Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les
derniers ouvrages reçus par Poezibao.
Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les
présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.
°Jacques Demarcq, Nervaliennes, José
Corti
°Mathieu Messagier, Poèmes sans tain,
Flammarion
°Gérard Haller, Deux dans la nuit,
Galilée
°Dominique Quélen, Loque (une élégie),
fissile
°Claude Vigée, La Double voix, Parole
et Silence
°Quatre plaquettes des Editions Contre pied :
Claude
Chambard, La Montée des Couardes
Eric Suchère,
Variable
Nicolas
Tardy, Le Québec Livre
Katy Remy, La femme des petites provinces
°Vincent Wahl, Tous les râteliers !
°Nezahualcoyotl, Sur cette terre à nous
prêtée, Arfuyen
°Pavie Zygas, Familiarité de la montagne
vide, Éditions Pictura
°Serge Nuñez Tolin, L’ardent silence,
Rougerie
°Robert Nédélec, Effet d’annonces,
suivi de Carré chinois, Éditions N&B
°Philippe Fumery, Caïeux, Éditions Henry
et
la revue
°Ce qui secret, n° 1
Notices détaillées de chacun de ces
livres en cliquant sur « lire la suite de…. »
•Jacques Demarcq
Nervaliennes
coll. « en lisant, en écrivant », José Corti, 2010
18 €
Parution le 4 février
« Nerval m’est un vieil ami. Peu
enclin au romantisme, je me suis souvent demandé ce qui me liait à lui. J’étais,
je suis toujours, fasciné par les sonnets des Chimères, bien sûr : leur énigme et leur limpidité tout à la
fois. Mais c’est surtout dans Sylvie
et ses autres récits du Valois que je me promenais ; j’y retrouvais un peu
de mes paysages dans une contrée proche.
Je me suis mis à écrire avec lui. J’ai emprunté la trame d’un de ses contes
pour un livret d’opéra dont le style, certes, est aux antipodes du sien. Plus
tard, j’ai retracé sa vie dans la bouche d’un enfant. entre temps, je lisais et
relisais Sylvie, Aurélia et ses autres textes. Plus j’allais, plus son écriture
acquérait une vie autonome, détachée de sa biographie et des paysages qu’il a parcourus,
pour s’engager avec une incroyable lucidité dans la folle aventure des signes.
Comme l’a senti Proust, il est l’anti-Saint-Beuve : sa vie l’explique peu.
Son œuvre montre avec douceur qu’un être humain vient moins au monde qu’il ne
tombe dans le langage : une mise en forme de la réalité dont les bases
culturelles, toujours un peu mythiques, recèlent désirs et dangers. Nerval ne m’en
est devenu qu’un ami plus intime.
•Mathieu Messagier
Poèmes sans tain
autres sauvageries
Flammarion, 2010
19,50 €
« Les Poèmes sans tain réunissent quatre suites majeures, composées
par Mathieu Messagier au cours de ces dernières années : Two snakes, une série de textes
ironiques et brefs ; Mal de vair,
pièce de « théâtre dépareillé » loufoque et débridée, où dialoguent
le scribe, la patronne et le cobra royal – mais aussi Bruce Lee, Sganarelle,
Gilgamesh et bien d’autres figurants – les
poèmes sans tain, « eux-mêmes », où se répondent des strophes
brèves et des laisses plus amples, « poésie journalière », « tiers
inconnu » et « traité des outres célestes » : les Notes du dehors, enfin, qui
synthétisent à elles seules la dernière manière de Messagier, déroulant dans un
langage somptueux ses conjonctions éblouies et ses illuminations souveraines.
L’auteur, qui vient de fêter son soixantième anniversaire, poursuit dans cet
imposant volume sa pratique de l’écriture comme une fête ininterrompue – nous offrant
le grand lâcher céleste de ses
poèmes, dans leur espace aérien, lumineux, intemporel. » (prière d’insérer)
•Gérard Haller
Deux dans la nuit
récit
Éditions Galilée, 2010
18 €
« Nuit. Ciel de nuit noir et tracé blanc des nuages. Lentement lentement
qui passent. Rien avant. Images et retour à rien. Noir vide solitude. C’est là
que ça a commencé : quelque part dans la grande nuit là-bas du
commencement.
Silence
Puis l’appel. Loin, la voix d’une femme
dans la nuit qui appelle : Viens ! C’est bon elle dit, viens !
et l’homme plonge et s’enfonce et disparaît dans l’eau noire qui était le ciel. »
(incipit)
•Dominique Quélen
Loque
(une élégie)
fissile, 2009
18 €
« La forme des jardins de Rome.
Blouson pick-up, Assagialo, amico. Prendi. Avec une audace oui proprement
de mouche que te tourne autour. Et ces yeux, ces yeux. Tout est jaune ici,
jaune pâle. Ou ocre. Ou blanc. Toute la végétation est naturelle, oui. On vend
des perles, des porte-clés, des baskets, bottes, bottines, ça n’a jamais
vraiment marché. Le cuir des fontes, le fer des cantines, la nage en bassin. Santa
Maria dei Sette Dolori.
Tout par sept, amico : sette lingue, sett paure. Un misto
di tutto, vero ? Et l’autre pendant ce temps : ceci est mon corps, etc.
[...] (incipit)
•Claude Vigée
La double voix
Parole et Silence, 2010
21 €
Poèmes, essais et entretiens nouveaux, « Cahier parisien », extraits
de lettres d’autrefois.
« Toute l’œuvre de Claude Vigée, à travers sa réflexion sur la pensée
occidentale et sa médiation sur les figures de la tradition juive, constitue un
questionnement de la parole qui s’ancre toujours dans la petite enfance :
le réel persévère dans son être en deçà des caprices linguistiques et les
escapades à bicyclette dans les mystérieuses brumes du Ried conservent leur
aspect joyeux. La jouissance du dire demeure ; le plaisir de la langue
existe en deçà des mots eux-mêmes. C’est cela la parole humaine, l’allégresse
de l’existence se révélant à elle-même.
Ce livre rassemble les écrits des deux dernières années (2008-2009). (prière d’insérer)
•Quatre plaquettes des Editions Contre
pied :
Claude Chambard, La Montée des Couardes
Eric Suchère, Variable
Nicolas Tardy, Le Québec Livre
Katy Remy, La femme des petites provinces
Plus de détails sur ces quatre livres, ici
Depuis 19 ans l’association Autres &
Pareils poursuit ses activités et son développement : expositions,
programmes de lectures publiques, revues, éditions, bande dessinée, réseaux de
diffusion, art en papartmeent, partenarait, organisation de concerts et de
manifestations culturelles.
Parmi toutes ces activités, les éditions Contre-Pied qui fêtent actuellement
leurs 15 ans, avec une grande
manifestation.
(adhésion et abonnement aux Éditions Contre Pied, 20 € - site).
Viennent de paraître 4 nouvelles plaquettes.
•Vincent Wahl
tous les râteliers
Rumine deux
Éditions Rhubarbe, 2009
12 €
Poezibao publiera cette semaine une
note de lecture d’Alain Helissen sur ce livre.
•Nezahualcoyotl
Sur cette terre, à nous prêtée…
Les Chants de Nezahualcoyotl, roi de Texcoco
Traduit du nahuatl et présenté par Pascal Coumes et Jean-Claude Caër
Éditions Arfuyen, 2010
14 €
Nezahualcoyotl est le plus grand nom de la poésie précolombienne, et son œuvre,
peu importante en volume, occupe dans la littérature mondiale une place de
premier ordre, aux côtés des « Psaumes »du roi David ou des « Fragments »d’Héraclite.
Une première édition du présent volume a été publiée il y un quart de siècle
(1985) aux Éditions Obsidiane avec une préface de J. M. G. Le Clézio : « La
poésie du monde, écrivait-il de Nezahualcoyotl, ne nous montre pas poète plus
contradictoire, plus mystérieux que celui-ci, pouvant exercer sur nous (qui
lisons ses chants à un demi-millénaire de distance) une telle fascination,
mêlant au bonheur d'une langue exaltée et vibrante le trouble de l'ambiguïté,
l'impression d'un sens incertain, fugitif et parfois éblouissant comme un
reflet, comme un songe. » Et il ajoutait : « Cette poésie fastueuse
et incantatoire, que les nobles déclament dans la cour du roi, se charge ici
pour nous d'une grâce nouvelle : seule voix vivante de ce monde aboli par les
Conquistadores espagnols, cette poésie est aussi celle d'un homme simple, qui
nous dit avec force les choses les plus émouvantes et les plus vraies de la vie
de tous les jours : la fragilité de l'amitié et de l'amour, le temps qui passe,
l'insolente beauté de la jeunesse, son ardeur, son triomphe éphémère, et
toujours, ce monde voué à la mort et à la destruction, sous le regard du dieu
qui l'a créé. »
Les Chants de Nezahualcoyotl sont habités par trois grandes interrogations :
sur Dieu, sur le destin de l’homme et sur la parole.
•Pavie Zygas, François Marquez
Familiarité de la montagne vide
Éditions Pictura, 2009
20 €
haute digitale jaune haute asphodèle
champ bleu d’iris du ciel profond
soif
la douleur est la montagne vide
masse implacable jamais ne fait défaut
ne crie pas
ne bouge pas
Pavie Zygas est née en 1949. Elle a publié en revues dans Arpa, Grèges, Neige d’août, La Traductière, Triages, Voix d’Encre, Osiris
(États-Unis), enfin dans moriturus n°
3-4 et 5
Son premier livre, berceau de branches
vides, est paru chez fissile en 2007.
•Serge Nuñez Tolin
L’ardent silence
Rougerie, 2010
12 €
Cette voix que l’on entend
comme un ardent silence,
ce n’est pas le silence
sans cesser exactement de l’être
C’est un acquiescement,
un achèvement de l’être
où les mots se sont retirés
un silence qui est la réalité entière.
•Robert Nédélec
Effets d’annonces, suivi de Carré chinois
Coll. Poésie,
Éditions N&B
13 €
Robert Nédélec vit en Provence. Il a publié une vingtaine d’ouvrages notamment
aux Éditions de l’Arbre et à L’Arrière-pays. Dans Effets d’annonces, son langage luxuriant cherche à cerner le monde.
(dos du livre)
•Philippe Fumery
Caïeux
Éditions Henry
6 €
un brin d’oyat,
plié, agité,
branche de compas,
dessine des arcs de cercles
autour de son pied.
et
la revue
•Ce
qui secret
numéro 1
« maintenant le oui »
10 € (où
trouver la revue)
Premier numéro d’une nouvelle revue, Ce qui secret. Son comité artistique :
Olivier Boréel, Loïse Bosdeveix, Guénaël Boutouillet, John Froger, Frédéric
Laé, Soizic Lebrat, Guillaume Lecompte, Marc Perrin.
Site de la revue