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mercredi 12 septembre 2007

L'affaire des livres saccagés à Lagrasse : un nouveau communiqué de l'association Le Marque-Page

Je pense qu’il est important, à de multiples égards, de bien suivre l’affaire des livres mazoutés de Lagrasse, dont Poezibao a déjà parlé à plusieurs reprises. Je donne aussi ici l’adresse de l’association Le Marque Page, afin que ceux qui désireraient soutenir financièrement, même de façon modeste, cette organisation puissent le faire
Association Le Marque-page, Villemagne, 11220 Lagrasse

 

Je publie dans son intégralité (cliquer sur lire la suite de…) le dernier communiqué de l’association

Communiqué de l'association Le Marque-Page, organisatrice du Banquet de Lagrasse (mercredi 29 août 2007)
Lettre n°2

 

Assurances
Le jeudi 11 août à midi, au lendemain de l'attentat perpétré contre le Banquet, les gendarmes des sections de recherche de Carcassonne et de Montpellier, qui menaient l'enquête, ont enfin pu nous restituer les clés de la librairie. Sous la direction des responsables de la librairie Ombres Blanches de Toulouse, qui organisent pour nous depuis de nombreuses années ce pôle majeur du Banquet, les bénévoles de l'association ont commencé à trier les livres, et à nettoyer avec un détergeant domestique ceux dont seule la couverture (pelliculée) avait été touchée. Le spectacle était tout à fait désolant et, ajouté à l'odeur puissante et tenace du gas-oil et de l'huile de vidange utilisés par le commando nocturne, d'un effet anesthésiant certain. On doit donc beaucoup à l'énergie de Martine Thorel, qui sut puiser dans sa colère de quoi mobiliser tout le monde : huit heures plus tard, les livres étaient triés un à un. Sur les 8400 ouvrages exposés sur l es tables de la librairie temporaire au moment de l'attentat, 3600 ont pu finalement être sauvés. Les 4800 autres, détruits par la marée brune, sont stockés à Lagrasse, dans des cartons, dans l'attente du passage d'un expert. Le préjudice est estimé, aujourd'hui très précisément, à 41 000 euros. Si cette somme est moins importante que celle annoncée dans les premières heures, c'est d'abord grâce à cette opération de nettoyage qui a permis de récupérer plusieurs centaines de livres, mais aussi parce que, dans le cadre de la solidarité qui a joué à plein entre tous les partenaires du Banquet, la Librairie Ombres Blanches, qui intervient là comme « prestataire de service » a tenu à abandonner sa marge de bénéfice sur le stock détruit. Reste une question capitale : qui va supporter cet important dommage financier ? On a déjà eu l'occasion de l'écrire ici, les assurances sont pour l'instant très prudentes. Et chacune, celle de l'association organisatrice, du libraire ou du Consei l Général propriétaire des lieux, renvoie à l'autre. Les rares et minces pistes qui subsistent sont examinées à la loupe par les experts. En l'absence de solution, Le Marque Page devra faire face. Une obligation qui aurait pu compromettre l'existence même de l'association et des manifestations futures, si nos partenaires institutionnels – Conseil Général, Centre National du Livre et Région Languedoc-Roussillon – n'avaient d'ores et déjà fait savoir qu'ils seraient à nos côtés pour nous aider à surmonter l'épreuve. 

 

Déjà vu
« Le 7 juin 2004, à environ 3h20, la librairie-galerie La Mauvaise Réputation, 19 rue des Argentiers 33000 Bordeaux, a été victime de graves dégradations. En effet, deux individus de sexe masculin, vêtus de sombre et camouflés sous des bonnets, se sont attaqués à la vitrine de la librairie qu'ils ont cassée à coups de barre de fer. Ils ont ensuite répandu de l'huile de vidange sur le sol et sur la vitrine endommageant les o uvrages exposés. Ils ont été mis en fuite par des voisins courageux qui n'ont pas hésité à les interrompre en menaçant d'appeler la police. Une plainte contre X a été déposée. Cet acte était prémédité, et ne fait que nous rappeler que les sinistres ennemis de la liberté d'expression, ceux qui s'attaquent délibérément aux livres et à la culture, sont toujours bien présents et n'hésitent pas à utiliser des moyens guerriers qui rappellent de sombres périodes de l'histoire. »  (communiqué de La Mauvaise réputation, 8 juin 2004.) Ainsi donc, voici trois ans, à Bordeaux, les petits soldats du pire avaient déjà frappé ! Précisons que la librairie La Mauvaise réputation est spécialisée dans la littérature érotique, et que la veille de cet attentat, s'était tenu à Bègles un mariage homosexuel extrêmement médiatisé, qui avait attiré à Bordeaux la fine fleur des activistes intégristes, venus manifester. L'action avait même été revendiquée par un courrier internet, qui avait permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à un groupuscule d'extrême droite. Mais curieusement, l'affaire s'était conclue par un non lieu...

 

Carte de presse
Tous les observateurs sont unanimes sur un point : c'est l'article de Sophie de Ravinel, paru le 4 août dernier dans Le Figaro, qui a enflammé les esprits, et imposé l'idée d'un conflit avec les Chanoines de la partie privée de l'abbaye.  Nous avons longtemps pensé que la façon pour le moins désinvolte dont elle mit de l'huile sur le feu ne relevait que d'une légèreté journalistique bien répandue. Or, une visite sur le site des catholiques intégristes www.leforumcatholique.org,  nous enseigne que la journaliste du Figaro est une habituée des lieux… Elle a même participé le 18 décembre 2006 à une rencontre sur le thème de la presse.& nbsp; En préambule à ce forum, elle se présente : « Je collabore avec Le Figaro depuis 2002. Présente à Rome depuis début 2001, j'occupais le poste de responsable éditorial au sein de l'agence IMedia. Une responsabilité conservée jusqu'à mon départ de Rome, en octobre 2004. J'ai donc succédé au père Joseph Vandrisse, « grand prêtre » vaticaniste s'il en est. Vaste tâche. Revenue à Paris, c'est assez naturellement que j'ai souhaité être embauchée à temps plein au Figaro. » L'agence IMédia, située à Rome, est une agence de presse qui traite exclusivement de l'actualité quotidienne du Vatican, liée au Pape et à la curie romaine. Sophie de Ravinel est alors interpellée par un internaute, « croisé 81 »… :  « Bonsoir, J'ai lu votre courte présentation sur le F.C.. À titre personnel et tenant compte de vos divers reportages sur le sujet de la Tradition ecclésiale, quel est selon vous le devenir de la FSSPX dans le cas où le Vatican déciderait de la libéralisa tion sans condition de la messe ST Pie V ? » A quoi elle répond :
« Hé bien, j'espère que ce geste pourra permettre d'entamer des discussions apaisées avec Rome, de ramener la paix dans les familles et de lancer au ciel un chant de louange pour cette unité retrouvée. En attendant l'unité retrouvée avec les orthodoxes par exemple, ou les luthériens plus tard... » Puis un autre internaute, « Viam Véritatis », l'interroge :  « J'apprécie beaucoup vos articles du Figaro qui ont été ma seule source d'information avant que vous me fassiez découvrir le Forum.. Pourriez vous me renseigner sur la manière de suivre les cours de théologie par correspondance à Strasbourg ? Je n'ai jamais réussi à vous joindre sur le site du Figaro ! Merci pour votre obligeance » Où l'on apprend donc que Sophie de Ravinel a promu ce forum de catholiques intégristes dans les colonnes du Figaro… Puis à la question, « Vos convictions religieuses personnelles influent-elle s sur votre façon d'exercer votre profession ? », elle répond : « Le meilleur soutien est sans doute celui de l'Esprit Saint, quand on daigne l'écouter. L'orgueil nous guette en Une... Pour le reste, une simple éthique humaine et du bon sens permettent de bien gérer ce métier. » C'est sur ce même « forum catholique » que le 9 août, à 17 heures, un certain « Arf », met en ligne la dépêche AFP qui annonce le saccage de la librairie du Banquet, et qui sous le titre « Du bon boulot à Lagrasse »,  s'exclame : « C'est pas le mien, mais j'aurais volontiers fait des heures sup pour filer un coup de main ! »…

 

L'enquête
Elle semble s'être définitivement concentrée sur les milieux extrémistes proches des catholiques traditionalistes. Mais elle sera, de l'aveu même des gendarmes, très longue. Même si les enquêteurs sont très déterminés. « Contrairement à ce que certains pensent, les seules pressions que nous subissons sont celles qui nous poussent à alle r jusqu'au bout, sans nous soucier des milieux dans lesquels l'enquête nous mènera. »

Les organisateurs du Banquet de Lagrasse remercient tous ceux, très nombreux, qui, sous diverses formes, leur ont apporté leur soutien, et manifesté leur solidarité.
(à suivre)

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