Outils Poezibao

Syndications pour Poezibao

« Revue Critique, Les Intensifs, (lecture d'Anne Malaprade) | Accueil | La mort de la poétesse danoise Inger Christensen »

lundi 05 janvier 2009

Notes sur la poésie : Paul Valet

 

 

ART POETIQUE MUTIN

Il n’y a qu’un seul moyen de se libérer des poèmes hygiéniques décrottés     Rugir sans répit
Se relire cent fois avant chaque virgule ridicule
La fin est plus féroce que le début     Elle part en claquant les portes et en les pulvérisant.
Ni femmes ni fleurs ni couronnes
Ebranler sauvagement tout essai de s’asseoir sur la chaise percée du Cénacle     Tabernacle
Piétiner tout idole et ses prêtres aux rictus purulents
Il importe que l’oscillation du texte poétique se nourrisse d’un déséquilibre à tout épreuve
Pas de normalité ni de normalisation   Bâillonner la petite bouche
Dépasser l’envers de tout cri d’horreur insondable
Etouffer la paix intérieure et son aura narcotique
Inconfort parfait
Dérèglement de l’attention d’où jaillira le poème libre de contrainte de préméditation ou d’écriture automatique
Rayer     Traquer     Bouleverser     Mutiler     Trébucher
Dévaster les barrages
Je ne vous promets que du feu et des cendres
Essayez de compter ma dure Poésie Crucifiée !
Car ce n’est pas moi qui sévis mais ELLE dont je ne suis que Témoin et Valet

 

Paul Valet, in Jacques Lacarrière, « Soleils d’insoumission » : Paul Valet, Jean-Michel Place Poésie, 2001, p. 96

 

 

Commentaires

La poésie est une grande mutilée / Il lui faut des béquilles pour marcher / Des lettrines pour frapper / Des paroles pour parler / Des images pour voir / Des sourdines pour entendre / Paul Valet, Les poings sur les i, Mercure de France, p.32

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.