Les textes de Paul Valéry réunis sous le titre Littérature ont d’abord paru dans la revue Commerce en 1929 et ont été repris la même année chez Adrienne Monnier.
Les livres ont les mêmes ennemis que l’homme : le feu,
l’humide, les bêtes, le temps, et leur propre contenu.
Paul Valéry, Littérature, dans Œuvres II, édition établie et annotée
par Jean Hytier, Bibliothèque de la Pléiade, 1960, p. 546.
Dans le poète :
L’oreille parle,
La bouche écoute ;
C’est l’intelligence, l’éveil, qui enfante et rêve ;
C’est le sommeil qui voit clair ;
C’est l’image et le phantasme qui regardent,
C’est le manque et la lacune qui créent.
id., p. 547.
La poésie n’est que la littérature réduite à l’essentiel de
son principe actif. On l’a purgée des idoles de toute espèce et des illusions
réalistes ; de l’équivoque possible entre le langage de la
« vérité » et le langage de la « création », etc.
Et ce rôle quasi créateur, fictif du langage — (lui, d’origine pratique et
véridique) est rendu le plus évident possible par la fragilité ou par
l’arbitraire du sujet.
id. p. 548.
L’idée d’Inspiration contient celle-ci : Ce qui ne
coûte rien est ce qui a le plus de valeur.
Ce qui a le plus de valeur ne doit rien coûter.
Et celle-ci : Se glorifier le plus de ce dont on est le moins responsable.
Quelle honte d’écrire, sans savoir ce que sont langage,
verbe, métaphores, changements d’idées, de ton ; ni concevoir la structure
de la durée de l’ouvrage, ni les conditions de sa fin ; à peine le
pourquoi, et pas du tout le comment ! Rougir d’être la Pythie…
id., p. 550.
merci à Tristan Hordé
pour cette contribution
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