Syndications pour Poezibao

mardi 16 janvier 2007

Sauver les études littéraires, un appel à signatures

Etudes littéraires : une mort annoncée ?

Dans un contexte alarmant pour la littérature, de crise de la librairie indépendante et de l’édition de création, à un moment où les œuvres d’exigence peinent à rencontrer leurs lecteurs, un rapport de l’Inspection Générale constate que la filière Littéraire de l’enseignement secondaire est en voie d’extinction.
Même si, de manière dominante, la Littérature y a été instrumentalisée pour privilégier l’enseignement du discours, c’est néanmoins la seule filière de notre système scolaire où se transmet encore une culture littéraire ; où la philosophie est vraiment présente ; où sont dispensés les seuls enseignements spécifiques d’art : musique, arts plastiques, cinéma, théâtre, danse et histoire des arts… Aucun ministre de l’Education nationale ne s’est jusqu’ici avisé de requalifier cette filière. Fatalité, ou volonté délibérée de la laisser disparaître ?
Dans l’état présent : quasi plus de littérature et civilisation en langues étrangères. Pas de traduction, réputée impure, ou alors en échantillon, en un temps où l’on se réclame de l’Europe à tous coins de rues ! Comment affronter le renouvellement générationnel et les exigences de l’intégration, initier aux circulations métissées du monde en restant étanche aux oeuvres de l’imagination et des idées venues d’ailleurs. En fossilisant programmes et pédagogie de la littérature face aux mutations des outils modernes, en laissant se dévaluer une formation intellectuelle et artistique, indispensable dans tous les champs de l’activité sociale.
Est-il encore temps de crier au scandale devant l’impéritie ? D’affirmer que l’enfant, héritier légitime du patrimoine artistique et acteur vivant de sa propre culture se nourrit autant aux œuvres de l’art et de l’esprit qu’aux sciences réputées exactes et aux savoir-faire techniques. Que la Littérature n’est pas une « discipline » parmi d’autres.
L’art littéraire est irréductible aux autres. Il est par essence l’espace critique où la langue travaille, en pensée et en imaginaire, où fermentent les réalités et les utopies, sans lesquelles aucune société n’est viable. Face aux fanatismes, croyances irrationnelles et dérives idéologiques qui feront le lit des horreurs de demain, la transmission du capital intellectuel et artistique de la littérature est une affaire de vie ou de mort.

La Maison des Ecrivains appelle la communauté des écrivains, les critiques littéraires, avec eux tout ce que notre société compte d’artistes, d’intellectuels, d’éducateurs et d’agents de la culture, de professionnels du Livre, éditeurs, libraires et bibliothécaires, et les responsables politiques à dénoncer le danger majeur de voir disparaître la littérature de notre enseignement.

 

Signataire du texte, j’appelle les lecteurs de Poezibao qui le désirent à joindre leur signature en se connectant à l’adresse suivante (indiquer « appel » dans la ligne objet de votre mail
florence Trocmé

courrier@maison-des-ecrivains.asso.fr

site de la maison des écrivains : texte de l’appel

parmi les premiers signataires :
Jeanne Benameur, écrivain
Bernard Chambaz, écrivain
Anne-Marie Garat, écrivain
Jean-Louis Giovannoni, écrivain
Sylvie Gouttebaron, écrivain, Directrice de la Maison des écrivains
Jean-Michel Maulpoix , écrivain, Professeur d'Université, Président de la Maison des écrivains
Jean-Yves Masson, écrivain, Professeur à la Sorbonne
Daniel Maximin , écrivain
Jean-Baptiste Para, poète et traducteur
Elisabeth Brami , écrivain

mardi 19 décembre 2006

La tombe d'Aloysius Bertrand en péril

Le Gibet

Ah ! ce que j’entends, serait-ce la bise nocturne qui glapit ou le pendu qui pousse un soupir sur la fourche patibulaire ?

Serait-ce quelque grillon qui chante tapi dans la mousse et  le lierre stérile dont par pitié se chausse le bois

Serait-ce quelque mouche en chasse sonnant du cor autour de ces oreilles sourdes à la fanfare des hallali ?

Serait-ce quelque escarbot qui ceuille en son vol inégal un cheveu sanglant à son crâne chauve ?

Ou bien serait-ce quelque araignée qui brode une demi-aune de mousseline pour cravate à ce col étranglé ?

C’est la cloche qui tinte aux murs d’une ville sous l’horizon, et la carcasse d’un pendu que rougit le soleil couchant

Aloysus Bertrand, Gaspard de la Nuit


Poezibao
a reçu cette information de l’Association pour la mémoire d'Aloysius Bertrand.

« La tombe du poète Louis, dit Aloysius, Bertrand, auteur de Gaspard de la Nuit, a été reprise administrativement par la ville de Paris en raison de sa vétusté et elle est retombée dans le domaine public. Elle sera détruite et les restes mis en ossuaire si des travaux de restauration n'ont pas lieu. Nous collectons donc des fonds dans ce but, et sommes en contact régulier avec la Conservatrice du cimetière Montparnasse, ce qui laisse un sursis.
Les nouvelles concernant l'Association pour la mémoire d'Aloysius Bertrand sont en ligne sur ce site. »

Marion Pécher, présidente de  l'"Association pour la mémoire d'Aloysius Bertrand" de loi 1901.
Marion Pécher est professeur de piano et elle diffuse cette information notamment dans les milieux musicaux (rappelons le Gaspard de la Nuit de Maurice Ravel, inspiré par le texte d’Aloysus Bertrand).

jeudi 14 décembre 2006

Farrago dépose le bilan

J’apprends à l’instant via le Tiers Livre de François Bon que Farrago, ex Fourbis, dépose le bilan. Si les nouvelles du côté d’Al Dante semblent encourageantes, il faut rappeler aussi le péril dans lequel se trouve Comp’Act.

mardi 12 décembre 2006

Comp'Act en péril (suite) : un mail de Vincent Gimeno, pour l'association Circé

Paris, le 8 décembre 2006

Chers amis,

Le mail de Henri Poncet est éloquent. Et même si une structure comme Léo Scheer n’a pas fait que du bien à l’édition (tout du moins à la nôtre, la petite édition indépendante), la disparition de sa structure de diffusion ne représente qu’un symptôme de plus dans ce mal être de l’économie de la petite édition.

Bientôt également disparaîtra In extenso.

2007 sera, devra être une année cruciale.

Cela fait déjà quelques années qu’on se lamente du sort de la diffusion de la petite édition.

Cela fait quelques années que les plus hautes instances, locales, régionales et nationales prêtent une oreille attentive au sujet.

Et dans la tourmente, l’on regarde tous les jours tomber ses soldats sur le front. Je parle aussi de la situation critique de la librairie indépendante

Depuis quelques années, à vos côtés, nous tirons la sonnette d’alarme.

Mais de l’oreille attentive, il faut maintenant passer aux solutions concrètes et urgentes : si l’on continue de laisser ainsi le paysage se désertifier en imaginant des solutions à moyen terme (d’ici quelques cinq ans), il sera bien trop tard ; et de toute façon ces solutions imaginées à ce stade seraient à reprendre dans l’ensemble, car, que resterait-il dans quelques années ?

Au coeur de cette bataille, Circé et quelques autres associations (Ent’revues, L’Autre Livre) se proposent depuis tout ce temps pour agir. Mais aujourd’hui nous n’avons guère hélas les moyens d’un fonctionnement pour commencer de mettre en place des moyens autres de diffusion, de distribution, avec une redéfinition de ces termes.

Certes, il y eut la tentative du S.N.E. d’imposer « Calibre ». Oui mais à un tel degré critique de « concertation » et de cohésion que la mission semblait perdue d’avance.

Tant au niveau local qu’interrégional et national, notre tâche à tous pour 2007 sera de convaincre de l’urgence avant que disparaisse ce tissu de diffusion du livre, indispensable à notre activité.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’avancée des travaux.

Très chaleureusement,

Pour l’association Circé,
Vincent Gimeno

 

dimanche 10 décembre 2006

Encore un éditeur de poésie en difficulté : appel à soutien à Comp'Act

Lettre collective aux amis de Comp'Act

Chers amis,

Comp'Act, avec une quinzaine d'autres éditeurs, vient de subir de plein fouet la suppression, par Léo Scheer, de la Fédération Diffusion, qui nous laisse dans les pires difficultés éditoriales et financières, au moment où le contexte est particulièrement dur pour l'édition de création.

Nous sommes sur le pont; nous nous battons de toutes nos forces, nous et notre entourage immédiat, pour défendre Comp'Act, réorganiser notre maison, élargir nos appuis.

Nous allons y parvenir. Cependant, nous avons un besoin urgent de soutien, notamment de la part de ceux qui sont les plus proches de nous, c'est-à-dire nos auteurs et leurs lecteurs.

La façon la plus efficace de nous apporter votre aide est d'acheter et de faire acheter quelques-uns des livres de notre fonds, de façon à nous apporter de l'air frais pendant que nous menons ce combat, et nous aider ainsi à le gagner.

Ce sera aussi l'occasion, pour beaucoup d'entre vous, de découvrir des livres qui ont connu une diffusion insuffisante du fait même des disparitions successives, depuis 1986, de Distique 1, Distique 2, puis Distique 3, Alterdis, Libredit, et aujourd'hui la Fédération Diffusion.

L'édition de création – secteur qui a toujours été très difficile – est devenue désormais, nous l'affirmons, une activité sinistrée, de plus en plus impossible. Il convient que tous les amis du livre en aient une conscience aigüe.

Merci de faire le geste que vous pourrez pour votre maison d'édition.
Amicalement à chacun d'entre vous.

Pour Comp'Act,
Henri Poncet

Nous joignons à cette lettre une liste des ouvrages de notre fonds, accompagnée d'un bon de commande, à télécharger ici : Téléchargement liste_livres_Comp_Act.pdf

samedi 02 décembre 2006

Attaques contre la culture, attaques contre les personnes, une pétition contre les propos de Georges Frêche

« Il avait liquidé le Centre régional des Lettres avec une rare brutalité; saccagé le Festival de poésie de Lodève « Les voix de la Méditerranée »; agressé verbalement des danseurs orientaux coupables de s'être présentés devant lui pieds nus (le texte intégral de la pétition et la liste des premiers signataires….)

Une pétition nationale d’écrivains est organisée à l’initiative d’Yves Charnet (avec Bernard Noël, André Velter et Alain Leduc) contre les propos de Georges Frêche. La pétition est hébergée sur le site de la Maison des Ecrivains.

signatures à envoyer à alaingeorges.leduc@free.fr

dimanche 05 novembre 2006

Vous parler de Fusées

05_fusees

 

Vous parler de FUSÉES. Vous dire que c’est une revue très revue. Vous dire qu’une revue très revue c’est une revue spectaculaire. Vous dire que FUSÉES est spectaculaire. Vous dire que FUSÉES traverse une période de remous. Vous dire que Leo Scheer en arrête la diffusion. Vous dire que cela signifie que ce sera à l’équipe emmenée par Mathias Pérez directeur de la publication de l’assurer. Vous dire qu’on sait ce que ça veut dire en terme de démarches fatigues contrariétés difficultés. Vous dire qu’on a un peu peur que FUSÉES ne soit plus facile à trouver. Vous dire que s’abonner c’est utile alors pour aider FUSÉES. Vous rappeler qu’en ce moment beaucoup de décès Al Dante Grèges Lignes. Vous dire que La littérature est un antidote aux poisons mentaux que distillent, à hautes doses, les médias.

Vous parler du numéro 10 de FUSÉES. Vous dire qu’on aurait aimé (mais on ne sait pas) mettre la couverture au milieu du texte et l’habiller avec le texte. Pour que ça pète ça explose. Normal pour FUSÉES. Vous dire que ça détonne là-dedans. Vous dire que c’est un pur bonheur. Explosante fixe ? Un dossier Pennequin qui fait crac boum U avec des textes décapants de Pennequin lui-même pourquoi on fait dans le ratatiné. Des textes des frères de Pennequin qui sont aussi des sœurs Julien Blaine Cécile Richard Laure Limongi Serge Pey Philippe Boisnard Pierre Ménard Julien d’Abrigeon Anne-James Chaton qui cite même Poezibao dans son texte inventaire des poches de Pennequin et puis encore d’autres on ne peut pas citer tout le monde ça joue dans tous les sens avec les mots avec la typo la vie est un trou et nous avons les moyens de vous faire exister. Vous dire que ça fait exister tout ça. Et que ce n’est pas fini. Après Pennequin dans ce FUSÉES les Frères Poivret avec leurs drôles de machines et leurs drôles de compositions. Vous dire d’aller regarder de plus près les dessins de Mathias Pérez avec les textes de Raymond Federman, les tomographies et les scans de Romain Nicoleau. Vous dire que sur la fin de FUSÉES non seulement ça fuse mais ça jazze avec le projet Sculptures, jazz et improvisations d’Alain Kirili avec des photos formidables d’Ariane Lopez-Huici. Vous dire qu’on n’en est qu’à la page 157 de FUSÉES et qu’il y a encore un excitant cahier Jazz Poetry (Sandburg, Langston Hugues, Cummings, William Carlos Williams, Spicer As tu jamais lutté avec un oiseau / crétin de lecteur, etc.) Et puis encore une substantielle anthologie des « TXT » : Demarcq, Le Pillouër, Prigent, Verheggen, etc.

Vous dire que FUSÉES continue, que le prochain sera un hors-série avec reprise des temps les plus explosifs des FUSÉES précédentes, des dossiers Joëlle Léandre Oskar Pastior Antoine Duhamel, Maison de la culture Yiddish-Bibliothèque Medem. Vous dire que l’abonnement pour trois numéros c’est 61 €. Vous dire VITE et que pour tous renseignements le site de Fusées. Vous dire que FUSÉES ce sont aussi les éditions Carte Blanche.

©florence trocmé

dimanche 22 octobre 2006

Carte Blanche à Edith Azam

Edith Azam vient de m'adresser cette lettre, en réaction à l'annonce du dépôt de bilan de l'éditeur Al Dante.

Bonjour -
Je dis Bonjour pour faire poli -
Je ne suis pas polie: suis colère -
En colère je ne suis pas polie -
J'écris, et d'avoir à écrire, pour une fois, c'est inadmissible -
Inadmissible d'avoir à dire que AL DANTE s'effondre -
Inadmissible de laisser disparaître un travail de 10 ans, un travail colossal -
Qu'est-ce que j'en sais?
Rien, je ne sais jamais rien. Juste qu'il y a des gens qui se battent, refusent le système et s'investissent pleinement dans des projets époustoufflants. Laurent CAUVET est de ceux-là, les auteurs qu'il édite idem -
Je les connais? Peu, mais MERDE -
Merde, on ne peut pas baisser les bras, on ne peut pas laisser tomber, gober les mouches en se vidant la tête -
Je ne sais pas à qui écrire. Je ne sais pas quoi faire: ça m'horripile. Etre démunie m'horripile -

Je m'adresse à tous ceux, saboteurs du langage, et je voudrais vous voir tous là: Alors je vous dirai que je vous MERDE parce que vos mots à vous, c'est ça. Vous ne savez rien dire d'autre que ça: et HUMAINEMENT, c'est TERRIBLE -
Vous êtes des petits cochons -
edith azam


mardi 17 octobre 2006

L'éditeur Al Dante en très grande difficulté

Je diffuse ici un message que Philippe Boisnard a publié sur son excellent site Libr-critiques (de multiples informations sur la poésie contemporaine, surtout dans ses mouvements les plus avant-gardes) :

.« Nous le savions depuis quelque temps, mais la nouvelle vient d’être diffusée par François Bon sur remue.net : Al dante va mal, très mal. Dimanche en écrivant la chronique Publication ? publications… cette nouvelle hantait ce qui était écrit. Al dante va mal, et c’est non pas seulement un lieu de publication qui risque de disparaître, mais c’est une partie de la généalogie de la poésie contemporaine française qui d’un coup peut se figer : car c’est bien là qu’aussi bien Dedans de Pennequin est sorti, que La Chaussée d’Antin de Heidsieck nous a été donné à entendre, que les chroniques de la 5ème feuille de Blaine se sont succédées sur plusieurs années, c’est là que Le Professeur a réussi à nous apparaître dans une cru[au/di]té absolue, c’est là que Federman a retrouvé le chemin de la France avec sa Tante rachelle, c’est là encore que Tarkos a publié l’argent ou le bâton avant de nous donner sa langue, c’est là encore et encore que Sivan a donné sa graphie motléculaire dans Grio et nous a offert de revenir à Roussel, c’est là que Fiat a donné à lire New York 2001 en creux d’un tournant historique à la Arthur C. Clarck, ou bien que Chaton a diffusé enfin Evénements 99, c’est là que des gestes politiques comme celui de Buraud s’est créé, que Les petits poèmes en prose de Christophe Hanna ont marqué la question du langage poétique.. Segments de généalogie apparaissant grâce à Al dante, et au travail de laurent Cauwet. Segments, que pour ma part je n’ai eu de cesse de suivre à travers mes chroniques, parce que là, dans ces éditions, quelque chose d’unique s’est donnée à la fin du XXème siècle, à lire à entendre, à voir, à suivre, non pas une génération, mais un tissage de générations, un tissage de discussions.Alors que faire face à cette nouvelle ?Pour l’instant, comme le dit François Bon, sans doute acheter les titres, avant que certains disparaissent, avant qu’il ne soit trop tard, en espérant qu’une solution sera trouvée »

[site al dante]

samedi 15 juillet 2006

La mission Livre 2010

Je découvre dans la Lettre d’information du Ministère de la culture et de la communication un article sur la mission Livre 2010 qu’il me semble utile de porter à la connaissance des lecteurs de Poezibao.

Téléchargez l'article :  livre_2010.PDF

Le fichier est un peu lourd et la définition moyenne, l'ensemble de la lettre devrait être publiée prochainement sur le site du ministère