérapie de Pierre Bergounioux, une recension de Tristan Hordé

Sidrothrapie001 Comment affronter la difficulté de vivre, la mélancolie, l’obscurité de ce que l’on est ? Peut-être en cherchant quelque réponse dans la lecture de Shakespeare et de Beckett, de Sterne et de Proust, en interrogeant sans cesse les toiles de Bacon et de Poussin, en observant chaque jour le vol des oiseaux et le mouvement des feuilles des arbres. Et l’on sait bien que rien de tout cela n’apaisera complètement notre trouble. Il faudra y revenir, on aura quelques lueurs mais rien de net, rien qui puisse satisfaire. C’est cela vivre. Pierre Bergounioux se soucie de comprendre « les étranges agissements auxquels on sacrifie aveuglément depuis toujours ». Tâche pénible, indéfiniment à recommencer. Mais depuis l’enfance, il est attiré par les ouvrages en fer, les machines, et aussi par les débris, les rebuts de l’industrie, les machines abandonnées d’une agriculture archaïque. Il fouille dans les dépôts pour ces déchets, les emporte, les transforme – ou non –, soude, fixe sur des supports en pin… Sidérothérapie. « On glanait, jadis, les simples, dans la campagne, pour lutter contre les maux petits et grands qui frappent nos corps. Je ramasse des débris métalliques dont certains, avec ou sans retouches, sont un antidote aux affections de l’âme. Il en est d’autres, sans doute. La ferraille me suffit. »
On lira le texte écrit à l’occasion d’une exposition de quelques sculptures au Musée de la Vallée de la Creuse, à Éguzon, l’automne dernier ; il est précédé d’une brève entrée en matière de Jean-Paul Michel, l’ami de toujours, et suivi d’un récit inspiré de Gabriel Bergounioux, le frère, sur les livres déjà publiés. Les sculptures sont magnifiquement reproduites, le livre est lui-même un travail d’artisan.
©Tristan Hordé

Pierre Bergounioux,
Sidérothérapie
Tarabuste, 2006