Outils Poezibao

Syndications pour Poezibao

mercredi 17 juin 2009

César Vallejo, par Auxeméry (1ère partie)

 

 

Poezibao publie en trois fois un important article rédigé par Auxeméry à propos du poète péruvien César Vallejo qui a fait l'objet récemment d'une édition chez Flammarion

 

 

« Et vous croyez, monsieur Vallejo, qu’entasser des imbécillités l’une sur l’autre, c’est faire de la poésie ? »

 

Ainsi s’exprima monsieur Clemente Palma, pontife des lettres péruviennes, au temps où César Vallejo était un obscur poète de province au large front pensif, et le sourcil froncé – on connaît la célèbre photographie, prise plus tard dans sa vie, où il regarde en effet le lointain, le menton fermement appuyé sur la main droite, plis obliques descendant de part et d’autre du nez, bouche close, et la seconde main tenant la canne. Pause avant l’affrontement, à peine pose, bien sûr, mais détermination, défi au réel, plutôt.

 

Uniquement cela, – tenir, tenir. Une élégance supérieure, dans toute la personne de Vallejo…
Une distinction faite de distance au plus près, de connivence avec ce qui vient et reste du plus loin, d’adéquation avec la pierre sèche où se nourrit toute tendresse, de réserve et de crânerie sans autre orgueil que celui qui n’ignore rien de ce qu’il faut attendre de la vie.
Un être courtois, avec la mort qui sait son heure, le malheur qui étonne, ou l’amour qui renverse les certitudes, et fait plier les corps… Un homme prêt en permanence à affronter.

 

Le critique visait l’ensemble de Trilce, mais cela aurait pu être déjà telle strophe du Poema a mi amada :

 

Amada, esta noche tú te has sacrificado
sobre los dos maderos curvados de mi beso ;
y tu pena me ha dicho que Jesús ha llorado,
y que hay un viernesanto más dulce que ese beso.

 

« Aimée, cette nuit tu t’es crucifiée
sur les deux madriers courbés de mon baiser ;
et ta peine m’a dit que Jésus a pleuré,
et qu’il est un vendredisaint plus doux que ce baiser. »

 

Seul monsieur Palma, obscur et antique cardinal des lettres péruviennes, pouvait déceler dans une pareille strophe un soupçon d’imbécillité. On y perçoit surtout et seulement l’énergie d’une langue peu embarrassée de respecter les codes admis. Vallejo n’a jamais eu la fibre conformiste, c’est évident. Toute son existence le montre ; toute son œuvre est placée sous le signe, précisément, de l’écart. Il fut de ceux qui créent leurs propres normes. Défi engagé très tôt, par conséquent, puis tenu sans faillir, jusqu’au bout. Suivre les sentiers battus ? Une impossibilité. Battre fermement, avec l’obstination d’un qui sait le prix des accomplissements véridiques, le sol de ses propres chemins. Les aléas ? Intégrés. Démarche souveraine. Les œuvres en sont les traces : le passage de cet homme est le moins vain de tous.

 


 

Né le 16 mars 1892 à Santiago de Chuco, petit village isolé du nord des Andes du Pérou, César Abraham Vallejo Mendoza est issu d’une lignée originale : ses deux grands-mères étaient des indiennes Chimu et l’un comme l’autre de ses grands-pères, des prêtres catholiques d’origine espagnole. Le plus jeune d’une famille de onze enfants, il fut élevé dans une maisonnée saturée de dévotion. La misère fut sa muse première, mais il connut la chaleur d’un foyer aimant.
Il lui fallut interrompre plusieurs fois ses études entre 1908 et 1913, et particulièrement ses études universitaires, à Trujillo, à partir de 1910, par manque de moyens financiers. Il dut donner des cours particuliers, et, également, travailler, à la comptabilité, dans une vaste exploitation sucrière : les ouvriers, en masse, du matin à l’aube à la tombée de la nuit, gagnaient là quelques centimes à la journée, et une poignée de riz. On peut comprendre que le sens de la dénomination des choses réelles aient connu dans sa poésie une certaine distorsion, que le censeur sourcilleux de l’imbécillité aura eu du mal à saisir. On comprendra aussi aisément le sens des engagements politiques et moraux du poète.
Il fréquente alors de nombreux artistes et intellectuels, dont le groupe Norte, sous la direction d’Antenor Orrego. L’époque est celle de mouvements sociaux, de changements politiques (l’armée pousse à la mise en cause de l’oligarchie qui dirige le pays) et intellectuels (le marxisme fait son apparition, ainsi que la psychanalyse) ; Vallejo publie ses premiers poèmes.

 

1913 : revenu à l’Université, il fait son Droit, tout en s’intéressant en parallèle à la littérature, lisant avec passion autant ce qui pouvait concerner l’évolution et le déterminisme scientifique que la mythologie. L’étude du Droit se poursuit jusqu’en 1917, après une maîtrise en littérature espagnole obtenue en 1915. Une aventure amoureuse assez tourmentée le contraint à partir pour Lima.
Devenu enseignant dans une école de prestige, il fréquente cependant la bohème locale durant ses nuits, et fait l’expérience de l’opium. Il rencontre les figures de la littérature locale de l’époque, et surtout Manuel Gonzalez Prada, un des leaders de la gauche péruvienne, et Abraham Valdelomar ; grâce à ce dernier, il intègre le groupe Colonida, et se met au courant des nouveautés européennes. La mort de Prada l’affecte profondément. Le poème « Los dados eternos », « Les dés éternels », est dédié à sa mémoire :

 

Dios mío, estoy llorando el ser que vivo;
me pesa haber tomádote tu pan ;
pero este pobre barro pensativo
no es costra fermentada en tu costado :
tú no tienes Marías que se van !!

 

« Mon Dieu, je pleure sur l’être que je vis ;
je regrette d’avoir pris ton pain ;
mais la pauvre boue pensive que je suis
n’est pas croûte fermentée dans ton flanc :
toi tu n’as pas de Maries qui s’en vont ! »

 

[…]

 

Dios mío, y esta noche sorda, oscura,
ya no podrás jugar, porque la Tierra
es un dado roído y ya redondo
a fuerza de rodar a la aventura,
que no puede parar sino en un hueco,
en el hueco de immensa sepultura.

 

« Mon Dieu, en cette nuit sourde, obscure,
tu ne pourras plus jouer, car la Terre
est un dé rongé et désormais rond
à force de rouler à l’aventure,
qui ne peut s’arrêter que dans un trou,
le trou d’une immense sépulture. »

 

Le marxisme devenant de plus en plus la source où il s’abreuve, il s’éloigne de ce cercle « élitiste », dans lequel il se sent enfermé. La disparition de son maître et ami ne fait que le plonger dans ce constant désespoir, cette crise intime permanente qui constitueront sa marque.

 

Quand il publie à la mi-juillet 1919 Los heraldos negros, le recueil (jamais republié du vivant le l’auteur) est accueilli avec faveur. Mais Vallejo oriente sa production dans une direction nouvelle : il a déjà écrit plusieurs des poèmes qui viendront composer Trilce.
Il perd son second poste d’enseignant à la suite d’une affaire sentimentale complexe, dont certains de ces poèmes se feront l’écho : il a rompu avec son amie Otilia Villanueva en mai ou juillet, selon les conjectures, de cette année 1919, qui apparaît comme un tournant dans son existence. Il doit faire le deuil de sa mère, disparue en août 1918. Et les années suivantes sont marquées par cette absence ainsi que celle d’Otilia, augmentée de celles de deux autres femmes, Zoila Rosa Cuadra, connue sous le nom de Mirtho, et une autre Otilia qui vivait à Santiago de Chuco. On perçoit dans le poème des Hérauts noirs déjà cité (« Los dados eternos ») une allusion à une autre femme encore, María Rosa Sandóval, morte également. Trilce, tout du long, sera sous le signe de cette présence inexorable de la mort dans le vide du passé révolu, celui des jeux avec les frères, des rites familiaux, de la communion autour des repas dans le foyer perdu. Les amours perdues rejoignent dans l’absence la mère morte. Dans les évocations érotiques, le fait même que deux personnes aimées aient porté le même prénom pousse à l’identification, sans qu’il faille y voir un goût pour la simple anecdote. La relation entre la mort de la mère et l’absence des amantes est déjà sensible dans « Nervazón de angustia », « Nervaison d’angoisse » ; on la retrouve dans le poème XLVI (un sonnet) de Trilce :

 

La tarde cocinera se detiene
ante la mesa donde tú comiste ;
y muerta de hambre tu memoria viene
sin probar ni agua, de lo puro triste.

 

« L’après-midi cuisinière s’attarde
devant la table où tu as déjeuné ;
et morte de faim vient ta mémoire
sans même prendre d’eau, de pure tristesse. »

 

Cette inspiration érotique et amoureuse ne refera que de brèves incursions dans la poésie postérieure de Vallejo.

 

C’est l’épreuve de la prison qui a porté son empreinte sur cette période. Vallejo fut absurdement mêlé à des troubles qui eurent lieu à Santiago de Chuco le 1er août 1920.
Après avoir passé deux mois de vacances dans son village natal, il était revenu à Trujillo au début juillet 1920 ; puis, il avait repris le chemin de Santiago, pour assister à la fête du saint patron. La situation politique était alors « hautement inflammable », selon un biographe. Lors d’une querelle, un assistant du sous-préfet avait été tué, et un incendie avait réduit en cendres le grand magasin local. Un magistrat enquêteur, envoyé sur les lieux depuis Trujillo fit retenir pour interrogatoire une douzaine de personnes, dont Vallejo et deux de ses frères. Il fut accusé d’être l’« instigateur intellectuel » des événements.  Avant même toute instruction, le journal La Industria de Trujillo avait formulé une dénonciation à son endroit. Ces accusations furent plus tard réfutées par lui. Mais fin août, les charges furent retenues contre lui, et il se cacha quelque temps chez un ami, dans la campagne proche de Trujillo, jusqu’à son arrestation le 7 novembre. Malgré le soutien et les protestations de ses amis intellectuels et des journaux, il fut emprisonné pendant 112 jours, jusqu’au 26 février de l’année suivante. Libéré sur parole, il rejoignit Lima, dans l’amertume de l’injustice subie.
Trilce, écrit en grande partie pendant qu’il se cachait avant son arrestation, est publié en 1922 ; le recueil semble venu de nulle part : c’est le poème répété (pas de titres, mais des en-têtes numérotés, uniquement) de la vie clandestine, de la persécution. L’angoisse de l’homme traqué, l’oppression des quatre murs de la cellule alternent avec les souvenirs, les évocations de la vie libre.
Le 12 février, de sa geôle, il écrit à son ami Oscar Imaña :

 

« Dans ma cellule je lis de temps en temps ; il m’arrive à certains moments de broyer du noir et de ne plus me sentir de rage, non tant à cause du déshonneur qui m’atteint que de la privation matérielle, la totale privation matérielle de ma liberté animale. C’est quelque chose d’horrible, Oscar. J’écris aussi par moments, et si un souffle d’air agréable me parvient jusqu’à l’âme, c’est la lumière du souvenir. Ah, la mémoire, en prison ! Elle revient, elle part du cœur, elle apporte l’huile à la mélancolie à la machine qui se déglingue… »

 

De fait, outre les poèmes de Trilce directement inspirés par cette douloureuse expérience, Vallejo rédige là des récits brefs, qui porteront le titre d’Escalas, à leur publication en 1923. Tensions, ruptures, silences : la rédaction de ces proses partage cela avec Trilce. De même, liaison des poèmes LXIV, LXX et LXXV de Trilce avec les poèmes de Paris. La filiation, du moins la continuité, la connexion d’une œuvre à l’autre est évidente.

 

Durant l’année 1922, à Lima, Vallejo continua à enseigner, mais en 1923, son poste fut supprimé.
Dans la crainte d’une nouvelle incarcération, le cholo (le terme désigne en Amérique latine un homme d’ascendance à la fois amérindienne et espagnole) accepte alors la proposition de son ami Julio Gálvez de se rendre à Paris, et quitte le Pérou en juin. À Paris, la situation des deux amis n’est pas brillante, et la faim menace.
Ce n’est qu’en 1925 que Vallejo finit par trouver un emploi stable, dans une agence de presse récemment ouverte ; il reçoit également une bourse mensuelle du ministère espagnol afin de poursuivre ses études de Droit à l’Université de Madrid. N’étant pas tenu d’être présent sur le campus, Vallejo reste à Paris, où il continue à percevoir cet argent pendant deux années. Cette bourse, ainsi que le revenu de ses articles lui permettent de prendre gîte en 1926 à l’hôtel Richelieu ; il fréquente les expositions, les concerts et les cafés ; il rencontre Artaud, Tzara, Desnos, Marcel Aymé, Picasso, Cocteau…Mais il entre également en relation avec Juan Larrea, qui deviendra son ami. Larrea est un poète d’origine basque, qui mourra en 1980, à 85 ans, en Argentine. Il a participé au mouvement « créationniste », s’est ensuite orienté vers l’ultraïsme, puis vers le surréalisme. Une grande partie de son œuvre est écrite en français ; ayant été diffusée de façon très restreinte, elle est très peu connue. Son credo personnel l’éloigne de toute contrainte, de toute norme artistique, de toute hypocrisie. « Aujourd’hui, en 1926, dit Larrea, l’art est un problème de générosité. […] Intelligence et sensibilité sont ennemies, non dans le temps ni dans l’espace, mais à l’intérieur de chaque être humain, là où elles existent uniquement. Tel est à l’exclusion de tout autre, leur vrai champ de bataille. » (in Gerardo Diego, Poesía española : antología, Madrid, 1934). La production de Vallejo, durant cette période, est sans concession, foncièrement directe ; elle fait le lien entre la période de Trilce, et la poésie dense et généreuse qui suivra, dans les années 30.

 

Yo no sufro este dolor como César Vallejo. Yo no me duelo ahora coma artista, como hombre ni como simple ser vivo siquiera. Yo no sufro este dolor como católico, como mahometano ni como ateo. Hoy sufro solamente. Si no me llamase César Vallejo, también sufriría este mismo dolor. Si no fuese artista, también lo sufriría. Si no fuese hombre ni ser vivo siquiera, también lo sufriría. Si no fuese católico, ateo ni mahometano, también lo sufriría. Hoy sufro desde más abajo. Hoy sufro solamente. (Voy a hablar de la esperanza)

 

« Je n’éprouve pas cette douleur en tant que César Vallejo. Je ne souffre pas à présent en tant qu’artiste, en tant qu’homme ni même comme simple être vivant. Je n’éprouve pas cette douleur en tant que catholique, mahométan ou athée. Aujourd’hui je souffre simplement. Si je ne me nommais pas César Vallejo, je sentirais aussi cette douleur. Si je n’étais pas artiste, je l’éprouverais aussi. Si je n’étais ni catholique, ni athée, ni mahométan, je l’éprouverais aussi. Aujourd’hui je souffre de plus bas. Aujourd’hui je souffre simplement. » (« Je vais parler de l’espérance » – L’édition française inclut ces poèmes en prose dans la section « Poèmes de Paris », tandis que l’édition complète américaine de Clayton Eshleman, parue en 2007, les intègrent aux Poèmes Humains.)

Contribution d'Auxeméry


(à suivre)

 

 

Anthologie permanente : Sylvia Plath

 

Gallimard publie une traduction d’Ariel, établie, présentée et annotée par Valérie Rouzeau. Dans le même temps les éditions Gallimard publient Poèmes, 1957-1994 de Ted Hughes, dans la traduction de Valérie Rouzeau et Jacques Darras.

 

La lune et le cyprès

 

Cette lumière est celle de l’esprit, froide et planétaire,
Et bleue. Les arbres de l’esprit sont noirs.
L’herbe murmure son humilité, dépose son fardeau de peine
Sur mes pieds comme si j’étais Dieu.
Une brume capiteuse s’est installée en ce lieu
Qu’une rangée de pierres tombales sépare de ma maison.
Je ne vois pas du tout où cela peut mener.

 

La lune n’offre aucune issue, c’est un visage morne
D’une blancheur d’os effroyable.
Elle traîne derrière elle l’océan comme un crime obscur ; elle est calme,
Trou béant de désespoir total. J’habite ici.
Deux fois tous les dimanches les cloches ébranlent le ciel −
Huit langues puissantes annoncent la Résurrection.
À la fin, seul vibre le son grave de leur renommée.

 

Le cyprès se dresse alors, gothique.
Aux yeux levés sur lui, il désigne la lune.
La lune est ma mère. Elle n’a pas la patience de Marie.
Son vêtement bleu laisse échapper chauves-souris et hiboux.
Je voudrais tellement pouvoir croire à la tendresse −
Au visage de cette effigie, adouci par la lueur des cierges,
Qui poserait sur moi son regard bienveillant.

 

Je suis tombée de trop haut. Des nuages fleurissent,
Mystiques et bleus, à la face des étoiles.
Dans l’église les saints doivent être tout bleus,
A frôler les blancs glacés de leurs pieds délicats,
Et leurs mains et leur visage tout engourdis de sainteté.
La lune ne voit rien de tout cela. Elle est chauve, elle est cruelle.
Et le message du cyprès n’est que ténèbres – ténèbres et silence.

 

 

Sylvia Plath, Ariel, traduction Valérie Rouzeau, Gallimard, 2009, p. 59 et 60

 

 

The Moon and the Yew Tree

This is the light of the mind, cold and planetary
The trees of the mind are black. The light is blue.
The grasses unload their griefs on my feet as if I were God
Prickling my ankles and murmuring of their humility
Fumy, spiritous mists inhabit this place.
Separated from my house by a row of headstones.
I simply cannot see where there is to get to.

The moon is no door. It is a face in its own right,
White as a knuckle and terribly upset.
It drags the sea after it like a dark crime; it is quiet
With the O-gape of complete despair. I live here.
Twice on Sunday, the bells startle the sky --
Eight great tongues affirming the Resurrection
At the end, they soberly bong out their names.

The yew tree points up, it has a Gothic shape.
The eyes lift after it and find the moon.
The moon is my mother. She is not sweet like Mary.
Her blue garments unloose small bats and owls.
How I would like to believe in tenderness -
The face of the effigy, gentled by candles,
Bending, on me in particular, its mild eyes.

I have fallen a long way. Clouds are flowering
Blue and mystical over the face of the stars
Inside the church, the saints will all be blue,
Floating on their delicate feet over the cold pews,
Their hands and faces stiff with holiness.
The moon sees nothing of this. She is bald and wild.
And the message of the yew tree is blackness - blackness and silence.

 

 

Sylvia Plath dans Poezibao :
Bio-bibliographie, extrait 1, extrait 2, fiche de lecture de Valérie Rouzeau, Sylvia Plath, un galop infatigable, extrait 3, Sylvia Plath, mourir pour vivre  de P. Godi (parution),  Sylvia Plath, mourir pour vivre, de Patricia Godi, note de lecture

 

 

Index de Poezibao
Une de Poezibao
Centre de ressources poésie de Poezibao


Sur simple demande à
f.trocme@poezibao.com :
→ Recevez chaque jour de la semaine "l'anthologie permanente" dans votre boîte aux lettres électronique
ou
→ Recevez le samedi la lettre d’information, avec les principales parutions de la semaine sur le site (les abonnés à l’anthologie reçoivent automatiquement cette lettre)
• Merci de préciser "abonnement à l’anthologie" ou "abonnement à la lettre seule″

 

 

mardi 16 juin 2009

Poezibao au Marché de la poésie, dès mercredi soir 17 juin

 

 

Marché de la poésie

 

ce mercredi 17 juin, de 20h à 22h
Place Saint-Sulpice Paris 6ème

 

Poezibao et Florence Trocmé
en leur bar(a)que

 

 

Anthologie permanente : Marie-Claire Bancquart

 

Marie-Claire Bancquart publie Terre énergumène au Castor Astral.

 

L’oiseau. Le poids
de son mince corps

 

(fourmis déjà
sur les yeux)

 

je tiens une pierre très friable
qui bouchera le creux
où sa mort l’a tassé

 

je la vérifie elle me colle à la langue
une fois sèche elle s’ajustera bien
au terrain âpre

 

il n’y aura plus que l’étendue rigoureuse des Causses

 

si ce n’est
dans mon sang
ce léger cadavre en vigie.

 

*

 

Choses passées de notre vie
les talmudistes disent qu’elles sont en avant

 

parce que notre avenir se tient derrière nous, aveugles, aveugles
même à la minute qui suit
et nos mains s’ouvrent, mais vers le passé.

 

Les horloges vont à rebours.

 

Mais un citron luit
lune sur la paume
en cette seconde précise, qui n’est passée ni à venir.

 

Toi qui n’as pas de fruit dans ta mémoire,
serre celui-ci,
cajole,
mords
ce cœur blond.

 

Multiplie le présent.

 

Marie-Claire Bancquart, Terre énergumène, Le Castor Astral, 2009, pp. 87 et 113.

 

Marie-Claire Bancquart dans Poezibao :
Bio-bibliographie,
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, extrait 5, extrait 6, extrait 7, extrait 8, extrait 9, extrait 10, extrait 11, extrait 12, extrait 13, extrait 14, extrait 15, extrait 16, extrait 17
Aux 20 ans du Nouveau Recueil,
Lecture chez Tschann (05),
fiche de lecture : Avec la mort, quartier d’orange entre les dents
Carte Blanche à (sur Bonnefoy au programme de terminale L),
réponse à l’enquête sur les femmes-poètes,
La Verticale du secret (parution),
dossier 2008, 1, dossier 2008, 2, dossier 2008, 3 (un article de B.Bonhomme)

 

 

Index de Poezibao
Une de Poezibao
Centre de ressources poésie de Poezibao



lundi 15 juin 2009

Anthologie permanente : Reiner Kunze

 

 

Les Éditions Calligrammes viennent de publier Nuit des Tilleuls de l’écrivain allemand Reiner Kunze.

 

 

souvenir d’enfance

Quand les hirondelles se rassemblaient pour partir
sur les fils entre les poteaux électriques
un barbelé d’hirondelles
séparait le village du ciel

 

Et les hommes étaient
des prisonniers, condamnés
à l’hiver

 

A des fils télégraphiques
sans chants d’oiseaux

 

Au nid abandonné
dans leur poitrine

 

Quand les hirondelles se rassemblaient
et de la point de leur queue et de leurs ailes
marquaient la frontière

 

 

Kindheitsrinnerung

 

Wenn die schwalben sich zum abflug sammelten,
trennte zwischen den stromleitungsmasten
schwalbenstacheldraht
das dorf vom himm

 
Und die menschen waren
gefangene, verurteilt
zum winter

 

Zu telegrafendrähten
ohne gezwitscher


Zum leeren nest
in ihrer brust

 

Wenn die schwalben sich sammelten
und mit ihren
schwanz- und flügelspitzen
die grenze markierten.

 

 

Le tilleul

 

Nous l’avons planté
de nos mains

 

Maintenant nous renversons
la tête
et déchiffrons sur lui
ce que tout au plus
il nous reste de temps

 

Comme s’il avait un pressentiment, il emplit
pour nous le ciel de fleurs

 

Die Linde

 

Wir pflanzen sie
mit eigener hand

 

Nun legen
den kopf wir in den nacken
und lesen ab an ihr,
was uns, wenn’s hoch kommt,
bleibt an zeit

 

Als ahne sie’s, füllt sie
den himmel uns mit blüten

 

 

Reiner Kunze, Nuit des tilleuls, traduction de Mireille Gansel & Gwenn Darras, Calligrammes Bernard Guillemot, 2009, pp. 26-27 et 56-57

 

Reiner Kunze dans Poezibao :
bio-bibliographie, extrait 1

 

 

Index de Poezibao
Une de Poezibao
Centre de ressources poésie de Poezibao


Sur simple demande à
f.trocme@poezibao.com :
→ Recevez chaque jour de la semaine "l'anthologie permanente" dans votre boîte aux lettres électronique
ou
→ Recevez le samedi la lettre d’information, avec les principales parutions de la semaine sur le site (les abonnés à l’anthologie reçoivent automatiquement cette lettre)
• Merci de préciser "abonnement à l’anthologie" ou "abonnement à la lettre seule″

 

 

dimanche 14 juin 2009

Agenda, informations et liens

 

 

•dates à retenir
Mardi 16 juin, Paris, David Lespiau et Cole Swensen
mardi 16 juin, Paris, La Traductière
mercredi 17 juin, Paris, soirée d’ouverture du marché de la poésie
mercredi 17 juin, Paris, Philippe Macaigne.
vendredi 19 juin, Paris, Chris Tysh et Marie Borel
mardi 23 Juin, Toulouse, Serge Pey
mercredi 24 juin, Paris, Vera Feyder
vendredi 26 juin, Marseille, Frédéric Dumont, Ian Monk et Dominique Quélen

 

Tous ces événements développés en cliquant sur lire la suite de….

 

A suivre aussi, les sites et évènements
choisis par Poezibao via une sélection de liens à retrouver aussi au jour le jour dans la page de liens dynamiques de Poezibao  (on peut aussi s’abonner au fil RSS de cette page) :

°Jean Marie Gleize démissionne de la direction du Centre d'études poétiques
°Marc-André Wagner, le secrétaire général du CNL, quitte ses fonctions
°Benoît Yvert : "On a prédit la mort du livre. Or il est toujours là"
°Le nouveau conseil d'administration de la Maison des écrivains

°Rencontres poétiques de Bazoches, les 4 et 5 juillet, (J. Roubaud, Valérie Rouzeau, Roger Lahu, Françoise Ascal, Alexis Pelletier, etc. )
°POEM 06.09 = FACE + FISHDRUM + DC - Double Change
°Le programme de la nuit remue 3
°Le programme des Lectures sous l'arbre organisées par Cheyne éditeur
°Dans l'atelier de Anne Savelli, le 28 juin,

°Les nouveautés et signatures de l'éditeur l'Oreille du Loup

°UbuWeb dispose désormais d'un blog
°Attila Jozsef évoqué dans l'émission ça rime à quoi

°Prix Camoes 2009 pour le poète Arménio Vieira

Lire la suite "Agenda, informations et liens" »

"Poezibao a reçu", n° 84 (dimanche 14 juin 2009)


 

Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.

 

 

Cette semaine Poezibao a reçu :
Marie-Claire Bancquart, Terre énergumène, Le Castor astral
Reiner Kunze, Nuit des tilleuls, Calligrammes
Jacques Lèbre, L’autre Musique, Atelier la Feugraie
Peter Huchel, Chaussées chaussées, Atelier La Feugraie
Revue Action Poétique, n° 196
Armand Robin, Le Combat libertaire, Jean-Paul Rocher éditeur
Marc Blanchet, L’Éducation des monstres, La lettre volée
Jean-Claude Martin, Le beau Rôle, Wigwam
Claude Ber, Cyrille Derouineau, Vues de Vaches, L’Amourier
Christian Dufourquet, Je la Nuit, L’Arachnoïde
Robert Nédelec, Double tour, journal de campagne, Rafael de Surtis
Amandine Marembert, Valérie Linder, Du Baume stick dans la douceur, La yaourtière éditions
Revue Les Cahiers du Sens, 2009
Revue Comme en poésie, n° 38

 

Notes détaillées sur chacun de ces livres dans la suite de note

Lire la suite ""Poezibao a reçu", n° 84 (dimanche 14 juin 2009)" »

dimanche 07 juin 2009

Pause

 

 

Poezibao fait une pause. Le site reprendra ses publications régulières le dimanche 14 juin.

 

 

"Poezibao a reçu", n° 83 (dimanche 7 juin 2009)

 

 

Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.

 

 

Cette semaine Poezibao a reçu :
°Bernard Heidsieck, Publicité, A.s.p.e.c.t
°Etienne Faure, Vues prenables, Champ Vallon
°Jean-Pierre Bobillot, Poésie sonore, Le Clou dans le fer
°Christophe Petchanatz et Ivar Ch’vavar, Hon, l’être, Le Corridor bleu
°Pierre Drogi, Encordelé, cahier de bouche et autres textes, A.s.p.e.c.t
°Revue Europe, n° 962-963, « Ossip Mandelstam »
°Richard Rognet, Un peu d’Ombre sera la réponse, Gallimard
°Anthologie de l’Oulipo, Poésie/Gallimard
°Armen Tarpinian, Le Chant et l’Ombre, La Part Commune
°Olivier Harlingue, Sans Condition, Blanchot, la littérature, la philosophie, l’Harmattan
°Francesca Y. Caroutch, Clameurs nomades, Éditions du Cygne
°Dix sept poètes turcs contemporains, l’Harmattan
°Poètes de l’au-delà, anthologie, Feedbooks (format électronique)

 

Notes détaillées sur chacun de ces livres dans la suite de note

Lire la suite ""Poezibao a reçu", n° 83 (dimanche 7 juin 2009)" »

samedi 06 juin 2009

Poezibao Hebdo n°59

 


 

Du dimanche 31 mai au samedi 6 juin 2009


 

Cette lettre revient sur les principales publications de la semaine sur le site.

 

 

Poezibao a reçu au cours de cette période des contributions  de Tristan Hordé et Jean Bollack

 

•à signaler particulièrement cette semaine
°La mort de Stanley Chapman
°Valérie Rouzeau et Christiane Veschambre, lauréates du prix des Explorateurs
°Jacques Ancet, lauréat du prix Apollinaire

 

•Notes de lecture
Lichen, encore, d’Antoine Emaz (par Tristan Hordé)

 

•Anthologie permanente :
Olivier Larronde (par Tristan Hordé)
Henri Pichette
H.D. (Hilda Doolittle)
Jan Wagner (par Tristan Hordé)
Tomás Segovia

 

•Fiches bio-bibliographiques
Olivier Larronde (par Tristan Hordé)
Jan Wagner (par Tristan Hordé)
Tomás Segovia

 

•Parmi les livres récemment reçus par Poezibao et présentés ici
•Henri Pichette, Poèmes offerts, Gallimard
Blaine au Mac, un tri, Al Dante
•Jan Wagner, Archives nomades, Cheyne Éditeur
•Henri Pichette, Odes à chacun, Poésie/Gallimard
•Billy Dranty, derelictus, fissile éditions
•Collection Le Cadran ligné, quatre premières parutions
•revue Dans la Lune, n° 16
•Philippe Blanchon, Capitale sous la neige, l’Act Mem
•Marcel Lecomte, Poésies complètes, La Différence
•Rudy et Romain Ricciotti, textes Julien Blaine, Le Pont du diable, Al Dante
•Gérard Pfister, Le Pays derrière les yeux, Arfuyen
Gérard Pfister, Le Nouvel Athanor
•Christophe Dauphin, Les Riverains du feu, Le Nouvel Athanor
•Patrick Quillier commente Le Gardeur de troupeaux de Pessoa, Foliothèque
•Isabelle Damotte, On en sait pas si ça existe, les histoires vraies, Cheyne
•Claude Le Petit, Pier Brouet, Le Bordel des Muses, fissile éditions
•Sophie Coiffier, Les Ciels, Mix
•Michel Cosem, Les Confins ensemble, Éditions de l’Atlantique
•Paule Domenech, Images natives, Éditions de l’Atlantique
•Anna Jouy, Au Crible de la folie, Éditions de l’Atlantique
•Jean-Yves Vallat, Les Arbres ont un regard, Le nouvel Athanor

 

et aussi :
un nouvel X de Jean Bollack

•Navigation dans le site
Je rappelle que le site est doté d’un index (mis à jour le 27 avril) ainsi que d’une petite case de recherche qui permet d’explorer ses 4397 articles.

 

•A savoir également :
Poezibao a créé un « univers Netvibes »,  qui vise à regrouper le plus grand nombre possible de références et ressources Internet en matière de poésie et de littérature. Le découvrir en cliquant sur ce lien.
Poezibao a également complété ses ressources (page de liens dynamiques) : cette page vous permet de suivre l’actualité de la poésie au jour le jour.

 

 

Revue Poezibao : http://poezibao.com
Blog le Flotoir : http://poezibao.typepad.com/flotoir/
Centre de ressources sur la poésie : http://www.netvibes.com/florencetrocme#une
Twitter : http://twitter.com/Poezibao
Delicious :
http://delicious.com/FlorenceTrocme

 

Cette lettre d’information hebdomadaire peut vous être adressée par le mail chaque samedi, sur simple demande à f.trocme@poezibao.com