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mercredi 26 mars 2008

Anthologie permanente : Ivar Ch'Vavar

 

 

Hölderlin au mirador (suite)

 

24.
John Cage : Sixty-two mesostics re Merce Cunningham. - Hat Hut
Record Ltd. -
hat ART CD 60951. - 93 mn.04. – Pendant longtemps et très
longtemps, il n’y a rien, que des disques qui tournent
sur un même plan, apparemment infini (on n’en voit pas
les limites). Puis ça tourne autrement, tout, et c’est tout
autre chose. Un monde dont la familiarité est terriblement fausse, mais
dont la réalité, et réalité familière – est (terrible) indubitable. Ce monde
est là. oh la terre verte sous un ciel gris-bleu dans
les yeux rouges pleins de pollen. Les fétus d’paille crasse
sa sous-tasse est sur la table. Elle passe dans les chambres
se déplace au bord d’un trou

 

                                                 les bouteilles s’empilent
jusqu’à l’ampoule. De vastes plaques de torchis calaminées s’
agenouillent dans le ciel blanc. O ciel ! ma maison s’écroule
Aussi suis-je obligé d’escalader sans fin des murets, des
barrières, des grillages. Il y a des chiens qui aboient, des
phares de voitures…. culs de poule des siècles la paille du
prie-Dieu le servant dort encore dans l’amidon blanc tavelé la
Terre est un cercle pour les mots piétinant moisissures et terre
des murs irrespirables. Mais contrôlez périodiquement la lisibilité
                                                [Leurs fenêtres poussiéreuses
ne nous regardent plus. alla dans le garage parce qu’il
entendait un étrange bruit de battement, de froissement, pareil à celui
d’une sorte de ventilateur. A l’intérieur du garage plongé

 

dans la pénombre, il s’aperçut qu’un oiseau battait des
ailes contre la fenêtre de derrière encombrée de toiles d’araignées,
essayant de sortir. Cela vient du ciel ou d’ici (oui)
Arraché au soleil dilacéré Notre âme se déchire aux confins de
l’univers Sur la table de la cuisine ça sent le
fagot oh oh la fumée monte Il s’agit d’incorporer
l’air, que le blanc respire, de creuser dans la dureté,
de conserver le trou (ch’treu-we) l’habitat du visage et
le chaos des murs. et du plâtre aussi (que prennent les
pieds à terre) De l’autre côté de la fenêtre, le
ciel est d’un bleu violent, avec douceur ; la verdure
[...]

 

Ivar Ch’Vavar, Le Jardin Ouvrier, Flammarion, 2008, p. 102

 

Bio-bibliographie d’Ivar Ch’Vavar

 

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