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mercredi 05 décembre 2007

« La voix hors champ » d’Eugenio De Signoribus

C’était après l’Institut Culturel italien la veille, au tour de la Maison de la Recherche de la Sorbonne, d’accueillir ce 4 décembre 2007 Eugenio De Signoribus à l’occasion de la traduction aux éditions Verdier de Ronda dei conversi (Garzanti Milan 2005) - ouvrage accueilli comme un chef-d’œuvre à sa parution (cf Poezibao en date du 23 novembre).

 

Martin Rueff, qui a traduit, postfacé et annoté le livre, Jean-Yves Masson traducteur et connaisseur de l’œuvre de Mario Luzi, ont au cours des deux heures de dialogue, de lectures, de questionnements, très certainement amené les auditeurs à accéder à la demande d’Yves Bonnefoy « non tant de lire [cette œuvre] que de la méditer, de la recommencer en eux, de se convertir à elle » (préface du livre).

 

Ils le firent en situant tout d’abord l’auteur dans son époque et notamment par rapport à son grand aîné Mario Luzi, conscience morale de l’Italie après le « passage du millénaire », en évoquant la « poésie de la résidence » - Eugenio de Signoribus, soulignant que « ce sont les visages qui donnent le paysage » -, en explorant la thématique du oui et du non en référence à Paul Celan (cf. les poèmes « Ça ne sert à rien », « Oui, la mémoire » p. 33 , et en écho final « Bilan » p. 83), mais le poète intervenait « sans réserve » (la sienne est très grande ) avec (voix hors champ) défaisant presque les parenthèses ; nous laisserons le dernier mot donc à ce poème :

 

(voix hors champ)

 

vous
qui empiétez sur vous

 

à nuit déroulante
vous vous tourmentez encore
pour la conjuration du jour s'écoulant
du jour que vous voulez écoulé

 

avec votre non puissance
avec l'usure de vos désarmements
vous voulez toujours enrayer
la maladie du mal

 

vous ne voulez pas la vie destituée
la mort immortelle...
qu'on soit, vous voulez, que nous serons,
avant le dernier deuil

 

que ne se perde pas ce qui ne
peut jamais faire l'objet d'un troc
dans le sommeil ou dans la révolte:
l'innocence

 

de cette croyance
qu'on vous donne acte

 

©Ronald Klapka

Commentaires

Pour les italianistes et les amoureux de la langue italienne (VOCE FUORI CAMPO) voi/ che in voi sconfinate// a notte svolgente/ vi tormentate ancora/ per la congiura del giorno scorrente/ del giorno che volete scorso// con la vostra potenza/ con l’usura dei vostri disarmi/ volete arginare ancora/ la malattia del male// non volete la vita destituita/ la morte immortale…/ che si sia, volete, che saremo,/ prima del lutto estremo// che non si perda ciò che mai/ può essere un baratto/ nel sonno o nella rivolta :/ l’innocenza// di questa credenza/ vi sia dato atto// Eugenio De Signoribus, Ronde des convers (édition bilingue), Éditions Verdier, 2007, p. 44.

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