Syndications pour Poezibao

mercredi 07 mai 2008

Les 70 ans de l'éditeur José Corti

José Corti, 1939-2008 : 70 ans d’édition

 

 

 

À un certain moment, un livre
est une chose qui intercepte la lumière

Corti001 Cette citation de Macadonio Fernández, le lecteur la retrouvera page 22 du gros carnet (64 pages) édité par les éditions José Corti à l’occasion du 70ème anniversaire de la maison d’édition et de la librairie ; c’en est une parmi presque une centaine d’autres. Ce qui ne fait pas de doute, ce sont les aptitudes qu’avait José Corti à comprendre quand un manuscrit interceptait la lumière… Lire le catalogue (p. 41 à 60), année par année, de ce qu’il a publié, et à sa suite Bertrand Fillaudeau, puis Fabienne Raphoz, c’est reconnaître une exigence sans faille, le souci de ne jamais céder à la facilité.
Suivons sommairement les premières années des éditions. José Corti publie en 1938 Au château d’Argol, d’un inconnu, Julien Gracq, dont on sait qu’il restera toute sa vie fidèle à la maison ; la même année sortent les Œuvres complètes de Lautréamont, Le Géranium ovipare de Georges Fourest (du même, en 1945, La Négresse blonde ; l’un et l’autre trop ignorés aujourd’hui), Déraisons d’être de Georges Henein. Je n’ai pas retenu tous les titres. En 1939, ce seront Albert Béguin et son indispensable L’Âme romantique et le rêve, et le Lautréamont de Bachelard. De 1940 à 1945, Lewis Carroll, André Ady, Nerval, Coleridge, Valéry, William Blake, Baudelaire, La Motte-Fouqué, Walpole, René Char, José Corti, Maurice de Guérin, Gracq encore, et pour les essais Bachelard, Blanchot, Béguin, Jean Pommier, à quoi l’on ajoutera la correspondance de Claude Debussy. Ces auteurs, aujourd’hui presque tous en poche, n’étaient pas courus, loin de là, exception faite de Valéry. Cet esprit de découverte sans concession du fondateur est demeuré présent. Les publications sont maintenant partagées dans plusieurs collections, nées depuis la fin des années 1980, et l’on retient en 2007, pour ne regarder que la série "littérature étrangère", Israël Eliraz, John Muir, Wallace Stevens et Andrea Zanzotto.
On sait que la couverture de chaque livre édité porte dans sa partie inférieure une rose des vents avec en son centre J et C, au-dessus et dessous la devise Rien de commun. Devise fière d’un homme entier qui raconte dans son livre de souvenirs, Souvenirs désordonnés (désormais en 10/18) pourquoi il l’a choisie pendant l’occupation allemande. Devise à réinterpréter aujourd’hui, puisqu’elle définit assez justement la manière dont les continuateurs de José Corti comprennent leur travail d’éditeur ; citons, c’est une belle leçon :

Dès lors qu’un auteur construit une œuvre et quel que soit le résultat commercial, l’éditeur doit être ce lieu d’accueil, ce havre où l’écrivain sait qu’il sera entendu et compris, la boucle sera ainsi bouclée idéalement : l’éditeur suivant une ligne éditoriale qui permet à chaque livre d’entrer en résonance avec d’autres, l’auteur ayant une chambre d’échos à construire.

Que peut-on ajouter ? La brochure anniversaire rappelle sommairement l’histoire des éditions, décrit la naissance des diverses collections (la dernière, Les Massicotés : ce nom renvoie évidemment au fait que les livres des éditions José Corti ne sont pas massicotés – plaisir du coupe-papier !), propose le portrait d’un certain nombre d’auteurs et des photos de la librairie, 11 rue Médicis, face au Jardin du Luxembourg. Rien d’autre à souhaiter que le travail exemplaire des éditions se poursuive, comme celui d’autres éditeurs à l’écart des groupes financiers.

 

N. B. : Le carnet est offert par les libraires qui présentent le fonds des éditions José Corti.

 

Contribution de Tristan Hordé

 

À noter :
Mercredi 28 mai : Soirée Corti chez Ombres Blanches à Toulouse.
Vendredi 6 juin à 19h30 : Soirée Corti à la Librairie Massena à Nice.

 

Parutions avril-mai 2008 :
Claude Lecouteux, Elle courait le garou (Anthologie)
Thomas Carlyle, Sartor Resartus
Laurent Demanze, Encres orphelines
Emily Dickinson, Y aura-t-il pour de vrai un matin ?
Patrick Watteau, Essai d'héréticité

 

mercredi 30 avril 2008

Les Editions Jean-Michel Place, c'est fini

 

 

Les éditions Jean Michel Place, c’est fini....
Je renvoie pour toutes informations à l’article très complet, très triste et bien informé de François Bon dans son Tiers-livre.

 

Et rappelle la très grande admiration portée à la petite collection anthologique de l’éditeur dont Poezibao a présenté plusieurs opus ;
à titre d’exemples :
Paul Valet, « soleils d’insoumission », de Jacques Lacarrière
Sylvia Plath, un galop infatigable de Valérie Rouzeau
Franck Venaille, je revendique tous les droits, de François Boddaert
Pierre Jean Jouve, l'homme grave, de Franck Venaille

 

mercredi 12 mars 2008

Une collection de poésie créée par François Rannou au sein des éditions publie.net

 

 

Couv_copie François Rannou crée une collection, baptisée L’inadvertance, au sein des éditions publie.net, occasion pour Poezibao d’attirer l’attention sur cette très passionnante initiative de François Bon et d’inciter à aller visiter le site et bien sûr à télécharger des textes dans l’abondant catalogue déjà disponible. Occasion d’apprendre peut-être aussi à lire des textes de création soit sur ordinateur soit sur différents appareils mobiles.
Je me permets ici de faire part de ma propre pratique. Souvent lassée de l’écran de l’ordinateur devant lequel je passe plusieurs heures par jour et désireuse de me libérer de la présence obligée à un endroit bien déterminé, il m’arrive de télécharger des mails ou des fichiers pdf ou word sur un appareil mobile pour pouvoir le lire, hors connexion et en toute liberté, là où je suis. J’ai été étonnée de constater que ce n’est pas du tout insupportable, que cela induit même des pratiques de lecture un peu différentes, alors même que l’un des textes que j’ai téléchargés est un texte particulièrement important et, s’il n’est pas difficile, très exigeant.

 

La collection L’inadvertance
François Rannou souhaite qu’au moment où les maisons d’édition de poésie et de littérature ont de plus en plus de mal à exister sous forme « papier », puisse se créer un nouvel espace pour les poètes qui soit un lieu  de création, de réflexion, d’essais, d’expérimentations (et de collaborations aussi avec des plasticiens ou musiciens par exemple). Y seront publiés : livres inédits, livres anciens introuvables (par exemple lorsque l’éditeur a disparu), essais, réflexions… Telle sera la collection l’inadvertance.
Cette collection démarre en ce mois de mars 2008 à raison d’un titre par mois (de janvier à juillet et de septembre à décembre), soit 10 titres par an.

 

Programme de parution :
2008
François Rannou et Vanina Maestri (mars)
Jean-Luc Steinmetz (avril)
Patrick Beurard-Valdoye (mai)
Alain Hélissen (juin)
Olivier Goujat (juillet)
Marie Etienne Antoine Vitez, le roman du théâtre (septembre)
Jean-Pierre Chevais (octobre))
Jean-Gabriel Cosculluela (novembre)
Jean-Claude Schneider (décembre)

 

2009
Jean-Patrice Courtois (janvier)
Dominique Quélen (février)
Mathieu Brosseau (mars)
Anne de Staël (avril)
Thomas Augais (mai)

 

Le site de publie.net,

 

La page consacrée à la nouvelle collection L’Inadvertance

 

 

mardi 12 février 2008

Dossier spécial Carnets de Marina Tsvetaeva/3

 

 

Le lecteur qui ouvre Les Carnets aura un regard sur l’insaisissable de ce présent toujours révolu et toujours à venir qui inclut son quotidien, sa poésie, ses rencontres, bref ce maintenant qui constitue l’événement inépuisable de sa présence au monde
(Luba Jurgenson, avant-propos, Les Carnets, Éditions des Syrtes, 2008)

 

 

Marina_plaquette La publication des Carnets de Marina Tsvetaeva en français constitue un important événement éditorial.
Poezibao l’a déjà célébré au travers des deux premiers volets d’un dossier « spécial Carnets de Marina Tsvetaeva », l’un présentant le livre, ses sources, le second rendant compte d’un entretien avec Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux qui ont traduit Les Carnets, sous la direction de Luba Jurgenson, pour les éditions des Syrtes (attention, le livre paraît début mars).
Ce troisième volet est consacré à une note de lecture du livre (lecture faite sur épreuves).

 

 

L’unique lieu qui est le sien, le texte1
Une présentation de l’édition des Carnets de Marina Tsvétaïeva
Troisième volet, une note de lecture des Carnets

 

 

Ce n’est pas tout à fait par hasard que j’ai choisi de procéder dans cet ordre pour ce dossier et de faire précéder cette note de lecture par la présentation du très remarquable travail effectué par l’équipe de traduction et d’adaptation du livre. En effet, la lecture in extenso de ces Carnets s’est révélée parfois difficile et je vais tenter de dire pourquoi.
L’annonce de cette publication a suscité un vif intérêt chez moi. La personnalité de Marina Tsvetaeva est fascinante, sa destinée terrible, son œuvre immense. On a pu lire d’elle déjà de nombreux récits, notamment grâce à l’éditrice Clémence Hiver, mais aussi une partie de ses correspondances avec Pasternak, avec ses amies, avec Pasternak & Rilke (voir la bibliographie actualisée de Marina Tsvetaeva, pour tous les références, avec indication de tous les traducteurs et traductrices).
C’est donc avec enthousiasme que j’ai abordé cette lecture. Que j’ai choisi de faire, pour tenter de bien rendre compte de l’ensemble du livre, dans l’ordre chronologique, de la première à la dernière des 896 pages…..

 

Marina_dble_page_carnet_4_copie_3

Curieuse expérience de lecture où les points de vue contradictoires s’enchaîneront au fil du temps. Je vais tenter d’en sérier les difficultés et les joies.
- Les premiers carnets sont tenus alors que Marina Tsvetaeva a une vingtaine d’années, qu’elle est mère depuis trois mois. Ils sont constitués en très grande partie de ses émerveillements devant l’évolution de sa fille Alia, avec relevé très régulier de tous les bons mots de cette dernière. Le lecteur est décontenancé, voire agacé mais il trouve dès ce premier carnet, dans les marginalia, de très intéressants documents et une belle iconographie. Il faut préciser que chaque carnet, il y en a quinze en tous, est présenté sur une double page, photo du carnet, synthèse de son contenu et descriptif précis. En regard du carnet 2, voici par exemple un véritable petit dossier de plusieurs page consacré à la rencontre de Marina et d’Ossip Mandelstam….
A partir du troisième carnet, les notes de Marina Tsvetaeva mêlent de façon intime des réflexions, souvent très brèves, des notes autour de ses lectures et des allusions à sa vie familiale.
- Autre difficulté de la lecture, mais parfaitement compensée par les partis éditoriaux évoqués dans l’entretien avec les traductrices, une véritable valse de noms propres, tous ceux que Marina croise, ceux, vivants et morts auxquels elle s’adresse, ceux et celles qu’elle rencontre.
- Un troisième point peut susciter quelques difficultés, la relation des innombrables aventures amoureuses de Marina Tsvetaeva, qui trouvent leur écho dans ces pages, adresses à l’élu, fragments de lettres reçues ou écrites ou à écrire, etc. Mais ne s’agit-il pas ici dans « la frénésie des rencontres qui se succèdent, de traquer au sein même de la passion amoureuse, l’instant de la fin qui deviendra le point de départ de l’écriture, son lieu privilégie. Tout instant véritablement vécu – et dans Les Carnets ils le sont tous – tout instant investi d’être est toujours le dernier : Les Carnets sont un catalogue de pertes, un inventaire d’objets volés ou cassés, de livres vendus pour ne pas mourir de faim, de liens rompus, d’êtres chers disparus, de maisons détruites » (Luba Jurgenson, avant-propos).
Partout en revanche, des réflexions extraordinaires, la « traduction » de l’extraordinaire personnalité de Marina, telle que décrite toujours dans son avant propos par Luba Jurgenson, ce « "je" impérieux » qui se « fait entendre avec une intensité dévastatrice ». Et l’on comprend la suggestion de Nadine Dubourvieux, dans l’entretien : « prenez le livre au hasard et vous trouverez toujours une phrase qui va ouvrir en vous quelque chose d’étonnant ». Je peux attester de la justesse de cette préconisation pour avoir relevé nombre de phrases de longue, très longue portée, au fil de ma lecture…..
« Quand je pense à ma mort, je suis dans une profonde perplexité : où ira tout cet amour ? (Cahier 6, 1919), dit Marina ; en effet, dans ces carnets, elle déborde, d’amour, de vie, de vitalité, alors même que les circonstances extérieures sont de plus en plus éprouvantes. A cet égard les carnets de 1919 et de 1929 sont bouleversants, années terribles, de misère noire, où elle fait accepter ses deux petites filles dans un orphelinat dans l’espoir qu’elles seront un peu mieux nourries qu’à la maison et où la seconde va mourir à l’âge de trois ans.

 

On est émerveillé devant le travail effectué autour de ces carnets, tout ce jeu de photos, de textes, de notes qui loin de nuire au texte, lui donnent des échos, ouvrent des pistes, accompagnent le lecteur. Dans cette traversée parfois difficile, remuante, qui suscite une certaine ambivalence, on ne se sent pas abandonné et il faut en rendre grâce au trio des traductrices. Passionnées toutes les trois de Marina Tsvetaeva, ayant consacré une immense énergie, à la mesure de leur passion, à ses œuvres, elles ont eu à cœur de prendre le lecteur par la main. Le chemin qu’elles ont fait, elles, pour entrer dans le monde de Marina, elles le mettent au service de ce livre car elles sont parfaitement au fait de ce que Les Carnets peuvent susciter mais aussi apporter. Elles réussissent à les rendre abordables. Dans tous les sens du mot. Elles permettent au lecteur d’en retirer de très grandes richesses, littéraires et spirituelles.

Photo aimablement communiquée par les Editions des Syrtes, double page du Carnet 4

 

 


[1] Luba Jurgenson, in Marina Tsvetaeva, Les Carnets, Éditions des Syrtes, parution mars 2008

 

lundi 11 février 2008

Dossier spécial Carnets de Marina Tsvetaeva/2

Marina_avec_murr_19127_copie_2 La traduction française des Carnets de Marina Tsvetaeva est un événement éditorial et littéraire, auquel Poezibao s’associe par un dossier spécial, en trois volets.
Le premier a présenté le projet éditorial. Dans le second, publié ici, il s’agit de rendre compte d’une rencontre avec Nadine Dubourvieux et Eveline Amoursky, les traductrices qui ont travaillé à cette édition monumentale sous la houlette de Luba Jurgenson. Paraitra ensuite le troisième volet, constitué d’une note de lecture des Carnets.
Rappel important : Les Carnets paraissent seulement début mars, en même temps que le livre d’Ariadna Efron, Marina Tsvetaeva, ma mère, également publié aux Éditions des Syrtes.

 

 

 

L’unique lieu qui est le sien, le texte[1]
Une présentation de l’édition des Carnets de Marina Tsvétaïeva
Deuxième volet, rencontre avec les traductrices

 

J’ai rencontré Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux, dans les bureaux des Éditions des Syrtes. J’ai souhaité cette rencontre car j’avais été spontanément attirée par cette entreprise, que je pressentais de grande envergure, voire même un peu folle, d’une traduction en français des Carnets de Tsvetaeva. Et l’entretien m’a en effet permis de mesurer la passion et l’engagement nécessaires à un tel projet !

 

La formation d’un trio
Trois personnes se sont attelées à cette tâche, soit dans l’ordre chronologique de leur intervention, Eveline Amoursky, Nadine Dubourvieux et Luba Jurgenson.
Eveline Amoursky[2] a enseigné le russe et elle a réalisé plusieurs traductions pour Les Syrtes, Actes Sud et l’Age d’Homme. Elle a notamment traduit les Lettres à Anna[3] et Les Lettres du Grenier de Wilno[4].
Marina_page_manuscrite_carnet_4_c_2 Nadine Dubourvieux a étudié le russe à la Sorbonne
avec Véronique Lossky et Jacques Catteau. Elle a traduit pour les éditions Clémence Hiver Quinze lettres à Boris Pasternak, paru en 1991, puis Lettres à Anna Teskova (2002) et en collaboration avec Tzvetan Todorov, pour les éditions Robert Laffont, Vivre dans le feu, un choix de lettres et écrits intimes de Tsvetaeva, paru en 2005 et sorti en poche en janvier 2008.
Luba Jurgenson est maître de conférences de littérature russe à la Sorbonne - Paris IV, romancière et traductrice ; elle est l’auteur notamment de L'expérience concentrationnaire, est-elle indicible? (Éditions du Rocher, 2003), essai dans lequel elle mène une analyse comparative des plus grands récits littéraires sur l’univers des camps nazis et soviétiques. Elle a aussi été maître d’œuvre de l’édition intégrale des Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov (Verdier, 2003).
Lorsque les Éditions des Syrtes ont acquis les droits de traductions des Carnets, c’est Eveline Amoursky seule qui a entrepris ce travail, mais plusieurs mois plus tard elle a été rejointe par Nadine Dubourvieux, qui a pris en charge le second tome de l’édition russe. Parallèlement s’est imposée l’évidence que le texte seul des Carnets constituerait pour le lecteur français un ensemble difficile d’accès. Faire des coupes étant un choix peu satisfaisant, une autre option s’est fait jour : éclairer le texte. Tâche complexe pour laquelle Luba Jurgenson a été appelée en renfort. C’est donc sous sa direction que le travail à trois s’est mis petit à petit en place, relectures communes des traductions et surtout, pas à pas dans les Carnets, relevé puis mise en œuvre de tout ce qui pourrait aider à mieux les lire, les comprendre : notes diverses et encadrés de toutes sortes : portraits des principaux et très nombreux personnages évoqués par Marina, éclaircissements sur divers aspects de la vie en Russie, brefs extraits de la correspondance ou de certains textes de Tsvetaeva, lettres d’autres protagonistes, iconographie très développée et légendée avec soin, bref une multitude de sources complémentaires, venant enrichir et éclairer le texte même des Carnets.
Marina_avec_serguei_et_murr_pas_de_ A tous ces éléments inclus dans le fil du livre sont venues s’ajouter trois annexes importantes :
-un vaste panorama historique et littéraire de l’époque avec repères chronologiques, établi par Luba Jurgenson ;
- une chronologie de la vie de Marina Tsvetaeva, détaillée (pour les années touchées par Les Carnets) avec de menus faits parfois encore mal connus du public français.
-Un ensemble de repères biographiques permettant de resituer personnages épisodiques ou secondaires de la vie du poète
ces deux dernières annexes établies par Nadine Dubourvieux.
Sans compter l’inévitable et indispensable index général des noms.

 

Ne pas s'en tenir au biographique
Autant de clés donc pour faciliter la lecture puisque tous ces faits jouent ici un rôle fondamental et que s’il n’en connaissait rien, le lecteur pourrait avoir l’impression de lire une succession d'anecdotes plus ou moins intéressantes, croustillantes ou encore sordides.Il faut aussi rappeler l’extrême complexité de la personnalité de Marina Tsvetaeva, complexité telle que Nadine Dubourvieux constate qu’après vingt années passées en sa compagnie et dans l’intimité de son écriture, il y a des aspects qui lui échappent encore.
Les indications fournies sur le contexte historique et social sont utiles aussi pour mieux appréhender certains aspects du comportement de Marina, cette liberté dont elle fait preuve dans ses incessantes rencontres amoureuses, à mettre en regard du chamboulement des mœurs induit par la guerre et la révolution.
Nadine Dubourvieux et Eveline Amoursky suggèrent qu’on a jusqu’ici beaucoup trop approché Marina sous l’angle du biographique. Et qu’il serait dommage que Les Carnets soient appréhendés uniquement sous cet aspect, alors qu’ils vont bien au-delà, qu’ils sont le lieu des expériences du vivre-écrire de Tsvetaeva, que dans ces pages sont nés nombre de textes, rapportées tant de rencontres fondamentales, inscrites des lectures importantes, relatés des faits significatifs, etc. Les Carnets permettent aussi de saisir l’évolution fulgurante de Marina, depuis la toute jeune fille, souvent futile, qui commence à les tenir vers l’âge de vingt ans, en 1912, alors que sa première fille a trois mois, jusqu’à l’écrivain en pleine possession de ses moyens, traitant d’égale à égal avec Heine, Casanova, le Prince de Ligne, Goethe pour les morts mais aussi tant et tant de contemporains, parmi les plus grands.

 

Comment lire les Carnets
Pour clore cet entretien, j’ai demandé à chacune des deux traductrices de me dire comment selon elles, il fallait lire ces Carnets. Nadine Dubourvieux préconise plutôt une lecture au coup par coup, les prendre « matin et soir », dit-elle, lire une phrase « et cette phrase va ouvrir dans votre vie quelque chose d’étonnant ». Eveline Amoursky ne prône pas non plus forcément la lecture linéaire, mais elle souligne que seule celle-ci permet de voir comment une « chrysalide insouciante » devient ce qu’est devenue la vraie Tsvetaeva en un laps de temps très court et de se poser la question fondamentale de la part de l’Histoire dans son histoire.

 

A venir, une note de lecture détaillée des Carnets

Photos aimablement communiquées par les Editions des Syrtes, de haut en bas, Marina avec son fils Murr, page manuscrite du Carnet 4 et Marina avec son mari Sergueï et son fils Murr.

 

 



[1] Luba Jurgenson, in Marina Tsvetaeva, Les Carnets, Éditions des Syrtes, parution mars 2008
[2] Eveline Amoursky a réalisé un site sur Marina Tsvetaeva avec notamment une très intéressante iconographie
[3] Lettres à Anna, trad. E. Amoursky, Syrtes, 2003
[4] Lettres du Grenier de Wilno, Trad. E. Amoursky, Syrtes, 2004

 

 

vendredi 08 février 2008

Dossier spécial Carnets de Marina Tsvetaeva/1

Marina_plaquette_2 Un important événement éditorial s’annonce : la publication par les Éditions des Syrtes de l’intégrale des Carnets de Marina Tsvetaeva, travail de grande envergure qui a requis les efforts passionnés de pas moins de trois personnes, Luba Jurgenson, responsable de la publication, Nadine Dubourvieux et Eveline Amoursky, traductrices.
A cette occasion, Poezibao présente un dossier « spécial Carnets de Marina Tsvetaeva ».
Il comportera :
•une présentation des Carnets et de leur édition en français (ci-dessous)
•une interview des traductrices
•une note de lecture.
L’ensemble sera illustré de plusieurs reproductions des carnets, couvertures, ou pages du carnet et de photos.
Attention : sortie du livre début mars

 

 

L’unique lieu qui est le sien, le texte[1]
Une présentation de l’édition des Carnets de Marina Tsvetaeva

 

Marina_portrait_2 Petit à petit l’œuvre de Marina Tsvetaeva est publiée en France, permettant aux lecteurs de mieux comprendre son importance et son ampleur. Il faut signaler ici tout particulièrement les efforts de deux maisons d’édition, Clémence Hiver et Les Éditions des Syrtes[2].
Ces dernières frappent un très grand coup en mettant à la disposition de tous Les Carnets de Marina, en un très fort volume de près de 900 pages qui est aussi un modèle d’édition (je vais y revenir en détail). Pour un état des publications, en français, je renvoie à la bio-bibliographie de Marina Tsvetaeva qui est disponible sur le site et que je viens de mettre à jour.

 

Marina_carnet_rouge_2 15 carnets
C’est à Ariadna Efron[3] que l’on doit le sauvetage des archives de sa mère. De 1955 à sa mort en 1975, elle s’est consacrée à la tâche de rassembler l’héritage manuscrit, lequel sera déposé aux Archives d’État de littérature et d’art de Moscou et restera, selon la volonté d’Ariadna, incommunicable jusqu’en 2000.
A partir de cette date, archives ouvertes donc et publication par Elena Korkina et M. Kroutikova des cahiers de création, correspondances, journaux et carnets de notes. La transcription des Carnets donne lieu à l’édition en russe de deux volumes sous le titre Neizdannoe. Zapisnye knijki v dvoukh tomakh. Tom pervyï, 1913-1919. Tom vtoroï, 1919-1939.
Ce sont ces deux volumes qui sont aujourd’hui traduits et présentés en France par les Éditions des Syrtes. Publiés sous la direction de Luba Jurgenson, traduits du russe et annotés par Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux, avec un avant-propos de Luba Jurgenson, une préface de Caroline Béranger et une postface de Véronique Lossky.
Au nombre de 15, les Carnets couvrent la période 1913 à 1939 (Marina est née en 1892 et s’est pendue en 1941). Ils retracent en filigrane la genèse de l’œuvre littéraire et constituent souvent le matériau dont Marina se sert pour écrire.

 

Marina_carnet_manuscrit_2 Le livre
Ce qu’il importe sans doute de souligner tout particulièrement, c’est le parti éditorial adopté par l’équipe conduite par Luba Jurgenson. Car si l’on dispose bien ici de la traduction intégrale des Carnets de Marina, le texte en est accompagné d’un superbe ensemble de photos, de reproductions de pages de carnets, de documents de toutes sortes, grâce notamment à une belle collaboration avec les Archives russes de littérature et d’art. De plus les réalisatrices de ce très beau livre ont eu le souci d’éclairer tout le contexte de ces notes et notations de M. Tsvetaeva, dont elles démontrent à quel point il est essentiel dans la compréhension non seulement des Carnets mais de la personnalité même de Marina et de son évolution (voir leur interview, à paraître sous peu sur le site). Cela se traduit par des notes de bas de pages, mais aussi par de substantiels encadrés sur tel ou tel aspect de la vie ou des usages en Russie (où la plupart des Carnets ont été rédigés). Sont présentés aussi les principaux  et très nombreux personnages évoqués dans ces pages. En fin de livre, trois annexes importantes, une chronologie détaillée, totalement inédite en français, de la vie de Marina, une chronologie historique de l’époque et un index des personnages cités qui ne font pas l’objet d’une note plus détaillée dans le fil des pages.

 

A suivre par l’interview des traductrices et la note de lecture du livre

 

 


[1] Luba Jurgenson, in Marina Tsvetaeva, Les Carnets, Éditions des Syrtes, parution mars 2008

[2] Les Éditions des Syrtes ont déjà publié, Lettres à Anna, traduction Eveline Amoursky, Lettres du Grenier de Vilno, traduction Eveline Amoursky, Cet été-là, correspondance Marian Tsvetaeva/Nicolas Gronski, traduction Chantal Houlon Crespel et Marina Tsvetaeva/Boris Pasternak, Correspondance, traduction Eveline Amoursky et Luba Jurgenson.

[3] Les Éditions des Syrtes publient en même temps que les Carnets, un livre d’Ariadna Efron, Marina Tsvetaeva, ma mère. Ariadna Efron (1912-1975) est la fille aînée de Marina, qui aura deux autres enfants, Irina, morte en bas âge (1917-1920) et Murr, né en février 1925 et mort en 1944.

 

 

L'actualité des éditions le Bleu du Ciel (autour d'Huguette Champroux et de Michel Deguy)

France Culture dans Surpris par la Nuit
« Reconnaissances à Huguette Champroux »
à propos de l'anthologie OFF
publiée aux éditions Le bleu du ciel /réunie et présentée par Christophe Marchand-Kiss

 

le vendredi 8 février à 22h15, par Mathieu Bénézet

 

• L'émission
"Reconnaissances à Huguette Champroux", de 22h15 à 23h30
avec les invités:
Christophe Marchand-Kiss, poète et écrivain, Pierre Courtaud, fondateur des éditions La Main courante, Geneviève Huttin, poète et écrivain, Emmanuel Miéville, fils d'Huguette Champroux.

 

"Huguette Champroux (1931-2003) a de son vivant publié des petits livres, autrement dit des sortes de plaquettes, une dizaine à peu près, distillées ou achetées par de rares amateurs. L’histoire littéraire est parfois cruelle, il lui arrive d’effacer des noms d’écrivains qui furent au zénith de la popularité à leur époque, plus rarement il lui arrive, a contrario, de rendre justice à une œuvre qui reçut peu d’échos lors de sa naissance et de sa diffusion. On l’aura compris : c’est le cas aujourd’hui pour Huguette Champroux. Si notre auteur, à l’exemple de Raymond Roussel, a saigné sur chaque phrase, elle côtoie de grands noms, telle Gertrude Stein. C’est dire à quel sommet il faut s’attendre, une écriture au fil du rasoir, proche du cinéma et de la création radiophonique. Une grâce, une beauté, une écriture qui se situe au centre vital de nos existences."
Mathieu Bénézet.

 

•Le Livre
350 pages  ISBN 978-2-915232-44-8   20 euros

« Ainsi était-elle, volontaire et téméraire, saignant comme Raymond Roussel sur chaque phrase, ne laissant de place aux lettres du Blanc que pour donner plus de force et de résistance à son pas ; à sa voix, à sa démarche de créatrice absolue. »
Extrait de l’avant-propos de Pierre Courtaud (éd. La main courante)

 

Huguette Champroux, née en 1931, poète, auteur de fictions pour France-Culture, nous a quittés en 2003. Cet ouvrage, qui vient combattre une grande et très flagrante injustice littéraire, se compose de recueils publiés du vivant de l’auteur, recueils très souvent dispersés, voire introuvables. Il rassemble aussi de nombreux textes et poèmes inédits. Il souhaite donner à Huguette Champroux cette place de grand écrivain qu’elle mérite à plus d’un titre.

 

off [donc], comme au cinéma, et comme sa voix à la radio. [Une voix, une écriture] économes, mais d’une économie particulière que l’on pourrait qualifier d’économie proliférante. Huguette Champroux prélève dans la réalité des morceaux, que ce soit une description, une pensée, une bribe d’existence quotidienne, qu’elle façonne, travaille, et qui viennent, avec d’autres morceaux, s’ordonner sur la page, souvent séparés par des blancs, qui sont de longues et lentes respirations (...). Mais ne cherchons pas les signaux, laissons-les à leur vie de signaux. Il n’y a que de l’écriture.
Christ. Marchand-Kiss

 

 

& en mars
France culture invite en mars, deux fois dans la même semaine Michel Deguy  pour la parution du Grand Cahier Michel Deguy

les émissions
•Surpris par la nuit : lundi 3 mars, à 22h15, "Raison de plus avec Michel Deguy"
Par Alain Veinstein
Entretien avec l’auteur à l’occasion de la parution du Grand cahier Michel Deguy (éd. Le bleu du ciel, ouvrage coordonné par Jean-Pierre Moussaron), de Réouverture après travaux (éd. Galilée, Coll. Lignes fictives, oct. 2007), et de Michel Deguy, l'allégresse pensive (éd. Belin, Coll. L'extrême contemporain, nov. 2007).

 

•Surpris par la nuit : vendredi 7 mars, à 22h15, "Comme par hasard"

Qu’en est-il aujourd’hui du hasard – des multiples manières dont il est sollicité – dans les divers domaines de création (...) ? Il fut une époque, pas si lointaine, où le hasard était maître, au nom de la nécessité de ne pas tout maîtriser (jeux en aveugle, combinatoire, cadavres exquis, cut-ups, usage du “I Ching”…). L’œuvre devait être ouverte, labyrinthique, semée de pièges, de trappes. Était-ce un phénomène de mode ou une vérité profonde de l’écriture, à savoir que la volonté de faire, de dire, d’exprimer, ne suffit pas – que si le hasard n’intervient pas quelque part, à un moment où à un autre, les choses ne fonctionnent pas ?
avec Michel Deguy, Emmanuel Guibert (dessinateur), etc.


Le Livre et son auteur :
350 pages  30 euros    ISBN 978-2-915232-46-2

 

Michel Deguy, poète, philosophe, inlassable animateur de revues, penseur curieux de tous les livres, a accompagné de son écriture les différentes aventures intellectuelles qui, depuis les années 1960, ont marqué la France et le monde. Ce cahier est constitué de nombreuses interventions inédites où se mêlent l’œuvre, la critique et les amitiés de l’auteur (Barthes, Derrida, Quignard, Pontévia, Des Forêts…), se déroulant autour d’un cortège de textes critiques sur Aragon, Cocteau, Proust, Lyotard, de Campos, Iommi, Pessoa, Auster... S’ensuit les portraits que dressent de Michel Deguy d’autres écrivains tels que Wilson Baldridge, Yves Charnet, Claude Mouchard, Jean-Luc Nancy et Jean-Pierre Moussaron - qui a coordonné ce cahier -.

Né en 1930 à Paris, Michel Deguy a enseigné la philosophie jusqu’en 1968 puis, la littérature française à l’université de Paris VIII. Il a appartenu au comité de lecture de Gallimard entre 1962 et 1987, puis a présidé de 1990 à 1992, le collège international de Philosophie dont il est membre. Rédacteur en chef de la revue Po&sie depuis 1977, il participe aux revues Critique et Les Temps modernes et a reçu le Grand Prix National de poésie en 1989.

 

Le bleu du ciel
BP 38
33230 Coutras
T. 05 57 48 09 04
fax : 05 57 48 39 43
bleuduciel@wanadoo.fr

vendredi 07 décembre 2007

La rivière échappée, nouveau cours

Suivez le cours de……..La Rivière échappée…

 

La collection de poésie La Rivière échappée est reconnue pour la qualité de son travail. Depuis 20 ans (l’automne 2008 sera un bel anniversaire !), elle donne à lire poètes confirmés et jeunes auteurs (certains y publient même leur premier livre) français et étrangers, avec toujours un esprit d’ouverture « en même temps que son exigence à interroger le fait poétique » (in Dictionnaire de Poésie de Baudelaire à nos jours, sous la direction de Michel Jarrety, PUF, 2001).
Nous voudrions développer notre projet éditorial en proposant aux lecteurs une formule nouvelle qui leur permette de découvrir la poésie contemporaine de manière privilégiée tout en encourageant un esprit certain de résistance aux pressions économiques et culturelles qui tendent à marginaliser la poésie.
Nous aimerions aussi réconcilier les poètes et les lecteurs (sans renoncer à l’exigence que requiert la poésie) en donnant à ces derniers quelques clés de lecture pour aborder des oeuvres souvent abruptes, en leur présentant l’itinéraire des écrivains qui sont publiés (par des entretiens, notamment), en leur permettant de « sponsoriser » un livre de leur choix (leur nom sera inscrit à la fin de l’ouvrage), enfin, en offrant à chaque abonné la possibilité de recevoir, dès leur parution, les livres dédicacés.
La collection est dorénavant hébergée par les éditions L’Act Mem (Henri Poncet éditeur) qui la diffuseront sous leur « enseigne » dans toutes les bonnes librairies.

 

Dans cette collection, seront publiés cette année :

 

en mars 2008 :
•Dominique Quélen : Comme quoi
L’auteur vit dans le nord de la France. Ce livre est en quelque sorte le troisième tome* d’une oeuvre qui a frappé tout de suite par son originalité, sa façon particulière de tout mettre à nu, surtout la poésie, par ses célibataires appliqués. C’est un texte qui dessine une désillusion nette sur le monde et les paroles qui construisent notre réel. Désillusion au sens propre.
* Après Petites formes et Sports, chez Apogée.
« Ce sont à chaque fois des énigmes qui commencent et finissent de la même façon : un bout de phrase parce qu’on les prend en route, une absence de point final pour signifier que ça se prolonge. Des énigmes d’une dizaine de lignes, dont chacune ne dépasse guère la dizaine de syllabes, et où l’on retrouve d’une manière récurrente, une parenthèse avec une phrase en italique et quelques signes de ponctuation, qui se déplace comme la bulle d’air qui provoque l’embolie. Le tout évitant que l’écriture soit contaminée par les tics de la versification ou du discours ».
Gérard Noiret, article paru dans la « Quinzaine littéraire »

 

•Cid Corman : Vivremourir, précédé de Lieu
Cid Corman est né le 29 juin 1924 à Roxbury, près de Boston, Massachusetts, USA. Il est mort le 12 mars 2004 à Kyoto, où il habitait depuis1958.
« Cid Corman était d’abord un poète, son oeuvre maîtresse est OF, un ensemble de cinq volumes, chacun composé de cinq parties, dont les trois premiers volumes sont parus sous une couverture de Sam Francis. Il a été aussi l’éditeur d’Origin, revue essentielle de la poésie moderniste américaine. Et il n’a cessé de traduire, du japonais, de l’italien et du français. Notamment Francis Ponge (Things paraît simultanément chez Mushinsha à Tokyo et Grossman à New York en 1971), René Char, Philippe Jaccottet, Jean-Paul de Dadelsen, André du Bouchet, Jean Daive, Claude Royet-Journoud… Danielle Collobert lui a dédié Il donc. Ce poète américain a, entre autres, joué un rôle pionnier dans la re-création d’une poésie orale, improvisée. » Laurent Grisel

 

en automne 2008 :
•Olivier Goujat : Cerne
Ce sera ici le premier livre publié d’un auteur qui d’emblée affirme un espace, une parole où l’autobiographie est traversée pour aboutir à une beauté mate, qui découvre comme l’intimité de notre rapport à la langue…maternelle — toujours tout autre, inconnue comme l’approche de ces êtres qui naissent et laissent sans mots. Il y a une lente approche de l’intérieur d’un temps où le poème pourrait trouver sa vraie nécessité.

 

•François Rannou : contretemps paradist
(avec un cd de lecture, musique d’Aurélien Dumont)
« François Rannou poursuit une expérience singulière en ce qu’elle semble arracher le poème à ses périmètres coutumiers pour lui donner une sorte de volumétrie, de spatialisation débordant la page. La page, en tout cas, n’a plus de sens unique et l’oeil est appelé à y circuler selon les virtualités d’une chorégraphie verbale. » Jean-Baptiste Para
« Il y a (et c’est venu du plus lointain de Lévinas), il y a quelque chose qui coule de source, remonte le temps et nous arrive, autrement que dans le cours ou dans la course du temps. C’est bien une autre nature qui ici se dit, et nous parle librement de cette liberté même. » Didier Cahen

détails pratiques en cliquant sur suite de, ci-dessous

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jeudi 18 octobre 2007

Le site de Voix éditions

Voix_editions Parmi les sites d’éditeur, une mention spéciale à celui de Voix éditions que dirige Richard Meir, éditeur et plasticien.

Je signale tout particulièrement la belle galerie de portraits d’écrivains parmi lesquels Charles Pennequin, Julien Blaine, Michel Butor, Jacques Demarcq, Serge Pey, Véronique Vassiliou et bien d’autres. J’invite aussi à visiter le catalogue Poésie qui permettra de prendre la mesure de l’importance de cette « petite » maison.

vendredi 31 août 2007

Henri Poncet rebondit et crée l'Act Mem, maison d'édition et Passages à l'Act, une revue

Henri Poncet et son équipe ont le plaisir d’annoncer la création d'une toute nouvelle maison d'édition L'ACT MEM, qui prend la suite des Editions Comp'Act, lesquelles existaient depuis plus de vingt ans.

L'ACT MEM va se consacrer essentiellement à l'édition de littérature de création - poésie, théâtre, prose contemporaine -, la traduction, les livres d'art et les beaux-livres, et bien sûr la collection la Bibliothèque Volante, consacrée à l'Antiquité gréco-latine et à la Renaissance.
L'éditeur reprend à son actif une grande partie du catalogue Comp'Act (200 titres).
Il s'agit du Fonds Comp'Act.

L'ACT MEM poursuit également le travail de Comp'Act par la création d'une nouvelle revue Passages à l'Act, qui remplace La Polygraphe, et qui sera diffusée simultanément sous forme papier et sur Internet.

Le volume 1-2 de Passages à l'Act vient de paraître (21x30 cm, 132 pages). A découvrir ici

 

Revue littéraire dirigée par Henri Poncet
et publiée par L'ACT MEM
167 quai Borel - 73000 Chambéry
lactmem.com