Syndications pour Poezibao

« Adhérer à une absence (à propos de Guillevic) | Accueil | Notes sur la poésie : André Frénaud »

jeudi 29 novembre 2007

Anthologie permanente : André Frénaud

La vie comme elle tourne
et par exemple

 

 

 

Ça va, ça tourne, c’est débrayé,
depuis toujours ça tourne mal.

 

Les parties nobles, les parties douces,
la matière grise,
Les nouveau-nés, les chevronnés, les charlatans,
les désolés, les acharnés, les ortolans,
les magiciens, mécaniciens et les fortiches,
tout est égal et fait du vent.
Tout se dépose et sous la langue fait amertume.
Corps rechignés, amour rendu.
À roue qui tourne, éclats, fumées.
Cela donne soif, faut en convenir.
Ça vous complique et vous recuit.
Ça vous alarme, ça vous suffoque.
Tout se morfond et se déglingue ou se raidit.
Se prend, s’enfonce. Vas-y. Va-t’en. La joie, la frime.
La folie calme et les grands cris. Ça prend confiance.
Ça va venir. Parties honteuses, le cœur ballant.
Rêverie pleine et la dent creuse.
Le corps brûlant. Ça reprend vie.
Ça va venir… T’émerveilla…
Tout est pour rien
Tout vaut pour rire.

 

André Frénaud, Nul ne s’égare, Gallimard, 1986, p. 97 & en Poésie / Gallimard, 2006, p. 265

 

contribution de Tristan Hordé

 

André Frénaud dans Poezibao :
Bio-bibliographie d'André Frénaud,
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, extrait 5, extrait 6, extrait 7
annonce parution Nul ne s'égare en Poésie/Gallimard,

 

index de Poezibao
Revenir à la Une de Poezibao

 

Sur simple demande à f.trocme@poezibao.com, recevez chaque jour l'anthologie permanente dans votre boîte aux lettres électronique

Commentaires

"Tout est pour rien Tout vaut pour rire" Ainsi du grand tintouin Pour fêter les cent ans de Char poète réfractaire...officiel Quand les cent ans d'André Frénaud sont passés "à la déglingue" Il n'y a pas de paradis

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas sur ce weblog tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Ce weblog autorise uniquement les commentaires émis par des utilisateurs enregistrés. Pour commenter, merci de vous identifier.