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samedi 31 mars 2007

Anthologie permanente : Emily Dickinson

1.
Si lèvre mortelle devinait
La Charge latente
D’une syllabe dite
Le poids la ferait s’effriter
(p. 157)

 

Could mortal lip devine
The undeveloped Freight
Of a delivered syllable
Twould crumble with the weight.

 

2.
Cette petite Ruche abritait
De telles Promesses de Miel
Que le réel devenait Rêve
Et le Rêve, Réel –
(p.191)

 

Within that little Hive
Such Hints of Honey lay
As made Reality a Dream
And Dreams, Reality –

 

 

3.
Comme on longe des maisons en songeant
Sont-elles occupées
Les esprit croisant des esprits
Se posent la question
(p. 213)

 

As we pass Houses musing slow
If the be occupied
So minds pass minds
If the be occupied

 

Emily Dickinson, Quatrains et autres poèmes brefs, traduction de Claire Malroux, édition bilingue, Poésie/Gallimard n° 348, 2000.

 

Emily Dickinson dans Poezibao :
Note bio-bibliographique

extrait 1, à une grande douleur, succède un calme solennel
extrait 2, j’ai souvent cru la paix venue et le pressentiment est cette ombre longue, sur le pré
extrait 3, je compte, quand cela m’arrive (569)
extrait 4, Ne sachant quand viendra l’aube (87) 
extrait 5, les mois ont une fin (423)
Compte rendu du livre de Claire Malroux, autour d’Emily Dickinson, Chambre avec vue sur l’éternité
entretien avec Claire Malroux autour d’Emily Dickinson,
extrait 6, nous nous habituons à la Ténébre(419)
extrait 7, il est certain biais de lumière (258)
extrait 8, je ne voudrais pas peindre un tableau (505)
extrait 9, le vent se mit à bercer l’herbe

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vendredi 30 mars 2007

Anthologie permanente : Claude Esteban

Je prendrai une
pierre.

Celle qui vient. Celle
qui pèse
dans son nom de pierre.

J'effacerai tout le dehors.

Je donnerai
mon sang à cette pierre.

Pour rien. Pour
retenir son nom. Pour apprendre
jour après jour

son corps de pierre.

Claude Esteban, Le nom et la demeure, Flammarion 1985, p. 17.

Claude Esteban dans Poezibao :
Note bio-bibliographique,
extrait 1, extrait 2, extrait 4, extrait 5, extrait 6, extrait 7, extrait 8,
la disparition de Claude Esteban,
Le Matricule des Anges n° 73,
hommage de Hassan Sadfari,
annonce colloque décembre 2006,
hommage à Claude Esteban,


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jeudi 29 mars 2007

Anthologie permanente : Béatrice Douvre

Une date à retenir : Isabelle Raviolo organise à Paris une lecture de textes de Béatrice Douvre, le 24 avril (précisions à venir sur Poezibao)

 

Les navires de la terre

Seulement très loin
Sur la distance terre
La scie et le marteau
L’écorce bleue de froid, neiges
Le manteau qu’on vénère

 

Seulement très loin
Le cris d’oiseaux perdus
Comme se perd ta voix
J’entends à peine croître
Le charroi de la mer

 

Et tout autour de nous
Le cercle des lumières
Dans les maisons fermées
Une voix qui s’est perdue
Un froid nous est rendu

 

Bleu et marin
Dans tes deux mains dont l’une
Adopte le navire, mais l’autre se referme.

 

Béatrice Douvre, Œuvre poétique, préface de Philippe Jaccottet, Voix d’Encre, 2000, p. 201

 

Béatrice Douvre dans Poezibao :

Note bio-bibliographique,
une lecture rencontre autour de Béatrice Douvre,
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, extrait 5, extrait 6

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mercredi 28 mars 2007

En écho à l'anthologie permanente, un texte de Pierre Michon

Je reçois ce soir un texte de Pierre Michon, autour de Samuel Beckett et extrait de Corps du Roi que  Angèle Paoli, éditrice de Terres de Femmes me propose en écho à l’anthologie permanente de ce mercredi 27 mars 2007.

 

« L’année 1961. Plutôt l’automne ou le début de l’hiver. Samuel Beckett est assis. Il y a dix ans qu’il est roi -un peu moins ou un peu plus de dix ans: huit ans pour la première de Godot, onze ans pour la publication massive de grands romans par Jérôme Lindon. Rien n’existe en France pour lui faire pièce ou lui disputer ce trône sur quoi il est assis. Le roi, on le sait, a deux corps: un corps éternel, dynastique, que le texte intronise et sacre, et qu’on appelle arbitrairement Shakespeare, Joyce, Beckett, ou Bruno, Dante, Vico, Joyce, Beckett, mais qui est le même corps immortel vêtu de défroques provisoires; et il a un autre corps mortel, fonctionnel, relatif, la défroque, qui va à la charogne, qui s’appelle et s’appelle seulement Dante et porte un petit bonnet sur un nez camus, seulement Joyce et alors il a des bagues et l’œil myope, ahuri, seulement Shakespeare et c’est un bon gros rentier à fraise élisabéthaine. Ou il s’appelle seulement et carcéralement Samuel Beckett et dans la prison de ce nom il est assis en automne 1961 devant l’objectif de Lutfi Özlök, Turc, photographe – photographe esthétisant, qui a disposé derrière son modèle habillé de sombre un drap sombre pour donner au portrait qu’il va en faire un air de Titien ou de Champaigne, un grand air classique. Ce Turc a pour manie, ou métier, de photographier des écrivains, c’est-à -dire, par grand artifice, ruse et technique, de tirer le portrait de deux corps du roi, l’apparition simultanée du corps de l’Auteur et de son incarnation ponctuelle, le Verbe vivant et le saccus merdae. Sur la même image.

Tout cela Beckett le sait, parce que c’est l’enfance de l’art - et parce qu’il est roi. Il sait aussi qu’avec lui, pour lui, cette opération magique est plus facile que pour Dante ou Joyce, car à la différence de Dante ou Joyce il est beau: beau comme un roi, l’œil de glace, l’illusion du feu sous la glace, la lèvre rigoureuse et parfaite, le noli me tangere qu’il porte de naissance; et comble de luxe, beau avec des stigmates, la maigreur céleste, les rides taillées au tesson de Job, les grandes oreilles de chair, le look roi Lear. Il sait que pour lui c’est trop facile, comme si le gros rentier élisabéthain avait eu la tête du roi Lear ; et qu’on ne peut guère prendre la photo du saccus merdae nommé Samuel Beckett sans qu’apparaisse dans le même moment le portrait du roi, la littérature en personne, avec, bien visibles autour de l’œil de glace et des grandes oreilles, le bonnet de Dante, la fraise élisabéthaine et, dans un coin, visible ou pas le tesson de Job.
De cela, de ce hasard biologique ou de cette justice immanente, est-ce qu’il se réjouit, Samuel Beckett, ce jour d’automne 1961 ? Est-ce qu’il en tire vanité, dégoût, ou une extraordinaire envie de rire ? Je ne le sais pas, mais je suis sûr qu’il l’accepte. Il dit: Je suis le texte, pourquoi ne serais-je pas l’icône ? Je suis Beckett, pourquoi n’en aurais-je pas l’apparence ? J’ai tué ma langue et ma mère, je suis né le jour de la Crucifixion, j’ai les traits mélangés de saint François et de Gary Cooper, le monde est un théâtre, les choses rient, Dieu ou le rien exulte, jouons tout cela dans les formes. Continuons. Il tend la main, il prend et allume un boyard blanc, gros module, il se le met au coin des lèvres, comme Bogart, comme Guevara, comme un métallo. Son œil de glace prend le photographe, le rejette. Noli me tangere. Les signes débordent. Le photographe déclenche. Les deux corps du roi apparaissent. »

Pierre Michon, Corps du roi, Éditions Verdier 2002, pp.13-16

Anthologie permanente : Samuel Beckett

que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions
où être ne dure qu’un instant où chaque instant
verse dans le vide dans l’oubli d’avoir été
sans cette onde où à la fin
corps et ombre ensemble s’engloutissent
que ferais-je sans ce silence gouffre des murmures
haletant furieux vers le secours vers l’amour
sans ce ciel qui s’élève
sur la poussière de ses lests


que ferais-je je ferais comme hier comme aujourd’hui
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à virer loin de toute vie
dans un espace pantin
sans voix parmi les voix
enfermées avec moi

 

what would I do without this world faceless incurious
where to be lasts but an instant where every instant
spills in the void the ignorance of having been
without this wave where in the end
body and shadow together are engulfed
what would I do without this silence where the murmurs die
the pantings the frenzies towards succor towards love
without this sky that soars
above its ballast dust

what would I do what I did yesterday and the day before
peering out of my deadlight looking for another
wandering like me eddying far from all the living
in a convulsive space
among the voices voiceless
that throng my hiddenness

Samuel Beckett, "Six Poèmes, 1947-1949" [en français], dans Collected poems, traduction en anglais de S. Beckett, John Calder, Londres, 1984, p.60 et 61.

Je remercie Tristan Hordé pour cette proposition

 

Samuel Beckett dans Poezibao :
Note bio-bibliographique
extraits 1

 

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Un texte inédit d'Alain Suied

Alain Suied a envoyé à Poezibao ce texte inédit. Il fera paraître en juin 2007 un nouveau livre chez Arfuyen, Laisser Partir

 

 

LE DOUTE FAVORABLE

          La masse infinie des fantasmes et des illusions qui constitue le rapport humain au monde et dérive du Narcissisme pré-natal ne suffit pas tout-à-fait à combler l'angoisse qu'elle est censée colmater.

          Le Savoir - ou du moins ses institutions ? - ne porte parfois que l'auto-fictionnel érigé en "Progrès." Le Culturel n'est parfois que la reproduction du Système socio-politico-économique qu'il est pourtant censé transformer ou améliorer. Les constructions péremptoires de la Science ...comme...de la Finance.... sont déterminantes du "réel" ou du rapport au réel. Le religieux et l'idéologique en seraient-ils les "fondations"? La psychologie profonde de l'individu puise à chacune de  ces sources et traverse bien des plans, bien des dimensions - l'Inconscient, le ça mais aussi les déterminations historiques, familiales, médiatiques - pour évoluer dans des directions à la fois aliénées et incertaines.

          A l'infini du rêve correspond un infini de la vie matérielle. L'infiniment petit et l'infini ne se croisent peut-être qu'à l'instant insaisissable que nous croyons vivre et qui nous traverse?

          Le paradoxe ultime du Narcissisme humain réside dans cette contradiction irréductible : c'est l'illusion même qui nous ouvre au questionnement de la réalité ; c’est notre réalité corporelle, matérielle qui nous pousse à interroger notre propension fatale à l'Illusion.

          Le "Paradis" prénatal est perdu à tout jamais et pourtant les sociétés dites humaines et les individus les plus imbus de leur propre suffisance (qui n'est qu'un signe "social") prétendront toujours en retrouver le "charme" (sans doute, lui aussi, imaginaire), en recomposer la formule, en  promettre le retour...

          ...sans entendre, sans voir, sans ressentir, sans deviner le silence infini, la vision infinie, l’indifférencié infini du monde et des diverses dimensions de tous les univers.

          Sans entendre, sans voir, sans ressentir, sans deviner, au coeur de la masse infinie des fantasmes et des illusions qui nous éloigne de l'instant vivant et foudroyant, la simple et nécessaire humanité du doute favorable.

©Alain Suied

mardi 27 mars 2007

Un spectacle autour de Baudelaire

Un spectacle poético musical sur l'œuvre et la vie de Charles Baudelaire, "Tableau Noir effleure le mal" a été monté dans le cadre du Printemps des Poètes 2007.
Extraits des Fleurs du Mal chantés en version acoustique piano/violon/voix, textes extraits des Fusées ou de la correspondance avec un lecteur incarnant l'auteur et explication du contexte et analyse de Pierre Grouix.

 

Pour en savoir plus, ce site (encore en développement mais déjà de nombreuses ressources, photos, extraits audio et revue de presse permettant de juger de la réception du spectacle lors des premières représentations).

Avec Pierre Grouix (écrivain), Eric De Aranjo (lecteur), Thierry Cordier (chant), Pierre Lacchini (piano), Samy Boucena (violon/contrebasse) et JoL (régie).

Les auteurs du spectacle m’informent qu’ils sont à la recherche de contacts pour jouer ce spectacle à nouveau.

 

Anthologie permanente : Agnès Rouzier

Qu’importe la chambre, – si ce n’est tout entier le temps – qu’importe la chambre ? Pouvait-on même dire : refuge ? (Je effacé par nous mais recevant de cet insistant pluriel la légèreté principale. Je s’écoutant rire.) Qu’importe la chambre, hors les autres cellules qui l’écrasent, l’enserrent, l’entourent, la protègent, qu’importe la chambre hors ces escaliers qu’il faut monter pour l’atteindre, qu’importe la chambre si ce n’est cette île, en plein ciel, portée par d’autres îles, et ce personnage anonyme qui y accède (mettons qu’il se souvienne de … ou de tout autre). Qu’importe ce faisceau de questions, hors cette clôture que nul ne déchiffre, mais que chacun touche et parcourt. Voici que le vent a tourné et que la plage oblique vers un autre espace : la mer impatiente. Jadis chaude, maintenant glacée, frangée d’une même route, même rangée d’immeubles, jadis glacée : roulé en boule dans un creux de sable, un chandail abandonné. Qu’importe la chambre – ou salle à manger – et nous le revoyons dans la petite cuisine – je vous en prie il faut le délivrer – dans la petite cuisine en désordre – mais toujours le bocal de cornichons au sel, à moitié vide – devant le bol de café au lait (odeur et couleur écœurantes, bord ébréché), qu’importe, si nous l’effaçons il se crée – ici bougeant, ici dormant, homme, paysage, et ville, et machine, et fleuve, insecte ou vague, ici endormi et plus dense, de tout son corps pesant attiédi de sueur et d’odeur nocturne (au plus fort), ou bien éveillé les pieds nus après la douche, dans le plaisir infiniment fragile de l’été, avant d’avaler – aliment complet et réminiscences — un verre de lait glacé, ô mères… Qu’importe la chambre et ce récit qui le délivre, l’enserre : le roi dit : nous voulons. Et toi, penché tu te souviens : moi-je. (ou bien la rue, la pluie, les courses, le matin fatigant, et les oranges que l’on transporte déjà fades.)

 

Agnès Rouzier, Non rien, dans Le fait même d’écrire, Change/Seghers, 1985, p. 30-31.
Je remercie Tristan Hordé pour cette proposition

Agnès Rouzier dans Poezibao :
Note bio-bibliographique, extrait 1,

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lundi 26 mars 2007

Anthologie permanente : Jean-Paul Michel

« Plusieurs fois j’ai porté à mes lèvres un livre… »

 

Plusieurs fois j’ai porté à mes lèvres un livre l’ai
baisé dans cette façon enfantine comme
on ferait du visage d’un bienfaiteur et
mû de quelque reconnaissance obscure ou lumineuse
remercié
tant la lecture arrache si
passionnée et pure elle enlève à ce qui pèse
ou
au contraire aggrave de vigoureuse présence ce qui
demande pour être exactement senti d’être
ainsi avivé.


Dans ces instants je me demande si tant d’innocence n’est pas
simple ridicule d’une âme faible et crains
qu’un mouvement d’enfance naïve ne prenne
sur moi tant d’empire qu’alors
rompent les digues de la lucidité mâle
(je crois m’y être aguerri assez pour en connaître la matière et le prix)
j’hésite
à me simplement réjouir d’un pareil
penchant : remercier d’un baiser la couverture d’un livre le Nom
d’un poète et presque
je craindrais qu’un censeur à bon droit puisse
me croire le dernier
des simples touché déjà de l’idiotie des
vieillards ou mal encore sorti de l’ignorance des
tout-petits.

 

J’ai quelque honte à confesser, homme mûr,
des mouvements de si peu de maturité virile
lors même que je prétends avoir atteint maintenant cet état, mais
j’aurais une honte plus grande à les taire
Si bien
que je m’avance ensemble confus et fier et qu’avec dignité je voudrais
demander à mes pairs
d’accepter ensemble mon ridicule et son aveu
s’il y a du ridicule à remercier naïvement ce qui donne réconfort, élève, à
le baiser comme ferait d’un visage paternel un
enfant et sans prétendre m’exempter du reproche demande
que l’on accepte chez moi mouvement pareil
le temps au moins d’en faire
confession.

 

Porté à mes lèvres vos livres, Pères,
reçu avec tant de tendresse tels dons,
ils éloignent, allègent, sauvent ou d’un coup
brusque font contre le mur re
bondir comme une balle de mousse mon âme
Je, comme un enfançon, vers Vous lève un visage augmenté de larmes
ou de ce sourire que les livres seuls dispensent lors
que l’enfance est passée.

 

À coup sûr une étrange faiblesse commande
que si vite jaillissent les pleurs à la première beauté
lue
– mais peut-être aussi la reconnaissance
grandit-elle d’une gratitude pure l’émotion
de celui qui n’est plus un enfant et qui
à quarante-sept ans bientôt devant votre livre
William Butler Yeats
comme à dix ans salue les exploits des Héros et
bat des mains.

 

Pardon, mes pairs, si je baise le Nom d’un Poète en Père et tiens
pour tel celui dont la bonté enjoint de relever
le gant
lancer les dés encore et crâne, parier
sur des beautés tombées de mains plus faibles maintenant comme
laissées aux chiens.
Et si je dis merci pour votre orgueil, Pères, votre
fierté, telle
incroyable bonté qui plus ne peut paraître devant les hommes sinon
sous les dehors d’une déraison sembler folie de nerfs malades lors
qu’elle est la juste Loi, même, justement dite,
impitoyable à proportion qu’amour –  sans bassesse à proportion que
moquée.

 

Comment nous autres qui nous fîmes ces Héros de la froideur, voulûmes
dans d’orgueilleuses jeunesses conduire
la syntaxe au fouet, comment, oui,
comment pouvons-nous avouer dans notre âge mûr qu’ensemble
cédant à notre fureur nous pleurons
à la seule surprise d’un peu de beauté juste
au seul geste d’un don par-delà tout
calcul bénissons d’amour cela même qui
porte notre cœur à nos lèvres en nausées, boitons dans les hoquets de la vie
réelle et
baisons le Nom d’un poète sur
l’éclatante couverture d’un livre ?
Je l’ignore.
Mais le taire serait mentir. Et mentir, ici, cela
ne se peut.

 

(à W.B. Yeats)
Menjoy, 17 juin 1995.


Jean-Paul Michel, Le plus réel est ce hasard, et ce feu, poèmes 1976-1996, Flammarion, édition nouvelle, revue et corrigée, 2006, p. 225

Je remercie Bernard Bretonnière pour cette proposition

Jean-Paul Michel dans Poezibao :
Bio-bibliographie, lecture d'Alain Marc, extrait 1,

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Lecture de Zéno Bianu, le 30 mars à Paris

Vendredi 30 mars 2007 à 19 heures 30
A LA LUCARNE DES ECRIVAINS
115 rue de L’Ourcq, 75020
Métro Crimée

VERS L’OUEST OU VERS L’EST :
EXERCICES D’AIMANTATIONS

Zéno Bianu lira
“Déploration de Chet Baker”
accompagné à la guitare par Mimi Lorenzini

En première partie :
Sebastien Reichmann
lira ses poèmes